Fort de Planoise
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| Fort de Planoise | ||||
Vue de la face du réduit avec l'entrée | ||||
| Lieu | Besançon, |
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| Fait partie de | la place fortifiée de Besançon | |||
| Type d’ouvrage | Fort de type Séré de Rivières | |||
| Construction | 1877 à 1892 (ensemble fortifié). 1877 à 1880 (fort principal) |
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| Architecte | Inconnu | |||
| Matériaux utilisés | Maçonnerie | |||
| Hauteur | 8 à 10 mètres (à partir du sol) 15 à 18 mètres (fossés compris) |
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| Utilisation | À partir de 1877, puis abandonné Réutilisé de 1976 à nos jours |
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| Appartient à | Villes de Besançon et Avanne-Aveney | |||
| Garnison | Infanterie | |||
| Effectifs | 305 hommes (dont 15 officiers) | |||
| Guerres et batailles | L'édifice n'a jamais participé activement à aucune guerre | |||
| Événements | Aucun événement notable | |||
| Trivia | Plus grand complexe militaire de la place de Besançon intra-muros | |||
| Coordonnées | 47° 12′ 27″ nord, 5° 58′ 54″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : Besançon
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Franche-Comté
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Le fort de Planoise, appelé brièvement le fort Moncey, est un ensemble de fortifications militaires de type Séré de Rivières. Le fort, fut érigé à Besançon et Avanne, dans le département français du Doubs, entre 1877 et 1892, dans le but d'interdire la circulation sur les routes de Dijon et de Lyon et la voie ferrée Dole-Dijon. Après la construction du pont sur le Doubs entre Avanne et Aveney en 1893, le fort assurait la défense de ce pont.
L'ouvrage le plus important est un réduit situé au centre d'un fort à enveloppe (l'enveloppe est une levée de terre entourant l'ensemble des ouvrages), regroupant plusieurs abris, des chemins de traverses ainsi que quatre grandes batteries annexes utilisées pour le stockage de poudre, le casernement et l'usage de mortiers.
Dans leur architecture, les ouvrages du fort ne comprennent pas globalement d'éléments particulièrement techniques ou technologiques avancés pour l'époque. On note cependant une spécificité concernant la façade du front de gorge, ainsi que la présence d'une batterie unique en son genre car elle fut réalisée en fonction du mortier 200 mm de Bange MIe 1880 et MIe 1881. Aussi, le grand nombre d'ouvrages qui composent la place sur près de dix hectares rendent le site de Planoise particulier, car il est en effet le plus grand complexe militaire de Besançon intra-muros, et le second de l'agglomération après le môle défensif de Montfaucon.
Malgré sa position stratégique primordiale, le fort de Planoise ne fut pas utilisé lors de conflits, comme pendant la Première ou la Seconde Guerre mondiale à l'instar d'autres édifices militaires importants. Entre 1976 et 2013, le fort a été utilisé par le Mouvement Emmaüs de Besançon comme lieu de vente. Sa visite est de ce fait soumise à autorisation, bien que les nombreuses batteries et ouvrages annexes soient libres d'accès. Les alentours de l'édifice ainsi que toute la colline sont un lieu de promenade et de pique-nique privilégié pour les Bisontins à la recherche de verdure et d'un large panorama sur la capitale comtoise, ainsi qu'une piste prisée pour l'exercice du parapente.
Planoise au centre d'une place militaire
À partir de la fin du XIXe siècle, le gouvernement français réorganisa les fortifications du Territoire afin de pouvoir répondre efficacement à une éventuelle nouvelle guerre avec l'Allemagne, le revanchisme apparaissant à cette époque[1],[2]. Le système défensif de Besançon n'avait quasiment pas évolué depuis que Vauban avait doté la ville de son imposante citadelle ainsi que de tours et d'une enceinte, alors que le besoin d'un véritable réseau de forts semblait de plus en plus indispensable[1],[2]. En effet, après la guerre franco-prussienne de 1870, nombre d'ingénieurs ont fait remarquer que la capitale comtoise était vulnérable à cause de sites comme le mont de Brégille ou la colline de Chaudanne qui n'étaient pas pourvus efficacement d'infrastructures défensives[2].
Ces points stratégiques furent le théâtre de combats au cours de l'histoire, et particulièrement lors du conflit franco-prussien où l'armée française fut obligée de bâtir des redoutes et des batteries dans l'urgence[1]. Après cette guerre, le général Raymond Adolphe Séré de Rivières organisa les réseaux de fortifications de l'Est avec son célèbre système Séré de Rivières qui consistait en un dispositif de rideaux défensifs constitués par une chaîne de forts isolés contrôlant les points de passage obligés, et qui se terminait à chaque extrémité par des places fortes bloquant les trouées par lesquelles l'ennemi pourrait s'engager[1].
C'est ainsi que pas moins de 25 ouvrages furent construits dans un périmètre de 50 km autour de la ville de Besançon, dont le fort de Planoise[1],[3],[4],[5],[6], qui constitue l'un des cinq forts intra muros de la cité[7].
