Duché-d'uzès (AOC)
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Duché-d'uzès | |
Duché-d'uzès rosé. | |
| Désignation(s) | Duché-d'uzès |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 2012 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de la vallée du Rhône |
| Localisation | Gard |
| Climat | méditerranéen |
| Sol | grès, marnes, galets, éboulis, alluvions anciennes et calcaires durs |
| Superficie plantée | 305 hectares (en 2024)[1] |
| Nombre de domaines viticoles | 7 coopératives et 34 caves particulières |
| Cépages dominants | grenache N[2], syrah N, grenache blanc B et viognier B |
| Vins produits | 55 % rouges, 30 % blancs et 15 % rosés |
| Production | 9 898 hl (en 2024)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 pieds/ha[3] |
| Rendement moyen à l'hectare | 29 hl/ha en rouge, 36 en blanc et 40 en rosé (en 2024)[1] |
| modifier |
|
Un duché-d'uzès[4] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée faisant partie du vignoble de la vallée du Rhône. Située à l’extrême sud-ouest de la vallée du Rhône, au nord-ouest des costières-de-nîmes et au sud des Cévennes, cette appellation produit des vins rouges, rosés et blancs sur 86 communes du département du Gard.
Ces vins n’ont intégré les AOC qu’en 2013. Ils étaient jusqu'alors labellisés en tant qu'indication géographique protégée. C'est un vin d'assemblage pour les trois couleurs. Au début des années 2020, le rouge représente plus de la moitié de la production, l'autre se partageant entre rosé et blanc[1].

Textes et fouilles archéologiques ont confirmé que sur la rive droite du Rhône, avant que ne soit fondée la Narbonnaise une viticulture s'était développée. Les vignes y étaient alors conduites en gobelets, mode cité par Columelle, tout comme dans les Pouilles, région sous influence grecque[5]. Pline le confirme quand il explique : « Dans quelques contrées, la vigne, peu riche en branches, et grosse parce qu'elle est courte, se soutient sans appui. Les vents s'y opposent dans quelques localités : en Afrique, par exemple, et dans quelques cantons de la Narbonnaise[6] ». Mais la colonisation romaine y imposa rapidement le hautain et la vigne fut conduite et taillée de façon arbustive, en treille, en pergola et, bien sûr, en ayant des arbres comme point d'ancrage[7]. Désormais, il y eut aussi des vignes ne dépassant pas la hauteur d'un homme, qui, appuyées sur des échalas, formaient des treilles. Et celles qui s'obstinaient à ramper furent conduites de manière à répandre « leur feuillage touffu assez au loin pour ombrager des cours entières »[6].

Au Moyen Âge, le clergé chrétien (abbés et évêques) a des besoins importants tant pour le culte que pour l'hospitalité aux voyageurs et pèlerins. Le vin de l'évêque d'Uzès est aussi un vin d'honneur, qu'il fait servir à ses hôtes prestigieux[8]. À cette époque l’évêché produisait un vin blanc remarquable qui a d’ailleurs donné naissance à un proverbe provençal. « A volon gagna la vigno de mousso d’Uzès » (On veut gagner la vigne de Monsieur d’Uzès)[9].
« Au XVe siècle, la vigne est cultivée sur les versants ensoleillés conquis sur la garrigue, dans des enclos ceints de murs en pierres sèches qui protègent des troupeaux mais aussi délimitent la propriété ». Déjà il est fait mention d'un vignoble de qualité. Jean Racine, en séjour chez son oncle Antoine Sconin, vicaire général d'Uzès, disait de ce vin « qu'il était le meilleur du Royaume[8]. ».
Dans la sénéchaussée de Beaucaire la viguerie d'Uzès fut divisée en deux[10]. Il y eut la viguerie haute ou Cévennes, et la viguerie basse qui prit le nom de la Côte du Rhône. Si cette dernière circonscription judiciaire et administrative désigna ensuite les vins des côtes-du-rhône, la viguerie haute correspondait aux actuels vins du duché d'Uzès[11].

À partir de 1989, les viticulteurs de l'Uzège œuvrèrent pour obtenir l'AOC, appellation basée sur un cahier des charges strict pour obtenir un vin plus haut de gamme et de qualité qui nécessitait des investissements lourds[12].
Le , le comité national de l'INAO a donné un avis favorable à la reconnaissance en AOC du duché d'Uzès, ces vins étant jusqu'alors reconnus en indication géographique protégée (IGP). La nouvelle AOC concernait alors 77 communes du département du Gard[13]. Le cahier des charges du incorpore 86 communes dans l'aire d'appellation[14] ; il est modifié en [3].
