Béarn (AOC)

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Désignation(s)Béarn
Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1951 (VDQS) et 1975 (AOC)
PaysDrapeau de la France France
Béarn
Image illustrative de l’article Béarn (AOC)
Vignoble du Béarn à Monein.

Désignation(s) Béarn
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1951 (VDQS) et 1975 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) piémont pyrénéen (Béarn)
Localisation Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et Gers
Climat océanique
Sol argilo-graveleux, argilo-sableux et argilo-gréseux
Superficie plantée 200 hectares (moyenne 2022-2024)[1]
Nombre de domaines viticoles 2 coopératives et 28 vignerons indépendants
Cépages dominants tannat N[note 1], cabernet franc N et cabernet sauvignon N
Vins produits rouges, rosés et blancs
Production 8 000 hectolitres (moyenne 2022-2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 41 hl/ha en rouge et 46 en rosé[1]

Un béarn[note 2] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit en rouge, rosé et blanc sur trois départements : les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et le Gers et sur deux régions :la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie. Il fait partie des vignobles du Sud-Ouest.

Il accède au status d'AOC par le décret du [3]. Les vins rouges et rosés ont pour cépages principaux le cabernet franc, le cabernet sauvignon et le tannat[2]. Les vins blancs ont pour cépages principaux le gros manseng, le petit manseng et le raffiat de Moncade[2]. La superficie exploitée sous l'appellation est d'un peu moins de 200 ha (moyenne 2022-2024)[1], les vins rouges et les vins rosés se partageant la production à part presque égales (moyenne 2022-2024)[1], la production de vins blancs étant anecdotique.

L'AOC béarn est une appellation régionale au vignoble discontinu, fonctionnant comme une appellation générique qui englobe géographiquement les aires de production du jurançon, du madiran et du pacherenc-du-vic-bilh, ainsi que le terroir spécifique de Bellocq, dans lequel seul l'AOC béarn peut être revendiquée.

Étymologie

Ce fut lors de la colonisation romaine que fut planté un vignoble sur les coteaux entre Salies-de-Béarn et le village de Bellocq[4]. Gaston VII de Moncade, vicomte de Béarn, fit élever une forteresse à Bellocq. Celle-ci permit la construction d'une bastide. Les nouveaux habitants contribuèrent au développement du vignoble. Celui-ci étant traversé par le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, les pèlerins en route vers la Galice ou de retour du pèlerinage popularisèrent le vin béarnais hors des frontières régionales[5].

Jeanne d'Albret, mère de Henri IV, qui était ici sur ses terres, appréciait particulièrement le vin du Béarn[5]. Au XVIIe siècle, les protestants béarnais, exilés en Hollande ou en Angleterre, organisèrent le négoce de leurs vins vers l’Europe du Nord[4].

La cave coopérative de Bellocq est créée en 1944, puis celle de Gan en 1949 et celle de Crouseilles en 1950. Une première aire d'appellation est défini par les jugements du tribunal civil d’Orthez des et , plus restreinte qu'actuellement (communes de Salies-de-Béarn, Lahontan, Hôpital-d'Orion, Cafitagnede, Berenx, Oraas et Bellocq). Par l'arrêté du , l'appellation d'origine « Béarn » (le rouge n'a alors droit qu'au tannat), « Rosé du Béarn » et « Rousselet de Béarn » (un blanc portant l'ancien nom du raffiat de Moncade) est reconnue comme ayant droit au label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS)[6]. En , l'aire d'appellation (« Vin du Béarn » ou « Béarn », qui peuvent être complétés par « Rosé » ou « Rousselet ») est largement étendue, de même que la liste des cépages autorisés[7].

Ce vin est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du sous le nom unique « Béarn »[3]. À partir de 1990 la dénomination géographique complémentaire « béarn-bellocq » est attribuée aux vins récoltés sur les communes de Bellocq, Lahontan, Orthez et Salies-de-Béarn[8]. Cette dénomination n'existe plus, n'étant pas reprise dans le décret de 2011. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [9], en [10] et en [2].

Le béarn tire son nom de l'ancienne province du Béarn où il est produit. Le Béarn quant à lui est ainsi nommé d'après le peuple des Bénéharnais, qui occupait le site pendant l'Antiquité.

