Bataille de Segré
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| Date | |
|---|---|
| Lieu | Segré |
| Issue | Victoire des chouans |
| • Prosper Turpin de Crissé • Mathurin Ménard • Joseph de Dieusie |
| 150 à 300 hommes[1],[2] | 3 000 hommes[2],[3] |
| ~ 150 morts[1],[2],[3],[4] | 5 morts au moins[2] |
Batailles
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| Coordonnées | 47° 41′ 14″ nord, 0° 52′ 15″ ouest | |
|---|---|---|
La bataille de Segré se déroule le lors de la Chouannerie. Elle s'achève par la victoire des chouans qui s'emparent de la ville de Segré.
Le , le conseil royaliste du Haut-Anjou décide de lancer une série d'attaques sur plusieurs petites villes de Loire-Inférieure et du Maine-et-Loire[5]. Le , les chouans assaillent Varades, Ancenis, Oudon et Ingrandes[5]. Varades résiste, mais Ancenis et Ingrandes sont investies[1],[5].
La division de Mathurin Ménard, dit Sans-Peur, se rassemble quant à elle à Marans le [2] et attaque Segré le 21[5].
Sources
Du côté des chouans, le général Louis d'Andigné ne fait qu'une brève mention des événements dans ses mémoires[Note 1]. Un compte rendu plus précis est laissé dans un cahier rédigé anonymement par un prêtre au début du XIXe siècle et publié en 1898 par l'historien Arthur du Chêne[Note 2].
Deux récits détaillés de l'attaque sont laissés par les administrateurs républicains. Le premier est un procès-verbal rédigé par le district, la municipalité et le juge de paix de Segré au lendemain des combats[Note 3]. Le second est une lettre adressée le au Comité de salut public par le commissaire du gouvernement Esprit-Benjamin Bancelin[Note 4].
Présent à Segré au moment de l'attaque, Bancelin affirme par la suite être parvenu à se cacher et à s'enfuir de la ville[2],[Note 5]. L'abbé anonyme donne une autre version et écrit « qu'on prit à Segré le patriote Bancelin ; on lui fit grâce à la prière de M. Charron, curé de Sainte-Gemmes »[2]. À son arrivée à Angers, Bancelin est dénoncé comme « terroriste » par des patriotes de Segré et est un temps incarcéré[2].
Forces en présence
L'attaque sur Segré est menée par Prosper Turpin de Crissé, Mathurin Ménard et Joseph de Dieusie[2],[5],[6]. Selon le commissaire Bancelin, 3 000 chouans prennent part à l'assaut[1],[3]. D'après le procès verbal des administrateurs de la ville, ils alignent un « nombre infini [...] qu'on n'a pu déterminer »[4].
La garnison républicaine est quant à elle forte de 150 hommes selon le commissaire Bancelin[1] et d'au moins 300 hommes d'après l'abbé anonyme[2].
Déroulement

L'attaque débute le vers 7 ou 8 heures du matin[4],[1]. Les chouans encerclent Segré et envoient des détachements garder toutes les routes[4]. Ils entrent dans la ville sur deux points[2] : d'abord au nord par la route de Craon et Château-Gontier, puis à l'est par le pont de la Verzée, sur la route du Lion-d'Angers[4]. Tous les postes et avant-postes sont rapidement pris[4] et la garnison n'oppose guère de résistance près du siège du district[2],[4].
Les soldats et plusieurs habitants se rassemblent alors à l'extrémité de la ville et battent en retraite par la route du Lion-d'Angers[4],[1]. Cependant, ils tombent dans une embuscade près du château de la Lorie, non loin du bourg de La Chapelle-sur-Oudon[1],[3],[2],[4]. La tête de la colonne républicaine est alors attaquée par 400 chouans[1], menés par Pierre Houlbert, dit Monte-à-l'assaut[2], tandis que l'arrière-garde est rejointe par 50 cavaliers[1] et d'autres chouans lancés à sa poursuite[2]. Les républicains subissent de lourdes pertes lors de ce combat[1],[3],[2],[4] et se dispersent dans les campagnes[2].
En revanche, un autre groupe de 25 à 35 soldats républicains se retranche dans la caserne de Haute-Bise[1],[3],[2],[4], près de l'église Sainte-Madeleine, sur le coteau de la rive gauche de l'Oudon[2]. Sur ce point, les républicains soutiennent une longue fusillade[4],[2] et résistent quatre[4] à sept[1] heures. Vers quatre heures du soir[4], les chouans, incapables de déloger les assiégés, finissent par renoncer et se retirent[1],[2],[4]. Les républicains en profitent alors pour évacuer la ville et parviennent à fuir sur Le Lion-d'Angers[1],[2]. Les chouans reviennent à Haute-Bise vers 6 heures du soir et mettent le feu à la caserne[4].
Pendant ce temps, les chouans restent maîtres de la ville et saisissent toutes les armes et vivres disponibles[4]. Après avoir désarmé les habitants et pillé les bureaux et les casernes[4], ils emportent 200[1] à 300[4] fusils, 3 000 à 4 000 cartouches[1], des sabres, des pistolets, 23 bœufs et une vache, les chevaux de la gendarmerie et de différents citoyens et cinq barriques d'eau-de-vie[4]. À 5 heures du soir, des cavaliers chouans reviennent dans la ville avec des charrettes qu'ils utilisent pour emmener des farines, des avoines et des draps[4]. Le secrétariat et les bureaux de l'administration sont également saccagés et pillés au cours de la journée[4]. Plusieurs registres sont brûlés ou lacérés[4],[2] et 700 000 livres en assignats sont emportés[4].
Au cours de la nuit, des patrouilles de chouans entrent encore dans la ville et parcourent ses environs[4].