Fairy Books des Langs
livre d'Andrew Lang
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Les Fairy Books des Langs sont une série de vingt-cinq recueils de contes de fées, conçus par Leonora Blanche Alleyne et son mari Andrew Lang. Les plus connus sont les douze Andrew Lang's "Coloured" Fairy Books (ou Andrew Lang's Fairy Books of Many Colors), publiés avec des couvertures de différentes couleurs, entre 1889 et 1910, publiés chez Longman.
| Titre original |
The Langs' Fairy Books |
|---|---|
| Formats |
Recueil de contes (d) Série de livres |
| Comprend | |
| Auteur |
Présentation
En tout, 437 contes provenant d'un large éventail de cultures et de pays sont présentés. Leonora Blanche Alleyne (1851–1933) était une auteure, éditrice et traductrice anglaise. Connue par sa famille et ses amis sous le nom de Nora, elle prit la direction éditoriale de la collection dans les années 1890[1]. Andrew Lang (1844–1912), poète, romancier et critique littéraire écossais, a édité la série et écrit les préfaces pour toute sa diffusion. La critique littéraire Anita Silvey souligne que « l'ironie de la vie et de l'œuvre d'[Andrew] Lang est que, bien qu'il ait écrit pour une profession — critique littéraire ; fiction ; poèmes ; livres et articles sur l'anthropologie, la mythologie, l'histoire et les voyages [...] il est surtout reconnu pour les œuvres qu'il n'a pas écrites »[2].
Les livres ont été principalement illustrés par Henry J. Ford. Lancelot Speed et G.P. Jacomb-Hood ont également fourni certaines illustrations[3].
L'envie d'Andrew Lang de rassembler et de publier des contes de fées trouvait son origine dans sa propre expérience des contes populaires et des contes de fées de son territoire natal, le long de la frontière anglo-écossaise. Les recueils de contes de fées britanniques étaient rares à l'époque ; The Fairy Book (1869) de Dinah Craik constituait un précédent isolé. Selon Roger Lancelyn Green, Lang il « luttait contre les critiques et les pédagogues de l'époque » qui jugeaient « l'irréalité, la brutalité et le côté évasif des contes traditionnels nuisibles aux jeunes lecteurs, tout en estimant que ces histoires étaient indignes d'un public d'âge mûr »[4].
Comme il l'a reconnu dans les préfaces, bien que Lang ait effectué lui-même la plupart des sélections, sa femme et d'autres traducteurs (et surtout traductrices) ont réalisé une grande partie des versions en anglais.
Parmi les auteurs français utilisés par Andrew Lang, on peut mentionner Madame d'Aulnoy, le comte de Caylus, le général Marbot, le chevalier Louis de Mailly, Henri Pajon, Charles Perrault, Charles Deulin, Charles Marelle, Paul Sébillot, Louis Léger.
Dans ses préfaces successives, il dit régulièrement avoir été amené à publier un nouveau recueil à la demande du public. Il a par ailleurs publié de nombreux autres recueils de contes, récits, poèmes, etc. en dehors de cette série.
Les Fairy Books ont été réédités par Dover Publications Inc. à partir de 1965. Il s'agit de reproductions à l'identique des versions originales (sauf la couverture et la couleur éventuelle des illustrations).
Sources
Les Lang n'ont pas recueilli les histoires à partir de sources primaires orales. Ils les ont compilées à partir d'une grande variété de sources (parfois indiquées avec plus ou moins de précision, parfois sans aucune indication d'origine[5]), ce qui rendit ses collections immensément influentes[6]. Ces recueils ont eu une influence considérable ; les Lang ont donné à nombre de leurs contes leur première version en anglais. Andrew a sélectionné les contes des quatre premiers livres, tandis que Nora a repris la série par la suite[1].
Recueils
Les recueils les plus connus sont les douze « Coloured » Fairy Books ou Andrew Lang's Fairy Books of Many Colors (caractérisés par la couleur de leur couverture). Mais il en existe en tout vingt-cinq :
The Blue Fairy Book
La première édition du Blue Fairy Book (1889) comptait 5 000 exemplaires, vendus 6 shillings chacun. Le livre rassemble un large éventail de contes, dont sept des frères Grimm, cinq de Madame d'Aulnoy, trois des Mille et Une Nuits et quatre contes norvégiens, entre autres[7]. Selon la préface par Andrew Lang, les contes de Perrault sont imprimés à partir de l'ancienne version anglaise du XVIIIe siècle. Les histoires du Cabinet des Fées et de Madame d’Aulnoy sont traduites, ou plutôt adaptées, par Minnie Wright, qui a aussi, avec l'aimable permission d’Henri Carnoy, rendue The Bronze Ring (en) de ses Traditions Populaires de l’Asie Mineure. Les contes de Grimm sont traduits par May Sellar. Les contes nordiques sont une version de Mme Alfred Hunt. La terrible tête est une adaptation d’Apollodore d'Athènes, Simonide de Céos et Pindare par l’éditeur. Violet Hunt a condensé Aladdin. May Kendall a fait de même pour Les Voyages de Gulliver. La Fée Paribanou est une version abrégée de l’ancienne traduction anglaise de Galland. Messieurs Chambers ont aimablement autorisés les auteurs à reproduire The Red Ettin et Black Bull of Norroway (en), extraits de l’ouvrage de Robert Chambers, Popular Traditions of Scotland. Dick Whittington (en) provient du recueil édité par George Laurence Gomme et Henry B. Wheatley pour la Villon Society. Jack le tueur de géants est tiré d’un recueil, difficile à trouver[8].
Dans l'introduction, Andrew Lang explique que « Le goût du monde, si souvent changeant, reste immuable pour les contes de fées. Les enfants à qui et pour qui ces contes sont racontés incarnent la jeunesse humaine. Ils reflètent ses premiers amours, son innocence intacte et son appétit frais pour les merveilles. L'instinct de concision est tel que nous continuons de raconter aux enfants de chaque génération les histoires qui existaient déjà avant même qu'Homère ne les chante, et les aventures qui, telles Psyché vagabonde, ont parcouru le monde entier. Nous pouvons certes modifier de temps à autre l'ordre des événements, mais leur essence demeure la même, et parmi toutes les combinaisons possibles, les plus anciennes restent les préférées ». Insistant sur les similarités entre les contes, il souligne que même les enfants constatent « que les mêmes aventures et des intrigues similaires se retrouvent dans des histoires traduites de différentes langues »[8].
Exprimant son ressenti face aux contes, il avoue « « Barbe-Bleue », ce petit chef-d'œuvre tragique et dramatique, me touche encore ; je tremble toujours pour le Chat Botté quand l'ogre se transforme en lion ; et mon cœur s'emballe toujours pour la jeune fille qui cherche son amant perdu et ensorcelé, et le retrouve au bout de trois nuits d'attente et de larmes. Ce n'est peut-être pas un goût dont on puisse être fier, mais c'est un goût dont il faut se réjouir, comme l'amour de toute chose ancienne et simple, qui s'attarde sur la simplicité de l'amour ». Tout comme il admet avoir été marqué par Le Nain Jaune de Madame d'Aulnoy : « J'espère sincèrement qu'il ne hantera les rêves d'aucun enfant comme il a hanté les miens. Il me semble être une prophétie de la Révolution et de tout ce que les vilains hommes en sabots ont fait aux belles princesses ». Il présente ainsi son recueil : « conçu pour le plaisir des enfants et sans prétention scientifique, comprend des contes d'origine purement littéraire ». Enfin, il tient à rendre hommage à William Shedden Ralston, grand spécialiste des traditions slaves décédé peu avant la parution du livre, que les enfants suivaient autrefois à Oxford, du musée au théâtre, « comme la foule se pressait au son du Joueur de flûte de Hamelin »[8].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[7],[8] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| The Bronze Ring (en) | Traditions Populaires de l’Asie Mineure | Henri Carnoy et Jean Nicolaïdes | 1889 | Grèce |
| Désir et Mignone (en) | Contes moraux pour l’instruction de la jeunesse | Jeanne-Marie Leprince de Beaumont | 1806 | France |
| À l'est du soleil et à l'ouest de la lune | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | 1841 | Norvège |
| Le Nain jaune | Contes nouveaux ou Les Fées à la mode | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1698 | France |
| Le Petit Chaperon rouge | Histoires ou Contes du temps passé ou Les Contes de ma mère l’Oye | Charles Perrault | 1697 | France |
| La Belle au bois dormant | Histoires ou Contes du temps passé ou Les Contes de ma mère l’Oye | Charles Perrault | 1697 | France |
| Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre | Histoires ou Contes du temps passé ou Les Contes de ma mère l’Oye | Charles Perrault | 1697 | France |
| Aladin ou la Lampe merveilleuse | Les Mille et Une Nuits (voir Contes orphelins des Mille et une nuits) | Hanna Diyab et Antoine Galland | 1710 | Indéterminée |
| Conte de celui qui s'en alla pour connaître la peur | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Nain Tracassin | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| La Belle et la Bête | La Jeune Américaine et les contes marins | Gabrielle-Suzanne de Villeneuve | 1740 | France |
| The Master Maid (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | 1841 | Norvège |
| Why the Sea is Salt (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | 1841 | Norvège |
| Le Maître chat ou le Chat botté | Histoires ou Contes du temps passé ou Les Contes de ma mère l’Oye | Charles Perrault | 1695 | France |
| Fortunée | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| La Chatte blanche | Contes nouveaux ou Les Fées à la mode | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| Les fileuses d'or (en) | Eestirahwa Ennemuistesed jutud | Friedrich Reinhold Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| La terrible tête | The Blue Fairy Book | Andrew Lang (basé sur Apollodore d'Athènes, Simonide de Céos et Pindare) | 1889 | Grèce |
| La Belle aux cheveux d'or | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| The History of Whittington (en) | 1889 | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Le Mouton (en) | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| Le Petit Poucet | Histoires ou Contes du temps passé ou Les Contes de ma mère l’Oye | Charles Perrault | 1697 | France |
| Ali Baba et les Quarante Voleurs | Les Mille et Une Nuits (voir Contes orphelins des Mille et une nuits) | Hanna Diyab et Antoine Galland | 1710 | Indéterminée |
| Hansel et Gretel | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Blanche-Neige et Rose-Rouge | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| La Petite Gardeuse d'oies | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1815 | Allemagne |
| Les Fées | Histoires ou Contes du temps passé ou Les Contes de ma mère l’Oye | Charles Perrault | 1697 | France |
| Le prince Chéri (en) | Contes moraux pour l’instruction de la jeunesse | Jeanne-Marie Leprince de Beaumont | 1806 | France |
| La Barbe bleue | Histoires ou Contes du temps passé ou Les Contes de ma mère l’Oye | Charles Perrault | 1697 | France |
| Le Fidèle Jean | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Le Vaillant Petit Tailleur | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Voyage à Lilliput (Les Voyages de Gulliver) | Jonathan Swift | 1726 | Irlande | |
| The Princess on the Glass Hill (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | 1841 | Norvège |
| Histoire du prince Ahmed, et de la fée Pari-Banou | Les Mille et Une Nuits (voir Contes orphelins des Mille et une nuits) | Hanna Diyab et Antoine Galland | 1713 | Indéterminée |
| Jack le tueur de géants | Royaume-Uni (Angleterre) | |||
| Black Bull of Norroway (en) | Popular Traditions of Scotland ( The popular Rhymes of Scotland ?) | Robert Chambers | 1842 | Royaume-Uni (Écosse) |
| The Red Ettin | Popular Traditions of Scotland ( The popular Rhymes of Scotland ?) | Robert Chambers | 1842 | Royaume-Uni (Écosse) |
The Red Fairy Book
Le Red Fairy Book parut à Noël 1890, tiré à 10 000 exemplaires. Ses sources incluent des contes français, russes, danois et roumains, ainsi que la mythologie nordique[9]. En préface, Andrew Lang explique qu'en parcourant une seconde fois les champs du Pays des Fées, il n'espérerait trouver un second Perrault. Mais il reste suffisamment de belles histoires. Des contes ont été traduits : par Mme Hunt du norrois, May Sellar, Miss Farquharson et Miss Blackley de l’allemand. D'autres sont tirés des longs récits ont été adaptés, par Minnie Wright à partir de Madame d’Aulnoy, par Leonora Blanche Lang et Mlle Bruce depuis d’autres sources françaises. L’histoire de Sigurd a à elle été condensée par l’éditeur à partir de la version en prose de la Saga des Volsungs par William Morris. L’éditeur remercie son ami Charles Marelles, de l’avoir autorisé à reproduire ses versions du Joueur de flûte de Hamelin, de Bout-d'-Canard et du Petit Chaperon d’or à partir du français, ainsi qu'Henri Carnoy pour le même privilège concernant Les Six Fous tiré de La Tradition (de Jules Lemoine). Enfin, Frances Balfour a copié une ancienne version de Jack et le Haricot magique et messieurs Smith et Elder ont autorisé la publication de deux versions de M. Ralston, tirées du russe[10].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[9],[10] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Le Bal des douze princesses | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| La Princesse Printanière | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| Le Château de Soria Moria | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | 1843 | Norvège |
| Maria Morevna | Contes populaires russes | Alexandre Afanassiev | 1855 | Russie |
| The Black Thief and Knight of the Glen (en) | Hibernian Tales | Anonyme | Irlande | |
| Le Maître-voleur | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1843 | Allemagne |
| Frérot et Sœurette | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| La Princesse Rosette (en) | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| Le cochon enchanté (en) | Rumänische Märchen | Mite Kremnitz | 1882 | Roumanie |
| La Bête Norka | Ukraine | |||
| The Wonderful Birch (en) | Russie (Carélie) | |||
| Jack et le Haricot magique | Royaume-Uni (Angleterre) | |||
| La Bonne Petite Souris (en) | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| Gracieuse et Percinet | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| The Three Princesses of Whiteland (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | Norvège | |
| La Voix de la Mort | Rumänische Märchen | Mite Kremnitz | 1882 | Roumanie |
| Les Six Fous | La Tradition | Jules Lemoine | Belgique | |
| Kari Woodengown (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | 1843 | Norvège |
| Bout-d'-Canard | Affenschwanz et cetera: variantes orales de contes populaires français et étrangers | Charles Marelles | 1888 | France |
| Le Preneur de rats | Affenschwanz et cetera: variantes orales de contes populaires français et étrangers | Charles Marelles | 1888 | Allemagne |
| La véritable histoire du Petit Chaperon d'Or | Affenschwanz et cetera: variantes orales de contes populaires français et étrangers | Charles Marelles | 1888 | France |
| Le Rameau d’or (en) | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| Les Trois Petits Hommes de la forêt | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Grimsborken | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | 1843 | Norvège |
| Désiré d'Amour (en) | Contes du roi Cambrinus | Charles Deulin | 1874 | France |
| Les Douze Frères | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Raiponce | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| La Fileuse d'orties (en) | Contes du roi Cambrinus | Charles Deulin | 1874 | France |
| Bonde Værskjegg (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | Norvège | |
| Dame Holle | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Minnikin (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | Norvège | |
| Buskebrura (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | Norvège | |
| Blanche-Neige | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| L'Oie d'or (en) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| De syv folene (en) | Contes populaires norvégiens | Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe | Norvège | |
| Le Violon merveilleux (en) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| L'histoire de Siegfried | Völsunga saga | XIIIe siècle | Islande |
The Blue Poetry Book
Publié en 1891, ce recueil, comme l'indique sa préface, a pour but de présenter au jeune public des poèmes de grande qualité, « particulièrement aptes à vivre, comme le dit Théocrite, « sur les lèvres des jeunes ». Le choix de l'éditeur a été largement guidé par les souvenirs de sa jeunesse ». Il a inclus notamment plusieurs vieilles ballades et il en aurait volontiers ajouté davantage, mais deux raisons l'en ont empêché. « Premièrement, certains parents pourraient y voir un mal, là où les enfants n'en voient aucun, dans « Tamlane » et « Clerk Saunders (en) ». Deuxièmement, il y avait lieu de craindre que le recueil ne devienne trop écossais ». Curieusement, dans le Golden Treasury de Francis Palgrave, qui compte soixante-dix poètes, à peine plus d'un dixième est né au nord de la Tweed. Dan ce livre, pourtant destiné aux jeunes, les poèmes de Thomas Campbell, Walter Scott, de Robert Burns, des auteurs de chants et des ménestrels de ballades écossais occupent une place étonnamment importante par rapport à ceux des auteurs anglais. Lang estime que cette prédominance de la poésie du Nord n'est pas due à un patriotisme local exacerbé. Mais les chanteurs du Nord, pour une raison ou une autre, excellent dans les poèmes d'action et d'aventure, du moins c'est l'impression qu'ils donnent. Il ne connaît d'ailleurs aucune ballade moderne d'un poète du sud de l'Angleterre, hormis Christabel et La Complainte du vieux marin de Samuel Taylor Coleridge (poèmes qu'il ne qualifie pas de ballades), qui équivalent à The Eve of St. John de Walter Scott[11].
