Savants dont le nom est inscrit sur la tour Eiffel

72 noms inscrits sur la tour Eiffel de scientifiques, ingénieurs ou industriels qui ont honoré la France de 1789 à 1889 From Wikipedia, the free encyclopedia

Les savants dont le nom est inscrit sur la tour Eiffel sont 72 hommes, scientifiques, ingénieurs ou industriels, dont Gustave Eiffel a fait inscrire les noms sur la tour Eiffel à Paris. Ils ont été choisis parce qu'ils ont honoré la France de à , la tour Eiffel ayant été construite pour l'Exposition universelle de qui célébrait le centenaire de la Révolution française de .

Emplacement des noms sur la tour.

Plus d'un siècle plus tard, en , l'association Femmes et sciences publie une liste de 72 femmes dont les noms seront potentiellement ajoutés à la tour Eiffel en début d'année .

Description

Gros plan sur un des noms (Cauchy).

Ces 72 noms s'étalent sur la frise du premier étage de la tour Eiffel, à une hauteur de 65 m, à raison de 18 noms sur chacune des quatre faces. Chaque nom occupe l'espace entre deux poutrelles.

Ils sont inscrits en lettres capitales, dorées, en relief, de 60 cm de haut[1].

Seul le nom de famille apparaît, ce que retrace le tableau ci-dessous en y apportant des informations supplémentaires.

Histoire

Noms masculins ()

Inscription des noms sur la tour.

Le , lors d'une conférence devant la Société centrale du travail professionnel, Gustave Eiffel déclare[2] :

« Pour exprimer d'une manière frappante que le monument que j'élève sera placé sous l'invocation de la Science, j'ai décidé d'inscrire en lettres d'or sur la grande frise du premier étage et à la place d'honneur, les noms des plus grands savants qui ont honoré la France depuis jusqu'à nos jours. »

On sait peu de choses sur la manière dont les noms sont choisis par Eiffel. Le nombre retenu de 72 est le produit du hasard selon Georges Barral, fils du chimiste et agronome Jean-Augustin Barral et auteur d'un livre intitulé Le Panthéon scientifique de la tour Eiffel : Histoire des origines de la construction de la Tour publié en [3]. Il détaille la liste et le parcours de ces savants du XIXe siècle qui ornent l'édifice, comme ayant, pour certains, fait « des découvertes de génie », pour d'autres « créé des établissements, des institutions, exécuté des travaux ou inventé des machines ». Mais tous ont réalisé des travaux qui ont tous exercé « une action décisive sur la marche de la civilisation » et sont inscrits comme un « témoignage de la gratitude universelle ». Barral estime que par ces mentions, la « Tour de 300 mètres », ainsi qu'elle était nommée au départ, devient ainsi un « temple élevé aux auteurs des grandes découvertes scientifiques »[4].

L'espacement entre les poutrelles étant limité, tous les noms choisis ne comportent pas plus de 12 lettres. On sait que certains noms ont du être écartés en raison d'une terminologie trop longue ou trop compliquée comme Jean-Baptiste Boussingault, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Henri Milne-Edwards et Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau ou Charles et Henri Sainte-Claire Deville[1], ou trop vague comme Claude Bernard, dont le seul nom n'était pas explicite.

Les noms sont recouverts de peinture au début du XXe siècle avant d'être restaurés entre et par la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE).

Une exposition intitulée Les 72 savants de la tour Eiffel est inaugurée à la bibliothèque de l'institut Henri-Poincaré le , lors de la fête de la science, et dure jusqu'au , avec le soutien de la Société mathématique de France[5].

Noms féminins (-)

Genèse du projet

Mémoire sur l'emploi de l'épaisseur dans la théorie des surfaces élastiques (), qui a servi aux calculs permettant d'édifier la tour Eiffel[6], mais dont l'autrice Sophie Germain n'a pas eu son nom inscrit sur le tour.

