Plouézec

commune française du département des Côtes-d'Armor From Wikipedia, the free encyclopedia

Plouézec [pluezɛk] est une commune française de l'ancien pays du Goëlo proche de Paimpol dans la baie de Saint-Brieuc, située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Faits en bref Administration, Pays ...
Plouézec
Plouézec
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Intercommunalité Guingamp-Paimpol Agglomération
Maire
Mandat
Gilles Pagny
2023-2026
Code postal 22470
Code commune 22214
Démographie
Gentilé Plouézecain, Plouézecaine
Population
municipale
3 147 hab. (2023 en évolution de −1,1 % par rapport à 2017)
Densité 113 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 44′ 56″ nord, 2° 59′ 02″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 106 m
Superficie 27,87 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Plouézec
(ville isolée)
Aire d'attraction Paimpol
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Paimpol
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Plouézec
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Plouézec
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Plouézec
Liens
Site web www.plouezec.frVoir et modifier les données sur Wikidata
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Géographie

Carte de la commune de Plouézec et des communes avoisinantes.

Situation

Rose des vents Paimpol (Manche) (Manche) Rose des vents
Kerfot N (Manche)
O    Plouézec    E
S
Yvias Pléhédel Plouha
Lanloup

Plouézec se situe sur l'ancienne route nationale 786 de Saint-Malo (118 km à l'est) et Saint-Brieuc (37 km au sud-est) à Paimpol (km au nord-ouest), Lannion (42 km à l'ouest) et Morlaix. Saint-Quay-Portrieux est à 20 km au sud-est, Guingamp à 31 km au sud-ouest, Rennes à 139 km au sud-est[1].

Relief

Les Mez de Goëlo et la pointe de Plouézec à droite, vus depuis Pors-Even (Ploubazlanec).

Commune côtière, ses falaises bordent l'extrémité ouest de la baie de Saint-Brieuc depuis l'anse de Bréhec (plage) jusqu'à la Pointe de Plouezec, et se prolongent vers l'ouest en regardant vers le nord pour former l'extrémité sud-est de la baie de Paimpol. Elles sont longées par le sentier de grande randonnée GR34[2] dit sentier des douaniers.

Outre les hameaux et lieux-dits cités plus bas, le territoire de Plouézec inclut aussi trois îlots en prolongement de la pointe de Plouézec : le Petit Mez de Goëlo appelée localement « le taurel », le Grand Mez de Goëlo (avec l'Hospic, rocher à 400 m à l'est du Grand Mez de Goëlo) appelé localement « moël enez » (île chauve) et l'île Lémenez[3]. Bien que ces trois îles séparent l'anse de Paimpol de l'anse de Bréhec, leur géophysique les rattache à la baie de Paimpol, entourées qu'elles sont du même environnement côtier[4]. L'île de Bréhat est à km à vol d'oiseau de la pointe de Plouézec[2].

La partie continentale de la commune forme pour l'essentiel un plateau situé vers 90 à 100 mètres (culminant à 102 mètres à plusieurs endroits de la partie occidentale du finage communal et atteignant même 106 mètres près de Kerblenou et s'abaissant progressivement jusqu'à une soixantaine de mètres en direction du littoral), et troué par les vallées des petits fleuves côtiers, notamment par celle du Ruisseau de Kergolo au sud, qui forme la limite communale avec Plouha, et par celle du Ruisseau de Porz Donan. Le bourg, en position relativement centrale au sein du territoire communal, se trouve à environ cent mètres d'altitude.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Kergolo et le Porz Donan[5],[6],[Carte 1].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Plouézec[Note 1].

Hameaux et lieux-dits

Une partie du bourg de Bréhec, qui se trouve dans le nord de la commune de Plouha, s'étend pour environ 200 m dans le sud de la commune de Plouézec. Plouézec bénéficie ainsi d'une ouverture sur l'anse de Bréhec[2] et sa belle plage de sable fin[7], et le port de plaisance de Bréhec se trouve en partie sur son territoire[8].

Plage de Bréhec, Plouézec à gauche et Plouha à droite.

Cadre géologique

Carte géologique du Massif armoricain, avec au nord-est le batholite mancellien et ses nombreux plutons de granite cadomien (Trégor, Lanhélin, Louvigné, Vire, Avranches…). Ce batholite dessine une ellipse de 150 km (d'Alençon à la Rance) sur 90 km (de Vitré à Vire)[9].
Exemple de polylithisme, l'église de Plouézec[10].

Plouézec est localisée dans la partie médiane du domaine nord armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique de Plouézec se situe plus précisément dans l'unité de Saint-Brieuc formée d'un bassin sédimentaire essentiellement briovérien (constitué de formations volcano-sédimentaires) limité au sud par le décrochement dextre nord-armoricain (faille de Molène – Moncontour)[11], au nord-est par un important massif granitique cadomien, le batholite du Trégor et au sud-ouest le pluton de Lanhélin qui font partie d'un ensemble plus vaste, le batholite mancellien[Note 2],[12].