Pour ce qui est des chants martiaux exaltants, rares sont les Anglais, depuis Michael Drayton, à avoir rivalisé avec Campbell, Scott, Burns ou James Hogg et sa chanson Donald McDonald. On pourrait citer deux noms : Francis Hastings Doyle et Alfred Tennyson. Toutefois, « le choix de cet ouvrage exclut les poètes contemporains. Il n'est pas nécessaire de s'attarder sur les raisons de cette décision. L'éditeur est toutefois convaincu qu'un anthologiste, quel qu'il soit, trouvera dans la poésie d'auteurs anglais vivants ou récemment disparus un véritable vivier de vers qui plaisent autant aux jeunes qu'aux moins jeunes ». Après tout, il doit encore exister « une jeunesse et une fougue dans cette nation capable de produire The Ballad of the Revenge, Lucknow, The Red Thread of Honour, The Loss of the Birkenhead, The Forsaken Merman (en), How They Brought the Good News from Ghent to Aix, Le Joueur de flûte de Hamelin, et tant de chansons de Charles Kingsley, sans parler des œuvres d'auteurs plus tardifs ». Mais nous ne pouvons ici que glaner dans le patrimoine d'hommes disparus depuis longtemps. C’est parce que certains poèmes contemporains admirables, comme ceux cités sont inévitablement exclus, les poèmes d’action, de guerre, d’aventure et de hasard du recueil sont principalement d’auteurs écossais[11].
Ainsi, Campbell et Scott semblent jouir ici d'une prééminence qui n'aurait pas été aussi marquée si les œuvres de poètes vivants ou récemment disparus, avaient été disponibles. Quoi qu'il en soit, ces auteurs ont dû occuper une place importante dans le paysage littéraire : Campbell pour la vigueur que l'hostile Leyde dut reconnaître ; Scott pour cette qualité homérique que, selon lui, nul n'a égalée depuis Homère. Les extraits de ses longs poèmes ne font pas partie de cette sélection. Mais, même à l'aune de ses poèmes lyriques, Scott semble, de l'avis de l'éditeur, justifier son droit, à l'époque parfois dédaigné, de figurer parmi les grands poètes de son pays. Il possède musicalité, vivacité et gaieté, comme dans Hunting Song ou dans Nora's Vow. Young Lochinvar s'avance « avec autant d'audace que de désinvolture » vers ses noces, comme l'héritier du Rant de James Macpherson (en) vers sa mort, dans un merveilleux balancement et un galop de vers[11].
Sur les poèmes de Walter Scott, songeons que « des lointaines années de l'enfance, on entend encore sonner les cloches de Dunfermline pour le mariage d'Alice Brand ». De l'enfance aussi, « on se souvient du quiétisme de la chanson de Lucy Ashton et de la monotonie de sa mesure ». Citons ses pièces martiales, comme « Gathering Song of Donald Dhu, The Cavalier, ainsi que l'inimitable simplicité et la tristesse de Proud Maisie, semblable à la complainte de Méléagre pour Clearista, mais avec un ton plus grave, une magie plus intense ». Et « il y a le chant que les Moires pourraient entonner dans un chœur grec, le chant de Meg Merrilies ». Ce ne sont là que quelques exemples de la variété du poète, de sa spontanéité, de sa maîtrise presque inconsciente de son art. À l'instar de Phémios d'Ithaque (de l’Odyssée), il pourrait dire : « Nul ne m'a enseigné, si ce n'est moi-même, et Dieu a mis dans mon cœur toutes sortes de chants » Toutes, sauf les « chants » conscients et élaborés, qui exercent aujourd'hui une telle influence sur certains jeunes critiques qu'ils prétendent qu'il rachète ses mauvais vers par ses bons romans[11].
D'après Lang, le « goût de l'enfance et de la maturité est plus simple et plus pur ». Dans le développement de l'amour de la poésie, « il est probable que la poésie simple, naturelle et aventureuse, telle que celle de Scott, prédomine, suivie plus tard – suivie mais non supplantée – par l'admiration pour une poésie plus introspective, d'une grande clarté, voire d'une évidence même, comme celle de Longfellow, dont [le recueil] cite plusieurs exemples ». Mais l'éditeur considère qu'un enfant qui apprécie la poésie n'est « jamais trop jeune pour se délecter de la simple beauté des mots, de la musicalité du mètre et de la rime, même lorsque le sens lui est encore obscur et peu approfondi. Un enfant, on en est convaincu, prendrait un grand plaisir aux chœurs de M. Swinburne dans Atalanta (en) » et dans Cloud et Arethusa de Shelley. C’est pour cette raison que ce livre propose également plusieurs poèmes d’Edgar Poe, y compris le poème imparfait Ulalume (en), en raison de sa sonorité, indépendamment de son sens. Les trois poèmes les plus célèbres de Coleridge « sont peut-être hors de portée d’un enfant, mais ils l’entraînent dans un monde irréel, « un lieu féerique et impalpable », illuminé par la brume matinale, à l’image de nos souvenirs d’enfance ». Dans la plupart des vies, c’est probablement plus tard « que l’esprit s’éveille à la magie moins évidente du style, à la mélodie moins éclatante, plus intime, de poètes comme Keats et Lord Tennyson ». Pourtant, les chansons de Shakespeare « s'adressent à tous les âges, et les besoins d'une jeunesse relativement mûre sont comblés dans Ode on Alexander’s Feast de Dryden, ainsi que dans Lycidas et Hymn for the Nativity » de John Milton[11].
L'éditeur déclare que les poèmes sur les enfants ou qui leur sont spécialement destinés sont ceux qu'ils préfèrent. « L'imagination d'un enfant se nourrit en grande partie d'un avenir inconnu et d'un passé romantique. Il est le contemporain de Léonidas, d'Azincourt, de Bannockburn, des évènements de 1745 ; il vit dans un âge héroïque qui lui est propre, dans une Phéacie où les dieux apparaissent. Les poèmes écrits pour et sur les enfants, comme ceux de Blake et certains de Wordsworth, séduisent plutôt les personnes âgées, dont l'enfance est désormais un lointain monde féerique, comme la vie de l'homme l'est pour l'enfant. L'éditeur se souvient avoir été, très jeune, plus mystifié et intrigué par Lucy Gray que par Eve of St. John ». Tandis que Nurse's Song (en) de Blake, « qui lui rappelle les longues soirées interminables de l'été du nord, où il fallait se coucher alors que les collines au-delà d'Ettrick étaient encore baignées d'une lumière argentée, parle plus intimement à l'homme adulte qu'au petit garçon ou à la petite fille ». De même, le poème I remember, I remember de Hood « introduit le poids de la réflexion sur ce sur quoi l'enfant ne peut se pencher : une enfance révolue »[11].
Cette même tonalité est aussi présente dans A Child's Garden of Verses (en) de Robert Louis Stevenson, « qu’il est difficile de lire sans verser de larmes – des larmes qui ne coulent pas, et ne devraient pas couler, dans les yeux d’un enfant. Car, au-delà de l’enfant et de son expérience concrète du monde, à travers les ballades et les poèmes de bataille, il peut entrevoir les années à venir et anticiper les passions. Ce qu'il ne peut anticiper, c'est son propre âge, lui-même, ses joies et ses peines, tels que l'adulte les perçoit dans ses souvenirs, avec la nostalgie de ce qu'il a été et ne sera plus jamais. Ce sont ses incursions dans un monde inconnu qui comblent l'enfant, et c'est ce qui lui rend Shakespeare si cher – Shakespeare qui a si peu écrit sur l'enfance ». La comédie Le Songe d'une nuit d'été permet à l'enfant de « se perdre dans un univers qui lui est familier, le monde des fées ». Il trouve en Puck ou en Ariel (dans La Tempête) « un plaisir que son goût ultérieur peinera à retrouver avec la même intensité ». Falstaff (Henri IV et Les Joyeuses Commères de Windsor) « est son compagnon de jeu, « un Falstaff d'enfant, une créature innocente », comme Dickens le dit de Tom Jones dans David Copperfield ». Un garçon préfère le sauvage Prince Hal (en) et Ned Poins (en) (Henri IV) à Barbara Lewthwaite, la petite fille qui moralisait l'agneau (The Pet-Lamb de William Wordsworth)[11].
Simplifier à l'extrême le langage des enfants est une erreur ; encore davantage de leur interdire de lire tel ou tel texte sous prétexte qu'ils ne le comprennent pas. Ils comprennent bien plus que les adultes ne le croient, mais rien qui puisse leur nuire. « Cette compréhension partielle, cette impression d'un espace au-delà, comme dans un bois regorgeant de clairières inconnues, d'oiseaux et de fleurs inconnues, contribue grandement au plaisir de la lecture chez l'enfant ». C'est pourquoi de nombreux poèmes sont inclus dans le recueil, « sans que l'éditeur ne suppose que les lecteurs réussissent un examen ». Quelques textes, sans grande qualité poétique, y figurent car, « bien qu'ils puissent nous paraître d'une évidence criante, ils ne le sont plus à l'aube d'une réflexion plus profonde ». Longfellow, en particulier, apparaît à l'éditeur comme une sorte de guide pour initier les lecteurs à la poésie plus introspective de Wordsworth, tout en possédant un charme simple qui préfigure celui de Tennyson et de Keats. Mais « quiconque entreprend un tel recueil est inévitablement guidé par ses propres souvenirs d'enfance, ses goûts enfantins et l'éclosion de son amour pour la poésie ». C'est le seul critère, « car les enfants sont des critiques si bienveillants et attentifs qu'ils prennent plaisir à tout ce qu'on leur offre ou qu'on leur lit, et il nous est difficile de discerner où ce plaisir est le plus vif et le plus naturel »[11].
Lang « espère que ce livre pourra guider de nombreux enfants au pays du romantisme et de la féerie. Il est très difficile de parler de l'enthousiasme d'un enfant pour la poésie et de la vie qu'il mène seul à travers elle. Les mots peinent à faire ressurgir ce plaisir, désormais perçu dans un passé lointain comme un rêve, empli de magie, de musique et d'aventure. Certains enfants, peut-être la majorité, sont de nature à tisser eux-mêmes ce rêve, fruit de leur imagination, sans ou avec peu d'aide des poètes. D'autres, peut-être moins imaginatifs, mais plus portés sur les livres, acceptent volontiers l'aide du poète et sont ses lecteurs les plus flatteurs. Il y a des moments de cette vie lointaine qui restent à jamais gravés dans ma mémoire, comme lorsque nous avons suivi pour la première fois la chasse avec » Fitz-James (La Dame du lac, de Walter Scott), ou appris pour la première fois comment « Le baron de Smaylho'me se leva au lever du jour » (The Eve of St. John, idem), ou entendu pour la première fois comment « Toute la journée, le bruit de la bataille roulait Parmi les montagnes, au bord de la mer d'hiver » (Morte d'Arthur, Alfred Tennyson)[11].
« Parmi ces moments, les plus heureux étaient sans doute ceux bercés par la douce mélodie du » Château d'Indolence (James Thomson), poème alors peut-être rarement lu, du moins par les jeunes. Pourtant, ils pourraient difficilement faire mieux que de visiter ce château paisible. « L'enfance est l'âge où peut naître et s'épanouir l'amour de la poésie », goût qui se raréfie de plus en plus à cette époque où les examens prolifèrent et étouffent les belles graines. En guise de contribution à ce qu'on appelle l'Éducation, il n'y a ajouté que très peu de notes. « L'enfant ne souhaite pas que tout lui soit expliqué ; le plaisir réside dans l'inexpliqué. Rien, peut-être, n'anéantit l'amour de la poésie plus sûrement et plus rapidement que l'utilisation des poèmes comme manuels scolaires. On les associe aussitôt dans l'esprit aux leçons, aux interminables heures d'école, aux questions épineuses et à la frustration d'une mémoire défaillante, à la grammaire et à l'étymologie, à tout ce qui est l'ennemi du plaisir. On risque d'amener les enfants à détester Shakespeare ou Spenser comme Byron détestait Horace, en leur imposant des poètes, non pour leur poésie, mais pour les précieuses informations contenues dans les notes. Ce danger, du moins, est facile à éviter dans The Blue Poetry Book »[11].