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte des communes concernées | |
| Orthophotos du parcellaire de l'appellation (bug) | |

Les 86 communes suivantes peuvent revendiquer l'appellation pour leur vignoble, toutes localisées dans le département du Gard : Aigaliers, Aigremont, Argilliers, Arpaillargues-et-Aureillac, Aubussargues, Bagard, Baron, Belvézet, Blauzac, Bourdic, Bragassargues, Brignon, Canaules-et-Argentières, Cardet, Cassagnoles, Castelnau-Valence, Collias, Collorgues, Cruviers-Lascours, Dions, Domessargues, Durfort-et-Saint-Martin-de-Sossenac, Euzet, Flaux, Foissac, Fons, Fontarèches, Fressac, Gajan, Garrigues-Sainte-Eulalie, Goudargues, La Bastide-d'Engras, La Bruguière, La Calmette, La Capelle-et-Masmolène, La Rouvière, Lédignan, Lézan, Logrian-Florian, Martignargues, Maruéjols-lès-Gardon, Massanes, Massillargues-Attuech, Mauressargues, Monoblet, Montagnac, Montaren-et-Saint-Médiers, Moussac, Ners, Puechredon, Quissac, Ribaute-les-Tavernes, Saint-André-de-Roquepertuis, Saint-Bauzély, Saint-Bénézet, Saint-Césaire-de-Gauzignan, Saint-Chaptes, Saint-Christol-lez-Alès, Saint-Dézéry, Sainte-Anastasie, Saint-Félix-de-Pallières, Saint-Hippolyte-de-Caton, Saint-Hippolyte-de-Montaigu, Saint-Jean-de-Ceyrargues, Saint-Jean-de-Crieulon, Saint-Jean-de-Serres, Saint-Just-et-Vacquières, Saint-Laurent-la-Vernède, Saint-Maurice-de-Cazevieille, Saint-Maximin, Saint-Nazaire-des-Gardies, Saint-Quentin-la-Poterie, Saint-Siffret, Saint-Théodorit, Saint-Victor-des-Oules, Sanilhac-Sagriès, Sauve, Savignargues, Serviers-et-Labaume, Seynes, Tornac, Uzès, Vallabrix, Verfeuil, Vers-Pont-du-Gard et Vézénobres[3].
Orographie et géologie
Le vignoble du Duché d’Uzès a été implanté au cœur de la région des garrigues sur des coteaux bien exposés au soleil[15]. Au nord de cette zone, le massif de Lussan culmine au mont Bouquet à 630 mètres. À l’Est et au Sud, le vignoble est séparé par de vastes plateaux calcaires, souvent boisés, des pays de Nîmes, de Sommières et de la Vallée du Rhône[9].
Les formations géologiques ressemblent à une mosaïque. On y trouve des grès, des marnes, des galets, des éboulis, des alluvions anciennes, des calcaires durs. La variété de ces formations fait la force du vignoble[9],[12].
Climat
Ce terroir viticole jouit d'un climat méditerranéen, atténué par la présence des contreforts des Cévennes qui limitent cette influence. On observe de forts contrastes de température, avec une diminution de un à deux degrés de la température moyenne entre le Sud-Est et le Nord-Ouest de la zone d'appellation[12].
La station météorologique de Nîmes-Courbessac (sur l'ancienne BA 726, à 59 mètres d'altitude : 43° 51′ 24″ N, 4° 24′ 22″ E)[16] est représentative de la partie méridionale de l'aire d'appellation.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température maximale moyenne (°C) | 11,4 | 12,9 | 16,7 | 19,5 | 23,6 | 28,3 | 31,5 | 31,2 | 26,1 | 20,9 | 15,2 | 11,8 | 20,8 |
| Température moyenne (°C) | 7,3 | 8,1 | 11,5 | 14,1 | 18 | 22,3 | 25,2 | 24,9 | 20,5 | 16,3 | 11 | 7,8 | 15,6 |
| Température minimale moyenne (°C) | 3,2 | 3,3 | 6,2 | 8,7 | 12,4 | 16,3 | 18,9 | 18,6 | 14,9 | 11,6 | 6,9 | 3,8 | 10,4 |
| Nombre de jours avec gel | 6,6 | 5,1 | 1,4 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1,5 | 5,4 | 20 |
| Précipitations (mm) | 64,1 | 40,1 | 44,7 | 67,1 | 55,1 | 43 | 30,2 | 44,4 | 100,3 | 95 | 97,1 | 53,3 | 734,4 |
| Ensoleillement (h) | 141,6 | 165,4 | 219,6 | 229,2 | 268,5 | 312,7 | 346 | 307,4 | 244,7 | 171,1 | 141,5 | 132,2 | 2 679,8 |
La station de Saint-Christol-lez-Alès (sur l'emprise de l'INRA, à 129 mètres d'altitude : 44° 05′ 31″ N, 4° 04′ 49″ E)[18] montre l'influence du massif montagneux proche, avec notamment les épisodes cévennols à l'automne.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température maximale moyenne (°C) | 11,4 | 13 | 17,2 | 20,1 | 24,3 | 29,2 | 32,5 | 32 | 26,7 | 20,7 | 15,1 | 11,6 | 21,1 |
| Température moyenne (°C) | 6,4 | 7,3 | 10,8 | 13,7 | 17,7 | 22 | 24,8 | 24,4 | 19,9 | 15,4 | 10,2 | 6,9 | 15 |
| Température minimale moyenne (°C) | 1,5 | 1,6 | 4,4 | 7,3 | 11 | 14,7 | 17,2 | 16,8 | 13,1 | 10 | 5,3 | 2,2 | 8,8 |
| Nombre de jours avec gel | 13,1 | 11 | 4,3 | 0,3 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,3 | 4,1 | 10,5 | 43,6 |
| Précipitations (mm) | 82,1 | 55,7 | 72,9 | 83,1 | 77,7 | 49,1 | 38,5 | 50,3 | 160,6 | 153,5 | 133,2 | 89,8 | 1 046,5 |
Encépagement
Les rouges et les rosés ont comme cépages principaux : le grenache noir N[2] et la syrah N et comme cépages accessoires le Carignan N, le cinsaut N et le mourvèdre N[3].