L'histoire géologique du plateau du Trégor est marquée par le cycle cadomien (entre 750 et 540 Ma) qui se traduit par la surrection de la chaîne cadomienne qui devait culminer à environ 4 000 m[13] et regroupait à cette époque (avant l'ouverture de l'océan Atlantique) des terrains du Canada oriental, d'Angleterre, d'Irlande, d'Espagne et de Bohême[14]. Cette ceinture cadomienne se suit à travers le Nord du Massif armoricain depuis le Trégor (baie de Morlaix) jusqu'au Cotentin. À une collision continentale succède une période de subduction de l'océan celtique[15] vers le sud-est, sous la microplaque Armorica appartenant alors au supercontinent Gondwana. Des failles de direction N40°-N50°enregistrent un raccourcissement oblique, orienté environ NNE-SSW[16]. Cette tectonique régionale entraîne un métamorphisme à haute température et basse pression. À la fin du Précambrien supérieur, les sédiments briovériens issus de l’érosion rapide de la chaîne cadomienne sont ainsi fortement déformés, plissés, formant essentiellement des schistes et des gneiss[17]. Les massifs granitiques du Mancellien (notamment le massif côtier nord-trégorrois, le granite de Plouha, les diorites et gabbros de Saint-Quay-Portrieux), dont la mise en place est liée au cisaillement nord-armoricain[18] scellent la fin de la déformation ductile de l'orogenèse cadomienne[19]. À leur tour, ces massifs granitiques sont arasés, leurs débris se sédimentant dans de nouvelles mers, formant les « Séries rouges » qui se déposent dans le bassin ordovicien de Plouézec-Plourivo (20 × 8 km), hémi-graben limité au nord par la faille de Trégorrois. Les grands traits de l’évolution géologique du Trégor sont alors fixés. L'altération transforme les roches métasédimentaires en formations argilo-sableuses. Enfin, au Plio-quaternaire, les roches du substratum sont localement recouvertes par des dépôts récents issus de l’action du vent (lœss, limons sur les coteaux)[20].
La région comporte ainsi, au-dessus d'un socle granitique (750-650 Ma), une épaisse séquence volcanique et sédimentaire (600 Ma), elle-même intrudée par de nombreux plutons gabbro-dioritiques (580 Ma) contemporains de la déformation[21]. Elle correspond à la subduction d'un domaine océanique vers le sud-est sous la marge nord du Gondwana, entraînant un métamorphisme à haute température et basse pression (subduction engendrant un bassin intra-arc ou une zone de chevauchement, les deux hypothèses restant débattues)[22].

De Paimpol vers Plouézec, la montée au niveau de Kérity débute par un petit étang sur le bord droite de la route et marque le franchissement de la grande faille du Trégorrois. La carrière de Kérity près de l'abbaye de Beauport montre un front de taille constitué de brèches volcaniques aux faciès pépéritiques qui témoignent de la contemporanéité entre volcanisme et sédimentation. À la pointe de Kerarzic, une faille bordière met en contact le socle briovérien (formations schisto-gréseuses, quartzitiques et greywackeuses) avec les séries rouges du bassin. La pointe de Minard permet d'observer les sédiments turbiditiques avec des figures de sédimentation (granoclassement, stratifications entrecroisées, load cast (en), etc.)[23].

Marie-Thérèse Morzadec-Kerfourn a décrit les variations de la ligne du rivage au Quaternaire au niveau de Port-Lazo[24].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[25]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[26]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[27]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[28]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[29],[30].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 0,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 736 mm, avec 12,6 jours de précipitations en janvier et 6,5 jours en juillet[25]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanleff à km à vol d'oiseau[31], est de 11,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 845,9 mm[32],[33]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,5 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −8 °C, atteinte le [Note 3].

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[34], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme

Typologie

Au , Plouézec est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[35]. Elle appartient à l'unité urbaine de Plouézec, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[36],[37]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paimpol, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[37]. Cette aire, qui regroupe 13 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[38],[39].

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[40]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[41].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (61,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (66,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (40 %), terres arables (20,7 %), zones urbanisées (15,5 %), forêts (13,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (7,6 %), prairies (1,1 %), eaux maritimes (0,8 %), zones humides côtières (0,5 %)[42]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Panneau d'entrée d'agglomération bilingue français - breton.
Panneau d'entrée d'agglomération bilingue français - breton.

Le nom de la localité est attesté sous les formes Plohozec Goilou en 1184 et en 1189, Plohedec en 1198, parochia Plouezec et Plouec en 1202, Ploozoc, Plouoc Goilou, Plooc et Pluec en 1202, Ploozoc in Goilou et en 1206, Plooc en 1206, Ploozouc en 1208, Ploozoc en 1212, Plooc en 1213 et en 1214, Ploozoc en 1218 et en 1219, Plooc en 1225, Plohozoc en 1247, Ploodec en 1252, Ploec et Ploezec en 1266, Ploezec en 1271, vers 1330 et 1368, Ploezeuc en 1419 et en 1428[43].

Ploueg-ar-Mor en breton moderne.

Comme beaucoup de paroisses primitives fondées entre les Ve et VIIe siècles, son nom vient de l’ancien breton ploe ou plou, (mot issu du latin plebs, plebis, f : le peuple) signifiant finalement paroisse, et de hez signifiant la paix, selon l'analyse étymologique de Bernard Tanguy. Ce mot en vieux-breton est encore usité en gallois. L'existence de l'hagionyme « saint Hozec » est en effet très peu vraisemblable. Plœuc-sur-Lié et Plouec-du-Trieux ont la même étymologie[43].

