Parti breton
parti politique français
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Le Parti breton (en breton : Strollad Breizh, abrégé en PB) est un parti politique fondé en 2003. Il se revendique nationaliste breton et défend l'autonomie de la Bretagne (incluant la Loire-Atlantique) au sein de l'Union européenne.
Gildas Perrot
| Parti Breton (br) Strollad Breizh | |
| Présentation | |
|---|---|
| Président | Mathieu Guihard |
| Fondation | 2003 |
| Siège | Rennes, Ille-et-Vilaine |
| Vice-présidents | Maëlig Tredan, Gildas Perrot |
| Secrétaire National | Yannis Bizien |
| Positionnement | Centre[1],[2] (centre gauche[3] à centre droit[4],[5]) |
| Idéologie | Nationalisme breton Autonomisme Fédéralisme européen Europhilie |
| Couleurs | Bleu turquoise |
| Site web | partibreton.bzh |
Positionné au centre de l'échiquier politique (avec des sensibilités allant du centre-gauche au centre-droit), le parti milite pour un renforcement des compétences de la région Bretagne dans le cadre de la décentralisation, ainsi que pour la reconnaissance institutionnelle du peuple breton et de son identité culturelle.
Historique
Fondation et premières années (2000-2005)
Le Parti Breton émerge des cendres du Parti pour l'organisation d'une Bretagne libre (POBL), jugé moribond au début des années 2000[1]. Les statuts sont déposés en juillet 2000 à la préfecture de Nantes par les frères Lionel et Lucien Divard (anciens militants du Parti radical de gauche)[4]. Lionel Divard devient le premier président[6].
Le congrès fondateur se tient le à Rennes, rassemblant environ 200 militants[7]. Le parti se définit comme nationaliste (inspiré du SNP écossais et de Plaid Cymru), démocrate, écologiste et fédéraliste européen[PPN 1],[1]. À l’issue de ce congrès, les membres présents élisent le premier bureau exécutif. Le mouvement lance également son journal interne, Unité Bretonne, en [2].
Les membres du premier bureau exécutif élu sont :
- Lionel Divard, ancien adjoint Parti radical de gauche au maire de Nantes[8]
- Jean-Paul Moisan, vice-président, ancien Parti socialiste[9] ;
- Gérard Olliéric, vice-président, ancien Rassemblement pour la République[10] ;
- Jakez Arnol-Stephan, secrétaire général[7].
Les premières participations électorales sont modestes : aux cantonales de 2004, le parti présente deux candidats, marquant ainsi son premier scrutin électoral depuis le congrès fondateur[5].
En 2005, le parti soutient massivement le « oui » au référendum sur le traité constitutionnel européen (80 % des militants)[11].
Développement et premières implantations (2006-2008)
Gérard Olliéric succède à la présidence en 2006[10].
Aux elections présidentielles de 2007, le parti soutien officiellement la candidature de Ségolène Royal[12].
Aux municipales de 2008, il obtient ses premiers élus locaux[13].
Alliances locales et rapprochement avec Christian Troadec (2009-2014)
Aux élections européennes de 2009 le Parti breton présente une liste autonome La Voix de la Bretagne en Europe[INA 1]. Celle-ci recueille 32 800 voix soit 1,31 % des suffrages de la circonscription Ouest[14],[15].
Aux élections régionales de 2010 le Parti breton propose à l'Union démocratique bretonne (UDB) une alliance qui est refusée. Son Conseil national décide alors à une large majorité une alliance avec la liste "Nous te ferons Bretagne"[16]. La liste fait 4.29%[17],[18], après l'impossibilité de se maintenir au second tour de la liste "Nous te ferons Bretagne" conduite par Christian Troadec, le Parti breton décide de ne pas donner de consigne de vote. Christian Troadec appelle à voter pour la liste Europe Écologie[PPN 2]
Yves Pelle prend la présidence du parti en 2010, succédant à Gérard Olliéric[10].
Aux élections cantonales des 20 et 27 mars 2011, des accords locaux sont conclus entre le Parti breton et le MoDem en Loire-Atlantique, permettant des soutiens mutuels et l'apparition du logo du Parti breton sur certaines professions de foi[PPN 3].
Le Parti breton a présenté 2 candidats aux élections législatives de 2012[10]. Son score global sur l'ensemble de ces deux circonscriptions est de 1,08 %[19],[20].
En 2013, le Parti Breton a activement soutenu le mouvement des Bonnets rouges[21].
