Fort de Chelles
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Fort de Chelles | ||||
Casernement du fort de Chelles, en mars 2012. | ||||
| Description | ||||
|---|---|---|---|---|
| Type d'ouvrage | petit fort Séré de Rivières | |||
| Dates de construction | de 1876 à 1879 | |||
| Ceinture fortifiée | camp retranché de Paris | |||
| Utilisation | fort de ceinture | |||
| Utilisation actuelle | parc urbain | |||
| Propriété actuelle | commune de Chelles | |||
| Garnison | 363 hommes | |||
| Armement de rempart | 14 emplacements et deux casemates | |||
| Armement de flanquement | ? | |||
| Organe cuirassé | ||||
| Modernisation béton spécial | non réalisée | |||
| Programme 1900 | ||||
| Dates de restructuration | non réalisée | |||
| Tourelles | - | |||
| Casemate de Bourges | - | |||
| Observatoire | - | |||
| Garnison | ? | |||
| Programme complémentaire 1908 | non réalisé | |||
| Coordonnées | 48° 53′ 06″ nord, 2° 35′ 42″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
Géolocalisation sur la carte : Seine-et-Marne
| ||||
| modifier |
||||
Le fort de Chelles est une fortification construite entre 1876 et 1878 à Chelles dans le département de Seine-et-Marne (région Île-de-France). Il est bâti sur le point culminant de la commune (104 mètres), appelé la « montagne » et fait partie de la ceinture de forts imaginée par le général Raymond Adolphe Séré de Rivières pour défendre l'agglomération parisienne.
En 1870, la France est en partie occupée par les armées prussiennes. À la suite de la défaite française, on met en place le système Séré de Rivières qui permet notamment la construction de fortifications pour défendre Paris. Au total, ce sont 18 forts, 5 redoutes et 34 batteries qui ont été construits entre 1874 et 1881. Le fort de Chelles est construit entre 1876 et 1878. Le , il reçoit la visite du maréchal de Mac-Mahon alors président de la République française. Le fort est armé en ; il est complètement terminé en 1879. Sa construction aurait coûté 1 260 853 francs de l'époque[1].
En , avec le fort de Vaujours et les batteries de Montfermeil, le fort de Chelles participa à de grandes manœuvres militaires dirigées par le général Saussier dont le thème était la défense d'une partie du camp retranché de Paris attaqué par une armée débouchant de la ligne Soissons - Meaux ; le fort de Chelles était défendu à cette occasion par une compagnie du 154e régiment d'infanterie[2]. Vers les années 1900, le fort de Chelles participa à des exercices de transmission optique[3].
Le , le 3e bataillon du 68e régiment d'infanterie territoriale (appartenant à la 85e division territoriale de place, responsable de la région Est du camp retranché de Paris) s'installa au fort de Chelles. Ce régiment, dont le dépôt était à Poitiers, était composé d'hommes des classes 1900 à 1890, dont la plupart étaient mariés et pères de famille. Le , le régiment tout entier quittait définitivement le secteur, pour s'installer sur la ligne : Dammartin, Ève, Ver, Othis, Longperrier, Moussy-le-Vieux et Le Mesnil-Amelot.
Le , les tirs de DCA du fort de Chelles auraient abattu un avion allemand, les deux aviateurs ayant ensuite été faits prisonniers, cette information issue de la mémoire locale n'a jamais été étayée. De la mi-août au début de , à l'approche des armées allemandes de Paris, les intervalles entre les différents forts furent aménagés (dégagement d'un glacis, creusement de tranchées et de batteries) et des unités de territoriaux déployées, mais les troupes franco-britanniques arrêtèrent et repoussèrent les armées allemandes lors de la première bataille de la Marne. À la fin de 1914, un projecteur de 90 cm fut installé sur le fort pour la lutte antiaérienne ; s'y rajoutèrent deux canons de 75 mm anti-aérien sur plateforme en , puis quatre autres en (10e batterie du 64e RAA)[2].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fort de Chelles n'eut aucun rôle actif. Selon des témoignages locaux, il fut seulement utilisé par l'armée allemande à des fins de stockage. En 1945, à la fin du conflit, il fut question de transformer le fort en centre de détention pour des criminels de guerre. Mais le fort, de par sa configuration, ne fut pas jugé apte à remplir cette fonction.
Dans les années 1960, Kodak a employé le fort pour y entreposer des films ainsi que des produits polluants en raison de la faible hygrométrie du lieu. Afin de laisser passer leurs camions, le fronton de l'entrée du fort fut démantelé.
Le fort a été acheté par la ville de Chelles en 1972 pour la somme de 320 000 francs. Jusqu'à récemment, le fort de Chelles a abrité les stands de tir d'une association sportive chelloise et a été employé par les pompiers de la ville de Chelles pour des séances d'entrainement.
Le réaménagement de la « montagne » de Chelles
En 2007, le fort a fait l'objet d'une réhabilitation dans le cadre du réaménagement de la « montagne » de Chelles en un parc destiné à la promenade et aux activités municipales (feu d'artifice du 14-juillet, cinéma de plein air en août, concerts...). La gestion du fort et de la montagne de Chelles a été déléguée à la communauté d'agglomération de Marne et Chantereine[4],[5],[6].
Un rucher pédagogique a été installé afin de faire découvrir la vie des abeilles.
Les aménagements réalisés en 2007 sont considérés par les spécialistes de la fortification française comme irrespectueux du patrimoine historique du fort de Chelles[7] :
- une partie des fossés secs a été immergée engendrant des inondations dans une des caponnières du fort ;
- l'entrée du fort a été entièrement démantelée ;
- les bureaux de police et l'ancienne cuisine ont été détruits car jugés comme « ne présentant aucun charme » ;
- le mur d'escarpe de la gorge a été raboté à cinquante centimètres du sol ;
- le glacis terrassé
- la route stratégique historique fut remblayée ;
- la topographie du terrain qui servait autrefois à la défense du fort a été également très fortement remaniée.
En attendant une possible ré-affectation des bâtiments du fort, ceux-ci sont murés et inaccessibles au public.
Description
- Le fort en mars 2012, privé de son entrée, de son fronton, de ses murs, de son poste de police, de ses cuisines, etc.
- Autre vue de la façade de la caserne.
Le fort de Chelles permettait le contrôle de la vallée de la Marne ainsi que du chemin de fer reliant Paris à l'Est de la France. Bâti à 104 mètres d'altitude, c'est un fort de forme pentagonale orienté vers l'est. Il a été conçu pour héberger 363 hommes et 29 pièces d'artillerie. Le casernement est composé de sept travées avec un étage. L’intérieur des travées a été construite au moyen de briques de terre cuite.
Le fort possède trois caponnières (deux simples et une double). Ces dernières sont dégradées et noircies par des feux allumés par les pompiers de la ville de Chelles lors de séances d'entrainement.
Le fort de Chelles possédait une entrée avec un fronton portant l'inscription « Fort de Chelles », avec l'indication des dates de début et de finalisation des travaux : « 1876 - 1879 ». Ce fronton a été démantelé dans les années 1960-70 afin de permettre le passage de véhicules plus haut. En 2007, lors de l'aménagement du site par la Communauté d'agglomération de Marne et Chantereine, l'entrée a été démantelée et le mur d’escarpe de gorge a été raboté à 50 cm du sol.
Le fort est entouré de fossés secs. En 2007, une partie des fossés a été remaniée et immergée entraînant l'inondation d'une des caponnières.