Devise

La devise de la commune est Tud Ploueg o deus ar mor evit gavel, qui signifie en français « Les gens de Plouézec ont la mer pour berceau ».

L'ancienne table d'orientation de Bilfot comportait une autre devise : Me a zalc'ho qui se traduit par « je tiendrai bon ».

Histoire

Moyen-Âge

Plouézec est une ancienne paroisse de l'Armorique primitive qui englobait, outre son territoire actuel, celui de l'ancienne paroisse de Kérity, qui fait désormais partie de Paimpol[44].

En fondant l'Abbaye de Beauport pour les Prémontrés en 1202, Alain d'Avaugour, juveigneur de Bretagne et comte de Goëlo, donna à ladite abbaye les six grandes paroisses du Goëlo : Pordic, Étables, Plouvara, Plélo, Plouézec et Plouha, de sorte que Plouha était administré par un religieux de l'abbaye qui portail le titre de prieur-recteur. Les autres paroisses étaient desservies par des prêtres séculiers[45].

Selon la légende Port Lazo (Porz Lac'ho en breton, c'est-à-dire le "port de la tuerie ou du massacre") tiendrait son nom du massacre des troupes anglaises, attribuée aux femmes de Plouézec, qui auraient brûlé les embarcations ennemies, échouées sur la grève de Port-Lazo, au cours du IXe siècle, ce qui est douteux, à moins de remplacer les Anglais par les Vikings, ou de replacer cet évènement lors des incursions anglaises nombreuses pendant la Guerre de cent ans au XVe siècle. Les Bretons vainqueurs auraient fait ériger une chapelle au lieu de la victoire sous le vocable de Notre-Dame du Gavel ; démolie ä la fin du XVIIIe siècle, son autel, ainsi que les statues de Notre-Dame du Gavel et de saint Joseph furent transportées dans l'église paroissiale de Plouézec[46].

Temps modernes

Sous l’Ancien Régime, Plouézec était une paroisse appartenant à l’évêché de Saint-Brieuc et au comté du Goëlo.

Plouézec a été tout autant que Paimpol tourné vers la pêche à la morue depuis le XVe siècle et, fin XIXe et début XXe siècles, vers la grande pêche au large de l'Islande qui a rendu Paimpol célèbre avec le roman Pêcheur d'Islande de Pierre Loti (1886)[7].

Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759 la paroisse de Plouezec doit fournir 39 hommes et payer 255 livres pour la défense des côtes de Bretagne[47].

Carte de Cassini de la paroisse de Plouzec [Plouézec] (1790).

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plouézec en 1778 :

« Plouzec ; sur une hauteur ; à 5 lieues et demie au Nord de Saint-Brieuc, son évêché et son ressort ; à 25 lieues et demie de Rennes et à 1 lieue et demie de Paimpol, sa subdélégation. 0n y compte 2 400 communiants[Note 5] : la ¥cure est présentée par l'Évêque. Ce territoire, qui est borné au Nord et à l'Ouest par la mer, renferme des terres fertiles en grains, foin, et lin, et des landes très étendues. On voit dans cette paroisse l'Abbaye de Beauport, les maisons nobles de Gouz-Froment , Ker-yblanc , Plouzec, Ploutra, Plounez, Yvias et Lanvignez ; ces cinq dernières forment une haute justice qui s'exerce à Paimpol[48]. »

Révolution française

L'assemblée des paroissiens de Plouézec se réunit le en vue de la préparation des États généraux ;:un "arrêté patriotique du corps politique et des notables de la paroisse de Plouézec" (cahier de doléances) est rédigé[49].

Après le décret du qui établissait les cantons, Pléhédel et Pludual firent partie du canton de Lanvollon, tandis que Plouha, Plouézec, Lanleff et Lanloup firent partie d’un canton dont les assemblées se tenaient à Lanmor, nom révolutionnaire de Lanloup[45].

Au printemps 1794, « chaque nuit, dans toute la région paimpolaise, à Plouézec, à Lanloup, à Yvias, à Ploubazlanec, des paysans en bande, tète nue, disant leur chapelet ou récitant les litanies, visitent les chapelles dispersées dans les campagnes »[50].

Louis-Xavier de Ricard a raconté Les aventures de Marie-Armand de Guerry du Maubreuil, notamment à Plouézec, pendant la Révolution française[51].

Un combat contre les Anglais se déroule le dans l'anse de Bréhec.

Le XIXe siècle

Plan cadastral de Plouezec (1832, tableau d'assemblage).

Une ordonnance royale en date du cède à la commune de Kérity deux enclaves : l'une comprenant le Guern, la Lande-Colas, le Runiou et Beauport (y compris l'abbaye en ruines), l'autre Karen et le Terron[52].

