Naufrage de l'IRIS Dena
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6° 00′ 26″ N, 79° 51′ 55″ E[1]
| Date | |
|---|---|
| Lieu |
35 km au large de Galle, Sri Lanka 6° 00′ 26″ N, 79° 51′ 55″ E[1] |
| Issue | Victoire américaine |
| USS Charlotte | IRIS Dena |
| Aucune | 1 frégate coulée 87 morts 61 disparus 32 rescapés |
| Coordonnées | 5° 20′ 58″ nord, 80° 12′ 56″ est | |
|---|---|---|
Le naufrage de l'IRIS Dena est la perte par torpillage de la frégate de la marine iranienne IRIS Dena durant la guerre d'Iran de 2026, attaqué dans l'océan Indien par le sous-marin de l'US Navy USS Charlotte.
Le Dena venait de participer aux exercices navals internationaux MILAN 26 organisés par l'Inde à Visakhapatnam, et rentrait vers l’Iran lorsqu’il a été coulé en eaux internationales, à environ 19 milles nautiques (35 km) au large de Galle, au Sri Lanka[2]. Le , l'USS Charlotte de la classe Los Angeles a tiré deux torpilles Mark 48 contre la frégate, dont l’une l'a atteinte à la poupe.
Il s’agit de la première fois qu’un sous-marin à propulsion nucléaire coule un navire de surface ennemi depuis le torpillage de l’ARA General Belgrano par le sous-marin nucléaire de la Royal Navy HMS Conqueror durant la guerre des Malouines en 1982. Il s’agit également de la première action navale de ce type menée par un sous-marin de l’US Navy depuis le théâtre du Pacifique de la Seconde Guerre mondiale[3],[4]. Ce navire constitue le quatrième bâtiment coulé par torpille depuis 1945.

L'IRIS Dena est une frégate iranienne de la classe Moudge. Le navire est mis à l’eau en 2015 puis admis au service actif au sein de la marine iranienne en 2021[5]. Il est équipé de missiles surface-air et antinavires, de torpilles ainsi que de plusieurs canons et systèmes d’artillerie navale[6].
Le [7], le navire appareille avec le navire de débarquement IRIS Lavan de la classe Hengam et le navire de ravitaillement IRIS Bushehr de la classe Bandar Abbas destination de l’Inde afin de participer à la revue navale internationale 2026 ainsi qu’à l’exercice naval multilatéral Milan, organisé à Visakhapatnam[8],[9]. Avant le début de l’exercice, les membres d’équipage prennent part à une visite culturelle en Inde, se rendant notamment au Taj Mahal et à Kailasagiri, et participent également à une parade dans la ville[10]. Le navire quitte les eaux indiennes le [7].

À la fin du mois de , une forte escalade du conflit survient entre une coalition dirigée par Israël et les États-Unis et l’Iran. Celle-ci comprend des frappes aériennes américano-israéliennes contre des cibles en Iran à partir du , suivies de représailles iraniennes contre plusieurs pays du Moyen-Orient[11],[12].
Torpillage du Dena
Le Dena est coulé tôt dans la matinée du [15]. Selon le ministère des Affaires étrangères du Sri Lanka, le navire émet un appel de détresse à 05 h 08 (UTC+05:30) signalant une explosion, ce qui déclenche immédiatement une opération de recherche et de sauvetage menée par la marine et l’armée de l'air sri-lankaises. Le navire, qui rentre d’Inde vers l’Iran, se trouve alors à environ 19 milles nautiques (35 km) au large de Galle, au Sri Lanka, en eaux internationales, lorsque l’attaque survient[16],[17]. Le bâtiment coule avant l’arrivée des forces sri-lankaises dans la zone[13].
Lors d’un point presse au Pentagone, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, confirme que le Dena a été coulé par un sous-marin de la marine américaine[18],[19]. D’autres responsables précisent qu’il s’agit de l'USS Charlotte, qui a tiré deux torpilles Mark 48, en touchant le Dena avec l’une d’elles[20]. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, confirme par la suite que trois membres de la Marine royale australienne se trouvaient à bord du sous-marin au moment de l’opération[21],[22].
Impact de la torpille Mark 48. Naufrage par la poupe.
Opérations de sauvetage
Au moment de l’incident, environ 180 personnes se trouvent à bord de la frégate. Les rapports indiquent qu’au moins 87 d'entre eux ont été tués lors de l’attaque, tandis qu’au moins 61 autres sont portés disparus. Trente-deux survivants ont été secourus par la marine sri-lankaise et transportés vers l'hôpital national de Galle, où ils ont reçu des soins pour fatigue extrême et blessures liées à l’explosion[23],[24].
Selon un communiqué officiel de la marine indienne, les autorités ont été informées dès les premières heures par la marine sri-lankaise de l’émission de l’appel de détresse via le Centre de coordination et de sauvetage (MRCC) de Colombo. L’Inde a ensuite dépêché les navires INS Tarangini et INS Ikshak depuis Cochin, ainsi que l’avion de patrouille maritime longue portée P-8I Neptune, pour rechercher des survivants dès le soir même. Le P-8I a été lancé à 10 h 00 IST, accompagné d’un autre appareil équipé de radeaux de survie largables par air, afin de soutenir les opérations de recherche dirigées par les autorités sri-lankaises. Le Tarangini a atteint la zone désignée à 16 h 00 IST, alors que la marine sri-lankaise et les agences locales avaient déjà entamé les opérations. L’Ikshak reste déployé pour assister les recherches dans la région au [25],[26],[27].
Conséquences