Lors des élections européennes de 2014, le Parti Breton annonce initialement en octobre 2013 son intention de présenter une liste autonome[PPN 4]. À cette occasion, le parti publie un « appel solennel aux Bretons » dénonçant la crise économique et appelant à la construction d'une « nouvelle Bretagne » par l'affirmation d'un « pouvoir breton » indépendant des partis hexagonaux[PPN 5]. Finalement, il participe à une alliance en présentant plusieurs candidats sur la liste « Nous te ferons Europe ! », menée par Christian Troadec et construite avec le Mouvement Bretagne et progrès, Breizh Europa et d'autres partenaires[22]. Elle recueille 83 000 voix soit 3,05 % dans la circonscription Ouest[23].
Dispersion, recomposition et ancrage centriste (2015-2021)
Lors des élections régionales de 2015, le Parti breton soutient la liste « Notre chance, l'indépendance » conduite par Bertrand Deléon[24]. Celle-ci est concurrencée par une autre liste indépendantiste, présentée par Breizhistance alliée avec le NPA et par une liste régionaliste à tendance autonomiste, soutenue par l'Union démocratique bretonne et le Mouvement Bretagne et progrès[25]. Cette élection marque la dissociation entre le Parti breton et le mouvement de Christian Troadec qui étaient parvenus à s'entendre lors de précédents scrutins[UB 1]. La liste soutenue par le Parti breton arrive finalement en dernière position avec 0,54 % des suffrages exprimés pour un total de 6 521 voix[24]. Aucune consigne de vote n'est donnée pour le deuxième tour.
Dans la perspective des législatives de 2017, le Parti breton s'allie à différentes petites formations politiques citoyennes, écologistes et régionalistes au sein du « Mouvement 100 % »[PPN 6].
Le mouvement 100%BZH (branche bretonne du « Mouvement 100% ») obtient sur l'ensemble de la Bretagne historique 13 009 voix soit environ 0,7 % des suffrages exprimés[26].
En tout 9 des 31 candidats dépasseront les 1 % des suffrages exprimés dans leur circonscription.
Depuis 2020, Mathieu Guihard assure la présidence du Parti breton[PPN 1].
Aux élections régionales de 2021, le Parti breton présente la liste "Bretagne Responsable" et investit Joannic Martin, pour mener la campagne des élections régionales[27].
Un premier sondage du 7 mai 2021 commandé par Le Télégramme et réalisé par l'institut Odoxa place la liste à 5 % d'intention de votes au premier tour[28]. Un second sondage Ipsos effectué la semaine du 3 Juin place la liste à 0,5% des attentions de vote[29].
Le Parti breton obtient 1,55% des votes et arrive 9ème sur 13 dans une élection fortement marquée par l'abstention[30],[PPN 7].
Fédération des Pays Unis et défis électoraux contemporains (depuis 2022)
Le 15 Janvier 2022 est lancée "La Fédération des Pays Unis", une alliance visant à fédérer divers partis régionalistes, autonomistes ou nationalistes, dont les cinq membres fondateurs sont le Parti Breton, Bastir Occitanie, le Parti Lorrain, le Parti Nationaliste Basque (ENJ-PNB) et Prouvènco Nacioun[PPN 8]. D'autres mouvements/partis y adhèrent par la suite, comme le Parti de la nation occitane[PPR 1].
La création de cette fédération (liée notamment à un véto de l'Union démocratique bretonne s'opposant à l'entrée du Parti Breton dans la fédération Régions et peuples solidaires[31]), ouvre la possibilité d'accéder aux subventions publiques, les partis devant obtenir 1 % des voix dans au moins 50 circonscriptions lors des Législatives. Techniquement impossible pour les petits partis régionalistes, la Bretagne historique ne comptant, par exemple, que 37 circonscriptions[PPN 8].

Le Parti breton est ainsi en mesure de présenter 34 candidatures aux législatives dont 32 dans des circonscriptions bretonnes et deux à l'étranger[PPN 9].
Les résultats annoncent alors 15 205 voix sur l'ensemble des 5 départements et des circonscriptions de l'étranger.
Aux élections européennes de 2024, le Parti breton rejoint la liste « L'Écologie au centre » menée par Jean-Marc Governatori, une coalition écologiste indépendante intégrant plusieurs partis régionalistes affiliés à la Fédération des Pays Unis[32].
La liste obtient des scores modestes au niveau national (inférieurs à 2 %) et ne dépasse pas le seuil de remboursement des frais de campagne, dans un contexte plus large de recul marqué de l'écologisme politique en France. En Bretagne historique, les résultats varient entre 1,26 % et 1,64 % selon les départements[33].