A. Marteville et P.Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plouézec en 1853 :

« Plouezec (commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom) ; aujourd'hui succursale. (..) Principaux villages ! Kermor, Kervilin-Izelan, Kervilin-Huellan, Kerviou, le Verger, Larmor-Izel, Saint-Rion, Pou-Loas, Run-Guezennec, Kervégan, Pouldu, Kermoal, Kervorn, Kervenec'h, Minard, Kerbernès, le Questel, Runhelliou, Petit Saint-Loup, Keryannou, Pont Cadiou, Keristan, la Madelaine, Keramant, Harafot, Kermeur, Lan-Bras, Lein-ar-Lan, Kergoc, Traou-Argoat, Cosquerou. Superficie totale 2 788 hectares, dont (..) terres labourables 1 997 ha, prés et pâturages 177 ha, bois 50 ha, vergers et jardins 38 ha (..) Moulins : 12. Au nord de la pointe de Bilfet sont trois îles qui dépendent de cette commune : ce sont Taurel, la Grande Mez et la Petite Mez de Gouelo, dîtes par les marins Les Mâts de Gouelo (..). L'Abbaye de Beauport n'est pas restée dans cette commune ; elle est aujourd'hui dans celle de Kérity (en Paimpol désormais). Géologie : roches feldspathiques, entourées par des schistes modifiés. On parle le breton[53]. »

Les travaux de la jetée submersible de Bréhec se déroulent de à .

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que la commune de Plouézec possède une école de garçons ayant 161 élèves et une de filles en ayant 46, ainsi qu'une salle d'asile accueillant 95 enfants. Il indique que le territoire de la commune est accidenté, son sol « profond et sec », mais « assez fertile, grâce à une culture bien entendue » et qu'« on élève, sur ses falaises et sur les îlots qui les avoisinent, des moutons qui sont fort appréciés sur les marchés du voisinage » . Il précise aussi que l'église paroissiale vient d'être reconstruite, qu'elle s'aperçoit de loin et sert d'amer pour les bateaux, que la commune possède aussi trois chapelles (Saint-Rion, Saint-Paul et Saint-Loup) et qu'« au hâvre de Port-Lazo sont armés plus de 80 bateaux dont les équipages s'occupent pendant un certain temps de la pêche des huîtres et; le reste de l'année, à draguer les sables calcaires qui se trouvent abondamment dans les parages »[54]. Les pêcheurs de Port-Lazo pratiquaient aussi la pêche côtière ou embarquaient pour la pêche dans les parages de l'Islande[46].

La nouvelle église paroissiale Saint-Pierre est consacrée le . En 1877 un vicaire de Plouezec, l'abbé Bougean, fut emprisonné à Saint-Brieuc pour avoir commis de nombreux abus sexuels sur des enfants[55].

Le le Mily Linn, un navire anglais chargé de charbon, en détresse au milieu de la baie de Bréhec, fut abandonné par son équipage au moment de sombrer ; le canot dans lequel les marins s'étaient réfugiés se remplissant d'eau, allait couler quand un pilote, Floury, se porta à leur secours et parvint à les sauver[56].

Paul Chardin a décrit le calvaire de Kergolleau (Kergolo) dans un article publié en 1882[57].

En 1885 la commune de Plouézec demande et obtient une subvention pour l'installation d'un bureau télégraphique dans la commune[58]

Un article de Pierre Loti publié dans la presse décrit la douleur des veuves lors du naufrage de deux '"Islandais" de Paimpol, la Petite-Jeanne et la Catherine en 1887[59] ; ce double naufrage fit 30 veuves et 80 orphelins, principalement dans les communes de Ploubazlanec, Plouézec et Kérity ; Pierre Loti fut à l'initia tive d'une souscription en faveur de ces familles[60]. La presse relate de nombreux naufrages concernant des bateaux et marins de la commune : par exemple celui du dont deux femmes furent victimes près de l'Île Saint-Riom[61] ; en 1883 le naufrage d'un bateau goémonier, Les Trois-Frères, fit 4 morts (dont deux femmes), tous de Plouézec et deux rescapés[62].

En 1889 Jean Ajalbert décrit la route allant de Plouha à Plouézec, évoquant notamment la multiplicité des croix et calvaires : « À chaque carrefour des Jésus de pierre, vêtus d'armures de mousses (..) et surtout des croix, de toutes neuves avec du latin en or gravé au socle ; des vieilles, manchotes d'un bras, leur Christ si lamentablement pendant (..) ; des simples écartant leurs bras amples dans le vide ; d'autres, creusées au pied du Christ d'une niche renfermant, sous verre, quelque statuette de la Vierge, et d'autres, plus compliquées, où s'entrecroisent des tibias, des fémurs ; et d'autres, plus complètes, les évoquant toutes (..) »[63]. En 1892 une épidémie de typhoïde fit 164 malades et 17 morts dans le hameau du Questel, peuplé de 524 habitants. Le préfet adressa un blâme sévère à la municipalité pour la négligence dont elle avait fait preuve en ne signalant pas l'existence de l'épidémie[64]

L'abbé André Du Bois de La Villerabel écrit en 1896 que le pays de Paimpol et en particulier la paroisse de Plouézec fournissent chaque année un fort contingent d'émigrants qui partent faire la récolte des pommes de terre à Jersey ; certains s'y établissent même définitivement[65]. En mai 1883 Le chavirage d'un canot cherchant à rejoindre un bateau partant vers Jersey fit deux noyés parmi les cultivateurs voulant s'y rendre pour la récolte des pommes de terre[66].