La marine sri-lankaise a récupéré 87 corps de marins iraniens, qui ont été transportés à l’hôpital de Galle. Les autorités iraniennes ont demandé au Sri Lanka de remettre l’ensemble des dépouilles des marins décédés à bord de l’IRIS Dena afin qu’elles puissent être rapatriées pour les rites funéraires. En attendant l’organisation de ces transferts, les restes sont entreposés dans les chambres froides de l’hôpital[28],[29]. Les habitants de la ville de Visakhapatnam, qui avaient accueilli l’équipage lors de l’exercice MILAN-26, ont également exprimé leur inquiétude et leur peine concernant le sort des marins[10]. 84 corps sont enterrés ensuite le au cimetière Behesht-e Zahra de Téhéran.
Après le naufrage de l’IRIS Dena, un second navire iranien, l’IRIS Bushehr de la classe Bandar Abbas, est autorisé à entrer dans le port de Colombo. Le gouvernement sri-lankais déclare qu’il agira conformément aux conventions internationales, notamment la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, pour prendre la garde du Bushehr. Le navire est ensuite interné par la marine sri-lankaise avec son équipage de 208 personnes. Il s’agit de la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu’un navire de guerre est interné dans un pays neutre. Les membres d’équipage de l’IRIS Bushehr, comprenant 53 officiers, 84 officiers cadets, 48 marins supérieurs et 23 marins, sont transférés à Colombo, tandis que le navire est déplacé vers le port de Trinquemalay par la marine sri-lankaise[16],[30],[31].
Il a également été rapporté que le navire de débarquement IRIS Lavan, avec un équipage de 183 marins, avait cherché refuge et avait été interné à Cochin, en Inde, tard dans la soirée du , à la suite de l’attaque contre le Dena[32],[33],[34]. Les États-Unis ont exhorté le Sri Lanka à ne pas rapatrier les survivants du Dena et l’équipage du Bushehr vers l’Iran, afin que ces derniers ne puissent pas être utilisés par l’Iran à des fins de propagande. Ils ont également demandé si des tentatives de défection parmi les membres d’équipage avaient été encouragées[35]. Le Lavan est par ailleurs devenu une curiosité publique à Cochin, attirant l’attention des habitants et des médias locaux[36].
Le , le Premier ministre australien Anthony Albanese reconnaît que trois membres des forces de défense australiennes se trouvaient à bord du sous-marin américain ayant coulé l’IRIS Dena. Il précise que ces militaires étaient présents dans le cadre d’une rotation d’entraînement liée au partenariat de sécurité AUKUS, dans le cadre duquel les États-Unis fourniront des sous-marins nucléaires à l’Australie. Albanese affirme que le personnel australien n’a participé à aucune action offensive contre l’Iran[37].
Le gouvernement iranien qualifie l’attaque d’« atrocité en mer »[38].