Nomenclature des avions japonais de 1910 à 1945
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Cet article est une ébauche concernant un aéronef, le domaine militaire et le Japon.

Le système de désignation des aéronefs militaires japonais, notamment durant la guerre du Pacifique (1941-1945), était très compliqué. En fait, il se subdivisait en deux ensembles de systèmes : ceux de l’armée de terre, et ceux de la Marine. Comme son adversaire principal de l’époque, les États-Unis, l’empire du Japon n’avait pas d’armée de l’air indépendante. À ces systèmes « officiels » s’ajoute un système inventé par l’armée américaine pour désigner les aéronefs ennemis.
Un même avion peut également avoir une désignation différente dans le cas où il entre en service dans la Marine et l'Armée (ex: le Mitsubishi Ki-57-II de l'Armée, devient le Mitsubishi L4M1 au sein de la Marine).
Le "service aérien de l'Armée impériale japonaise" utilisa d'abord les noms donnés par les manufacturer, avant d'unifier leurs nomenclature en 1933 selon le numéro progressif de mise en service, nommé "Kitai", composant chaque nom du suffixe "Ki" (キ?) et du numéro en question. Ce numéro pouvait être suivi de suffixes en chiffres romains et de lettres, destinées à indiquer les versions et les séries dérivées. Chaque avion été également associé à une "désignation longue", avec le rôle, le type et le modèle de l'avion, le numéro du type étant basé sur le dernier chiffre de l’année japonaise (le calendrier Meiji débutant en 1867 de l’ère chrétienne). Un surnom pouvait également être attribué de manière informelle.
Par exemple, on retrouve le Nakajima Ki-43, désigné "chasseur type 1" et surnommé "Hayabusa". Une de ses variante était le Ki-43-IIIa, ou "chasseur type 1 modèle IIIa"
Marine japonaise
Le "service aérien de la Marine impériale japonaise" utilisa plusieurs systèmes de désignation de ses aéronefs, souvent simultanément. On dénombre trois systèmes :
- Un "système long", utilisant les deux derniers chiffres de l'année impériale (le dernier pour les années en 0X), le tout accompagné du type de l'avion (chasseur, bombardier, ...), l'année de référence étant soit :
- De 1921 à 1929 : les numéros de référence "Shi (試?)", étant les nombres d’années de règne de l’empereur actuel,
- De 1929 à 1945 : L'année impériale japonaise[1].
- Dans la fin des années 1920 à 1945: un "système court", utilisant un groupe de lettres et des numéros, avec une logique assez similaire au système de son adversaire la United States Navy dans la nomenclature des avions américains de 1926 à 1962.
- De 1943 à 1945: un nom poétique[2].
Le système court était construit de la façon suivante :
- La première lettre indiquait la fonction (ex: A = chasseur embarqué),
- Cette lettre pouvait également être ajoutée en suffixe dans le cas d'avions reconvertis en autres rôles (ex: A6M-N, conversion en hydravion du A6M)
- Le premier numéro indiquait l’ordre de succession des avions de même type (6 = sixième chasseur embarqué en production),
- La seconde lettre indiquait le constructeur (ex: M = Mitsubishi),
- Le second numéro indiquait la version de l’avion (également ajouté aux suffixe de fonction des conversions).
Les lettres de fonctions du système court sont ainsi :
- A - chasseur embarqué
- B - bombardier - torpilleur embarqué
- C - avion de reconnaissance embarqué
- D - bombardier en piquet embarqué
- E - hydravion de reconnaissance
- F - hydravion d'observation
- G - bombardier lourd terrestre
- H - hydravion à coque
- I - non utilisé (confusion avec 1)
- J - chasseur terrestre
- K - avion d'entrainement
- L - transporteur
- M - usages spéciaux
- N - hydravion de chasse
- O - non utilisé (confusion avec 0)
- P - bombardier d'assaut terrestre
- Q - patrouilleur
- R - reconnaissance terrestre
- S - chasseur de nuit
Les lettres des fabricants du système court sont ainsi :
- A - Aichi
- G - Hitachi
- H - Hiro
- He - Heinkel
- J - Nihon Kogata
- K - Kawanishi
- M - Mitsubishi
- N - Nakajima
- P - Nihon
- S - Sasebo
- Si - Showa
- W - Watanabe/Kyūshū
- Y - Yokosuka
- Z - Mizuno
Les noms poétiques étaient construits de la façon suivante :
- Chasseur embarqué : vents (ex: Reppū, "vent fort")
- Chasseur terrestre : foudres (ex: Raiden, "éclair")
- Chasseur de nuit : lumières nocturnes (ex: Gekkō , "clair de lune")
- Bombardier lourd : montagnes (ex: Tenzan, "montagne lourde")
- Bombardier d'attaque : éléments astronomiques (ex: Suisei, "comète")
- Patrouilleur : mers (ex: Tai'yō, "océan")
- Reconnaissance : nuages (ex: Saiun, "nuage irisé")
- Entrainement : plantes (ex: Momiji, "érable")
- Transport : ciels (ex: Seikū, "ciel clair")
- Autres : paysages (ex: Akigusa, "herbe d'automne")
- Spéciaux : fleures (ex: Ohka, "fleure de sakura")
Certains avions plus exotiques tels que les avions à réaction ou à moteur fusée de la fin de la guerre ne respectaient pas tous ces désignations.