XXe siècle

La Belle Époque

La tempête du en Mer d'Islande fit 117 victimes laissant 45 veuves et 167 orphelins dans les cinq communes de Plouézec, Ploubazlanec, Kérity, Plouha et Pléhédel « qui fournissent en presque totalité le recrutement des "Islandais" (..) Pareille catastrophe ne s'était point vue depuis 1854 »[67]. En avril 1912 le Quo Vadis (27 hommes à bord) et le Françoise (25 hommes à bord) sont déclarés perdus corps et biens en mer d'Islande : « les communes de Plouézec, Kérity, Kerfot, Pléhédel et Plouha sont cruellement éprouvées » écrit le journal La Dépêche de Brest[68].

Une fête du commerce était organisée tous les ans : lors de celle de septembre 1904 « les corses en sacs et les corses aux grenouilles ont beaucoup amusé les spectateurs. Les danses ont été très animées , surtout le soir ; elles ont duré passé minuit. La grande dérobée finale a clôturé la fête »[69].

Selon un article de La Dépêche de Brest du « la récolte du goémon, commencée à Plouézec avant-hier, se continue ; déjà de nombreux tas sont déposés sur les quais de Paimpol en vue de la vente. (..) Les cultivateurs commencent à faire leurs provisions pour la mise en terre prochaine des pommes de terre primes »[70].

Le le percepteur de Paimpol se rendit à Plouézec afin de procéder à l'inventaire des biens d'église ; il fut reçu par le recteur, « entouré des membres du conseil de fabrique, qui ont lu une protestation, mais se sont refusés à lui ouvrir les portes de l'église. Le percepteur s'est retiré, poursuivi par les cris hostiles de la foule »[71].

François Loas[Note 6], maire de Plouézec, fut révoqué en 1906 pour avoir lacéré un drapeau tricolore[72]. Selon une lettre d'un groupe d'électeurs publiée par le journal La Dépêche de Brest, le maire aurait seulement écarté le drapeau qui flottait au vent et lui bloquait l'entrée de l'école où se tenait une réunion tenue par l'instituteur et qu'il avait interdite[73].

Les naufrages étaient encore nombreux ; par exemple pour la seule période 1906-1909, le le Jeanne, de Paimpol, disparait corps et biens (deux victimes); des épaves appartenant à ce canot de pêche sont retrouvées sur une grève de Plouézec[74]. Le le sloop Fleurissant, de Saint-Pol-de-Léon avait coulé au nord de Plouézec : « on aperçoit ses mâts à marée basse ; l'épave est dangereuse pour la circulation » écrit le journal L'Éclair comtois[75]. En 1909 la goélette Hygie, qui appartenait à Francisque Gicquel, est perdue corps et biens : 18 des 25 marins qui étaient à bord étaient de Plouézec. Deux autres marins de la commune s'étaient noyés cette même année, l'un à bord du Glaneur, l'autre à bord de La Mouette[76].

Guillaume Goarin[Note 7], cultivateur à Plouézec, eut 29 enfants de ses deux épouses successives Marguerite Le Pollès et Germaine Le Roux, les derniers étant René, né en 1911 et Émilienne, née et décédée en 1913[77].

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Plouézec porte les noms de 96 soldats et marins morts pour la Patriependant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 27 sont des marins (dont 10 marins d'état, victimes des naufrages des croiseurs cuirassés Léon Gambetta , Amiral Charner, du cuirassé Danton, du cuirassé Bouvet ou de croiseurs auxiliaires, ainsi que François Marie Le Roy, lors du naufrage du sous-marin Circé (Q47) le  ; les autres sont des marins de commerce dont les bateaux ont aussi été coulés par les Allemands, par exemple 3 à bord du trois-mâts barque Michelet le ou des pêcheurs comme François Le Meur à bord du chalutier Stella le ) ; par ailleurs 6 soldats au moins sont morts en Belgique (dont Émile Cavelan dès le à Chimay), Yves Carain en Turquie le , Pierre Le Chapelain alors qu'il était prisonnier de guerre en Allemagne ; la plupart des autres sont morts sur le sol français[78].

François Marie Quay est mort le , donc peu après l'armistice lors du naufrage de l' Inkerman sur le Lac Supérieur ; Guillaume Le Roy est mort (de maladie) le , donc après la guerre, à Port-Saïd (Égypte).

L'Entre-deux-guerres

Le monument aux morts de Plouézec est inauguré le par Yves Le Trocquer, alors ministre des travaux publics, en présence de plus de 2 000 personnes[79].

L'église paroissiale Notre-Dame du Gavel et le monument aux morts.
Bréhec : un coin du port vers 1920.
Le viaduc de Bréhec peu après son achèvement.

La construction du viaduc de Bréhec, sous la direction de Louis Harel de la Noë, commence vers la fin de l'année 1912 et se termine en 1917 (les travaux furent un temps interrompus en raison de la guerre) ; il est construit, selon une technique nouvelle pour l'époque, en sidéro-ciment. Les travaux reprirent en 1919 pour construire un tablier à mi-hauteur du viaduc afin de réduire les vibrations lors du passage du train ; ces travaux supplémentaires s'achevèrent en 1922 ; en outre, en raison du relief accidenté cette ligne proche du littoral, sept passerelles, notamment la passerelle de Kermanac'h et les passerelles de Bréhec, furent construites à divers endroits du tracé pour permettre l'ouverture de la ligne Paimpol-Plouha, inaugurée le  ; son ouverture permet une liaison ferroviaire continue, mais par une ligne unique à voie métrique gérée par la compagnie départementale des Chemins de fer des Côtes-du-Nord, entre Saint-Brieuc et Paimpol (le tronçon Saint-Brieuc-Plouha avait été inauguré le par la Compagnie des chemins de fer des Côtes-du-Nord)[80].

