Fort d'Aiton

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Type d'ouvragefort à crête unique
Dates de constructionde 1875 à 1880
Ceinture fortifiéeplace de Chamousset
Utilisationouvrage d'interdiction d'un barrage de vallée
Fort d'Aiton
Vue générale du fort.
Vue générale du fort.
Description
Type d'ouvrage fort à crête unique
Dates de construction de 1875 à 1880
Ceinture fortifiée place de Chamousset
Utilisation ouvrage d'interdiction d'un barrage de vallée
Utilisation actuelle mairie
Propriété actuelle commune d'Aiton
Garnison 351 hommes
Armement de rempart 13 canons et 2 mortiers
Armement de flanquement 1 pièce
Organe cuirassé néant
Modernisation béton spécial non réalisée
Programme 1900
Dates de restructuration non réalisée
Tourelles -
Casemate de Bourges -
Observatoire -
Garnison ?
Programme complémentaire 1908 non réalisé
Coordonnées 45° 33′ 35″ nord, 6° 15′ 16″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Fort d'Aiton
Géolocalisation sur la carte : Savoie (département)
(Voir situation sur carte : Savoie (département))
Fort d'Aiton
L’entrée du fort d'Aiton.

Le fort d'Aiton est un ouvrage fortifié alpin, situé en France à l'est-nord-est de la commune d'Aiton, se situant à 390 mètres d'altitude, dans le département de la Savoie.

Le fort fait partie de la « place de Chamousset » (ou secteur de Chamousset), cette dernière regroupant les fortifications construites sur les hauteurs commandant la confluence de l'Isère et de l'Arc : au nord-est, sur un contrefort du massif de la Lauzière, se sont successivement le fort d'Aiton (à 391 mètres d'altitude), la batterie de Tête Noire (à 524 m : 45° 33′ 58″ N, 6° 15′ 58″ E), la batterie de Frais Pertuis (à 684 m : 45° 34′ 11″ N, 6° 16′ 31″ E), le fort de Montperché (983 m : 45° 34′ 22″ N, 6° 17′ 32″ E) et le blockhaus du Crépa (1 169 m : 45° 34′ 27″ N, 6° 19′ 01″ E). En face, à l'extrémité septentrionale de la chaîne de Belledonne, prend place le fort de Montgilbert (1 370 m : 45° 31′ 13″ N, 6° 15′ 43″ E) et ses batteries annexes du Foyatiet, de Sainte-Lucie, de la Tête Lasse, de Roquebrune et des Plachaux, placées sur la crête des Hurtières pour pouvoir tirer sur la vallée et sur le col du Grand Cucheron[1].

Un tel barrage s'explique car c'est le carrefour entre la Combe de Savoie et la Maurienne : d'une part la route nationale 90 (l'actuelle D1090) mène à Albertville puis Bourg-Saint-Maurice, grimpant jusqu'au col du Petit-Saint-Bernard, d'autre part la nationale 6 (actuelle D1006) permet de rejoindre Modane puis monte au col du Mont-Cenis, longée par la voie ferrée prenant le tunnel du Fréjus[2].

Histoire

Le fort a été construit à l'emplacement des ruines d'un palais épiscopal.

Il a été déclassé en 1984, puis a été acquis par la commune en 1986. Il a été réaménagé : des logements ont été construits sur le casernement ainsi qu'un restaurant panoramique, et la mairie a été installée sur l'emprise[3].

Après les Accords d'Évian, les détenus du bagne de Tinfouchy sont transférés à Aiton[4]. En , venue du sud de Colomb-Béchar (Algérie), la compagnie spéciale des troupes métropolitaines (CSTM) s’installe au fort d’Aiton. Elle doit y recevoir des hommes du rang qui « par des fautes réitérées contre le devoir militaire ou pour leur mauvaise conduite persistante, compromettent la discipline et sont une menace pour la valeur morale des autres personnels[5]. » Ces militaires subissent des mauvais traitements dont la presse se fait l’écho[6]. Michel Tachon recueille des témoignages sur l'unité disciplinaire, les publie dans la Lettre des objecteurs[7],[8] et suscite des articles notamment dans Le Nouvel observateur[9], Le Canard enchaîné[10], L'Express Rhône-Alpes et La Vie lyonnaise[11]. Le , Le Progrès de Lyon révèle que des détenus tentent de suicider, se mutilent ou avalent des objets métalliques pour se soustraire aux harcèlements physiques et mentaux du fort. Opérés à l'hôpital militaire Desgenettes, à Lyon, ils sont condamnés pour mutilation volontaire, incarcérés à la prison Montluc puis renvoyés à Aiton[12]. Une campagne de dénonciation des sévices alerte l’opinion. Elle est répercutée par des personnalités, dont Michel Rocard[13] et Yves Le Foll[14] à l’Assemblée nationale et René Dumont au cours de sa campagne de candidat à l'élection présidentielle française de 1974[15], et obtient quelques améliorations au fort d'Aiton[16] avant sa fermeture en 1972[17],[18]. En , un dossier de 32 pages sur le sujet est édité par le Groupe d'action et de résistance à la militarisation (Garm). Il est actualisé et complété quelques mois plus tard par André Ruff, Gérard Simonnet et Michel Tachon dans Les Bagnes de l’armée française[19].

En 1972, après la dissolution de la Compagnie spéciale des troupes métropolitaines d'Aiton et de la 3e Compagnie d'infanterie légère d'Afrique (CILA) de Djibouti, la dernière section spéciale de discipline de l’armée française est, jusqu'en 1976, la Section d'épreuve de la Légion étrangère, basée à Corte, en Corse, où les mêmes mauvais traitements sont appliqués aux disciplinaires[20],[21],[22].

Description

Voir aussi

Références

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