Les élections législatives françaises de 2024 ont été déclenchées par la dissolution de l'Assemblée nationale annoncée par Emmanuel Macron le 9 juin 2024[PPN 10], ce qui a surpris les petits partis qui ont dû mener une campagne moins préparée que prévu[PPN 11]. Ce fut le cas pour le Parti breton, qui a présenté 13 candidats (dont un à Paris) contre 34 lors des élections précédentes. Le Parti breton a obtenu 12 808 voix[34].
Une candidate du Parti breton dans la 7e circonscription du Finistère, Aela Malet (1,86 % des voix), a été déclarée inéligible pour trois ans par le Conseil constitutionnel, pour non-dépôt de son compte de campagne[35],[PPR 2].
Programme
Le slogan du Parti breton est : « Pour une Bretagne émancipée, écologique, solidaire et entreprenante »[4].
Son objectif est de doter la Bretagne (soit 5 départements, la région Bretagne plus la Loire-Atlantique) des institutions nécessaires pour son développement économique, social, culturel, environnemental et politique[36]. Il s'inscrit dans le mouvement d'émancipation des nations d'Europe occidentale comme l'Irlande, l’Écosse ou la Catalogne[37]. Ses sensibilités vont de la social-démocratie à la démocratie sociale libérale, concepts répandus dans de nombreux pays de l'Union européenne[PPN 1],[1],[36].
Le parti défend l’idée que la Bretagne constitue une nation et, à ce titre, revendique des droits à la liberté dans un cadre européen, le Parti breton revendique la création à terme d'un État breton membre à part entière de l'Union européenne, et d'institutions bretonnes reconnues sur la scène européenne et internationale[1],[4],[2]. Le parti défend une vision d’une Europe des régions[11].
Les Jeunes Bretons / Ar Vretoned Yaouank
Le Parti Breton a lancé une fédération jeunes, connue sous le nom d'Ar Vretoned Yaouank (les Jeunes Bretons)[38].
Résultats électoraux
Élections cantonales
| Canton | Candidat | Voix | % |
|---|---|---|---|
| La Baule (Loire-Atlantique) | Yves Koziel | 268 | 2,06 |
| Rennes-Sud-Est (Ille-et-Vilaine) | Gérard Guillemot | 337 | 3,00 |
| Canton | Candidat | Voix | % |
|---|---|---|---|
| Ploudalmézeau | Reun L'Hostis | 351 | 5,53 |
| Blain | Jacky Flippot | 284 | 5,17 |
| Lorient-Nord | Hervé Le Gwenn | 138 | 2,93 |
| Rennes-Sud-Est | Gérard Guillemot | 281 | 2,84 |
| Rosporden | Denis Madeleine-Nicot | 116 | 2,72 |
| Rennes-Centre-Ouest | Sébastien Girard | 107 | 2,45 |
| Lannilis | Pierre Le Roux | 133 | 2,18 |
| Saint-Malo-Sud | Emmanuel Letoffe | 142 | 1,97 |
| Rennes-Nord | Thierry Salaün | 84 | 1,66 |
| Fouesnant | Patrick Laurent | 134 | 1,33 |
Élections législatives
| [26] | 2007 | 2012 | 2017 | 2022 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|
| Côtes-d'Armor (22) | |||||
| 1re circ. | Ø | Ø | 0,81 | 0,76 | 0,84 |
| 2e circ. | Ø | 1,19 | 0,78 | 0,94 | 1,12 |
| 3e circ. | Ø | Ø | Ø | 0,92 | 0,70 |
| 4e circ. | Ø | Ø | 0,87 | 0,66 | Ø |