Bréhec entre les deux guerres mondiales

La culture des pommes de terre primeurs était importante (région de la Ceinture dorée), mais avec un décalage de date par rapport aux communes littorales pour les communes un peu à l'intérieur : le journal L'Ouest-Éclair écrit le  : « les communes favorisées de Bréhat, Plouézec, Ploubazlanec, Kérity, région de la côte, ont presque terminé les arrachages ; les communes de Plounez, Plourivo, Yvias, Kerfot, livrent actuellement »[81].

La Seconde Guerre mondiale

Selon un arrêté municipal de début janvier 1940 « la coupe du goémon croissant sur le rivage de la commune de Plouezec sera ouverte le 24 janvier, pour se poursuivre pendant un mois. La coupe ne sera autorisée que de jour seulement. Nul ne pourra être employé à la récolte s'il ne justifie du fait d'habitation dans la commune depuis six mois au moins »[82].

Bunker allemand à la Pointe de Bilfot.

Le monument aux morts de Plouézec porte les noms de 47 personnes mortes pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ; parmi eux 11 sont morts en mer[78]. Une stèle commémorative honore la mémoire de 5 résistants FTPF : André Lefebvre, abattu par les Allemands le à Kérouly en Plouézec ; Marcel Le Roy, fusillé le à Étables ; Albert Thomas, membre du maquis de Kermoroc'h, tué le à Goas Meur en Landebaëron ; Jean Le Tenf, fusillé le à Brélidy et Yves Le Coq, tué à l'ennemi le à Trévérec ; Joseph Le Gain, requis du STO, est mort en Autriche en 1945[83].

Une plaque commémorative honore la mémoire de Benignus Stefan, un aviateur tchécoslovaque (sous commandement RAF) mort en combat aérien le au dessus de la Pointe de Bilfot[84]

La Pointe de Bilfot, qui était lors de l'occupation allemande un des nombreux postes du Mur de l'Atlantique, fut le théâtre de l'Opération Fahrenheit, un raid mené par un commando de huit hommes contre l'occupant dans le but était de faire prisonniers des soldats allemands. Une plaque commémorative sur place commémore ce fait d'armes[85].

Un autre blockhaus est construit par les Allemands au niveau de la digue de Bréhec ; il a été aménagé en résidence de vacances[86].

Le des résistants du Front national commettent un sabotage au niveau du viaduc de Bréhec, coupant la ligne ferroviaire Saint-Brieuc-Paimpol.

Le les instituteurs André Lefebvre et Marcel Leroy, qui se dirigeaient à bicyclette vers Lanloup pour une mission de résistance furent tués par les Allemands, le premier à Plouézec, le second à l'Épine-Halle en Étables, après avoir été torturé[87].

Originaire du Sud-Ouest, François Claverie s'installe à Plouézec en 1939 où il exerce le métier de cultivateur. Le 11 juin 1942, il est arrêté, sur dénonciation, pour détenir illégalement un vieux pistolet, une canne fusil et un vieux fusil datant de la guerre 1914-1918. Condamné à mort, il fut fusillé le [88]. Il avait 63 ans[78].

L'après Seconde Guerre mondiale

Jean Guyomard est mort dans le cadre des Troupes françaises d'Occupation en Allemagne le et deux autres soldats originaires de Plouézec (Daniel Guégan et Jean Le Guen) sont morts pour la France durant la Guerre d'Algérie[78].

L'après guerre est marquée par le déclin de la Grande pêche et la pêche côtière vivote, quelques bateaux de Port-Lazo pêchant toutefois praires, araignées, coquilles Saint-Jacques, etc..; vers 1980 la plupart des 400 inscrits maritimes de la commune sont marins de commerce et peu à peu la péche plaisance l'emporte sur la pêche professionelle[46].

L'ostréiculture devient l'activité maritime dominante, occupant plus de 600 hectares en Baie de Paimpol, dont la majeure partie en Plouézec[46].

En 1951 un journal consacré un long article illustré au commissaire de police Albert Le Poulennec[Note 8] qui participa à de nombreuses enquêtes criminelles en Bretagne, dont l'affaire Seznec et fut résistant membre du réseau Buckmaster pendant la Seconde Guerre mondiale. Il prit sa retraite à Bréhec en Plouézec[89].

La ligne de Paimpol à Plouha a été fermée le . Elle était longue de 19 km. Elle a été déclassée le , en même temps que la fermeture de la ligne Saint-Brieuc -Plouha[90].

Le viaduc de Bréhec est démoli en 1973-1974[80].

La villa du commissaire Le Taillanter à Bréhec est détruite par des extrémistes bretons du FLB le .

XXIe siècle

De nos jours, l'ostréiculture tient une grande place dans l'économie de Plouézec. Mais les parcs à huitres sont tous du côté de l'anse de Paimpol - aucune ne se trouve dans l'anse de Bréhec[91].