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

L'aire d'appellation concerne un total de 82 communes, réparties sur les départements des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées et du Gers :

L'aire géographique de l'AOC béarn est vaste et discontinue. Le vignoble s'articule autour de trois zones distinctes :

  • au nord, la zone du Vic-Bilh qui inclut les aires (identiques) des AOC madiran (vins rouges) et pacherenc-du vic-bilh (vins blancs). En pratique, sur ce terroir, l'appellation béarn est essentiellement utilisée pour la production de vins rosés, les rouges et blancs étant prioritairement revendiqués sous les deux autres appellations ;
  • au sud-est, la zone du Jurançonnais qui correspond à l'aire de l'AOC jurançon. En pratique, sur ce terroir, l'appellation béarn est principalement utilisée pour les vins rouges et rosés, les vins blancs étant revendiqués sous l'appellation jurançon ;
  • à l'ouest, la zone de Bellocq, où seule l'appellation béarn peut être revendiquée en AOC, en trois couleurs (rouge, rosé et blanc), sans superposition avec une autre AOC de zone.

Orographie et géologie

Vignoble de Viella en coteaux.

Ce vignoble occupe les terrasses des gaves et les collines pré-pyrénéennes sur les aires d'appellation du jurançon et du madiran.

Le terroir est essentiellement composé de sols argilo-sableux, datant du quaternaire ancien, sur un substrat argilo-gréseux, remontant au pliocène. Autour de Bellocq, il s'agit de terrasses du gave de Pau et de collines graveleuses. Ce sol très filtrant permet d'évacuer l'excédant d'eau. Sa fertilité médiocre limite bien les rendements. À Jurançon, il s'agit de poudingues, flysch et nappes à graviers, tous formés de débris de roche arrachés aux Pyrénées et transporté là par les gaves. À Madiran, il s'agit de molasses à banc calcaire, de nappes à galets et de boulbènes. Ce sont des roches sédimentaires plus ou moins dégradées, issues de l'érection des Pyrénées.

Climatologie

Climat océanique tempéré avec des automnes ensoleillés aux températures élevées (été indien)[11]. La proximité des Pyrénées influe sur le climat local (arrêt des masses nuageuses et effet de foehn). La pluviométrie varie de 1 300 mm à Salies-de-Béarn à 1 000 mm à Madiran. Cette quantité d'eau justifie le choix de terrains bien drainants. La station météorologique de Pau-Uzein (sur l'aéroport de Pau-Pyrénées, à 183 mètres d'altitude : 43° 23′ 05″ N, 0° 24′ 58″ O)[12] est représentative de l'aire d'appellation.

Relevés à Pau-Uzein de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température maximale moyenne (°C) 11,2 12,3 15,5 17,5 21 24,1 25,9 26,5 23,9 20,1 14,5 12 18,7
Température moyenne (°C) 6,8 7,4 10,3 12,5 16 19,1 20,9 21,1 18,3 15 10 7,5 13,7
Température minimale moyenne (°C) 2,4 2,5 5 7,4 11 14,1 15,8 15,7 12,8 9,8 5,5 3 8,8
Nombre de jours avec gel 8,7 7,4 2,6 0,3 0 0 0 0 0 0,2 2,7 7 28,9
Précipitations (mm) 101,8 82,8 85,7 106,4 104,2 85,7 64,1 64,7 76,8 91,5 132 98,1 1 093,8
Nombre de jours avec neige 1,2 2 0,8 0,1 0 0 0 0 0 0 0,2 0,7 5
Ensoleillement (h) 100,6 121,6 163,7 167 186,4 196,2 213,2 210,9 193 150,3 107,4 99,4 1 909,7
11,2
2,4
101,8
J
12,3
2,5
82,8
F
15,5
5
85,7
M
17,5
7,4
106,4
A
21
11
104,2
M
24,1
14,1
85,7
J
25,9
15,8
64,1
J
26,5
15,7
64,7
A
23,9
12,8
76,8
S
20,1
9,8
91,5
O
14,5
5,5
132
N
12
3
98,1
D
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

L'encépagement est fixé par le cahier des charges de l’appellation[2]. Pour les vins blancs :

Pour les vins rouges et rosés[2] :

