Fort des Quatre Seigneurs
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| Fort des Quatre Seigneurs | |||
L'entrée principale du fort. | |||
| Lieu | Herbeys | ||
|---|---|---|---|
| Fait partie de | la Ceinture fortifiée de Grenoble | ||
| Type d’ouvrage | Fort | ||
| Construction | De 1875 à 1879. | ||
| Matériaux utilisés | Maçonnerie | ||
| Utilisation actuelle | Abandonné | ||
| Appartient à | CEA | ||
| Effectifs | 430 hommes | ||
| Coordonnées | 45° 09′ 12,93″ nord, 5° 48′ 15,29″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Grenoble-Alpes Métropole
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Le fort des Quatre Seigneurs ou fort Aubert-Dubayet est une fortification faisant partie de la place forte de Grenoble, situé au sud-est de la commune de Herbeys, se situant à 937 mètres d'altitude. Il est l'un des sept forts constituant la ceinture fortifiée de Grenoble. En raison d'une opération de dépollution pyrotechnique du Fort et de ses abords, les chemins d'accès au Fort sont fermés[1].
Ce fort doit son nom à la colline sur laquelle il a été construit. Il s'agit de la colline nommée « Montagne des Quatre Seigneurs ». Cette dernière a été nommée ainsi, car autrefois la colline était partagée entre les mandements d'Eybens, de Gières, d'Herbeys et d'Uriage. Il existait même une croix sur la colline symbolisant les frontières entre les territoires de ces quatre seigneuries.
Histoire

Période militaire
La construction du fort des Quatre Seigneurs a débuté en 1875[2]. Elle sera achevée en 1879. Il est l'un des sept forts constituant la ceinture fortifiée de Grenoble. Il a été bâti à la limite des communes d'Herbeys et d'Uriage, à plus de 937 mètres d'altitude.
Ce fort a été construit pour empêcher les troupes ennemies d'accéder à Grenoble en contournant la colline par le sud, en barrant les accès d'Uriage venant de Vizille et le plateau du Pinet-d'Uriage mais il n'a jamais réellement servi, du fait des avancées militaires de l'époque. Il avait également pour mission d'assurer la protection du fort du Mûrier.
Par le décret du , le ministre de la Guerre Georges Boulanger renomme tous les forts, batteries et casernes avec les noms d'anciens chefs militaires[3]. Pour le fort des Quatre Seigneurs, son « nom Boulanger » est en référence à Jean-Baptiste Annibal Aubert du Bayet, né à La Mobile, dans la colonie de la Louisiane, le et décédé à Constantinople le . En 1793, il siège à l'Assemblée législative comme député de l'Isère. Général en chef des armées de Vendée, ministre de la Guerre le puis ambassadeur à Constantinople en 1796. Dès le , le successeur de Boulanger au ministère, Théophile Ferron, abroge le décret[4]. Le fort reprend officiellement son nom précédent.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fort est occupé par les troupes italiennes et sert d'entrepôt à munitions. Mais avant même leur capitulation officielle le , les italiens évacuent le fort, avant l'arrivée des Allemands le [5]. Dans l'intervalle, des résistants y font incursion afin de récupérer toutes les munitions qu'ils peuvent, puis le , le font exploser pour effacer les traces de leurs activités[6].
Après la guerre, le fort est utilisé par l'armée jusqu'en 1966 comme terrain de manœuvres.
Période civile
Le fort est racheté à l'armée en 1968 par le CEA Grenoble qui en fait un laboratoire pour plusieurs types d'expérience, notamment de magnétométrie, avant de le déménager en 1993 vers un nouveau site à Herbeys qui deviendra le Laboratoire de Métrologie Magnétique en Champ Faible[7],[8].
À partir de 1994, le CEA engage des opérations de déminage de faible ampleur, puis se rend compte de l'étendue du problème : le fort est encore truffé de munitions, mais aussi une zone bien plus large. Le diagnostic est long est l'opération est ensuite chiffrée à plusieurs millions d'euros. Enfin, de 2012 à 2017, le CEA engage de gros et coûteux travaux, de "dépollution pyrotechnique " et de déminage, achevés en , avec un bilan énorme, notamment le ramassage de 3 millions de cartouches Lebel datant de la Première Guerre mondiale[9].
En 2020, le fort et la zone environnante restent fermés au public mais on peut voir qu'il a été occupé par des squatteurs qui n'ont pas hésité à le dégrader. En effet, beaucoup de murs sont taggés et on retrouve de nombreux détritus sur le sol. Le CEA envisage de se séparer de l’édifice, au bénéfice d’associations par exemple, mais rien n'est encore fixé.