| Auteur/Collecteur de la version publiée | Titre | Nom de l'éventuel recueil | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| William Blake | Nurse's Song (en) | Songs of Experience | 1794 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| James Hogg | A Boy's Song | 1843 | Royaume-Uni (Écosse) | |
| Thomas Hood | I Remember, I Remember | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Blake | The Lamb | Songs of Innocence | 1789 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| William Blake | Night | Songs of Innocence | 1789 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| William Cowper | On a Spaniel called 'Beau' Killing a Young Bird | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Wordsworth | Lucy Gray; or, Solitude (en) | Lyrical Ballads | 1799 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Walter Scott | Hunting Song | 1808 | Royaume-Uni (Écosse) | |
| Thomas Campbell | Lord Ullin's Daughter | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| William Blake | The Chimney-sweeper | Songs of Innocence | 1789 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Walter Scott | Nora's Vow | 1816 | Royaume-Uni (Écosse) | |
| Michael Drayton | Ballad of Agincourt | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Thomas Campbell | Ye Mariners of England | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Andrew Marvell | The Girl Describes her Fawn | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Thomas Campbell | The Soldier's Dream | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| William Cowper | John Gilpin (en) | 1782 | Royaume-Uni (Angleterre) | |
| Thomas Campbell | Hohenlinden | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Henry Wadsworth Longfellow | The Village Blacksmith (en) | États-Unis | ||
| Oliver Goldsmith | Elegy on the Death of a Mad Dog | Irlande | ||
| Walter Scott | The Outlaw | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Thomas Campbell | The Battle of the Baltic | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Walter Scott | Young Lochinvar | 1808 | Royaume-Uni (Écosse) | |
| Henry Wadsworth Longfellow | The Wreck of the Hesperus (en) | États-Unis | ||
| William Cowper | The Dog and the Water-lily | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Elizabeth Barrett Browning | To Flush, my Dog | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | Alice Brand | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Robert Burns | O, wert Thou in the Cauld Blast | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Robert Burns | I Love my Jean | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Robert Burns | There'll never be Peace till Jamie comes Hame | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Robert Burns | The Banks O' Doon | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Thomas Moore | As Slow our Ship | Irlande | ||
| Anonyme | A Red, Red Rose (en) | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Robert Burns | Bannockburn | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Thomas Moore | The Minstrel-Boy | Irlande | ||
| Robert Burns | The Farewell | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Thomas Moore | The Harp that once through Tara's Halls | Irlande | ||
| Lord Byron | Could Love for Ever, Run like a River | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Shakespeare | A Sea Dirge | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Savage Landor | Rose Aylmer | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Shakespeare | Who is Silvia? What is she | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | Lucy Ashton’s Song | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Walter Scott | Evening | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| William Shakespeare | Orpheus with his Lute | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Anonyme | The Twa Corbies | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Edgar Allan Poe | To One in Paradise | États-Unis | ||
| Ben Jonson | Hymn to Diana | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | County Guy | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Walter Scott | Gathering Song of Donald Dhu | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Lord Byron | The Destruction of Sennacherib (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | The Cavalier. | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| John Keats | On First Looking into Chapman's Homer | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Thomas Hood | A Lake and a Fairy Boat | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Collins | Ode written in MDCCXLVI | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Robert Herrick | To Daffodils | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Wordsworth | The Solitary Reaper (en) | Poems, in Two Volumes (en) | 1807 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Robert Herrick | To Blossoms | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | Proud Maisie | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Philip Sidney | Sleep | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | Hymn for the Dead | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| William Cowper | The Poplar Field | 1785 | Royaume-Uni (Angleterre) | |
| William Shakespeare | Winter | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Edgar Allan Poe | Annabel Lee | États-Unis | ||
| Charles Wolfe | To Mary | Irlande | ||
| Walter Scott | Twist ye, Twine ye | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Richard Lovelace | To Lucasta, on Going to the Wars | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Anonyme (ménestrels de la frontière écossaise) | The Daemon Lover (en) | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Anonyme | The Lowlands of Holland (en) | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Edgar Allan Poe | The Valley of Unrest (en) | États-Unis | ||
| Charles Wolfe | The Burial of Sir John Moore at Corunna | Irlande | ||
| Walter Scott | St. Swithin's Chair | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Lord Byron | Stanzas written on the Road between Florence and Pisa | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Robert Surtees (en) | Barthram's Dirge | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Wordsworth | To the Cuckoo | Poems, in Two Volumes | Royaume-Uni (Angleterre) | |
| Anonyme | Helen of Kirkconnel (en) | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Richard Lovelace | To Althea from Prison | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Wordsworth | I Wandered Lonely | Poems, in Two Volumes | 1807 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Charles Lamb | Hester | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Collins | To Evening | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | The Sun upon the Weirdlaw Hill | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Anonyme | The Wife of Usher's Well (en) | Royaume-Uni | ||
| Walter Scott | Allen-a-Dale | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Henry Wadsworth Longfellow | The Beleaguered City | États-Unis | ||
| John Dryden | Alexander's Feast; or, the Power of Music | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Christopher Marlowe | The Passionate Shepherd to His Love (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Jane Elliot (en) | The Flowers o' the Forest | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Edgar Allan Poe | Ulalume (en) | États-Unis | ||
| Samuel Taylor Coleridge | Kubla Khan | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| John Milton | L'Allegro | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| John Milton | Il Penseroso (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | Jock of Hazeldean | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Percy Bysshe Shelley | The Recollection | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Anne Lindsay Barnard | Auld Robin Gray (en) | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Anonyme | Willie Drowned in Yarrow | |||
| William Wordsworth | Poor Susan (en) | Lyrical Ballads | 1798 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Thomas Babington Macaulay | L'Armada | Lais de la Rome Antique | 1832 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Anonyme (vestiges de la poésie anglaise ancienne) | Mary Ambree (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Henry Wotton | Elizabeth of Bohemia | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Anonyme | Cherry Ripe (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Thomas Heywood | Morning | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| James Shirley | Death the Leveller | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Anonyme | Annan Water | |||
| William Cullen Bryant | To a Waterfowl (en) | 1818 | États-Unis | |
| Lord Byron | So, we'll go no more a Roving | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Shakespeare | Where the Bee Sucks, there Suck I | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Carolina Nairne | The Land o' the Leal | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Andrew Marvell | Song of the Emigrants in Bermuda | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Thomas Moore | The Light of Other Days | Irlande | ||
| Henry Wadsworth Longfellow | The Fire of Drift-wood | États-Unis | ||
| Thomas Love Peacock | The War-song of Dinas Vawr | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Percy Bysshe Shelley | Arethusa | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Henry Wadsworth Longfellow | The Day is Done | États-Unis | ||
| Walter Scott | A Weary Lot is Thine, Fair Maid | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| William Wordsworth | The Two April Mornings | The Matthew poems (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | |
| Edgar Allan Poe | To Helen (en) | États-Unis | ||
| James Hogg | The Skylark | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| William Shakespeare | Fidele | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Julius Mickle (en) | Cumnor Hall | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Percy Bysshe Shelley | To a Skylark (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Richard Barnfield | The Nightingale | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Edgar Allan Poe | The Sleeper (en) | États-Unis | ||
| Thomas Nashe | Spring | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Thomas Babington Macaulay | The Battle of Naseby | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | Rosabelle | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Samuel Taylor Coleridge | La Complainte du vieux marin | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Edgar Allan Poe | The Haunted Palace | États-Unis | ||
| Thomas Gray | The Bard (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Walter Scott | Twist ye, Twine ye | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Anonyme (ménestrels de la frontière écossaise) | Kinmont Willie (en) | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Thomas Campbell | The Last Man | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Thomas Babington Macaulay | Ivry (en) | Lais de la Rome Antique | 1832 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Anonyme | Sir Patrick Spens (en) | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| John Keats | La Belle Dame Sans Mercy | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Mary Lamb | The Child and the Snake | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Charles Dibdin | Tom Bowling | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Wordsworth | The Kitten and Falling Leaves | Poems, in Two Volumes | Royaume-Uni (Angleterre) | |
| John Bunyan | Le Voyage du pèlerin | 1678 | Royaume-Uni (Angleterre) | |
| William Cowper | The Solitude of Alexander Selkirk | 1782 | Royaume-Uni (Angleterre) | |
| Walter Scott | The Eve of St. John | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| Minstrel Burn | Leader Haughs | |||
| William Cowper | Epitaph on a Hare | 1782 | Royaume-Uni (Angleterre) | |
| Anonyme (ménestrels de la frontière écossaise) | The Battle of Otterburn (en) | Royaume-Uni (Écosse) | ||
| John Milton | Lycidas | Justa Edouardo King Naufrago | 1638 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Thomas Gray | Élégie écrite dans un cimetière de campagne | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| John Milton | On The Morning of Christ's Nativity | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| John Keats | Winter | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Samuel Taylor Coleridge | Christabel | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Wordsworth | Yarrow Unvisited | Yarrow poems (en) | 1803 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| William Wordsworth | Yarrow Visited | Yarrow poems | 1814 | Royaume-Uni (Angleterre) |
| Anonyme | Sir Hugh, or the Jew's Daughter (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Anonyme | Lyke-Wake Dirge (en) | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Winthrop Mackworth Praed (en) | The Red Fisherman; or, the Devil's Decoy | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Cowper | Boadicea | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| William Wordsworth | On the Departure of Sir Walter Scott | Royaume-Uni (Angleterre) |
The Green Fairy Book
Ici, Lang a rassemblé des histoires issues des traditions espagnoles, françaises, allemandes, russes, italiennes, écossaises, anglaises et chinoises[12]. Dans sa préface à ce volume (1892), Lang affirmait que le Green Fairy Book serait « probablement le dernier » de la collection. Cependant, leur popularité persistante exigeait des recueils ultérieurs, comme il le disait déjà ici : « Il y eut d'abord le Livre de fées bleu ; puis, les enfants, vous en avez redemandé, et nous avons créé le Livre de fées rouge ; et, comme vous en vouliez encore plus, nous avons réalisé le Livre de fées vert ». Soulignant la popularité des contes partout dans le monde, il explique que « La raison en est sans doute que les hommes, il y a très longtemps, étaient comme des enfants dans leur esprit, et qu'avant de se mettre à écrire des journaux, des sermons, des romans et de longs poèmes, ils se racontaient des histoires, comme celles que l'on trouve dans les livres de fées. Ils croyaient que les sorcières pouvaient transformer les gens en bêtes, que les bêtes pouvaient parler, que les anneaux magiques rendaient leurs porteurs invisibles, et toutes les autres merveilles des contes. Puis, à mesure que le monde grandissait, les contes de fées non écrits seraient tombés dans l'oubli si les grands-mères ne s'en souvenaient pas et ne les racontaient pas à leurs petits-enfants ; et quand celles-ci, à leur tour, devinrent grands-mères, elles s'en souvinrent et les racontèrent également »[13].
À propos de leurs messages, il dit « Certains de ces contes furent sans doute conçus non seulement pour divertir, mais aussi pour enseigner la bonté. On y voit comment le garçon gentil avec les bêtes, poli, généreux et courageux, triomphe toujours des épreuves. Ces histoires étaient sans doute destinées à rendre leurs auditeurs bienveillants, altruistes, courtois et courageux. Telle est leur morale. Mais, au fond, lorsque nous les lisons, nous nous soucions davantage du divertissement que de la leçon ». Il regrette que « De nos jours, rares sont ceux, peut-être même plus personne, capables d’écrire de véritables contes de fées, car ils ne croient pas suffisamment en leurs propres histoires et aspirent à être plus spirituels que le Ciel ne l’a voulu ». Enfin, il remercie les frères Grimm, qui ont recueilli leurs contes auprès des vieilles femmes, ainsi que Paul Sébillot et Charles Marelles, qui ont prêté des contes de leurs compatriotes français. Il cite aussi M. Ford, qui a réalisé les illustrations, et Miss Blackley, Alma Alleyne, Eleanor Sellar, May Sellar, Minnie Wright et Leonora Blanche Lang, qui ont traduit nombre de ces contes du français, de l'allemand et d'autres langues[13].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[12],[13] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| L'Oiseau bleu | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| Medio Pollito | Espagne | |||
| L'Histoire du calife cigogne (de) | La caravane | Wilhelm Hauff | 1825 | Allemagne |
| La Montre Enchantée (en) | Charles Deulin | France | ||
| Rosanie (en) | Féeries nouvelles | Anne Claude de Caylus | 1741 | France |
| Sylvain and Jocosa | Anne Claude de Caylus | France | ||
| Les Dons (en) | Féeries nouvelles | Anne Claude de Caylus | 1741 | France |
| La Princesse Pimprenelle et Le Prince Romarin | Féeries nouvelles | Anne Claude de Caylus | 1741 | France |
| Le Prince Muguet et la Princesse Zaza | Féeries nouvelles | Anne Claude de Caylus | 1741 | France |
| Les Trois Petits Cochons | Royaume-Uni (Angleterre) | |||
| Heart of Ice | Anne Claude de Caylus | |||
| Histoire de Rosimond et de Braminte | Fables composées pour l'éducation du duc de Bourgogne | Fénelon | 1700 | France |
| Le Château suspendu dans les airs | Contes de terre et de mer | Paul Sébillot | 1883 | France |
| L'Oiseau d'or | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Le petit soldat | Contes d’un buveur de bière | Charles Deulin | 1868 | France |
| The Magic Swan (en) | Hermann Kletke | |||
| La Pouilleuse (en) | Littérature orale de la Haute-Bretagne | Paul Sébillot | 1883 | France |
| Le Serpent (en) | Pentamerone | Giambattista Basile | Italie | |
| The Biter Bit | Hermann Kletke | |||
| King Kojata (en) | Hermann Kletke | Russie | ||
| Prince Fickle and Fair Helena | Hermann Kletke | Allemagne | ||
| Puddocky (en) | Volks-Sagen, Märchen und Legenden | Johann Gustav Gottlieb Büsching | 1812 | Allemagne |
| L'histoire de Hok Lee et des nains | Chine | |||
| Boucle d'or et les Trois Ours | Robert Southey | Royaume-Uni (Angleterre) | ||
| Nonchalante et Papillon | Féeries nouvelles | Anne Claude de Caylus | 1741 | France |
| Un-Œil, Double-Œil et Triple-Œil | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1815 | Allemagne |
| Jorinde et Joringel | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Toutes-Fourrures | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Les Douze Chasseurs (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Fuseau, navette et aiguille (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1843 | Allemagne |
| Le Cercueil de verre (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1837 | Allemagne |
| Les Trois Feuilles du serpent (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| La Devinette (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Hans-mon-hérisson (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1815 | Allemagne |
| Les Enfants d'or (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Le Serpent blanc | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1815 | Allemagne |
| Le Malin Petit Tailleur (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| L'Oiseau d'or | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| The War of the Wolf and the Fox | Frères Grimm | Allemagne | ||
| Le Pêcheur et sa femme | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| The Three Musicians | Frères Grimm | Allemagne | ||
| The Three Dogs | Frères Grimm | Allemagne |
The True Story Book
L'éditeur innove en 1893 en proposant aux enfants avec certaine appréhension un recueil d'histoires vraies (qu'il rebaptisera plus tard The Blue True Story Book[14]). C'est ce qu'il explique dans sa préface, après sa dédicace à Francis McCunn, où il explique que son équipe leur a « déjà offert trois contes de fées, et leurs lettres, si aimables et flatteuses, prouvent non seulement qu'ils les apprécient, mais qu'ils en redemandent. Quelle déception, alors, de recevoir un volume rempli d'aventures réellement vécues ! On n'y trouve ni dragon, ni même géant ; les sorcières sont ici absentes, et presque tous les personnages sont adultes. En revanche, si les fées sont absentes, les princes ne manquent pas, et l'éditeur se flatte de n'en trouver aucun de plus charmant que Tearlach (du moins pour ce qui est de cette partie de son histoire), ni chez Grimm, ni chez Dasent, ni chez Perrault. Il n'en reste pas moins que les histoires vraies ne valent pas les contes de fées. Elles ne se terminent pas toujours bien et, pire encore, elles rappellent aux jeunes élèves les leçons et les salles de classe. Un enfant peut craindre qu'on lui enseigne sous un prétexte fallacieux de divertissement, et que l'on lui impose l'apprentissage déguisé en jeu »[15].
En effet, il signale qu'on « peut interroger les examinateurs sur le prince Charles et Cortés, alors qu'aucun examinateur n'a jusqu'ici posé de questions sur Barbe-Bleue, Heart of Ice ou The Red Ettin. Franchement, il n'y a pas moyen de contourner cette difficulté. Mais l'éditeur assure qu'il n'a aucune intention d'instruire qui que ce soit, et il a tellement mélangé les récits qu'il est impossible d'en tirer une vision claire et cohérente de l'histoire ; de plus, lorsque l'histoire est abordée, ce n'est pas celle que les examinateurs affectionnent le plus. Ils posent rarement des questions sur la conquête du Mexique, par exemple ». Pourtant, selon lui, cette très longue histoire « est la plus belle histoire vraie du monde, la plus improbable et la plus romantique ». Elle a eu lien en un monde inconnu de l'Ouest recelant de richesses et peuplé de gens « si beaux et si courageux, si courtois et si cruels, avec leurs dieux terribles, leurs horribles sacrifices humains et leurs prières presque chrétiennes ». Une poignée d'Espagnols, pris eux-mêmes pour les enfants d'un dieu blanc, a traversé la mer, « rencontré une femme charmante, comme dans un conte de fées, prête à les mener à la victoire, planté la croix sur les ruines d'Huitzilopochtli après cette bataille acharnée sur les remparts du temple, été chassés en déroute de la Venise de l'Ouest, la cité lacustre de Mexico, puis reconquise »[15]…
Le tout est aussi étrange et inattendu que n'importe quel récit d'aventures sur une nouvelle planète. « Aucune invention de combats et d'errances en terre inconnue, aucune quête des mines du roi Salomon, ne saurait égaler, en étrangeté et en romantisme, ce récit véridique, attesté par des conquérants espagnols comme Bernal Diaz, des historiens indigènes comme Ixtlilochitl et des missionnaires plus tardifs comme Sahagun. Cortés est le grand précurseur de tous les chasseurs de trésors et explorateurs de fiction, et en cela, aucun récit inventé ne peut rivaliser avec la réalité. Puisque l'admirable histoire de M. Prescott n'est guère lue par les enfants (ni même par les adultes, d'ailleurs), l'éditeur espère que les jeunes lecteurs seront ravis de découvrir les Aventures à Anahuac dans ce recueil. Miss Edgeworth nous raconte dans Orlandino combien ce récit enchantait les jeunes lecteurs avant même que M. Prescott n'écrive ce formidable récit de la plus grande aventure du monde ». Il espère qu'il continuer à enchanter[15].
Les aventures du prince Charles sont déjà connues grâce aux Contes d'un grand-père (en) de Walter Scott. Mais ici, Madame McCunn les relate plus longuement et plus précisément. La source se trouve « dans ces sept volumes in-octavo bruns, tous écrits d'une main très serrée, qui constituent un trésor de la Advocates Library (en) d'Édimbourg ». Son auteur Alexander Forbes (en), est évêque de l'Église épiscopalienne persécutée d'Écosse ; « il a rassemblé ses informations avec une grande minutie, comparant attentivement les récits des différents protagonistes. Dans les reliures de ses volumes sont fixés un morceau du gilet tartan du prince, un chiffon de sa robe de calicot à fleurs, un fragment de ses brogues – un trésor inestimable, précieux, qui a été souillé par les larmes et les prières des fidèles ». Personne, dans un livre pour enfants, n'oserait raconter les dernières années du prince, « celles d'un exil mélancolique, au cœur brisé et humilié ». Mais, dans les collines et les îles, « le prince Charles est un modèle pour les princes et pour tous les hommes : courageux, gai, endurant, de bonne humeur, aimable, d'une courtoisie royale et prévenant, même au-delà de ce que l'on peut déduire de cette partie du livre. Quant à la loyauté des Highlanders (comme dans le cas de Mackinnon (en), fouetté presque à mort), elle était inébranlable face à la torture comme face à l'or. C'est la lignée des trad=Sobieski (en), et non celle des Stuart, que nous admirons ici chez le prince Charles ; c'est une piété, une loyauté, une bonté semblable à celle de Gordon que nous vénérons chez le vieux Lord Pitsligo dans une autre histoire »[15].