| 5e circ. | Ø | Ø | 0,66 | 0,60 | Ø |
| Finistère (29) | |||||
| 1re circ. | Ø | Ø | Ø | 1,20 | Ø |
| 2e circ. | Ø | Ø | 0,76 | 0,55 | Ø |
| 3e circ. | Ø | Ø | 1,59 | 1,58 | Ø |
| 4e circ. | Ø | Ø | 0,58 | Ø | Ø |
| 5e circ. | Ø | Ø | Ø | 0,75 | Ø |
| 6e circ. | Ø | Ø | Ø | 0,87 | Ø |
| 7e circ. | Ø | Ø | Ø | 0,78 | 1,86 |
| 8e circ. | Ø | Ø | Ø | 1,81 | Ø |
| Ille-et-Vilaine (35) | |||||
| 1re circ. | 0,57 | Ø | 0,50 | 0,56 | 1,32 |
| 2e circ. | Ø | Ø | 0,57 | 0,69 | Ø |
| 3e circ. | Ø | Ø | 1,03 | 1,26 | 1,69 |
| 4e circ. | 1,27 | Ø | 1,09 | 0,98 | Ø |
| 5e circ. | 0,89 | Ø | 0,64 | Ø | Ø |
| 6e circ. | Ø | Ø | 1,25 | 0,71 | Ø |
| 7e circ. | Ø | Ø | 0,58 | 0,56 | Ø |
| 8e circ. | Ø | Ø | 0,36 | 0,55 | 1,13 |
| Loire-Atlantique (44) | |||||
| 1re circ. | Ø | Ø | 0,39 | Ø | Ø |
| 2e circ. | Ø | Ø | 0,37 | Ø | Ø |
| 3e circ. | Ø | Ø | 0,64 | 1,89 | 2,88 |
| 4e circ. | Ø | Ø | 0,39 | Ø | Ø |
| 5e circ. | Ø | Ø | 0,68 | 0,96 | Ø |
| 6e circ. | Ø | Ø | 1,30 | 0,95 | Ø |
| 7e circ. | Ø | Ø | 1,14 | 1,15 | Ø |
| 8e circ. | Ø | Ø | 0,72 | 0,66 | Ø |
| 9e circ. | Ø | Ø | 0,59 | 0,76 | 1,22 |
| 10e circ. | Ø | Ø | Ø | 0,76 | Ø |
| Morbihan (56) | |||||
| 1re circ. | Ø | Ø | 0,69 | 1,39 | 1,28 |
| 2e circ. | Ø | Ø | 1,50 | 0,96 | 1,95 |
| 3e circ. | Ø | Ø | 1,11 | 1,01 | 1,57 |
| 4e circ. | Ø | Ø | Ø | 0,31 | Ø |
| 5e circ. | 1,44 | Ø | Ø | 0,61 | Ø |
| 6e circ. | Ø | 1,03 | 1,35 | 1,12 | Ø |
| Total Bretagne | |||||
| Nombre de candidats | 4 | 2 | 28 | 32 | 12 |
| Nombre de voix | 2 445 | 1 274 | 13 009 | 15 205 | 12 574 |
| Moyenne | 1,04 % | 1,11 % | 0,82 % | 0,91 % | 1,46 % |
Élections européennes
| [26] | 2009[Note 1] | 2014[Note 2] | 2024[Note 3] | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Voix | % | Voix | % | |
| Côtes-d'Armor (22) | 5 059 | 2,62 | 17 046 | 8,18 | 3 399 | 1,26 |
| Finistère (29) | 9 283 | 3,41 | 34 171 | 11,54 | 5 329 | 1,35 |
| Ille-et-Vilaine (35) | 5 856 | 2,15 | 8 265 | 2,73 | 7 132 | 1,64 |
| Loire-Atlantique (44) | 5 699 | 1,51 | 4 786 | 1,15 | 9 304 | 1,61 |
| Morbihan (56) | 6 816 | 3,11 | 16 406 | 6,60 | 4 542 | 1,35 |
| Total Bretagne | 32 713 | 2,45 | 80 674 | 6,04 | 29 706 | 1,44 |
| Total circonscription Ouest | 32 805 | 1,31 | 83 041 | 3,05 | Ø[Note 4] | |
Élections régionales
| [26] | 2010[Note 5] | 2015[Note 6] | 2021[Note 7] | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Voix | % | Voix | % | |
| Côtes-d'Armor (22) | 9 732 | 4,37 | 1 161 | 0,48 | 3 170 | 1,85 |
| Finistère (29) | 21 540 | 6,82 | 1 911 | 0,56 | 3 516 | 1,49 |
| Ille-et-Vilaine (35) | 6 951 | 2,27 | 1 790 | 0,53 | 3 094 | 1,24 |
| Morbihan (56) | 16 406 | 6,60 | 1 659 | 0,58 | 3 413 | 1,75 |
| Loire-Atlantique (44) | 11 389 | 2,62 | Ø[Note 8] | Ø[Note 9] | ||
| Total Bretagne administrative (4 dép.) | 54 629 | 4,29 | 6 521 | 0,54 | 13 193 | 1,55 |
| Total incl. Loire-Atlantique | 66 018 | 4,0 | Ø | Ø | ||