  • les cépages principaux (représentant au moins 80 % de l'encépagement des vins rouges) sont le cabernet franc N (connu sous le nom de « bouchy » en Béarn), le cabernet sauvignon N et le tannat N, ce dernier devant représenter au moins 50 % de l'encépagement des vins rouges et 20% des vins rosés ;
  • les cépages accessoires sont le courbu noir N, le fer N (ou fer servadou, connu sous le nom de « pinenc » en Béarn) et le manseng N (manseng noir), devant représenter au plus 30 % de l'encépagement des vins rosés ;

Ces obligations ne s’appliquent pas aux opérateurs producteurs de raisins ne vinifiant pas leur production, exploitant moins de 1,5 hectare en appellation d’origine contrôlée et dont l’exploitation respecte une proportion de cépages principaux supérieure ou égale à 50 % de l’encépagement.

L'encépagement est très ancien et très varié. Le raffiat de Moncade n'est guère cultivé qu'à Bellocq et en collection. Les petit et gros mansengs ont été redécouverts depuis les années 1960 et 1970. Ils sont encore beaucoup plantés dans toute la Gascogne. Le pinenc, le lauzet et le camaralet de Lasseube (0,26 ha en 2000) sont rarissimes, tandis que le sauvignon blanc les a remplacés. D'après Guy Lavignac[14]cette région avait son encépagement propre depuis des siècles : bouchy, fer, manseng noir, courbu et probablement d'autres encore non repris dans l'appellation. Au XVIIIe siècle, le tannat a été introduit ; il pourrait s'agir d'un métis de côt N et d'un cépage pyrénéen. Lors de la reconstitution du vignoble après le phylloxéra, le cabernet sauvignon a été importé de Bordeaux. Les cépages courbu et manseng noir ne sont plus que des reliques du passé. Ils sont néanmoins conservés dans le conservatoire des cépages.

Rendements

Le rendement visé est fixé à 50 hectolitres par hectare, avec un rendement butoir de 60 hl/ha, des règles particulières s'appliquant aux vignes implantées en terrasse[2].

Méthodes culturales

Le vignoble est cultivé en hautains, selon la méthode régionale[15], les vignes devant présenter une densité de plantation de 4 000 pieds par hectare, avec un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres et elles sont taillées en Guyot simple ou en Guyot double avec un maximum de 12 à 20 yeux francs par pied selon les cépages[2].

Richesse en sucre et titre alcoométrique

La richesse minimale en sucre des raisins à la récolte est fixée à 180 g/l de moût pour le cépage cabernet-sauvignon N et à 180 g/l pour les autres cépages. Les vins présentent un titre alcoométrique volumique naturel minimum de 11 %. Après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total ne dépasse pas 13,5 %[2].

Vins

Volumes

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[1] :

Année béarn rouge béarn rosé
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
2022923 76841934 21345
2023923 77941904 16346
2024942 70229844 16749

Les volumes et surfaces de production des vins blancs sous l'appellation béarn sont trop petits que pour être publiées ; les vins blancs produits dans l'aire d'appellation étant préférentiellement commercialisés sont les appellations pacherenc-du vic-bilh ou jurançon, au sein de leurs aires d'appellation respectives.

Structure des exploitations

La production est assurée par deux caves coopératives et vingt-huit caves indépendantes[16].

Gastronomie

Béarn AOC - cuvée Poule au Pot rosé.

Le rouge dégage au nez des notes de fruits noirs (myrtille, cerise, cassis). Il se consomme entre deux et cinq ans. Traditionnellement il est servi sur des viandes grillées ou en sauce, volailles, confits, magrets, gibiers et fromages à croûte fleurie[16].

Le rosé aux arômes de petits fruits rouges se consomme dans l'année. Traditionnellement il accompagne les charcuteries, salades composées et grillades[16].

Les blancs secs sont connus sous le nom de « rousselet de Béarn »[15]. Le blanc moelleux ou sec est plus confidentiel. Moelleux, il se révèle sur du foie gras, des fromages à pâte persillées et les desserts. Sec, il peut se servir de 8 à 10 °C en apéritif ou avec les hors-d’œuvre, les poissons et les crustacés[17].

Économie

Notes et références

Voir aussi

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