Si beaucoup de ces récits traitent de combats, c'est parce que c'est « l'aspect le plus dramatique de la vie terrestre ». Les captifs anglais qui reprennent un navire aux Turcs (par exemple) « étaient sans doute des hommes bons et loyaux toute leur vie, mais la lumière de l'histoire ne les éclaire qu'à la guerre ». Les Trois Cents des Thermopyles seraient restés inconnus s'ils n'étaient morts pour l'honneur de Lacédémone. L'éditeur « imagine qu'il aurait été facile de donner plus de « couleur locale » à l'esquisse des Thermopyles : de décrire les Immortels, d'après les frises de Suse, récemment découvertes par les Français. Mais l'histoire est grecque, et les Grecs ne racontaient pas leurs histoires ainsi, mais avec une simplicité presque dépouillée. Pourtant, qui oserait altérer et « améliorer » le récit d'Hérodote ? » Concernant la découverte du Vinland par Leif Erikson (dit le Chanceux), « nos sources restent floues, à l'image d'un rêve. L'imagination, venue plus tard, a altéré la vérité de cette saga ». Les lecteurs anglais saisiront sans doute mieux « le charme de cette aventure dans le récit incroyablement imaginatif de Rudyard Kipling, intitulé Best Story in the World ». Quant aux récits d'Isandhlwana et de Rorke's Drift, « « une histoire plus que vraie », l'éditeur tient à remercier son ami Rider Haggard, qui se trouvait en Afrique du Sud au moment du désastre et qui a généreusement consacré son temps et son énergie à établir, autant que faire se peut, la vérité exacte de cette histoire mélancolique, mais finalement non sans gloire ». La légende des Deux Grands Matchs de Cricket se base en partie sur les notes de Lillywhite et les pages animées de Robert Lyttelton (en) dans son ouvrage Badminton consacré au cricket. Le second match « est relaté par l'éditeur « tel qu'il l'a vu », pour reprendre les mots de Caxton à propos de Darès le Phrygien. Ces légendes prouvent qu'un match n'est jamais perdu tant qu'il n'est pas gagné »[15].
Possiblement, certaines des de ces histoires vraies recèlent des traces d'imagination. Les évasions de Frédéric de Trenck, de Benvenuto Cellini et de Giacomo Casanova doivent être considérées telles que les héros ont choisi de les relater ; ces deux derniers n'ont pas la réputation d'être des plus intègres. De même, l'évasion de César Borgia provient d'une version transmise par Alexandre Dumas, « et l'on peut supposer qu'Alexandre n'y a rien perdu ; il l'a peut-être « agrémentée d'une épée et d'un tricorne », comme à son habitude ». Quant au mystère de Kaspar Hauser, il est difficile de parler de « vérité », puisqu'elle restera à jamais en partie inconnue. « Les dépositions des premiers témoins n'ont pas été recueillies immédiatement ; certains témoins ont modifié leurs déclarations par la suite ; des parties des archives de Nuremberg ont disparu dans des circonstances suspectes ». Wilhelmina Powlett, Duchesse de Cleveland (en), a écrit son The True Story of Kaspar Hauser from Official Documents (1893) pour défendre son père, Lord Stanhope. Les accusations portées contre lui, « selon lesquelles il aurait aidé ou comploté dans le meurtre de Kaspar, car ce dernier était le véritable héritier de la maison de Bade, sont aussi puériles que odieuses. Or, la duchesse ne tient guère compte des difficultés que nous rencontrons si l'on considère Kaspar comme un imposteur absolu et de bout en bout. Ce n'est toutefois pas le lieu d'aborder un mystère historique ; cette « histoire vraie » est racontée comme un roman inspiré de faits réels ; l'hypothèse selon laquelle Kaspar était fils et héritier de la maison de Bade semble, de l'avis de l'éditeur, totalement dénuée de fondement »[15].
L'auteur doit à Madame Von Platt Stuart la permission de citer les aventures extraordinaires de son père, ou de son oncle, sur le Findhorn en crue. Les Lays of the Deer Forest, qui contiennent ce récit dans le volume de notes, furent écrits par John Sobieski Stuart et par Charles Edward Stuart[16], et l'éditeur ignore lequel de ces messieurs fut le héros de ces périlleuses traversées de la rivière des Highlands. On y trouvera « bien d'autres récits, légendes et études d'histoire naturelle et de mœurs des Highlands, outre l'intérêt particulier des poèmes ». Globalement, « l'éditeur s'est efforcé de trouver des histoires vraies, plutôt hors des sentiers battus de l'histoire ; le récit de John Tanner, par exemple, est probablement véridique », mais le livre où furent publiées ses aventures est à l'époque assez difficile à trouver. Pour A Boy among the Red Indians, Two Great Matches, The Spartan Three Hundred, How Leif the Lucky found Vineland the Good et The Adventures of Lord Pitsligo, l’éditeur est lui-même l'auteur des textes, « dans la mesure où ces récits ne sont pas des extraits des sources originales ». May Kendall (en) a traduit ou adapté Casanova's Escape ainsi que les récits de pirates et d’Algérie. Leonora Blanche Lang a abrégé le récit du The Chevalier Johnstone's Escape from Culloden et a relaté les évasions de César Borgia, de Trenck et de Miguel de Cervantes, tandis que Miss Blackley a traduit celle de Benvenuto Cellini. Madame McCunn, en outre, raconte The Story of Grace Darling ; le récit contemporain est assez succinct. Alma Alleyne a relaté The Kidnapping of the Princes, Mme Plowden The Story of Kaspar Hauser. Minnie Wright a abrégé les Aventures d'Hernán Cortés (The Conquest of Montezuma's Empire) d'après William H. Prescott[15].
Enfin, « l'éditeur laisse The True Story Book à la discrétion des enfants, expliquant, une fois de plus, qu'il a un grand respect pour leur jugement et qu'il ne songerait jamais à leur imposer des leçons, sous la forme d'un livre de Noël. Non, les leçons sont une chose, les histoires en sont une autre. Mais si la fiction est indéniablement plus étrange et plus captivante que la réalité, les histoires vraies sont elles aussi, parfois, assez fascinantes et étranges ». Et rien n'empêche bien sûr de retourner au Pays des Fées, après cette incursion dans le monde réel[15].
| Nom de l'histoire | Dates des évènements racontés | Lieux | Source de l'histoire/Auteur du texte (si différent des Lang) |
|---|---|---|---|
| A Boy among the Red Indians (en) | 1789-1812 | États-Unis | |
| Casanova's Escape | 1756-1757 | Italie (Venise) | |
| Adventures on the Findhorn | 1830 | Royaume-Uni (Écosse) | Extrait de Lays of the Deer Forest, John Sobieski et Charles Edward Stuart (Londres, 1848). |
| The Story of Grace Darling | 1838 | Royaume-Uni (îles Farne, Angleterre) | Article du Times du mardi au matin, discret paragraphe, The Wreck of the "Forfarshire"' (Le naufrage du “Forfarshire”) |
| The 'Shannon' and the 'Chesapeake' | 1813 | États-Unis (au large de Boston) | |
| Captain Snelgrave and the Pirates | 1719 | Sierra Leone (rivière de Sierra Leone) | |
| The Spartan Three Hundred | Grèce (Thermopyles) | ||
| Prince Charlie's Wanderings | 1746 | Royaume-Uni (Badenoch, Écosse) | |
| Two Great Matches | 1870 et 1875 | Royaume-Uni (Londres) | |
| The Story of Kaspar Hauser | 1812-1833 | Allemagne (Bavière) | |
| An Artist's Adventure | 1500-1571 | Italie (Florence) | |
| The Tale of Isandhlwana and Rorke's Drift | 1879 | Afrique du Sud (KwaZulu-Natal) | Henry Rider Haggard |
| How Leif the Lucky found Vineland the Good | 970-1010 | Norvège (Jæren), Islande, Groenland et Canada (Vinland) | |
| The Escapes of Cervantes | 1575-1578 | Mer Méditerranée (mer Tyrrhénienne) et Algérie (Alger) | |
| The Worthy Enterprise of John Foxe | 1563-1577 | Égypte (Alexandrie) | |
| Baron Trenck | 1726-1763 | Allemagne (Magdebourg, notamment) | |
| The Adventure of John Rawlins | 1621 | Royaume-Uni (Angleterre) et Mer Méditerranée | |
| The Chevalier Johnstone (en)'s Escape from Culloden | 1745-1746 | Royaume-Uni (Culloden, Écosse) | |
| The Adventures of Lord Pitsligo (en) | 1678-1762 | Royaume-Uni (Écosse) | |
| The Escape of Caesar Borgia from the Castle of Medina del Campo | 1492-1506 | Italie (Rome) et Espagne (Medina del Campo) | Les Borgia (dans la série Crimes célèbres), Alexandre Dumas (1839) |
| The Kidnapping of the Princes (de) | 1455 | Allemagne (Saxe) | L'histoire est adaptée de l'essai de Thomas Carlyle, The Prinzenraub (1855). |
| The Conquest of Montezuma's Empire | 1511-1521 | Mexique (Mexico-Tenochtitlan, notamment) | Histoire de la conquête du Mexique, William H. Prescott (1843) |
| Adventures of Bartholomew Portugues (pt), a Pirate | 1662-1669 | Jamaïque, Cuba (près du Cap Corrientes (es)) et Mexique (Campeche) | |
| The Return of the French Freebooters | 1688 | Nicaragua (Cap Gracias a Dios, notamment) et République dominicaine | Journal du voyage fait à la mer du Sud, avec les flibustiers de l'Amérique en 1684 et années suivantes, Raveneau de Lussan (1684) |
The Yellow Fairy Book
Tiré à 15 000 exemplaires à l'origine (1894), le Yellow Fairy Book est un recueil de contes du monde entier, dont beaucoup de Hans Christian Andersen, des histoires des Nord-Amérindiens[17], de Russie, de Roumanie, d'Islande, d'Allemagne, de France... En introduction, Lang rapporte que George Laurence Gomme, président de The Folklore Society, semble penser qu'il n'est pas tout à fait convenable d'imprimer autant de contes de fées illustrés et de les publier avec des couvertures rouges et bleues. En effet, il s'adresse une fois par an à ses membres, dont lui-même et Joseph Jacobs, pour leur tenir de tels propos. Ils répondent n'y voir aucun mal et être prêts à « se sacrifier sur leur terre » et à être jugés par un jury d'enfants. Et leurs membres, « des hommes et des femmes les plus brillants, les plus érudits et les plus beaux du pays », « affectionne particulièrement l'étude de l'histoire et de la géographie du Pays des Fées ». Toutefois, il souligne une autre problématique sur ces recueils qui « contiennent de nombreux récits de personnes qui ne sont ni des sauvages ni des paysans, comme Madame d'Aulnoy et Hans Christian Andersen ». Or, le président « affirme que leurs contes sont moins véridiques que les autres et qu'ils ne devraient pas être publiés avec eux ». Mais il estime ces histoires agréables à lire et suffisamment vraies à ses yeux. Il les présente donc, illustrées par Henry Justice Ford et estime que ni les illustrations ni les histoires ne risquent d'induire les enfants en erreur[18].
Concernant l’existence des fées, il estime que la question est complexe. Thomas Henry Huxley pense qu'elles n'existent pas. Lang n'en a jamais vu lui-même, mais il connaît plusieurs personnes qui en ont vu (notamment dans les Highlands, en Écosse) et entendu leur musique. Il conseille à ses lecteurs qui passeraient par Nether Lochaber (en), allez à la Fairy Hill (Colline des Fées) et ils entendront peut-être cette musique, comme l'ont fait des adultes. Mais il leur faudra y aller par beau temps. Mais il s'interroge : si elles n'existent pas, pourquoi y croit-on partout dans le monde ? Comment serait-il plausible que tant de peuples différents les aient vues et entendues ? Les Grecs anciens, les anciens Égyptiens, les Hindous et les Amérindiens y croyaient. Le révérend folkloriste Sabine Baring-Gould a aperçu plusieurs fées lorsqu'il était enfant et voyageait au pays des troubadours. Pour ces raisons, le rédacteur pense qu'elles existent bel et bien, mais qu'elles ne font jamais de mal à personne. En Angleterre, elles ont été chassées par la fumée et les maîtres d'école. Quant aux géants, ils ont disparu, mais de véritables nains sont courants dans les forêts d'Afrique. Il pense que sans doute de nombreuses histoires, parfois exagérées, ont-elles été racontées au sujet des fées, mais on en a également raconté de telles à propos de Napoléon Ier, John Graham de Claverhouse, Jules César et Jeanne d'Arc, qui ont pourtant tous existé. Un enfant sage se souviendra donc que, s'il grandit et devient membre de la Society, les contes de ce livre ne lui ont pas été présentés comme des vérités absolues, mais imprimés simplement pour le divertir. Il pourra apprendre les faits exacts plus tard, ou bien les ignorer[18].
