Morsalines
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| Morsalines | |
Le front de mer. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Intercommunalité | CA du Cotentin |
| Statut | Ancienne commune |
| Code postal | 50630 |
| Code commune | 50358 |
| Démographie | |
| Gentilé | Morsalinais |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 34′ 22″ nord, 1° 18′ 46″ ouest |
| Altitude | Min. 3 m Max. 88 m |
| Superficie | 3,65 km2 |
| Élections | |
| Départementales | Val de Saire |
| Historique | |
| Fusion | |
| Intégrée à | Quettehou |
| Localisation | |
| modifier |
|
Morsalines est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie.
Le , elle fusionne avec sa voisine Quettehou au sein de la commune nouvelle de Quettehou ; elle prend alors le statut administratif de commune déléguée[1],[2] qu'elle perd le .
Localisation
Son bourg est à 2,5 km au sud de Quettehou, à 12 km à l'est-nord-est de Montebourg et à 15 km au nord-nord-est de Valognes[3].
Les communes limitrophes sont Crasville et Quettehou.
Hydrographie
Située entre Saire et Sinope, Morsalines n'appartient à aucun bassin important et possède donc ses propres fleuves dont le principal est le Godey[4].
Milieux naturels et biodiversité
Morsalines fait partie du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.
Le rivage
Morsalines a donné son nom à la baie située à l'ouest de la Hougue.
Le rivage de la commune est contigu à celui de Quettehou. Il est en partie bordé d'habitations, villégiatures cossues, dont certaines sont inspirées par l'esthétique balnéaire normande, mais étrangère au Cotentin, ou d'anciennes maisons de pêcheurs réhabilitées[5]. Il offre un panorama sur la presqu'île de la Hougue et son fort. Son littoral a attiré de nombreux peintres tels qu'Antoine Guillemet, Georges Moteley, Marie-Joseph Iwill ou Maurice Pigeon[5]. En 1905, Charles Frémine décrivait ainsi son rivage, avec ses « rudes assises de granit, des murs de forteresses, des amas de galets, tout un noir pêle-mêle de madriers, de pieux et de brise-lames » et la trame d'un « dédale de ruelles sablonneuses, de cours à canards, de passage enchevêtrés »[6].
L'estran est particulièrement étendu à cet endroit (2 km environ), et on peut, par grandes marées, traverser la baie à pied. On y trouve divers fruits de mer et notamment des coques, des bigorneaux et des couteaux. La baie de Morsalines fait également l'objet d'ostréiculture, mais les parcs sont localisés en dehors des abords du rivage. La baie, protégée par la presqu'île de la Hougue est un lieu privilégié pour la pratique du wingsurf et autres sports nautiques[6].
- Le rivage à marée basse.
- Le rivage à marée haute.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Morsalin en 1040/1066[7],[8], de Morsalinis 1159/1181[8], Morsalines vers 1280[8], Morsalina sans date.
Albert Dauzat considère ce toponyme comme obscur, émet tout de même deux hypothèses autour d'un anthroponyme germanique Maur, suivi du latin salinum (« salin ») ou mieux le germanique sala (« maison »), suivi du suffixe -inum[7].
Selon François de Beaurepaire, il s'agit plus simplement de « mortes salines », c'est-à-dire « abandonnées » (à la suite d'un recul du rivage ?). Il y avait jadis de nombreuses salines sur les côtes du Cotentin[9].
René Lepelley reprend l'hypothèse de François de Beaurepaire[10], selon lui les marais salants ont été abandonnés au XIe siècle.
Il est à noter qu'aucune forme ancienne ne contient l'élément Mort-, on peut donc supposer que le [t] s'était déjà amuï au XIe siècle. En outre, la plus ancienne forme Morsalin implique que le masculin salin avait déjà le sens de « saline » au XIe siècle, or ce sens ne semble pas être attesté avant le XIXe siècle et le terme salin lui-même n'est pas mentionné avant le XVIe siècle[11]. Aussi peut-on se demander ce que signifie « salin de Maur », évoqué dans la première hypothèse. Le mot saline au sens de « marais salant » est enregistré dès le début du XIIIe siècle, c'est-à-dire antérieurement au mot salin.