Économie

Le port de Port-Lazo est désormais un port de plaisance et est consacré principalement aux activités ostréicoles en baie de Paimpol. Son quai, maçonné avec des moellons de grès, long de 70 mètres, n'est accessible qu'à pleine mer, par grands coefficients de marée[46].

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1944 Yves-Marie Guillou SE Entrepreneur
1944 1944 François Pierre[Note 26]   Capitaine au long cours.
1944 1944 Louis Querel[Note 27]   Planeur sur métaux.
1944 1944 Yves Allainmat[Note 28]   Quartier-maître en 1901. Officier des Équipages de la Flotte en 1920.
1944 mai 1953 Albert Flouriot[92] PCF Officier des équipages dans la Marine nationale, résistant FTP
Conseiller général de Paimpol (1945 → 1949)
Président du Comité local de Libération de Plouézec
mai 1953 mars 1971 André Le Balc'h[Note 29] DVD Médecin généraliste
mars 1971 mars 1989 François Druel[93]
(1909-2004)
DVG Retraité de l'assistance publique
mars 1989 août 1991
(démission)
Jean-Noël Samson SE Médecin généraliste
août 1991 juin 1995 Philippe Coulau UDB Cadre supérieur de la Poste
juin 1995 mars 2008 Raymond Charlès PS Officier de la Marine marchande retraité
mars 2008 juin 2023 Jacques Mangold EELV Directeur du Vigipol[94]
juin 2023[95] en cours
(au 16 juin 2023)
Gilles Pagny DVG Retraité de la marine marchande
Conseiller départemental de Paimpol (2021 → )
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Jumelage

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[96]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[97].

En 2023, la commune comptait 3 147 habitants[Note 30], en évolution de −1,1 % par rapport à 2017 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 4702 8093 0063 3654 1383 9224 0744 1474 447
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 4594 5654 6454 0914 6854 4574 7154 9254 561
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 6874 7864 8424 5574 4394 4214 0073 7873 729
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
3 6433 4813 3993 1243 0893 1813 3063 3383 259
Davantage d’informations - ...
2018 2023 - - - - - - -
3 1533 147-------
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De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[98] puis Insee à partir de 2006[99].)
Histogramme de l'évolution démographique

Langue bretonne

Le nom de la commune en breton est Ploueg-ar-Mor.

L’adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le . La commune a reçu le label de niveau 2 de la charte Ya d'ar brezhoneg le .

Le Breton parlé est dit breton du Goélo, proche du trégorrois avec des racines communes au Vannetais. Du fait de la vocation maritime de la zone, il comporte quelques particularismes issus du français mais aussi d'autres langues.

À la rentrée 2017, 50 élèves étaient scolarisés dans les filières bilingues publiques (soit 21,6 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire).

Plouézec fait partie des communes ayant reçu l’étoile verte espérantiste, distinction remise aux maires de communes recensant des locuteurs de la langue construite espéranto.

Héraldique

Davantage d’informations Blason, Détails ...
Blason de Plouézec Blason
D'azur au navire de trois mâts d'or habillé et flammé d'argent, voguant sur une mer de sinople, au chef d'hermine[100].
Détails
* Il y a là non-respect de la règle de contrariété des couleurs : ces armes sont fautives (sinople sur azur).
Le statut officiel du blason reste à déterminer.
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Culture

Musique

  • Le Bagad de Plouézec, formé par l'abbé Tréhiou de 1953 à 1959, est classé en 3e catégorie.
  • siiAn, chanteuse, compositrice et interprète de tendance électro-rock

Sports

  • Le club de football "Les Goëlands de Plouezec" est fondé une première fois en 1941, donc en pleine occupation allemande, par quelques jeunes de la commune, mais doit fermer le à la suite des manifestations hostiles aux Allemands d'élèves de l'École hydrographique de Paimpol. Le club est recréé officiellement en 1971 par Michel Guillermic qui en fut le président pendant 17 ans. Mis en sommeil en 2017, il renaît en 2020[101].

Tableaux

  • Maxime Maufra : Anse de Bilfot à Plouézec près de Paimpol, huile sur toile, 80 × 110 cm, vers 1893).

Sculpture

Littérature

  • Robert Harvel : Le sonneur de Plouezec (conte, 1897)[102].
  • Henry Messéant : Le retour (roman, 1910)[103].

Tourisme

Un parc à huîtres à vocation pédagogique, « Park an Istr », a été créé en 2010 à l'initiative de la municipalité de Plouézec. Situé à Port-Lazo, il est géré par l'association "Istr.com" qui regroupe des professionnels, des collectivités locales et des usagers de la mer[104].