Les contes de ce recueil ont été traduits par miss Cheape, miss Alma, Thyra Alleyne, May Violet Sellar, William Craigie (qui a traduit les contes islandais), Miss Blackley, Mme Dent et Leonora Blanche Lang. Les contes amérindiens, quant à eux, sont tirés de versions anglaises publiées par le Bureau of American Ethnology de la Smithsonian Institution, aux États-Unis. L’éditeur leur conseille enfin, pour la suite de leurs études, de lire La Rose et l’Anneau, du regretté William Makepeace Thackeray, illustré par l’auteur. Il « considère cet ouvrage comme indispensable dans la bibliothèque de tout enfant et encourage vivement les parents à se le procurer dès que possible, car sans lui, aucune éducation n’est complète »[18].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[17],[18] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Chat et souris associés | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Les Six Cygnes | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Der Norlands Drache (en) | Esthnische Mährchen | Friedrich Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| Les Habits neufs de l'empereur | Hans Christian Andersen | 1837 | Danemark | |
| Le Prince Crabe (en) | Griechische Märchen, Sagen and Volkslieder | Bernhard Schmidt | 1877 | Grèce |
| Le Fourneau (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1815 | Allemagne |
| Le Diable et sa grand-mère (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| L'Âne-salade (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| La Petite Grenouille Verte (en) | Nouveau recueil de contes de fées | Pierre-Jean Mariette | 1731 | France |
| Le serpent à sept têtes (en) | Griechische Märchen, Sagen and Volkslieder | Bernhard Schmidt | 1877 | Grèce |
| Les Animaux Reconnaissants (en) | Märchensaal | Hermann Kletke | 1845 | Hongrie |
| Les Géants et le Berger (en) | Märchen und Sagen der Bukowinaer und Siebenbürger Armenier | Heinrich von Wlislocki | 1891 | Roumanie |
| The Invisible Prince | ||||
| Le Corbeau (en) | Märchensaal aller Völker | Hermann Kletke | 1845 | Pologne |
| Six à qui rien ne résiste (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Le Roi Magicien (en) | Les Illustres Fées, contes galants dédiés aux Dames | Louis de Mailly | 1698 | France |
| L'Ondine de l'étang | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1843 | Allemagne |
| La Montagne de Verre (en) | Märchensaal aller Völker | Hermann Kletke | 1845 | Pologne |
| Alphinge ou le singe vert (en) | Nouveaux Contes de fées | Louis de Mailly | 1718 | France |
| Le Prince Arc-en-ciel (en) | Nouveaux Contes de fées | Louis de Mailly | 1718 | France |
| The Three Brothers | Hermann Kletke | Pologne | ||
| The Boy and the Wolves (en) | Amérique du Nord (des autochtones) | |||
| The Glass Axe | Hermann Kletke | Hongrie | ||
| The Dead Wife | Amérique du Nord (des Iroquois) | |||
| In the Land of Souls | Amérique du Nord (des autochtones) | |||
| Le Canard Blanc (en) | Contes populaires russes | Alexandre Afanassiev | 1855 | Russie |
| The Witch and her Servants | Hermann Kletke | Russie | ||
| The Magic Ring | ||||
| La Fille de la Reine des Fleurs (en) | Märchen und Sagen der Bukowinaer und Siebenbürger Armenier | Heinrich von Wlislocki | 1891 | Roumanie |
| Le Navire Volant (en) | Russie | |||
| The Snow-daughter and the Fire-son | Märchen und Sagen der Bukowinaer und Siebenbürger Armenier | Heinrich von Wlislocki | 1891 | Roumanie |
| Morozko | Contes populaires russes | Alexandre Afanassiev | 1855 | Russie |
| The Death of the Sun-hero | Märchen und Sagen der Bukowinaer und Siebenbürger Armenier | Heinrich von Wlislocki | 1891 | Roumanie |
| Le conte de Baba-Yaga (en) | Russie | |||
| L'Enfant Noisette (en) | Märchen und Sagen der Bukowinaer und Siebenbürger Armenier | Heinrich von Wlislocki | 1891 | Roumanie |
| Grand Claus et Petit Claus | Hans Christian Andersen | 1835 | Danemark | |
| Prince Ring (en) | Íslenzkar Þjóðsögur og Æfintýri (is) | Jón Árnason | 1862 | Islande |
| Le Garçon porcher (en) | Hans Christian Andersen | 1841 | Danemark | |
| La Princesse au petit pois | Hans Christian Andersen | 1835 | Danemark | |
| Les Montagnes Bleues (en) | ||||
| Le Briquet | Hans Christian Andersen | 1835 | Danemark | |
| La Géante dans la barque de pierre | Íslenzkar Þjóðsögur og Æfintýri | Jón Árnason | 1862 | Islande |
| Poucette | Hans Christian Andersen | 1835 | Danemark | |
| Le Rossignol et l'Empereur de Chine | Hans Christian Andersen | 1843 | Danemark | |
| Hermod et Hadvor (en) | Íslenzkar Þjóðsögur og Æfintýri | Jón Árnason | 1862 | Islande |
| Le Stoïque Soldat de plomb | Hans Christian Andersen | 1838 | Danemark | |
| Hans le balourd (en) | Hans Christian Andersen | 1855 | Danemark | |
| L'aiguille à repriser (en) | Hans Christian Andersen | 18545 | Danemark |
The Red True Story Book
L'éditeur propose un nouveau recueil d'histoires vraies en 1895. En présentant le The Blue True Story Book, il s'était excusé de proposer des récits bien moins palpitants et romantiques que les légendes des fées, mais avait souligné que même les faits réels étaient parfois curieux et intéressants, comme ces nouvelles histoires. Pour ce livre, Henry Rider Haggard a préparé le récit Wilson's Last Fight, grâce à des conversations avec M. Burnham, le valeureux éclaireur américain. Mais en écrivant son chapitre, il a découvert que sa source avait déjà raconté cette histoire dans une interview publiée par The Westminster Gazette (en). La courtoisie du propriétaire de ce journal et de Burnham, a permis à Haggard d'intégrer le récit déjà publié à son propre texte. The Life and Death of Joan the Maid est une ouvrage de l'éditeur, qui s'appuie notamment sur le Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc de Jules Quicherat, d'autres documents, ainsi que d'une manière générale, tous les documents imprimés auxquels il a pu avoir accès. Selon Lang, on ne connaît peut-être aucun document contemporain inédit, à l'exception de ceux alors en préparation pour publication par le Père Ayroles. How the Bass was held for King James est un ouvrage de l'éditeur, principalement tiré de Life de John Blackadder (en)[14].
The Crowning of Ines de Castro est un ouvrage de Leonora Blanche Lang, d'après Schäfer, tout comme The Story of Orthon, How Gustavus Vasa won his Kingdom, Monsieur de Bayard's Duel et The Man in White[14]. Madame McCunn a relaté l'histoire de la campagne d'Écosse du Prince Charlie, à partir des récits contemporains du soulèvement de 1745, de traités contemporains, de « Le Lyon en deuil », des ouvrages de Chambers, Scott, Maxwell de Kirkconnel et d'autres sources. Les courtes sagas sont traduites de l'islandais par le révérend W. C. Green, traducteur de la saga d'Egil Skalagrim. Samuel Rutherford Crockett, auteur de The Raiders, The Lilac Sun-bonnet and Mad Sir Uchtred (1894), a relaté The Adventures of 'the Bull of Earlstoun (en)' et The Story of Grisell Baillie's Sheep's Head. May Kendall et Madame Bovill sont responsables des récits de voyages en mer et de naufrages ; les aventures australiennes sont de Bovill. Minnie Wright a compilé The Conquest of Peru, à partir du fameux ouvrage de Prescott. Agnes Repplier (en), la célèbre essayiste américaine, a écrit The Story of Molly Pitcher. Avec ces informations, l'éditeur laisse le livre aux enfants, les assurant que les histoires sont vraies, à l'exception peut-être de l'étrange récit d'Orthon ; et certaines sagas ont peut-être aussi été légèrement modifiées par rapport aux faits réels avant que les Islandais ne se familiarisent avec l'écriture[14].
| Nom de l'histoire | Dates des évènements racontés | Lieux | Source de l'histoire/Auteur du texte (si différent des Lang) |
|---|---|---|---|
| Wilson's Last Fight | 1889-1893 | Zimbabwe (Afrique australe) | Henry Rider Haggard |
| The Life and Death of Joan the Maid | 1412-1456 | France |
|
| How the Bass was held for King James | 1688-1694 | Royaume-Uni (Écosse) | Life, John Blackadder (en) |
| The Crowning of Ines de Castro | 1340-1367 | Espagne et Portugal | |
| The Story of Orthon | France (Sud-Ouest) | Chroniques de Jean Froissart | |
| How Gustavus Vasa won his Kingdom | 1496-1523 | Suède | |
| Monsieur de Bayard's Duel | XVIe siècle | Italie (royaume de Naples) | Brantôme |
| Story of Gudbrand (en) of the Dales | XIe siècle | Norvège | Separate Saga of St. Olaf (en) |
| Sir Richard Grenville | 1591 | Portugal (île de Flores, Açores) | |
| The Story of Molly Pitcher | 1778 | États-Unis (Comté de Monmouth, New Jersey) | |
| The Voyages, Dangerous Adventures, and Imminent Escapes of Captain Richard Falconer (en) | 1699-1700 | Jamaïque | |
| Marbot's March | 1808-1809 | Espagne | Mémoires, Marcellin Marbot (1891) |
| Eylau. The Mare Lisette | 1807 | Russie (Eylau, Bagrationovsk) | Mémoires, Marcellin Marbot (1891) |
| How Marbot crossed the Danube | 1809 | Autriche (Sankt Pölten) | Mémoires, Marcellin Marbot (1891) |
| The piteous Death of Gaston, Son of the Count of Foix | 1388-1391 | France (Sud-Ouest) | Chroniques de Jean Froissart |
| Rolf Stake | VIe siècle | Danemark | Edda en prose, Snorri Sturluson |
| The Wreck of the 'Wager' | 1740-1741 | Chili | |
| Peter Williamson (en) | 1730-1755 | États-Unis (Delaware, Pennsylvanie) | D'après les écrits de Peter Williamson (en) |
| A Wonderful Voyage | 1787 | Polynésie (Tofoa), Australie, Timor | |
| The Pitcairn Islanders | 1789-1814 | Tahiti (pointe Vénus), Pitcairn | |
| A Relation of three years' Suffering of Robert Everard (en) upon the Island of Assada, near Madagascar, in a Voyage to India, in the year 1686 | 1686 | Madagascar | Collection of Voyages and Travels, Awnsham Churchill (en) (1732) |
| The Fight at Svolder Island | 1000 | Mer Baltique | |
| The Death of Hacon the Good | 961 | Norvège (Fitjar (en)) | |
| Prince Charlie's War | 1715-1745 | Royaume-Uni (Écosse) |
|
| The Burke and Wills Exploring Expedition | 1834-1861 | Australie | |
| The Story of Emund | 1020 | Suède (Skara) | |
| The Man in White | XVIIIe siècle | France (Paris) | Lettres de Charlotte Aïssé |
| The Adventures of 'the Bull of Earlstoun (en)' | 1683-1689 | Royaume-Uni (Écosse) | |
| The Story of Grisell Baillie's Sheep's Head | XVIIe siècle | Royaume-Uni (Polwarth (en), Écosse), Pays-Bas | |
| The Conquest of Peru | 1524-1541 | Pérou | Histoire de la conquête du Pérou, William H. Prescott (1847) |
The Animal Story Book
L'éditeur propose un nouveau recueil d'histoires vraies en 1896 concernant cette fois des animaux. Dans sa préface, Andrew Lang explique que les fées sont finalement peu nombreuses dans contes de fées, les personnages les plus courants étant les oiseaux, les bêtes et les poissons, « qui parlent et agissent comme des chrétiens ». Il s'explique « par le fait que les premiers conteurs n'étaient pas très instruits, ou, s'ils l'étaient, ils n'avaient jamais appris à lire ni à écrire, ni à distinguer les végétaux, les animaux et les minéraux. Ils considéraient que toutes choses étaient plus ou moins identiques : ils n'étaient pas prétentieux et estimaient que les bêtes et les oiseaux pouvaient parler comme eux, mais, bien sûr, dans une langue différente ». C'est pour cela qu'il souhaite publier un livre sur « les amis des enfants et des fées ». Bien qu'il présente toutes ces histoires comme vraies, il admet comme possible que leurs auteurs tels qu'Alexandre Dumas et Théophile Gautier aient quelque peu embelli leurs récits[19].
Aussi, il avoue avoir des doutes quant aux ours et aux serpents des contes du baron Émile de Wogan. Il précise que « les ancêtres de ce dernier étaient des Irlandais illustres. L’un d’eux retint les soldats de Cromwell lorsqu’ils poursuivaient Charles II après la bataille de Worcester. Il mena également une troupe de cavalerie de Douvres aux Highlands, où il mourut des suites d’une blessure, après avoir combattu pour le roi. Le Wogan suivant était un ami de Pope et de Swift ; il s’évada de prison après la bataille de Preston, en 1715, et, plus tard, sauva la mère du prince Charles Édouard Stuart de sa captivité en Autriche et l’emmena épouser le roi Jacques. Il devint ensuite gouverneur de la province de Don Quichotte, la Manche, en Espagne, et était encore vivant et joyeux en 1752. Le baron Wogan, descendant de ces héros, ne trouvant plus de roi pour lequel se battre, partit pour l'Amérique et affronta des ours. Sans doute était-il aussi courageux que ses ancêtres, mais je ne suis pas certain de la véracité de toutes ses histoires de serpents »[19].
Il rapporte des doutes au sujet de M. Waterton et des îles Caïmans, mais sait que le terrible récit de M. Gully et de ses exploits de guerre est exact ; l'histoire d'Oscar, le petit garçon sentimental, est fermement crue par la dame qui l'a écrite. Quant aux histoires sur les bêtes grecques et romaines, il juge que Pline l'Ancien, qui les relate, est un auteur respectable. « Dans l'ensemble, il s'agit donc plus ou moins d'un recueil de contes authentiques. Il devrait y avoir une morale ; si oui, c'est probablement que nous devons être bons envers toutes sortes d'animaux et, surtout, assommer les truites lorsqu'on les attrape, et ne pas laisser ces pauvres bêtes sauter partout jusqu'à ce qu'elles meurent. Un chapitre très érudit a été écrit sur l'intelligence des bêtes, prouvant qu'il a dû y avoir de grands génies inventifs parmi elles autrefois, et qu'elles ont maintenant pris l'habitude (ce qui est, à mon avis, une excellente habitude) de se contenter des découvertes de leurs ancêtres. Cela a naturellement conduit à quelques observations sur l'instinct et la raison ; mais certains enfants seront peut-être heureux qu'il n'y ait pas eu de place pour ce chapitre »[19].
| Nom de l'histoire | Dates des évènements racontés | Lieux | Source de l'histoire/Auteur du texte (si différent des Lang) |
|---|---|---|---|
| ‘Tom’: an Adventure in the Life of a Bear in Paris | 1832 | France (Paris) | Alexandre Dumas |
| Saï the Panther | XIXe siècle | Ghana (Ashanti, Cape Coast), Gabon, Royaume-Uni (Angleterre) | Magazine of Natural History, John Claudius Loudon |
| The Buzzard and the Priest | XVIIIe siècle | France | Animal Biography, William Bingley (en) |
| Cowper and his Hares | 1774-1796 | Royaume-Uni (Angleterre) | British Quadrupeds, William Bingley |
| A Rat Tale | XIXe siècle | Royaume-Uni (Écosse) | Les éléments de cette histoire ont été recueillis principalement auprès d'un vieux dératiseur vivant à Hawick. |
| Snake Stories | 1850 | États-Unis (Californie et chez les Utahs) | Émile de Wogan |
| What Elephants can Do | Ve siècle av. J.-C., IVe siècle av. J.-C., XIXe siècle | Irak (Babylone), Grèce, Inde, Royaume-Uni (Angleterre : Chiswick), Sri Lanka | Histoires, Hérodote
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| The Dog of Montargis | 1371 | France (Montargis) | |
| How a Beaver builds his House | Animal Biography, William Bingley | ||
| The War Horse of Alexander | IVe siècle av. J.-C. | Italie (Sicile : Agrigente), Grèce (Macédoine), Asie centrale, Inde | Plutarque, Vies parallèles |
| Stories about Bears | États-Unis (Californie et chez les Utahs) | Émile de Wogan | |
| Stories about Ants | |||
| The Taming of an Otter | Royaume-Uni | British Quadrupeds, William Bingley | |
| The Story of Androcles and the Lion | Ier siècle | Province romaine d'Afrique | |
| Monsieur Dumas and his Beasts | Alexandre Dumas, à partir de ce qu'il racontait sur sa vie | ||
| The Adventures of Pyramus | Alexandre Dumas, à partir de ce qu'il racontait sur sa vie | ||
| The Story of a Weasel | Royaume-Uni | British Quadrupeds, William Bingley | |
| Stories about Wolves | |||
| Two Highland Dogs | 1887-1893 | Royaume-Uni (Écosse) | |
| Monkey Tricks and Sally at the Zoo | Royaume-Uni (Angleterre : Londres) | Naturalist’s Note-Book, Reeves & Turner (1868) | |
| How the Cayman was killed | 1782 | Royaume-Uni (Angleterre) et Guyana | Wanderings in S. America, Charles Waterton |
| The Story of Fido | |||
| Beasts Besieged | France (Paris) | Tableaux de siège (adapté de), Théophile Gautier | |
| Mr. Gully | |||
| Stories from Pliny | Italie | Histoire naturelle : Livre VIII, Pline l'Ancien | |
| The Strange History of Cagnotte | France (Tarbes, Paris) | Ménagerie Intime : I. Temps Anciens, Théophile Gautier | |
| Still Waters Run Deep; or, the Dancing Dog | France (Paris) | Ménagerie Intime : IV. Côté des Chiens, Théophile Gautier | |
| Theo and his Horses: Jane, Betsy, and Blanche | Ménagerie Intime : VI. Chevaux, Théophile Gautier | ||
| Madame Théophile and the Parrot | Ménagerie Intime : I. Temps Anciens, Théophile Gautier | ||
| The Battle of the Mullets and the Dolphins | France (Lattara) | Histoire naturelle : Livre IX, Pline l'Ancien | |
| Monkey Stories | 1698, 1776 | Océan Atlantique, Pays-Bas | |
The Pink Fairy Book
Publié en 1897, il comprend quarante et un contes japonais, scandinaves, catalans et siciliens[20]. Dans son introduction, Lang estime qu'un enfant qui a lu les précédents livres de la collection retrouvera ici des personnages familiers sous de nouveaux visages. Mais les contes japonais seront probablement nouveaux pour lui ; le tanuki est une créature qu'il n'a peut-être jamais rencontrée auparavant. Il remarquera peut-être qu'Andersen veut « mettre en avant une morale », autant que « embellir un conte », . Il cherche « à se moquer des travers de l'humanité, tels qu'ils existent dans les pays civilisés ». Toutefois, il déconseille de lire le conte danois La princesse dans le coffre (en) « à un enfant très nerveux, car il frôle le récit de fantômes ». Il a été modifié, « étant en réalité bien plus effrayant dans la langue danoise, qui, comme l'histoire nous l'apprend, n'était ni nerveuse ni timide ». Mais il est presque certain que cette histoire est fausse. Les autres contes danois et suédois, en effet, « ne sont pas alarmants ». Ils sont traduits par William Craigie[21].
