Vindefontaine
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Elle s'inscrit dans le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.
La commune se compose d'un bourg principal (Vindefontaine) et de plusieurs écarts[2] : la Bresnerie, la Maresquerie, la Videgrainnerie (quelques ruines), Beaumont, le Bord de la Lande, la Bouquinerie, la Poterie, les Cloutiers, les Margueries, la Meslinerie, la Borerie, le Ruisseau, le Lédy, Saint-Lubin. La Sauvagerie est un lieu-dit en ruine.
Vindefontaine est traversée par le ruisseau de Beaumont, et est bordée à l'est par la Senelle, affluent de la Douve.
La commune est bordée à l'ouest par le bois de Limors. Le paysage est principalement constitué de champs et prés humides.
Toponymie
La localité est attestée sous les formes Vuidefontaine (à lire Vindefontaine ?), sans date[3] ; Windefontana en 1177[4] ; Windefontaine en 1190[4] ; Windefons en 1226[4] ; Vindefontaine en 1275 (Delisle notes)[3] ; Videfontaine au XIIIe siècle (Th. Hélie, 175)[3].
Certaines des formes anciennes du Dictionnaire topographique du Calvados données pour celles d'Ondefontaine (Calvados) se réfèrent en fait à Vindefontaine[5].
Ce type toponymique en -fontaine au sens de « puits, source, fontaine » est caractéristique du Moyen Âge et reflète l'influence syntaxique du germanique (y compris l'anglo-saxon et l'ancien scandinave) sur le gallo-roman. On en trouve quelques exemples dans la partie nord de la France, dont en Normandie Gaillefontaine (Seine-Maritime, Goislenfontana vers 1043). Son premier élément Gaille- représente l’anthroponyme germanique Gauciolen(us) / Goislen(us) qui se perpétue dans le nom de famille normand Gouellain[6],[7]. La formule inverse « appellatif + nom de personne germanique », plus tardive, est illustrée par Fontaine-Heudebourg (Eure, Fontes Heudeburgi 1181) ; Fontaine-Guérard (Eure) ; Fontaine-Bellenger (Eure, Fontana Berengerii 1025), etc.
L'interprétation du premier élément Winde- de Vindefontaine pose cependant problème[3], bien qu'on puisse penser qu'il s'agisse d'un nom de personne germanique, anglo-saxon ou scandinave. Il existe un lieu-dit Vindelonde sur la commune d'Appeville, sans doute héritier d'un Windelonda mentionné à la fin du IXe siècle[3], dont l'élément -londe représente l'ancien scandinave lundr « bosquet » → lunda > ancien normand londe « bosquet ». Vindefontaine / Vindelonde formerait une paire toponymique au même titre qu'Étoupeville (Manche, Sotteville, Estobavilla 1093) et son bois d’Étoublon (Stobelont vers 1000) ; Acqueville / Achelunda ; Bretteville / Brettelonde ; etc.
Remarque : le passage de W- à V- s'observe en Normandie à partir du XIIe siècle au nord d'une isoglosse parallèle à la ligne Joret.
Histoire
Vindefontaine est situé à un carrefour de voies romaines[8], dont celle d'Alauna à Cosedia (Valognes-Coutances).
Du fait des difficultés techniques d'anthropisation dans les marais, le lieu ne se peupla pas autant que le reste du Cotentin. La paroisse a été (avec Néhou et Saussemesnil) l'un des principaux centres potiers du Cotentin de la fin du Moyen Âge jusqu'au début du XXe siècle[9].
Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépendait de la généralité de Caen, de l'élection de Carentan et Saint-Lô en 1612-1636, puis de Carentan en 1677 et 1713, et de la sergenterie de Sainteny.
Par décision du conseil de la commune nouvelle de Picauville, le statut de commune déléguée est supprimé à partir du [10].
Politique et administration
Démographie
En 2019, la commune comptait 311 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2007, 2012, 2017, etc. pour Vindefontaine[16]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 1].
Économie
La commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) beurre d'Isigny et crème d'Isigny[19].
- Centre potier.
Lieux et monuments
- Église paroissiale Saint-Martin des XIIIe – XIXe siècles, avec des parties romanes et gothique, et un clocher fortifié (une tour à encorbellement[20]). À l'intérieur, une statue en calcaire polychrome de la Vierge à l'Enfant est classée au titre objet aux monuments historiques depuis le [21]. L'édifice abrite également les statues d'une Vierge douloureuse du XVe, de saint Jean l'Évangéliste du XVe, un tableau l'Adoration des mages du XVIIIe, une verrière du XXe de Mazuet et Bessac[15].
- Au XIIIe siècle l'église fut donné à l'abbaye de Saint-Étienne de Caen par Guillaume d'Orval, seigneur de Lithaire, Guillaume d'Aubigni, grand bouteiller, et Philippe de Beaumont[15].
- Chapelle Notre-Dame-de-la-Salette du XIXe siècle. Le sanctuaire fut fondé en 1864 par l'abbé Godefroy, curé de la paroisse, pour célébrer l'apparition de la Vierge à deux jeunes bergers, Mélanie et Maximin, le au village de la Salette, à Corps-en-Isère.
- Ancien presbytère et son portail du XVIe siècle.
- Calvaire du XIXe siècle.
- Croix de chemin du XVIIe siècle, croix de cimetière du XVe siècle.
- Vestiges du domaine de Beaumont des XVIe – XVIIe siècles (colombier et tour basse).
- Pour mémoire
- Motte de la Quièze. La motte est figuré sur un plan de la seigneurie de Picauville dépendant du domaine de la Sainte-Chapelle établi en 1581, où l'on distingue très bien, dans les marais de Vindefontaine, le dessin d'une motte. Cette motte est de nouveau reportée sur un plan de la fin du XVIIIe siècle, mais qui est une copie conforme du plan du XVIe siècle[22].
- L'église Saint-Martin.
- La Vierge à l'Enfant.
- La statue en calcaire de saint Jacques le Majeur, en provenance du cimetière de Vindefontaine.
- La chapelle Notre-Dame-de-la-Salette.
- La nef de la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette.
- Le sanctuaire Notre-Dame-de-la-Salette.