Parmi les 72 savants inscrits en , on ne trouve aucune femme. Pourtant, dès , le professeur de mathématiques Alphonse Rebière[7] regrette que Sophie Germain, une des premières mathématiciennes françaises, n'y ait pas vu son nom sélectionné. Il fait en effet remarquer que pour concevoir la tour, les ingénieurs ont utilisé les travaux de cette théoricienne de l'élasticité, mais que le nom de cette « fille de génie » a été « oublié » parmi ceux qui y ont été inscrits[7]. Il est suivi au cours du XXe et du XXIe siècle par de nombreux autres auteurs qui, comme lui, déplorent l'absence du nom de Sophie Germain sur la tour Eiffel, ou plus généralement de nom féminin[8],[9].

Par la suite, dans les années 2020, apparaît l'idée d'inscrire une série de noms de femmes scientifiques sur la tour Eiffel, aux côtés de ceux des hommes. Elle émane de Benjamin Rigaud, aujourd'hui directeur artistique[10].

En , alors qu'il est guide touristique à la tour Eiffel, Benjamin Rigaud voit un jour une touriste lui demander où se trouve, parmi les 72 noms de savants inscrits sur la tour Eiffel, celui de Marie Curie[11]. Constatant en effet qu'aucune femme ne figure parmi ces noms, Rigaud se renseigne sur les femmes scientifiques remarquables et découvre une publication de , de l'association Femmes et sciences, intitulée 40 femmes scientifiques remarquables du XVIIIe siècle à nos jours[12]. Il constate également qu'au deuxième étage de la tour, quarante espaces sont vides, qui permettraient ainsi d'inscrire ces quarante noms de femmes scientifiques.

En , il crée avec l'association étudiante Défis Sorbonne et des chercheurs des trois facultés de Sorbonne Université le Comité Hypatie, du nom de la mathématicienne et philosophe d'Alexandrie, pour faire inscrire au deuxième étage de la tour Eiffel le nom de 40 femmes scientifiques éminentes[13]. Le projet « Hypatie pour la tour Eiffel » est annoncé le , un jour d'éclipse partielle de Soleil, dans la salle Cassini de l'Observatoire de Paris[14], lors d'une conférence « Les éclipsées : femmes scientifiques, la face cachée de l'histoire »[15].

Mise en œuvre

La Mairie de Paris s'intéresse au projet et la maire de Paris, Anne Hidalgo, souhaite créer une commission d'experts pour étudier la faisabilité du projet. L'association Femmes et sciences est mandatée pour consulter Sorbonne Université ainsi que des grands organismes de recherche comme le CNRS, l'Inserm, l'Inria. L'objectif est de mettre en valeur la place des femmes, de rétablir la parité, ainsi que de rendre les sciences plus attractives pour les jeunes filles[16].

Les noms des « Savantes de la tour Eiffel » sont choisies par la commission mandatée par la Ville de Paris (propriétaire du monument), l'association Femmes et sciences, par laquelle est passé Benjamin Rigaud, et la Société d'exploitation de la tour Eiffel[17]. L'architecte en chef Pierre-Antoine Gatier suggère alors à la commission d'inscrire 72 noms de femmes scientifiques et non plus 40, soit le même nombre que les hommes, et de les placer juste au-dessus de la frise des noms masculins et non à un autre étage. Cette décision revêt un caractère à la fois esthétique et symbolique, mettant les femmes scientifiques à parité avec leurs homologues masculins et à la même hauteur[11].

Une liste, non définitive, de 72 noms de femmes scientifiques est rendue publique en , en vue d'une inauguration en [18].

Cette liste est proposée sous réserve, avant acceptation définitive par la Maire de Paris, les Académies des Sciences, des Technologies et de Médecine ainsi que les ayants droit[19].

Liste des noms

Les 72 femmes scientifiques retenues dans cette liste[20] et pour lesquelles une courte biographie est disponible[19], sont, par ordre alphabétique :

(*) Scientifique listée dans l'ouvrage 40 femmes scientifiques remarquables du XVIIIe siècle à nos jours de l'association Femmes et sciences.

Faces

Liste

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Caractéristiques de la liste


Notes et références

Voir aussi

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