Les contes siciliens (traduits de l'allemand), les contes africains (traduits du français), les contes catalans, les contes japonais (traduits de l'allemand) et un vieux conte français ont été traduits par Leonora Blanche Lang. Alma Alleyne a traduit les contes d'Andersen à partir de l'allemand. Henry Justice Ford, comme à son habitude, a dessiné les monstres, les sirènes, les princes et les géants et les belles princesses qui, de l'avis de l'éditeur, sont plus belles que jamais. À travers es contes imaginaires venus de tous horizons, il constate que « les peuples noirs, blancs et jaunes affectionnent les mêmes aventures ». Le courage, la jeunesse, la beauté et la bonté, affrontent moult épreuves, mais ils triomphent toujours ; là où « les sorcières, les géants, les êtres cruels et hostiles, sont du côté des perdants ». C'est là toute la morale des contes de fées. Si tout le monde ne peut être jeune, ni beau, ni fort ; « mais rien ne nous empêche d'être bons, et aucun homme, femme, bête ou oiseau bon ne connaît jamais autre chose que le bien dans ces plus anciennes fables du monde ». Finalement, « jusqu'ici, tous les contes sont vrais, et pas au-delà »[21].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[20],[21] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| The Cat's Elopement (en) | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| How the Dragon Was Tricked (en) | Griechische Märchen, Sagen and Volkslieder | Bernhard Schmidt | 1877 | Grèce |
| Le Nixe chez l’épicier (en) | Hans Christian Andersen | 1852 | Danemark | |
| La Maison dans la forêt | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1840 | Allemagne |
| Urashima Tarō | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| Kachi-kachi Yama | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| La Malle volante | Hans Christian Andersen | 1839 | Danemark | |
| L'Homme de neige | Hans Christian Andersen | 1861 | Danemark | |
| Les Amours d'un faux-col | Hans Christian Andersen | 1848 | Danemark | |
| La princesse dans le coffre (en) | Danemark | |||
| Les Trois Frères (de) | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1815 | Allemagne |
| La Reine des neiges | Hans Christian Andersen | 1844 | Danemark | |
| Le Sapin | Hans Christian Andersen | 1844 | Danemark | |
| Hans, the Mermaid's Son | Danemark | |||
| Peter Bull | Danemark | |||
| The Bird 'Grip' (en) | Suède | |||
| Snegourotchka | Recueil de contes populaires slaves : traduits sur les textes originaux | Louis Léger | 1882 | Russie |
| I Know What I Have Learned (en) | Danemark | |||
| Le cordonnier rusé (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| Le roi qui voulait une belle épouse (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| Catherine et son Destin (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| Comment l'ermite a aidé à gagner la fille du roi (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| L'Eau de Vie (en) | Cuentos Populars Catalans | Francisco Maspons y Labrós | 1885 | Espagne |
| Le lion blessé (en) | Cuentos Populars Catalans | Francisco Maspons y Labrós | 1885 | Espagne |
| The Man Without a Heart | Danemark | |||
| Les Deux Frères | Contes de l'enfance et du foyer | Frères Grimm | 1812 | Allemagne |
| Le Lion d'Or (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| The Sprig of Rosemary (en) | Cuentos Populars Catalans | Francisco Maspons y Labrós | 1885 | Espagne |
| La Colombe Blanche (en) | Danemark | |||
| La fille du troll (en) | Danemark | |||
| Esben et la sorcière | Danemark | |||
| La Princesse Minon-Minette | France | |||
| Maiden Bright-eye (en) | Danemark | |||
| The Merry Wives | Danemark | |||
| Le Roi Lindworm (en) | Suède | |||
| Le chacal, la colombe et la panthere | Contes populaires des Bassoutos | Édouard Jacottet | 1895 | Afrique du Sud |
| Le petit lièvre | Contes populaires des Bassoutos | Édouard Jacottet | 1895 | Afrique du Sud |
| Shita-kiri suzume | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| L'histoire de Ciccu | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| Don Giovanni de la Fortuna (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
The Grey Fairy Book
Publié en 1900, il contient trente-cinq histoires, dont plusieurs proviennent de traditions orales et d'autres de recueils écrits, qui sont français, allemands, italiens, lituaniens, de diverses régions d’Afrique et grecs[22]. Ils ont été traduits et adaptés par Madame Dent, Leonora Blanche Lang, Eleanor Sellar, Miss Blackley et Miss Lang. Les Trois Fils d’Hali est tiré du « Cabinet des Fées », un vaste recueil du XVIIIe siècle. Lang suppose que l’auteur français s’est peut-être inspiré d’un texte oriental fragmentaire. En tout cas, il a imité la technique orientale d’imbrication des contes, à l’instar des boules d’ivoire sculptées. Ces histoires, comme souvent, illustrent les procédés de la fiction populaire. Il pense aussi que, sans doute, le nombre de combinaisons possibles, comme celui des combinaisons musicales, n’est-il pas illimité, mais que les enfants sont peut-être moins sensibles aux fées que John Stuart Mill ne l’était à la musique[23].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[22],[23] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Peau d'Âne | Le Cabinet des fées | |||
| The Goblin Pony | Hermann Kletke | France | ||
| An Impossible Enchantment | ||||
| Geschichte von Dschemil und Dschemila | Märchen und Gedichte aus der Stadt Tripolis in Nordafrika | Hans Stumme | 1898 | Libye |
| Janni and the Draken | ||||
| The Partnership of the Thief and the Liar | ||||
| Fortunatus et sa bourse (en) | ||||
| Face de chèvre (en) | Hermann Kletke | Italie | ||
| What Came of Picking Flowers (en) | Portugal | |||
| The Story of Bensurdatu (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| The Magician's Horse (en) | ||||
| The Little Gray Man | Hermann Kletke | |||
| Herr Lazarus and the Draken | ||||
| La Reine de l'isle des fleurs (en) | Le Cabinet des fées | France | ||
| Udea et ses sept frères (en) | Märchen und Gedichte aus der Stadt Tripolis in Nordafrika | Hans Stumme | 1898 | Libye |
| The White Wolf | ||||
| Mohammed with the Magic Finger | Märchen und Gedichte aus der Stadt Tripolis in Nordafrika | Hans Stumme | 1898 | Libye |
| Bobino | ||||
| Le Chien et le Moineau (de) | Hermann Kletke | Allemagne | ||
| Histoire des trois fils d'Hali Bassa de la mer, des filles de Siroco gouverneur d'Alexandrine | Le Cabinet des fées | Henri Pajon | 1748 | France |
| The Story of the Fair Circassians | Le Cabinet des fées | |||
| Le chacal et la source (en) | Contes populaires des Bassoutos | Édouard Jacottet | 1895 | Afrique du Sud |
| L'Ours (en) | ||||
| The Sunchild (en) | ||||
| L'histoire de Buk Ettemsuch (en) | Märchen und Gedichte aus der Stadt Tripolis in Nordafrika | Hans Stumme | 1898 | Libye |
| L'œil qui pleure et l’œil qui rit (en) | Recueil de contes populaires slaves : traduits sur les textes originaux | Louis Léger | 1882 | Serbie |
| Le prince Inespéré (en) | Recueil de contes populaires slaves : traduits sur les textes originaux | Louis Léger | 1882 | Pologne |
| The Simpleton (en) | Hermann Kletke | Italie | ||
| Les Musiciens de Brême | Hermann Kletke | Allemagne | ||
| The Twin Brothers | ||||
| Cannetella (en) | Hermann Kletke | Italie | ||
| L'Ogre | Hermann Kletke | Italie | ||
| A Fairy's Blunder | Le Cabinet des fées | |||
| Long, large et clairvoyant (en) | Recueil de contes populaires slaves : traduits sur les textes originaux | Louis Léger | 1882 | Tchéquie |
| Prunella (en) |
The Violet Fairy Book
La Roumanie, le Japon, la Serbie, la Lituanie, l'Afrique, le Portugal et la Russie sont parmi les sources de ces 35 histoires parues en 1901, qui parlent d'une forêt hantée, des coffres de pièces d'or, un chien magique et un homme qui déjoue un dragon[24]. Dans la préface, l'éditeur saisit cette occasion pour « réaffirmer ce qu'il a souvent dit auparavant : il n'est pas l'auteur des contes des Livres de fées ; il ne les a pas inventés de toutes pièces ». Il est « habitué à ce que les dames lui demandent : « Avez-vous écrit autre chose que les Livres de fées ? », il se voit contraint d'expliquer qu'il n'en est pas l'auteur, mais qu'à l'exception de ceux-ci, il a écrit presque tout le reste, hormis les hymnes, les sermons et les pièces de théâtre ». Il présente les histoires de sa collection comme « aussi anciennes que tout ce que les hommes ont inventé. Elles sont narrées par des femmes sauvages nues à des enfants sauvages nus. Elles nous ont été transmises par nos ancêtres les plus anciens, qui croyaient réellement que les bêtes, les arbres et les pierres pouvaient parler s'ils le voulaient, et se comporter avec bonté ou méchanceté ». Elles « regorgent des idées les plus anciennes d'époques où la science n'existait pas et où la magie tenait lieu de science »[25].
Aussi, quiconque aura la curiosité de lire les Australian Legendary Tales (Contes légendaires australiens), recueillis par K. Langloh Parker[26] auprès des peuples autochtones d'Australie, constatera que ces récits ressemblent étrangement à ceux d'Europe. Il pense que nul ne sait qui en furent les premiers auteurs ; probablement les premiers hommes et femmes. Ève les aurait contés pour amuser Caïn et Abel ? Avec la civilisation et l'avènement des monarques, ces personnages illustres furent généralement choisis comme héros et héroïnes. Mais, pense-t-il, à l'origine, il ne s'agissait que de personnes entourées d'une multitude d'animaux, tous se comportant comme des êtres humains. Lorsque les nobles et les autres classes sociales s'enrichirent et s'instruisirent, ils oublièrent ces vieux contes. Mais les gens de la campagne, eux, les conservèrent et les transmirent, avec quelques modifications, au fil des générations. Puis des érudits les collectèrent et publièrent, que l'éditeur et son équipe ont traduits pour divertir les enfants. Selon lui, « leurs goûts sont restés les mêmes que ceux de leurs ancêtres nus, il y a des milliers d'années, et ils semblent préférer les contes de fées à l'histoire, la poésie, la géographie ou les mathématiques, tout comme les adultes préfèrent les romans à tout autre chose »[25].
Parmi les contes de ce livre, Miss Blackley a traduit The History of Dwarf Long Nose, The Story of Three Wonderful Beggars (en), The Lute Player (en), Two in a Sack et
How a Fish swam in the Air and a Hare in the Water. William Craigie a traduit du scandinave Jesper Who Herded the Hares (en). Leonora Blanche Lang a traduit le reste. Certains des plus intéressants sont d'origine roumaine, et trois avaient déjà été publiés dans les Swahili Tales du regretté Edward Steere. Avec l'aimable autorisation de ses représentants, ces trois contes africains ont été abrégés et simplifiés pour les enfants[25].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[24],[25] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| A Tale of the Tontlawald (en) | Ehstnische Märchen | Friedrich Reinhold Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| The finest Liar in the World | Volksmärchen der Serben | Vuk Stefanović Karadžić | 1854 | Serbie |
| The Story of Three Wonderful Beggars (en) | Serbie | |||
| Shippeitaro (en) | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| The Three Princes and their Beasts (en) | Lituanie | |||
| The Goat's Ears of the Emperor Trojan (en) | Volksmärchen der Serben | Vuk Stefanović Karadžić | 1854 | Serbie |
| Le Pommier d'or et les Neuf Paonnes | Volksmärchen der Serben | Vuk Stefanović Karadžić | 1854 | Serbie |
| The Lute Player (en) | Russie | |||
| The Grateful Prince (en) | Ehstnische Märchen | Friedrich Reinhold Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| The Child who came from an Egg (en) | Ehstnische Märchen | Friedrich Reinhold Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| Stan Bolovan (en) | Rumänische Märchen | Mite Kremnitz | 1882 | Roumanie |
| The Two Frogs | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| The Story of a Gazelle | Swahili Tales | Edward Steere | 1870 | Tanzanie |
| How a Fish swam in the Air and a Hare in the Water | ||||
| Two in a Sack | Rüssiche Märchen | Russie | ||
| Hanasaka Jiisan | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| The Fairy Aurora (en) | Rumänische Märchen | Mite Kremnitz | 1882 | Roumanie |
| The Enchanted Knife | Volksmärchen der Serben | Vuk Stefanović Karadžić | 1854 | Serbie |
| Jesper Who Herded the Hares (en) | Scandinavie | |||
| The Underground Workers | Ehstnische Märchen | Friedrich Reinhold Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| The History of Dwarf Long Nose | ||||
| The Nunda, Eater of People (en) | Swahili Tales | Edward Steere | 1870 | Tanzanie |
| The Story of Hassebu | Swahili Tales | Edward Steere | 1870 | Tanzanie |
| Hachikazuki (en) | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| The Monkey and the Jelly-fish | Japanische Marchen und Sagan | David August Brauns | 1885 | Japon |
| The Headless Dwarfs | Ehstnische Märchen | Friedrich Reinhold Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| The Young Man Who Would Have His Eyes Opened | Ehstnische Märchen | Friedrich Reinhold Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| The Boys with the Golden Stars | Rumänische Märchen | Mite Kremnitz | 1882 | Roumanie |
| The Frog | Italie | |||
| The Princess Who Was Hidden Underground (en) | Allemagne | |||
| Jouvencelle-Jouvenceau (en) | Sept Contes Roumains | Jules Brun et Leo Bachelin | 1894 | Roumanie |
| Die Geschichte von Hälbchen | Märchen und Gedichte aus der Stadt Tripolis in Nordafrika | Hans Stumme | 1898 | Libye |
| The Prince Who Wanted to See the World (en) | Portugal | |||
| Virgilius the Sorcerer (en) | ||||
| Mogarzea and his Son (en) | Olümänische Märchen |
The Crimson Fairy Book
Ces 36 histoires parues en 1903 proviennent de Hongrie, de Russie, de Serbie, de Finlande, d’Islande, de Tunisie, des pays baltes, d'Islande, du Portugal, du Japon et d’ailleurs[27]. Dans sa préface, Lang exprime que « chaque recueil de contes de fées exige une préface de l'éditeur, et ces introductions sont inévitablement à la fois monotones et inutiles. Par souci d'honnêteté littéraire, l'éditeur ne cesse de répéter qu'il est l'éditeur, et non l'auteur des contes, tout comme un homme distingué n'est que l'éditeur, et non l'auteur de la nature ». Comme « la nature, les contes populaires sont trop vastes pour être l'œuvre d'un seul esprit moderne ». Il présente son travail d'éditeur comme consistant à « à rechercher des recueils de ces histoires, transmises par des grand-mères paysannes ou des grand-mères des contrées les plus reculées, de la Nouvelle-Calédonie au Zoulouland ; des neiges glacées des régions polaires à la Grèce, l'Espagne, l'Italie ou le lointain Lochaber. Une fois les contes trouvés, ils sont adaptés aux besoins des enfants britanniques par diverses personnes, l'éditeur se contentant de veiller aux convenances et d'atténuer, en de légères réprimandes, les tourments infligés aux méchantes belles-mères et autres personnages malfaisants »[28].