Armée et marine américaine
Au début de la guerre du Pacifique, fin 1941 et début 1942, les américains découvrirent qu’il était difficile de décrire par radio les appareils japonais. En effet, leurs sigles n’étaient guère parlants (A6M5, Ki-47) et leurs fabriquants et noms japonais (pour ceux qui en avaient) étaient difficiles à prononcer pour des occidentaux (Kyūshū , Shinden).
Afin de réduire le risque de malentendu, les américains attribuèrent à chaque type d’appareil japonais un prénom, comme les météorologistes militaires faisaient à l’époque pour distinguer les cyclones tropicaux. C'est donc le major Frank T. McCoy, responsable de la section Air Technical Intelligence Unit (unité de renseignement air), qui eut l'idée d'attribuer à chaque appareil un prénom[3]. Ainsi:
- Des prénoms masculins étaient donnés aux chasseurs (« Oscar », « Tony », etc.), "qui constituaient un danger mortel pour les appareils alliés" ;
- Des prénoms féminins étaient donnés aux bombardiers (« Val », « Kate », « Betty », etc.), avions de transport militaire et avions de reconnaissance, "qui constituaient plutôt des proies pour les alliés" ;
- Des noms d'arbres étaient donnés aux avions d'entrainement ;
- Des noms d'oiseaux étaient donnés aux planeurs.
Un cas particulier et le célèbre Mitsubishi A6M, surnommé "Reisen" par les Japonais et « Zeke » par les américains (un prénom masculin qui ne se rencontre qu’aux États-Unis). Sorti en 1937, il avait pour chiffre de désignation officiel le « 0 », puisque, comme indiqué plus haut, l’ère Meiji a débuté en 1867 (70 ans). Son existence a été découverte par les occidentaux lors de l’attaque japonaise de et il était cité, dans les communiqués japonais, comme « modèle 0 ». L’opinion publique n’a retenu que cela pour évoquer ce chasseur qui semblait invulnérable comme le « Zéro ». Cette appellation populaire a fini par supplanter les désignations officielles, tant du côté américain que japonais.
Références
- ↑ Mark R. Peattie, Sunburst: The Rise of Japanese Naval Air Power 1909–1941, Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, , 302–303 p. (ISBN 978-1-59114-664-3)
- ↑ Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Multiguide aviation – Les avions 4/ la seconde guerre mondiale : USA, Japon, URSS, etc., Elsevier Sequoia, , 318 p. (ISBN 2-8003-0277-1), page 119
- ↑ greg ace, « Code avions japonais version 2.00 », (consulté le )
Bibliographie
- Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Multiguide aviation – Les avions 4/ la seconde guerre mondiale : USA, Japon, URSS, etc., Elsevier Sequoia, , 318 p. (ISBN 2-8003-0277-1), page 119
| Chasseurs embarqués(A) | |
|---|---|
| Bombardiers torpilleurs embarqués (B) | |
| Reconnaissance embarqués (C) | |
| Bombardiers en piquet embarqué (D) | |
| Hydravions de reconnaissance (E) | |
| Hydravions d'observation (F) | |
| Bombardiers lourds terrestres (G) | |
| Hydravions à coque (H) | |
| Chasseurs terrestres (J) | |
| Entrainement (K) | |
| Transports (L) |
|
| Usages spéciaux (M)[1] | |
| Chasseur hydravions (N) | |
| Bombardiers d'assaut terrestres (P) | |
| Patrouilleur (Q) | |
| Reconnaissances terrestres (R) | |
| Chasseurs de nuit (S) | |
| 1 X comme deuxième lettre désigne les avions expérimentaux ou les démonstrateurs de technologie importés non destinés au service ; 2 La lettre avec trait d'union en suffixe (-J, -K, -L, -N ou -S) indique une conception modifiée pour un rôle secondaire ; 3 Désignation surement incorrecte ou impropre, mais utilisée dans de nombreuses sources | |
| Chasseurs embarqués[1] | |
|---|---|
| Chasseurs terrestres[2] | |
| Chasseurs de nuit[3] | |
| Chasseurs à réaction/fusées | |
| Bombardiers lourds[4] | |
| Bombardiers [5] | |
| Patrouilleur[6] | |
| Reconnaissance[7] | |
| Entraineurs[8] | |
| Transports[9] | |
| Divers[10] | |
| Usage dédié[11] | |
| À quelques exceptions près pour les avions reconvertis, à fusées ou à réaction, les noms choisis correspondent à : 1. vents, 2. foudre, 3. lumières nocturnes, 4. montagnes, 5. astronomie, 6. mers, 7. nuages, 8. plantes, 9. cieux, 10. paysages, 11. fleurs. Les traductions publiées divergent et beaucoup sont simplifiées, en particulier pour les plantes, où elles se référaient à une variété spécifique là où les traductions courantes utilisent des types plus larges. | |