Liberté de religion en Corée du Nord
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La liberté de religion en Corée du Nord est officiellement un droit[1]. Cependant, en 2022, le secrétaire général de l'ONU a indiqué que le « droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion […] continue d'être bafoué » en Corée du Nord[2]. Des ONG et des transfuges nord-coréens ont rapporté que toute activité religieuse non autorisée par l'État (par exemple, la prière, la lecture de la Bible et tout contact avec un missionnaire) pouvait entraîner des sanctions, y compris la détention dans un camp de prisonniers.
En raison de l'inaccessibilité du pays et de l'impossibilité d'obtenir des informations en temps opportun, cette activité demeure difficile à vérifier[3].
Situation de la liberté religieuse
Article principal : Religion en Corée du Nord
Traditionnellement, la religion en Corée du Nord était principalement composée du bouddhisme et du confucianisme, et dans une moindre mesure du chamanisme. Depuis l'arrivée des Européens du Nord et de l'Est au XVIIIe siècle, une minorité chrétienne est également présente. Le syncrétisme chondogyo est apparu plus récemment[4].
Un rapport publié en 2018 a confirmé l'existence de plusieurs groupes religieux reconnus par l'État, notamment la KCF (Confédération coréenne de religions), l'Union bouddhiste de Corée, le Conseil catholique coréen, le Comité central de l'Église cheondoiste de Corée, le Comité de l'Église orthodoxe de Corée et le Conseil coréen des religieux[5]. La pratique religieuse non autorisée est illégale et se fait souvent en secret[2].
En 2019, l'organisation humanitaire catholique internationale Aide à l'Église en Détresse a classé la Corée du Nord comme le pire pays au monde en matière de persécution des chrétiens[6]. En 2023 et 2025, l'organisation Portes Ouvertes l'a classée comme le pire endroit au monde pour être chrétien[7]. En 2023, la Corée du Nord a obtenu la note de zéro sur quatre pour la liberté religieuse[8]. Cette situation s'est maintenue en 2025[9].
En 2012, on estimait qu'entre 150 000 et 200 000 personnes étaient détenues dans des camps de prisonniers politiques (Kwalliso) situés dans des régions reculées de Corée du Nord[10], souvent pour des raisons religieuses et politiques[11]. Le nombre de chrétiens détenus dans ces camps en 2022 était estimé à 200 000[9]. Les membres de la famille des croyants étaient considérés comme coupables par association et envoyés dans des camps de travail ou des prisons[2].
En , le gouvernement aurait condamné Son Jong-nam à mort pour espionnage. Cependant, certaines ONG ont affirmé que cette condamnation était fondée sur ses contacts avec des groupes chrétiens en Chine, ses activités de prosélytisme et le partage présumé d'informations avec son frère en Corée du Sud. Le frère de Son a rapporté que, selon certaines informations, Son était encore en vie au printemps 2007. Le pays empêchant de fait les observateurs extérieurs d'enquêter sur de tels rapports, il a été impossible de vérifier les affirmations du gouvernement concernant les activités de Son Jong-nam ou de déterminer s'il avait été exécuté[3]. Un codétenu de la prison de Pyongyang où Son était détenu affirme qu'il y est décédé en [12]. En 2013, le journal sud-coréen JoongAng Ilbo a rapporté que des Nord-Coréens de Wonsan, trouvés en possession d'une Bible, figuraient parmi un groupe de 80 Nord-Coréens exécutés lors d'une vague d'exécutions de masse dans le pays. D'autres membres du groupe ont été exécutés pour des « transgressions relativement mineures, comme regarder des films sud-coréens ou diffuser de la pornographie »[13]. Cependant, d'autres personnes ont témoigné lors d'entretiens que les citoyens nord-coréens ont pleinement le droit de posséder et d'utiliser des textes religieux et de pratiquer leur culte, même s'il y a peu de jeunes croyants[14].
Selon Alejandro Cao de Benós, délégué spécial du Comité nord-coréen pour les relations culturelles avec l'étranger, le gouvernement n'autorise que les religions considérées comme « traditionnelles » en Corée, telles que le christianisme, le bouddhisme ou le cheondoïsme[15].
Religion et politique
Historiquement, seuls deux partis ouvertement religieux ont siégé à l'Assemblée populaire suprême : l'ancienne Fédération bouddhiste de Corée[16] et l'actuel Parti chondoïste Chongu, membre de l'Assemblée depuis 1948[17]. D'autres organisations religieuses existent, comme la Fédération chrétienne coréenne[18], fondée par des chrétiens ayant rejoint l'administration communiste lors de la partition de la Corée[19], ou le Conseil nord-coréen des religieux[20].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Freedom of Religion in North Korea » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) « Socialist Constitution of the Democratic People's Republic of Korea », sur Refworld (consulté le )
- 1 2 3 (en-US) « North Korea », sur United States Department of State (consulté le )
- 1 2 (en) Bureau of Public Affairs Department Of State. The Office of Electronic Information, « Korea, Democratic People's Republic of », sur 2001-2009.state.gov, (consulté le )
- ↑ (en-US) Amber Pariona in Society, « Cheondoism (Chondoism): Beliefs and Origins », sur WorldAtlas, (consulté le )
- ↑ (en-GB) « North Korea confirms US citizen is arrested », BBC News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-GB) « Aid to the Church in Need | North Korea » [archive du ], sur Aid to the Church in Need (consulté le )
- ↑ (en) « North Korea is number 2 on the World Watch List » [archive du ], sur www.opendoorsuk.org (consulté le )
- ↑ (en) « North Korea: Freedom in the World 2022 Country Report », sur Freedom House (consulté le )
- 1 2 (en-US) « The Top 10 Most Dangerous Places for Christians », sur www.opendoorsus.org (consulté le )
- ↑ « Wayback Machine » [archive du ], sur www.hrnk.org (consulté le )
- ↑ (en) « North Korea: Political Prison Camps », sur Amnesty International, (consulté le )
- ↑ « The Associated Press: AP Exclusive: NKorean killed for spreading Gospel » [archive du ], sur www.google.com (consulté le )
- ↑ (en) « Public executions seen in 7 North Korea cities », sur koreajoongangdaily.joins.com, (consulté le )
- ↑ [vidéo] « Interview of an Official Of The Catholic Church In Pyongyang North Korea (english sub) », Eric LAFFORGUE, , 3:26 min (consulté le )
- ↑ (es) «En Corea del Norte no hay obispos, pero hay curas a los que hemos formado nosotros», sur INFOVATICANA, (consulté le )
- ↑ « Buddhist Temples, Federation, Education in DPRK (updated) » [archive du ], sur www1.korea-np.co.jp (consulté le )
- ↑ Dieter Nohlen, Florian Grotz et Christof Hartmann, Elections in Asia and the Pacific: a data handbook, Oxford university press, (ISBN 978-0-19-924958-9 et 978-0-19-924959-6)
- ↑ (en) Morse Tan, North Korea, International Law and the Dual Crises: Narrative and Constructive Engagement, Routledge, (ISBN 978-1-134-12243-1, lire en ligne)
- ↑ (en) Andrew C. Nahm, Korea: Tradition & Transformation : a History of the Korean People, Hollym International Corporation, (ISBN 978-1-56591-070-6, lire en ligne)
- ↑ (en) AsiaNews.it, « North Korea sends Christmas wishes to the South », sur www.asianews.it (consulté le )