Mais, remarque-t-il avec humour, « les enfants, et leurs chères mères, ignorent ces faits ; l'éditeur en déduit qu'ils ne lisent pas ses préfaces, ne sont ni membres de la Folklore Society, ni élèves de M. Köhler et de M. Cosquin, ni de M. Henri Guidoz et du professeur Child, ni de M. Max Müller ». Toutefois, ces contes leur en apprendront plus sur leurs pays d'origine car « nul doute que de nombreux enfants prendront plaisir à repérer ces lieux sur la carte et à étudier leurs montagnes, leurs rivières, leurs sols, leurs produits et leurs politiques fiscales dans les manuels de géographie. Les peuples qui racontent ces histoires diffèrent par leur couleur de peau, leur langue, leur religion et presque tout le reste ; mais tous apprécient les contes pour enfants ». Enfin, la plupart de ces histoires ont été adaptées ou traduites par Leonora Blanche Lang, quelques-unes par Miss Lang et Miss Blackley[28].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[27],[28] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Lovely Ilonka (en) | Ungarische Mährchen | Elisabet Róna-Sklarek | 1901 | Hongrie |
| Lucky Luck | Ungarische Mährchen | Elisabet Róna-Sklarek | 1901 | Hongrie |
| The Hairy Man (en) | ||||
| To Your Good Health! (en) | Russische Märchen | Russie | ||
| The Story of the Seven Simons | Ungarische Mährchen | Elisabet Róna-Sklarek | 1901 | Hongrie |
| The Language of Beasts | ||||
| The Boy who could keep a Secret | Folk Tales of the Magyars | Hongrie | ||
| The Dragon and the Prince (en) | Volksmärchen der Serben | Vuk Stefanović Karadžić | 1854 | Serbie |
| Little Wildrose (en) | Adapté du roumain | |||
| Tiidu the Piper | Esthnische Mährchen | Friedrich Kreutzwald | 1869 | Estonie |
| Paperarello (aussi intitulé dans le recueil Paperabello) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| The Gifts of the Magician (en) | Finnische Mährchen | Finlande | ||
| The Strong Prince | Ungarische Volksmärchen | Elisabet Róna-Sklarek | 1901 | Hongrie |
| Le chasseur de trésors (de) | Volksmährchen der Deutschen | Johann Karl August Musäus | 1787 | Allemagne |
| The Cottager and his Cat (en) | Isländische Märchen | Le conte est traduit d'une traduction allemande de "Karlssonur og katturinn hans" par Josef Calasanz Poestion (de) du volume 2 du Íslenzkar Þjóðsögur og Æfintýri de Jón Árnason (1864). | 1884 | Islande |
| The Prince who would seek Immortality | Ungarische Volksmärchen | Elisabet Róna-Sklarek | Hongrie | |
| The Stonecutter (en) | Japanische Mährchen | Japon | ||
| The Gold-bearded Man (en) | Ungarische Mährchen | Elisabet Róna-Sklarek | 1901 | Hongrie |
| Tritill, Litill, and the Birds (en) | Ungarische Mährchen | Elisabet Róna-Sklarek | 1901 | Hongrie |
| The Three Robes | Isländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1884 | Islande |
| The Six Hungry Beasts | Finnische Mährchen | Finlande | ||
| How the Beggar Boy turned into Count Piro (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| The Rogue and the Herdsman | Isländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1884 | Islande |
| Eisenkopf | Ungarische Mährchen | Elisabet Róna-Sklarek | 1901 | Hongrie |
| The Death of Abu Nowas and of his Wife (en) | Tunisische Märchen und Gedichte | Hans Stumme | 1893 | Tunisie |
| Motikatika | Les Ba Ronga, étude ethnographique sur les indigènes de la baie de Delagoa (bien que le conte qui en provient ait été ici adapté[28]) | Henri-Alexandre Junod | 1898 | Mozambique |
| Niels and the Giants (en) | Danemark | |||
| Shepherd Paul | Ungarische Mährchen | Elisabet Róna-Sklarek | 1901 | Hongrie |
| How the wicked Tanuki was punished | Japanische Mährchen | Japon | ||
| The Crab and the Monkey (en) | Japanische Mährchen | Japon | ||
| The Horse Gullfaxi and the Sword Gunnfoder (en) | Isländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1884 | Islande |
| The Story of the Sham Prince, or the Ambitious Tailor | ||||
| The Colony of Cats | ||||
| How to find out a True Friend (en) | Contes siciliens | Laura Gonzenbach | 1870 | Italie |
| Clever Maria (en) | Portugal | |||
| Bunbuku chagama | Japanische Mährchen | Japon |
The Brown Fairy Book
Le Brown Fairy Book (1904) contient des histoires des autochtones d'Amérique, des Bushmen australiens et des Sothos africains, ainsi que de Perse, de Laponie, du Brésil et d'Inde[29]. Concernant le bunyip, Lang explique dans sa préface que « est connu d'enfants encore plus démunis, courant nus dans le bush australien. Vous pourrez voir des photographies de ces joyeux petits êtres noirs avant que leurs ennuis ne commencent, dans Northern Faces of Central Australia, de MM Spencer et Gillen. »[30]. Les contes indiens sont du Major Campbell, et tous les autres sont racontés par Leonora Blanche Lang, qui ne les retranscrit pas fidèlement tels que les racontent toutes sortes d'indigènes, mais les invente dans l'espoir qu'ils plairont aux Blancs, en omettant les passages qui leur déplairont. C'est ainsi que ce recueil de contes de fées a été conçu pour le divertissement des lecteurs[31].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[29],[31] | Date de première publication | Origine |
|---|---|---|---|---|
| What the Rose did to the Cypress (en) | Annette S. Beveridge (en) | Iran | ||
| Ball-Carrier and the Bad One | États-Unis (des autochtones) | |||
| How Ball-Carrier finished his Task | États-Unis (des autochtones) | |||
| The Bunyip | Journal of Anthropological Institute | Australie | ||
| Father Grumbler | Contes Populaires | Afrique ? | ||
| The Story of the Yara (en) | Folklore Brésilien | Brésil | ||
| The Cunning Hare | ||||
| The Turtle and his Bride | États-Unis (des autochtones) | |||
| Rosald et Geirald (en) | Neuislandischem Volksmärchen | Adeline Rittershaus | 1902 | Islande |
| Hábogi | Neuislandischem Volksmärchen | Adeline Rittershaus | 1902 | Islande |
| How the Little Brother set Free his Big Brothers | États-Unis (des autochtones) | |||
| Koumongoé | Contes Populaires des Basouttos | Edouard Jacottet | 1895 | Afrique australe |
| The Wicked Wolverine | États-Unis (des autochtones) | |||
| The Husband of the Rat's Daughter (en) | Contes Populaires | Japon | ||
| Le Garçon, la Sirène et le Chevalier Roth (en) | Lappländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion (de) | 1886 | Sápmi (Laponie) |
| Pivi et Kabo | Bulletin de la Société d’Anthropologie | Léon Moncelon | 1886 | Nouvelle-Calédonie |
| La fille Ulta (en) | Lappländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1886 | Sápmi (Laponie) |
| La Nature et les Animaux Apprivoisés | Lappländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1886 | Sápmi (Laponie) |
| La Fortune et le Bûcheron (en) | Traditions Populaires de l’Asie Mineure | Henri Carnoy et Jean Nicolaïdes | 1889 | Grèce |
| La Tête Enchantée | Traditions Populaires de l’Asie Mineure | Henri Carnoy et Jean Nicolaïdes | 1889 | Grèce |
| The Sister of the Sun | Lappländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1886 | Sápmi (Laponie) |
| Le prince prédestiné | Les Contes populaires de l'Égypte ancienne | Gaston Maspero | 1889 | Égypte |
| The Fox and the Lapp | Lappländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1886 | Sápmi (Laponie) |
| Kisa (en) | Neuislandischem Volksmärchen | Adeline Rittershaus | 1902 | Islande |
| The Lion and the Cat | North American Indian Legends | Amérique du Nord (des autochtones) | ||
| Qui est le plus bête ? | Neuislandischem Volksmärchen | Adeline Rittershaus | 1902 | Islande |
| Asmund et Signy (en) | Isländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1884 | Islande |
| Rübezahl | Volksmährchen der Deutschen | Johann Karl August Musäus | 1787 | Allemagne |
| The King Who Would Be Stronger Than Fate (en) | Major Campbell | Inde | ||
| Story of Wali Dâd the Simple-hearted | Major Campbell | Inde | ||
| Tale of a Tortoise and of a Mischievous Monkey | Folk-lore Brésilien | Brésil | ||
| Les Chevaliers du Poisson (es) | Cuentos, oraciones, adivinas y refranes populares e infantiles | Fernán Caballero | 1877 | Espagne |
The Orange Fairy Book
Publié en 1906, il comprend 33 contes du Jutland, de la Rhodésie, de l’Ouganda et de diverses autres traditions européennes[32]. Dans la préface, Lang se demande l'intérêt d'en écrire une ici. En effet, « les enfants qui lisent des contes de fées, ou à qui on en lit, ne lisent pas les préfaces, et les parents, tantes, oncles et cousins qui offrent ces livres à leurs filles, nièces et cousines ne les lisent pas non plus ». Cependant, il s'en sert pour rappeler que « ces livres de contes de fées, cependant, ne sont pas écrits par l'éditeur, comme il l'a souvent expliqué, « de son propre chef ». Les histoires sont tirées de celles que les grands-mères racontent à leurs petits-enfants dans de nombreux pays et dans de nombreuses langues : français, italien, espagnol, catalan, gaélique, islandais, cherokee, africain, indien, australien, slave, esquimau, et bien d'autres encore ». Si les contes ne sont pas des traductions totalement fidèles, mais ont été modifiées, notamment en les adoucissant, c'est pour les adapter au public enfantin. Ainsi, « de nombreux passages ont été omis, et le récit a été morcelé en conversations, les personnages se remémorant la situation et s'exprimant comme le préfèrent les enfants, et certains adultes ». Il souligne toutefois qu'il est « impossible, même si on le souhaitait, de dissimuler le fait que les histoires populaires n'ont jamais été conçues comme de simples pamphlets. Bien qu'ils prennent généralement le parti du courage, de la bonté et des vertus en général, les anciens conteurs admirent la ruse efficace autant qu'Homère dans l'Odyssée. Du moins, si le héros rusé, humain ou animal, est le plus faible, comme Ulysse, Frère Lapin (en) et bien d'autres, le conteur ne voit en lui que de la ruse supérieure, grâce à laquelle le petit Jack triomphe des géants »[33].
Il tente aussi de répondre à une énigme : « pourquoi les histoires des peuples les plus reculés se ressemblent-elles tant ? Bien sûr, dans un passé immémorial, elles ont été transmises par les peuples conquérants et apprises par ces mêmes peuples auprès des vaincus. Les esclaves, emmenés loin de chez eux, ont emporté leurs histoires avec eux en captivité. Les vagabonds, les voyageurs, les naufragés, les marchands et les femmes enlevées à des tribus étrangères ont diffusé ces récits ; les gitans et les Juifs les ont colportés ; les soldats romains de toutes origines, se déplaçant à travers l'Empire, en ont fait commerce. Depuis la nuit des temps, les hommes ont été des nomades, et où qu'ils aillent, leurs histoires les ont accompagnés. La traite négrière pouvait conduire un Grec en Perse, un Perse en Grèce ; une Égyptienne en Phénicie ; un Babylonien en Égypte ; un enfant scandinave pouvait être transporté avec l'ambre de la Baltique à l'Adriatique ; Ou encore un Sidonien à Ophir, quel que soit l'endroit où se situait Ophir ; tandis que les Portugais ont pu diffuser leurs récits en Afrique du Sud ou en Asie, et en rapporter d'autres en Égypte. Ces histoires se sont répandues au gré des missionnaires bouddhistes, et les premiers voyageurs français les ont contées aux Amérindiens. Ces faits contribuent à expliquer la similitude des récits à travers le monde ; et l'uniformité de l'imagination humaine dans les sociétés anciennes est sans doute à l'origine de nombreuses autres ressemblances »[33].
Concernant les contes de ce volume, les récits des indigènes de Rhodésie ont été recueillis par M. Fairbridge, qui parle la langue locale ; un autre a été rapporté par M. Cripps d'une autre région d'Afrique, l'Ouganda. Trois contes du Pendjab ont été recueillis et traduits par le major Campbell. Divers récits de « sauvages », qui ont nécessité un travail d'édition important, sont tirés des pages savantes Journal of the Anthropological Institute. Hormis quelques exceptions, tous les contes ont été réalisés, à partir de diverses sources, par Leonora Blanche Lang, qui a modifié, lorsque cela lui semblait souhaitable, tous les récits. Certains contes viennent de The Magic Book, traduit par Mme Pedersen d'après Eventyr fra Jylland (Histoires du Jutland) d'Evald Tang Kristensen[33].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[32],[33] | Date de première publication | Origine[32],[33] |
|---|---|---|---|---|
| The Story of the Hero Makóma | Fairbridge | Rhodésie, Senna | ||
| The Magic Mirror | Fairbridge | Rhodésie, Senna | ||
| Story of the King who Would See Paradise | Major Campbell | Asie centrale (Pachtounes) | ||
| How Isuro the Rabbit Tricked Gudu | Fairbridge | Rhodésie (Mashona) | ||
| Ian, the Soldier’s Son | Popular Tales of the West Highlands (en) | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| La Renarde et le Loup | Cuentos Populares | Antonio de Trueba | Espagne | |
| How Ian Dìreach got the Blue Falcon (en) | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| Le Vilain Petit Canard | Hans Christian Andersen | 1842 | Danemark | |
| The Two Caskets (en) | Yule-Tide Stories: A Collection of Scandinavian and North German Popular Tales and Traditions | Benjamin Thorpe | 1853 | Scandinavie |
| The Goldsmith’s Fortune | Major Campbell | Asie centrale (Pachtounes) | ||
| The Enchanted Wreath (en) | Yule-Tide Stories: A Collection of Scandinavian and North German Popular Tales and Traditions | Benjamin Thorpe | 1853 | Scandinavie |
| The Foolish Weaver | Asie centrale (Pachtounes) | |||
| The Clever Cat | Contes Berbères | René Basset | Afrique du Nord (Berbères) | |
| The Story of Manus | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| Pinkel the Thief | Yule-Tide Stories: A Collection of Scandinavian and North German Popular Tales and Traditions | Benjamin Thorpe | 1853 | Scandinavie |
| La panthère, le chacal et le hérisson | Nouveaux Contes berbères | René Basset | 1897 | Algérie (Berbères) |
| The Adventures of the Jackal’s Eldest Son | Contes Berbères | René Basset | Afrique du Nord (Berbères) | |
| The Adventures of the Younger Son of the Jackal | Contes Berbères | René Basset | Afrique du Nord (Berbères) | |
| La table, la musette et le sac (en) | Recueil de contes populaires slaves : traduits sur les textes originaux | Louis Léger | 1882 | Tchéquie (Bohême) |
| Le Gambadeur-de-la-Plaine | Les Ba Ronga, étude ethnographique sur les indigènes de la baie de Delagoa | Henri-Alexandre Junod | 1898 | Mozambique |
| La Biche au bois | Contes nouveaux ou Les Fées à la mode | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| The Girl-Fish | Cuentos Populars Catalans | Francisco Maspons y Labrós | 1885 | Espagne |
| The Owl and the Eagle | Journal of the Anthropological Institute | Amérique du Nord (des autochtones) ? | ||
| La Grenouille bienfaisante (en) | Les Contes des Fées | Marie-Catherine d'Aulnoy | 1697 | France |
| The Adventures of Covan the Brown-haired (en) | Norman Macleod | Europe (Celtes) | ||
| Bella-Flor | Cuentos, oraciones, adivinas y refranes populares e infantiles | Fernán Caballero | 1877 | Espagne |
| El Pájaro de la Verdad (es) | Cuentos, oraciones, adivinas y refranes populares e infantiles | Fernán Caballero | 1877 | Espagne |
| The Mink and the Wolf | Journal of the Anthropological Institute | Amérique du Nord (des autochtones) | ||
| Adventures of an Indian Brave | Journal of the Anthropological Institute | Amérique du Nord (des autochtones) | ||
| How the Stalos were Tricked (en) | Lappländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1886 | Sápmi (Laponie) |
| Andras Baive (en) | Lappländische Mährchen | Josef Calasanz Poestion | 1886 | Sápmi (Laponie) |
| The White Slipper | Capullos de Rosa | Enrique Ceballos Quintana | Espagne | |
| The Magic Book (en) | Æventyr fra Jylland | Evald Tang Kristensen | 1881 | Danemark |
The Olive Fairy Book
L'Olive Fairy Book (1907) comprend des histoires insolites de Turquie, d'Inde, du Danemark, d'Arménie, du Soudan et de la plume d'Anatole France[34]. En préface, Lang explique que voici « de nombreuses années, [s]on ami et éditeur, M. Charles Longman (en), [lui] a offert Le Cabinet des Fées. Cet ouvrage exige presque une bibliothèque pivotante pour le contenir, à l'instar de l'Encyclopædia Britannica, et c'est dans une telle bibliothèque [qu'il a] entreposé les volumes ». Mais l'étroitesse de son bureau l'empêche de pivoter. Quoi qu'il en soit, il explique que « cette profusion de contes de fées venus de tous horizons présente des légendes de fées, de sorcières, de génies ou de djinns, de monstres, de dragons, de méchantes belles-mères, de princesses belles ou laides, de princes chanceux ou malchanceux, de géants, de nains et d'enchantements ». Il contient notamment des contes de Charles Perrault, qui « n'aurait jamais imaginé qu'on se souviendrait de lui principalement pour ce petit livre miteux aux minuscules illustrations en tête de volume ». Il « s'inspira des contes champêtres que lui racontait la nourrice de son jeune fils et les raconta à nouveau avec son élégance et son esprit propres ». Étonnamment, il semble qu'ils n'ont pas été traduit en anglais avant une trentaine d'années, « lorsqu'ils furent publiés en anglais, avec le texte français en regard, par un certain M. Pote, libraire à Eton ». D'après lui, « le succès de Perrault reposait sur le goût que la cour de Louis XIV portait aux contes ; on sait, grâce à une lettre de Madame de Sévigné, qu'ils étaient contés parmi les dames de la cour. Perrault eut naturellement des imitateurs, comme Madame d'Aulnoy, une dame errante plus spirituelle que célèbre. C'est à elle que l'on doit La Belle et la Bête et Le Nain jaune »[35].