- Pour les vins rouges, la syrah N doit représenter au moins 40 % de l’encépagement et le grenache N au moins 20 %.
- Pour les rosés, c'est l'inverse : le grenache N doit représenter au moins 40 % de l’encépagement et la syrah N au moins 20 %.
Les blancs ont comme cépages principaux le grenache blanc N (au moins 20 %) et le viognier B (au moins 40 %), comme cépages complémentaires (ensemble au moins 10 %) la marsanne B, la roussanne B et le vermentino B, et comme cépages accessoires la clairette B et l'ugni blanc B.
Méthodes culturales et réglementaires
Les vins du duché d’Uzès, vins d’assemblage, sont déclinés dans les trois couleurs. Ces dernières années[1] (2020-2024), le vignoble s'étendait sur 322 hectares et produit 10 189 hectolitres en moyenne, soit environ 1,4 million de bouteilles.
La densité de plantation est fixée à 4 000 pieds à l'hectare. Quant au rendement visé par le cahier des charges, il est de 48 hl/ha pour le vin rouge et de 55 hl/ha pour le blanc et le rosé, avec des rendements butoirs respectifs de 55 hl/ha et 60 hl/ha[3].
Vins
Production
Les données de production des années récentes, telles que publiées par les Douanes, sont[1] :
| Année | duché-d'uzès rouge | duché-d'uzès blanc | duché-d'uzès rosé | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2020 | 180 | 5 443 | 30 | 82 | 1 871 | 35 | 54 | 1 601 | 30 |
| 2021 | 192 | 6 060 | 32 | 88 | 2 587 | 28 | 47 | 1 695 | 36 |
| 2022 | 181 | 5 821 | 32 | 92 | 3 333 | 36 | 48 | 1 850 | 39 |
| 2023 | 185 | 5 774 | 31 | 100 | 3 178 | 32 | 55 | 1 833 | 34 |
| 2024 | 185 | 5 420 | 29 | 84 | 3 010 | 36 | 36 | 1 468 | 40 |
Dégustation et gastronomie
Les rouges (56 % de la production des années 2020-2024[1]) sont des vins colorés et puissants, épicés et fruités, souvent marqués d’une pointe de réglisse, de poivre ou d’olive noire[15],[9]. Les vins rouges et rosés sont marqués par une multitude d'arômes de fruits rouges et d'agrumes propres aux vins de la vallée du Rhône. Le bouquet des blancs est caractérisé par les douceurs de fruits blancs, ils sont à servir très frais[20]. Les arômes de cette AOC s’harmonisent particulièrement avec les truffes fraîches ou les préparations truffées[15].
Les rosés (17 % de la production pour les années 2020-2024[1]) sont frais et vifs, à la robe pétale de rose, teintée de violine, ils exhalent à l'agitation des notes de fruits mûrs[15]. Ces vins sont aussi marqués par des arômes de fleurs blanches et de baies rouges[9].
Les blancs (27 % de la production pour les années 2020-2024[1]) se présentent dans une robe dorée. Ce sont des vins très aromatiques avec des notes d’abricot et de fruits secs[15] aux riches accents d’agrumes[9]. Par une sélection très spécifique des cépages bien adaptés aux différents terroirs, les vignerons ont fait mentir la tradition qui voulait que la vigne ici ne produise que du rouge ou du rosé[15].