Principales fonctions
Le fort Moncey avait de nombreuses missions : interdire les routes de Dijon et de Lyon, ainsi que la voie ferrée de Dole-Dijon[8] et par extension celle de Franois où s'embranche la ligne pour Lons-le-Saunier[9] ; soutenir les ouvrages de Pugey, du fort dit du Bois, du fort dit de la Ferme-de-l'Hôpital, du fort des Montboucons ainsi que du fort de Rosemont[10],[11] ; servir d'appui-feu lors de sorties tentées par la garnison de cette place, ou des contre-offensives afin d'appuyer les troupes de campagne, puisque le nord et le nord-ouest était des directions jugées bonnes[10] ; et enfin constituer un réduit central pour les éléments combattant dans les camps retranchés, notamment à l'ouest de la ligne Fontain — Tilleroyes[10].
Le nombre élevé des missions qui lui sont attribuées permet de rapprocher le fort de Planoise au môle défensif de Montfaucon[10]. Au total, l'ensemble de l'ouvrage pouvait accueillir 305 hommes dont 15 officiers et 15 pièces selon des documents, bien que le chiffre exact de garnison semble sous-évalué au regard du développement de l'enveloppe[12]. Aussi, ce véritable môle défensif contenait 36 tubes d'artillerie, avait une capacité totale de 80 960 kilos de poudre et de 677 376 gargousses, possédait une infirmerie accueillant trente lits, et disposait de six mois de vivres (notamment avec la présence de deux fours à pain disposés dans le fort) et de 592 m3 d'eau stockés dans trois citernes[9].
Construction du fort
L'ensemble du fort de Planoise fut construit de 1877 à 1890[13],[8] au sommet de la colline de Planoise, qui culmine à 490 mètres d'altitude[14] et domine la rivière du Doubs à son sommet[15], à la place d'une ferme qui fut démolie pour son édification[16],[17]. Sa construction avait été hâtivement décidée dans la perspective de l'après conflit franco-allemand de 1871[18]. Les ingénieurs de l'époque rencontrèrent quelques difficultés à réaliser cette fortification, notamment à cause de la topographie de la colline de Planoise qui posa un problème majeur : du lieu où le fort principal devait être construit jusqu'au sommet de la colline, le terrain forme un plateau d'une dizaine d'hectares, ce qui faisait douter des capacités réelles de l'édifice à défendre une telle zone efficacement[13]. Les ingénieurs cherchèrent alors une solution alternative. Construire l'édifice principal dans la partie centrale de la colline ne convenait pas, car de cette manière l'ouvrage n'aurait bénéficié que d'une vision restreinte[13] ; bâtir le fort sur l'un ou l'autre des rebords du plateau n'aurait servi qu'à privilégier une ou au mieux deux directions principales[13]. Il ne restait alors qu'une seule solution : multiplier les emplacements fortifiés, sans que l'exercice n’atteignît un coût faramineux[13]. Deux carrières furent ouvertes au sein même de la colline afin de construire l'ouvrage : une au centre du plateau[19], et l'autre au nord-est près de la batterie[20].

Planoise allait donc se composer ainsi : quatre batteries flanquées d'abris solides sur le périmètre du plateau, reliées par un chemin couvert renforcé enveloppant toute une position, établies à l'extrémité sud-ouest, au milieu du côté nord-ouest, sur le rebord nord-est, et le long du flanc sud-est[13] ; une batterie de deux mortiers de 220 mm en appui général au centre du dispositif[13] ; et le fort principal, qui était aussi le quartier général, établi de manière à doter les arrières du maximum de batteries[9].
Après avoir été bâti, le fort reçut officiellement le nom de fort Moncey[13], patronyme de Bon Adrien Jeannot de Moncey (1754-1842) maréchal d'Empire né à Moncey dans le Doubs[21]. Mais comme de nombreux autres forts bisontins, il est appelé couramment d'un autre nom : la place est communément désignée par fort de Planoise[13], toponyme formé par le mot latin planesium avec le sens de planus campus qui signifie plaine, « terrain essarté », dont l'origine vient de la surface à peu près plane de la colline[22].
Utilisations du fort
Le fort fut sans doute utilisé pour accueillir des brigades bisontines peu après sa construction comme ce fut le cas pour de nombreux autres ouvrages de la ville, mais il fut abandonné à une date inconnue, certainement avant la Seconde Guerre mondiale, et cela jusque dans les années 1970[23]. Une archive rapportant l'arrivée de la grippe dans les troupes françaises fait directement référence au fort de Planoise, où la garnison fut touchée le , ce qui prouve son utilisation militaire au moins jusqu'à la fin du XIXe siècle[24],[25]. Le bâtiment ne fut cependant jamais utilisé lors de batailles. Pendant la Première Guerre mondiale, les combats n'impliquèrent pas la ville de Besançon[26] ; il n'existe aucun renseignement sur l'utilisation de l'édifice durant la Seconde Guerre mondiale[23], à l'instar du fort de Chaudanne, du fort de Bregille et de la citadelle de Vauban. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, il est le théâtre comme d'autres sommets de la ville, d'études et analyses météorologiques[27].