Succèdent « les Mille et Une Nuits, traduites par Monsieur Galland. Personne n'a aussi bien traduit les Mille et Une Nuits que Galland. Sa traduction, à l'opposé d'une version scientifique, est aussi agréable à lire que l'Iliade et l'Odyssée le seraient si Alexandre Dumas avait tenu sa promesse de traduire Homère. Galland a omis les vers et de nombreux passages dont l'absence ne se ferait pas sentir, bien que l'anthropologue soit censé les trouver précieux et instructifs dans les traductions scientifiques tardives, peu divertissantes. Plus tard, des hommes et des femmes industrieux composèrent des Contes persans, des Contes de la mer et des inventions originales, plus ou moins inspirées du modèle féerique. Ces œuvres sont bien trop longues – de véritables romans – et ne plairaient ni aux enfants ni aux adultes de goût. Elles furent toutes rassemblées dans le vaste Cabinet des fées, publié en 1786, juste avant la Révolution ». L'éditeur suppose que « leur volonté de simplicité charma-t-elle une société extrêmement artificielle, qui parlait de « la vie simple » et d'« état de nature », et qui se trouvait à la veille d'une révolution où la nature humaine révélerait ses traits les plus primitifs dans des orgies sanglantes ». Ainsi, ce « fut la fin de la Cour et des contes de fées de la Cour. Au moment même où ils étaient démolis, des érudits comme les frères Grimm et Sir Walter Scott commencèrent à s'intéresser aux contes populaires des paysans et des peuples autochtones du monde entier. Partout dans le monde, on constata que ces contes étaient fondamentalement les mêmes. Cendrillon est omniprésente ; un livre entier lui a été consacré par Miss Cox, un excellent ouvrage, certes, mais sans grand intérêt pour les enfants. Pour eux, les meilleurs recueils de contes étrangers sont les contes allemands des frères Grimm, les Contes nordiques de Sir G. W. Dasent (que certains adultes, par excès de zèle, ont jugés inconvenants), et les contes indiens de Miss Frere. Il existe des centaines de recueils de contes de fées populaires et paysans, mais, bien que nombre d'entre eux soient très intéressants, notamment les histoires zouloues de l'évêque Callaway (en) (avec leurs versions zouloues), ils ne sont pas lus par les parents et les oncles, et donc pas par les enfants »[35]. Enfin, The Green Knight (en) est traduit par Amy Skovgaard-Pedersen, comme l'indique la fin du conte.
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[34],[35] | Date de première publication | Origine[34],[35] |
|---|---|---|---|---|
| Madschun (en) | Türkische Volksmärchen aus Stambul | Ignaz Künos (en) | 1905 | Turquie |
| The Blue Parrot | Le Cabinet des Fées | France | ||
| Geirlug The King's Daughter (en) | Neuislandischem Volksmärchen | Adeline Rittershaus | 1902 | Islande |
| Abeille | Anatole France | 1883 | France | |
| 'A Long-bow Story' | Inde | |||
| Jackal or Tiger? (en) | Inde | |||
| The Comb and the Collar | Fairy Tales | Antoine Hamilton | ||
| The Thanksgiving of the Wazir | Inde | |||
| Samba le Lâche | Contes Soudanais | Charles Monteil | 1905 | Afrique de l'Ouest (Soudan français) |
| Kupti and Imani | Inde | |||
| The Strange Adventures of Little Maia | ||||
| Diamond Cut Diamond (en) | Major Campbell | Inde (Feroshepore) | ||
| The Green Knight (en) | Æventyr fra Jylland | Evald Tang Kristensen | 1881 | Danemark |
| The Five Wise Words of the Guru | Inde | |||
| Le poisson à tête d'or (en) | Contes Arméniens | Frédéric Macler | 1905 | Arménie |
| Dorani | Major Campbell | Inde (Feroshepore) | ||
| Le médecin de satin | Nouveaux Contes de fées | Louis de Mailly | 1718 | France |
| The Billy Goat and the King | Major Campbell | Inde (Feroshepore) | ||
| Zoulvisia (en) | Contes Arméniens | Frédéric Macler | 1905 | Arménie |
| Grasp all, Lose all | Major Campbell | Inde (Feroshepore) | ||
| Les Jeux Canards et la Tortue | Contes et fables indiennes, de Bidpaï et de Lokman | Antoine Galland | 1778 | Inde |
| The Snake Prince (en) | Major Campbell | Inde (Feroshepore) | ||
| The Prince and the Princess in the Forest (en) | Æventyr fra Jylland | Evald Tang Kristensen | 1881 | Danemark |
| Le tisserand intelligent | Contes Arméniens | Frédéric Macler | 1905 | Arménie |
| The Boy who found Fear at last | Türkische Volksmärchen aus Stambul | Ignaz Künos | 1905 | Turquie |
| Le fils de la vieille | Contes Arméniens | Frédéric Macler | 1905 | Arménie |
| La canne d’acier | Contes Arméniens | Frédéric Macler | 1905 | Arménie |
| The Punishment of the Fairy Gangana | Le Cabinet des Fées | France | ||
| The Silent Princess (en) | Türkische Volksmärchen aus Stambul | Ignaz Künos | 1905 | Turquie |
The Lilac Fairy Book
Le Lilac Fairy Book (1910) contient des histoires du Portugal, d'Irlande et du Pays de Galles[36]. Dans sa préface, l'auteur témoigne de la curiosité que manifestent les dames qui lui « demandent généralement : « Écrivez-vous quelque chose en ce moment ? » (comme si elles demandaient à un peintre : « Peignez-vous quelque chose en ce moment ? » ou à un avocat : « Avez-vous des affaires en cours ? »). Parfois, elles sont plus directes et [lui] demandent : « Qu’écrivez-vous en ce moment ? », comme si [il était] forcément en train d’écrire – ce qui est effectivement le cas, même si [il] n’aime pas qu’on [le lui] rappelle ».« demandent généralement : « Écrivez-vous quelque chose en ce moment ? » (comme si elles demandaient à un peintre : « Peignez-vous quelque chose en ce moment ? » ou à un avocat : « Avez-vous des affaires en cours ? »). Parfois, elles sont plus directes et [lui] demandent : « Qu’écrivez-vous en ce moment ? », comme si [il était] forcément en train d’écrire – ce qui est effectivement le cas, même si [il] n’aime pas qu’on [le lui] rappelle ». Il juge cette question délicate, puisque la dame se moque éperdument de ce qu’il écrit. Elle ne serait pas plus éclairée s'il lui répondais : « Madame, je travaille à un traité visant à prouver que la Normalité est antérieure au Totémisme Conceptionnel », même si cette réponse est aussi vraie en réalité qu'obscure en signification. Il n'a rien trouvé de mieux à répondre qu'en prétendant avoir complètement abandonné la littérature et songer à écrire un livre sur « Les Causes du Mildiou dans la Pomme de terre », triste circonstance menaçant de priver les Britanniques de leur principale racine comestible. Toutefois, l'interrogatrice n'est jamais dupe. Une dame qui, comme les autres, ne pouvait s'empêcher d'aborder l'horrible sujet de sa profession, lui dit : « Vous n'écrivez jamais que des contes de fées, n'est-ce pas ? »[37].
Un Français, pédagogue et expert en portraits de la reine Mary, envoya un jour à Lang un article de journal où il affirmait que celui-ci se consacrait exclusivement à la composition de contes de fées et à rien d'autre. Il vint ensuite en Angleterre, lui rendit visite et constata que l'auteur en savait bien plus que lui sur ces portraits. En vérité, l'éditeur avoue ne jamais avoir écrit de contes de fées de sa vie, hormis Prince Prigio, Prince Ricardo et Tales from a Fairy Court (ceux dudit Prigio). Il en profite pour recommander aux parents et tuteurs ces « pauvres ouvrages », regorgeant d'aventures romantiques, où les princes épousent toujours les princesses dignes de leur rang et vivent heureux pour toujours. Tandis que les méchants sorcières, belles-mères, précepteurs et gouvernantes ne sont jamais cruellement punis ; ils se retirent à la campagne avec de généreuses pensions. Il avoue détester la cruauté : il n'a jamais enfermé une méchante belle-mère dans un tonneau pour la faire dévaler une colline en luge. Certes, le prince Ricardo a tué le Nain Jaune, mais c'était à la loyale, l'épée à la main, et le nain, « paix à ses cendres ! », est mort au combat[37].
Ces aveux ne servent pas seulement à faire la promotion de ses propres livres de contes, mais de rendre hommage à qui de droit. Ces livres sont presque entièrement l'œuvre de son épouse Leonora Blanche Lang, « qui les a traduits et adaptés du français, de l'allemand, du portugais, de l'italien, de l'espagnol, du catalan et d'autres langues ». Son « rôle a été celui d'Adam, selon Mark Twain, au jardin d'Éden. Ève travaillait, Adam supervisait ». Il repère les histoires, conseille et, en résumé, il supervise. Il n'écris pas les histoires de son propre chef. Il présente la réputation d'avoir écrit tous les contes de fées (réputation européenne, répandue dans les crèches et aux États-Unis) comme étant « le fardeau d'un honneur auquel je ne suis pas né. Elle pèse lourd et me tue, car la mode d'être l'épouse du seigneur de Burleigh, de Burleigh House près de Stamford Town, était trop lourde pour la jeune fille du village épousée par ce pair ». Mais les trois cent soixante-cinq auteurs qui s'essaient à l'écriture de nouveaux contes de fées sont pour lui fort agaçants. Ils commencent toujours par un petit garçon ou une petite fille qui part à la rencontre des fées des primevères, des gardénias et des fleurs de pommier : « Fleurs, fruits et autres créatures ailées ». Ces fées tentent d'être drôles et échouent ; ou bien elles essaient de prêcher et y parviennent. Mais pour lui, les vraies fées ne prêchent jamais et ne parlent jamais argot. À la fin, le petit garçon ou la petite fille se réveille et découvre qu'il rêvait[37].
Les histoires présentées sont presque toutes anciennes, certaines viennent d'Irlande, « avant que cette île ne soit aussi célèbre pour ses méfaits que pour sa verdure ». D'autres sont nées en Asie, écrites, il ose le dire, « avant l'invasion aryenne ». D'autres encore ont été créées dans les régions de Moydart, Knoydart, Morar (en) et Ardnamurchan. C'est là « où les bras de mer coulent comme de grands fleuves limpides et où les collines aux arêtes vives sont bleues, et où l'on se souvient du prince Charles Édouard Stuart ». Certaines histoires ont vu le jour au Portugal, « où les fruits d'or poussent dans le Jardin des Hespérides ; d'autres du Pays de Galles sauvage, contées à la cour du roi Arthur ; d'autres encore sont nées au coin du feu chez les Bretons, cousins des Gallois ». On trouve aussi des contes modernes d'un érudit finlandais : Zacharias Topelius. Toutes les histoires ont été traduites ou adaptées par Madame Lang, à l'exception de The Jogi's Punishment (en) et Moti, traduites par le Major Campbell à partir du pachto ; How Brave Walter Hunted Wolves, traduit de Topelius par Mlle Harding avec Petit Lasse et The Raspberry Worm ; et The Sea King’s Gift, traduit du même auteur par Mlle Christie[37].
| Titre | Nom de l'éventuel recueil | Auteur/Collecteur de la version publiée[34],[35] | Date de première publication | Origine[34],[35] |
|---|---|---|---|---|
| The Shifty Lad (en) | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| The False Prince and the True (en) | Portugal | |||
| The Jogi's Punishment (en) | Major Campbell | Inde (Feroshepore) | ||
| The Heart of a Monkey (en) | Swahili Tales | Edward Steere | 1870 | Tanzanie |
| The Heart of a Monkey (en) | ||||
| The Fairy Nurse | Legendary Fictions of the Irish Celts | Patrick Kennedy (en) | 1866 | Irlande |
| Le Paradis perdu | Littérature orale de l’Auvergne | Paul Sébillot | 1898 | France (Auvergne) |
| How Brave Walter Hunted Wolves | Zacharias Topelius | Finlande | ||
| The King of the Waterfalls (en) | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| Le Drac | Littérature orale de l’Auvergne | Paul Sébillot | 1898 | France (Auvergne) |
| The Three Crowns | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| Toueno-Bouéno | Littérature orale de l’Auvergne | Paul Sébillot | 1898 | France (Auvergne) |
| L'Ours brun de Norvège | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| Petit Lasse | Zacharias Topelius | Finlande | ||
| ‘Moti’ | Major Campbell | Asie centrale (Pachtounes) | ||
| The Enchanted Deer | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| A Fish Story | Australie | |||
| The Wonderful Tune (en) | Fairy Tales and Traditions of the South of Ireland | Thomas Crofton Croker (en) | 1825 | Irlande |
| The Rich Brother and the Poor Brother (en) | Portugal | |||
| The One-Handed Girl (en) | Swahili Tales | Edward Steere | 1870 | Tanzanie |
| La Cendrillon macassarienne | Folk Lore | A. F. Mackenzie (en fait Alexander Francis Chamberlain[38]) | 1908 | Indonésie (Makassars) |
| The Sea King’s Gift | Zacharias Topelius | Finlande | ||
| The Raspberry Worm | Zacharias Topelius | Finlande | ||
| Les Pierres de Plouhinec | Le Foyer breton | Emile Souvestre | 1844 | France (Bretagne) |
| Peronnik l'idiot | Le Foyer breton | Emile Souvestre | 1844 | France (Bretagne) |
| The One-Handed Girl (en) | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| Owein, ou le conte de la dame à la fontaine | Mabinogion | Charlotte Guest | 1877 | Royaume-Uni (pays de Galles) |
| Les quatre dons | Le Foyer breton | Emile Souvestre | 1844 | France (Bretagne) |
| La Groac'h de l'île du Lok (en) | Le Foyer breton | Emile Souvestre | 1844 | France (Bretagne) |
| Manawydan fils de Llyr (en) | Mabinogion | Charlotte Guest | 1877 | Royaume-Uni (pays de Galles) |
| The Believing Husbands | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| The Tale of the Hoodie (en) | Popular Tales of the West Highlands | John Francis Campbell | 1892 | Royaume-Uni (Écosse) |
| Teuz-ar-Pouliet | Le Foyer breton | Emile Souvestre | 1844 | France (Bretagne) |
| Culhwch et Olwen | Mabinogion | Charlotte Guest | 1877 | Royaume-Uni (pays de Galles) |