Histoire
Moyen Âge
Une notice de l'abbaye de Fécamp, rédigée entre 1040 et 1060, nous apprend que Muriel d'Amblie abandonna à l'abbaye sa terre de Marchésieux et celle de Morsalines[12].
Lors de la guerre de Cent Ans, le , le roi d'Angleterre Édouard III et ses troupes accostèrent à la Hougue. Le roi passa cinq nuits, peut-être dans le manoir appartenant aux moines de Montebourg, devenu le lieudit la Peintrerie[13], à Morsalines[14] où il avait établi son cantonnement afin de regrouper son armée avant de ravager le Val de Saire, incendier Barfleur et de poursuivre sa chevauchée jusqu'à Crécy[6]. Sur l'emplacement du camp d'Édouard III, on édifia au XVIIe siècle un nouveau manoir, La Peinterie[6].
À la suite d'un nouveau débarquement anglais à « la Hogue de Saint Vaast » le , la paroisse est mise à sac et ses maisons rasées[15].
Temps modernes
En 1519, Jacques du Prael, écuyer, est qualifié de seigneur de Morsalines et de Ravenoville[16].
François Ier, lors de sa visite en 1532 dans le Cotentin, logea au village et dit-on apprécia le cidre de Morsalines[17].
En 1567, Jacques du Prael, écuyer, baron de la Hougue et Morsalines, est taxé pour ses deux fiefs de 20 livres dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief de Morsalines valait un quart de fief de haubert[18].
Sous Louis XIV, se crée un embryon de défense linéaire de la côte de la Hougue. À Morsalines on crée deux redoutes dont il ne reste plus de trace si ce n'est dans la toponymie locale avec le lieu-dit la Redoute. Elles étaient encore bien visibles sur les cartes marines de 1836[19]. La grande redoute de Morsalines datant de 1688 a été désarmée en 1856 et fut détruite par les Allemands en 1942 pour aménager une batterie[19].
Époque contemporaine
Seconde Guerre mondiale
En 1944, les Alliés débarquèrent en Normandie. Or c’est de Morsalines et La Pernelle que les Allemands dirigeaient l’artillerie placée en défense côtière sur la pointe de Saire, dans le cadre du mur de l'Atlantique. À la suite d'imprévus météorologiques, le débarquement américain eut lieu de manière fortuite à Utah Beach, à deux kilomètres au sud de l’emplacement programmé à Saint-Martin-de-Varreville. Cela mit les batteries de Morsalines hors de portée des attaquants et évita ainsi des pertes à l’armée américaine. Cela permit aussi à la commune d'échapper à un bombardement plus important.
XXIe siècle
Le , Morsalines fusionne avec Quettehou pour créer la commune nouvelle de Quettehou par arrêté préfectoral du [20]. Les deux anciennes communes sont devenues des communes déléguées du au .
Politique et administration
Découpage territorial
Morsalines fait partie de la communauté d'agglomération du Cotentin (précédemment de la communauté de communes du Val de Saire).
Liste des maires
Population et société
Les habitants de la commune sont appelés les Morsalinais.
Démographie
En 2018, la commune comptait 205 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2005, 2010, 2015, etc. pour Morsalines[23]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 1]. Morsalines a compté jusqu'à 701 habitants en 1806.
Cultes
L'église Notre-Dame dépend, aujourd'hui, du doyenné de Valognes-Val-de-Saire.
Économie
À la fin du XIXe siècle, les familles du rivage vivent de la pêche embarquée ou à pied[26].
Aujourd'hui la baie de Morsalines abrite de nombreux parcs à huitres, visibles à marée basse.