Le mouvement Emmaüs, né en novembre 1949 de la volonté de l’Abbé Pierre, s’y implanta en 1976 sous la forme d'un comité de bénévoles[28],[29]. Puis en décembre 1980 la communauté fut officiellement créée[28], et en août 1983, la bergerie située en contrebas du fort, compléta les 3 000 m2 de celui-ci[17]. Une vingtaine de salariés occupèrent les locaux jusqu'en 2013, et vendirent tous les dimanches les objets récupérés après qu'ils les eurent restaurés[28],[30]. Le fort reste l'entière propriété de la ville de Besançon[10]. Une antenne radio d'une puissance de 1 kW fut implantée en 2002 sur la batterie nord-ouest[31] afin de doter le quartier de Planoise d'un réseau radiophonique de bonne qualité.
En 2007, sept extrémistes musulmans originaires de la ville furent arrêtés avec une dizaine d'armes de poing et notamment une kalachnikov, alors qu'ils prévoyaient de « faire un djihad »[32]. L'Est républicain révéla que le groupuscule s'entraînait régulièrement au tir sur des collines de Besançon, et notamment près du fort de Planoise[32].
Le fort de Planoise ne fait l'objet d'aucun classement, contrairement au fort de Chaudanne[33], à la citadelle de Vauban[34] et au fort Griffon[34] qui sont classés aux monuments historiques et à l'UNESCO respectivement.
Accès au fort et ouvrages annexes
L'accès au fort de Planoise par véhicule motorisé ne peut se faire que par une seule voie : le chemin du fort de Planoise[14] (voir le plan annexe). Cette petite route sinueuse, et parfois dangereuse, qui était jadis le chemin d'accès principal pour les militaires du fort, s'inscrit dans le flanc nord de la colline et n'est accessible que depuis le quartier de Velotte[14]. On note la présence d'un passage sous voûte[Note 1] situé peu avant l'arrivée du fort[9]. Aussi, la colline dispose d'un vaste réseau de sentiers permettant d'accéder au fort ainsi qu'à divers points de vue[35], notamment depuis le parc urbain de Planoise. Le site comprend deux parkings : un petit goudronné situé à l'avant du fort principal, et un autre qui est en fait une grande place non goudronnée située à l'arrière du fort.
Il existe deux grands sentiers pour accéder aux ouvrages annexes (voir la carte annexe) : l'un est un chemin assez grand pour qu'un petit véhicule puisse passer (situé sur le flanc nord-ouest), et l'autre est un sentier étroit établi en bord de fossé (situé sur le flanc nord-est). Ces deux voies commencent au parking non goudronné, ont un parcours parallèle et aboutissent toutes les deux sur le point de vue d'Avanne-Aveney. Le chemin du flanc nord-ouest est interdit aux véhicules motorisés qui sont bloqués grâce à un système de barrières en bois, ouvertes seulement aux véhicules de la ville de Besançon. Il rejoint quasiment toutes les batteries annexes du fort (excepté celles du front nord) et il est largement sécurisé. Quant au sentier situé sur l'autre flanc, il est bien plus petit, étroit et dangereux notamment du fait qu'il est situé en bordure d'imposants fossés. Au niveau des batteries centrales de mortiers, un passage permet de relier ces deux chemins.
Planoise, un espace de sport et de loisir

De nos jours l'ensemble de la colline et les abords du fort sont un lieu privilégié par les Bisontins et les Planoisiens en quête de nature. De nombreux promeneurs abordent les chemins du fort et de ses batteries pour sa forêt encore bien préservée, ainsi que pour pique-niquer notamment grâce à des tables installées à cet effet. La forêt offre en effet une grande diversité aussi bien au niveau de la faune que de la flore : des sangliers, des cerfs et des renards sont présents, ainsi que plusieurs espèces d'oiseaux (moineaux, hirondelles, ou encore des chouettes) ou tout simplement des écureuils. La flore est constituée majoritairement de chênes (34 %), de hêtres (11 %), de sapins, de platanes, de bouleaux ainsi que de fougères[35].
La pratique du sport est aussi très accessible sur le site de Planoise, notamment le parapente à partir du glacis de la batterie sud-ouest[36],[35],[37] et de la batterie nord-est, sur le site dit du fort géré par la Fédération française de vol libre. La pratique du cyclisme est développée sur la colline, et il existe aussi une piste de four-cross pour VTT aux abords de l'ouvrage, qui comprend un long sentier ainsi qu'un passage de bosses. Enfin, les nombreux sentiers accueillent des sportifs s'adonnant à la randonnée pédestre et au jogging.
Le panorama impressionnant qu'offrent les sommets sur Avanne-Aveney, Rosemont, Chaudanne et le nord de Besançon est également un élément majeur de la popularité du site[38].