Lieux et monuments

Patrimoine civil

Moulin de Craca.
  • Le moulin de Craca[105],[106] est un édifice réhabilité qui servait autrefois d'amer aux marins dans la baie de Paimpol. Ce moulin a maintenant une vocation touristique. Tous les deux ans, son site sert de cadre en août à la manifestation Noz ar Vilin la Nuit du moulin ») qui est un fest noz bras (grande fête de nuit bretonne). Un autre moulin similaire, le moulin à vent du Mez dit "moulin à job", se trouve plus au sud à l'état de ruines.
  • Le territoire de la commune comprend aussi de nombreux manoirs (Goasfroment, Keriblanc, La Lande du Bois,...), des lavoirs (route de Boulgueff, au Clandry...), ainsi que des traces d'une voie romaine au lieu-dit Traou An Argoat.
  • Le port de Port Lazo (Porz Lac'ho en breton : port de la tuerie) garde une mémoire transmise d'un massacre au IXe siècle de Vikings. Il est possible que cette bataille ait en réalité eu lieu plus tard (XVe siècle) et soit en fait contre les Anglais.
  • Le phare de Lost-Pic (Île Mez de Goëlo)

Patrimoine religieux

Église Notre-Dame du Gavel.

Plouézec compte plusieurs édifices religieux :

  • Église Saint-Pierre ou Notre-Dame-du-Gavel (Gavel signifie "berceau") : les travaux de construction ont commencé en et l'église a été consacrée le par l'évêque de Saint-Brieuc. Elle abrite notamment un retable en bois polychrome (fin du XVIIe siècle), un reliquaire de saint Maudez (XVIIIe siècle) ayant appartenu à l'abbaye de Beauport et transféré dans l'église paroissiale le 23 ou , et un aigle-lutrin, œuvre des frères Corlay (XVIIIe siècle). Le décor de la voûte réalisé en 1863 est du peintre Raphaël Donguy (1812-1877).
  • Chapelle Sainte-Barbe.
  • Chapelle Saint-Riom ou Saint-Laurent (XIVe-XVe siècle et 1631), elle abrite un retable daté de 1710.
  • Chapelle de Paule, dépendant autrefois du manoir de Goasfroment, datant du XVIIe siècle.
  • Chapelle du Petit Saint-Loup, datant du début du XIXe siècle[107].
  • Croix carolingienne au croisement de la route de Traou An Argoat et de la route de Kerfot.

Patrimoine naturel

Port Lazo vu du GR34 au Bilbot sur la pointe de Plouézec.

Le patrimoine maritime de Plouézec est important, s'étalant sur 17 km de côtes[107] : pointes de Bilfot, de Minard et de Berjul, plage et port de Bréhec, port de Port Lazo, sans compter les nombreuses grèves.

Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) Quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) couvrent les falaises et des pans de prairies de quatre pointes de la côte de Plouézec :

  • la ZNIEFF continentale de type 1 de la « Pointe de Berjul »[108], soit 30,5 hectares entièrement sur Plouézec, vise aussi un pan de forêt ;
  • la ZNIEFF continentale de type 1 de la « Pointe de Minard »[109], soit 20,21 hectares entièrement sur Plouézec, vise aussi des eaux du talus et du plateau continental (eaux néritiques) ;
  • la ZNIEFF continentale de type 1 de la « Pointe de Plouézec »[110], soit 28,62 hectares entièrement sur Plouézec ;
  • la ZNIEFF continentale de type 1 de la « Pointe Kermor »[111], soit 42,05 hectares.

La ZNIEFF continentale de type 1 du « Vallon de Boulgueff »[112], soit 7,42 hectares, est partagée entre Paimpol et Plouézec, le long du ruisseau de Boulgueff près de la pointe Kermor. Cette ZNIEFF vise la forêt couvrant les flancs très escarpés de la vallée du Boulgueff.

Zone de protection spéciale (ZPS, directive Oiseaux) Toute la côte de la commune dont les falaises, et une partie de territoire près de Cosquellou sont incluses dans la zone de protection spéciale (ZPS) de « Tregor Goëlo »[113], un site Natura 2000 selon la directive Oiseaux qui couvre 91 228 hectares répartis sur 27 communes des Côtes-d'Armor[Note 31].

Zone spéciale de conservation (ZSC, directive Habitat) La même surface de commune est également incluse dans la Zone spéciale de conservation (ZSC) de « Tregor Goëlo »[114], un site d'intérêt communautaire (SIC) selon la directive Habitat qui couvre au total 91 438 hectares et les mêmes communes que la ZSC éponyme.

Terrains acquis par le Conservatoire du Littoral Le Conservatoire du Littoral acquis deux lots de terrains : L'espace protégé et géré de « Beauport - Kerarzic »[115], soit 117 062 hectares soumis à un arrêté de protection de biotope passé le . Partagé entre Kerfot, Paimpol et Plouézec, il couvre une grande partie du port de Kerity et des terrains morcelés le long du fleuve Le Corre et de son dernier affluent en rive droite. Sur la commune de Plouézec, il inclut l'étang du moulin de Danet et les flancs de vallée des deux cours d'eau : jusqu'à la limite de communes avec Kerfot pour le Corre, et pour son affluent jusqu'au sous-affluent en provenance de Quévezou.

L'espace protégé et géré des « Falaises du Goëlo »[116], soit 148 287 hectares soumis à un arrêté de protection de biotope passé le . Il s'agit d'un ensemble de petits terrains disséminés le long des falaises et de cours d'eau de la région. Sur la commune il s'en trouve à la pointe de Plouézec, Porz Donan et le long du ruisseau du même nom, pointe de Kerlite, pointe de Minard, le Questel et vers Beg Min Rouz (anse de Bréhec).

Personnalités liées à la commune

Notes et références

Voir aussi

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