Vol Propair 420

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TypeIncendie et défaillance structurelle en vol
CausesSurchauffe des freins gauche lors du décollage
PhaseApproche
Vol Propair 420
Photographie d'un avion bimoteur à hélices au sol.
Un Fairchild Metroliner SA226 similaire à l'avion impliqué dans l'accident.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeIncendie et défaillance structurelle en vol
CausesSurchauffe des freins gauche lors du décollage
PhaseApproche
SiteAéroport international Montréal-Mirabel, Québec, Canada
Coordonnées 45° 40′ 59″ nord, 74° 01′ 44″ ouest
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilFairchild Swearingen Metroliner SA226
CompagniePropair (en)
No  d'identificationC-GQAL
Lieu d'origineAéroport de Dorval, Montréal, Québec, Canada
Lieu de destinationAéroport de Peterborough, Ontario, Canada
Passagers9
Équipage2
Bilan
Morts11 (tous)
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : Canada
(Voir situation sur carte : Canada)
Vol Propair 420

Le , un Fairchild Metroliner SA226 effectuant le vol Propair 420, entre Dorval au Québec et Peterborough en Ontario au Canada, subit un incendie peu de temps après son décollage. Les pilotes effectuent un atterrissage d'urgence à l'aéroport international Montréal-Mirabel, mais la chaleur intense de l'incendie provoque une défaillance structurelle de l'aile gauche lors de l'atterrissage et l'avion s'écrase, tuant les onze passagers et membres d'équipage à son bord.

L'enquête menée par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) révèle que les freins gauches de l'avion ont surchauffé pendant le décollage, provoquant à l'intérieur du logement du train d'atterrissage un incendie qui a détruit les systèmes d'avertissement, ce qui a empêché l'équipage de réaliser la gravité de la situation. Le feu s'est étendu à des conduites hydrauliques puis a progressé vers l'aile gauche.

À la suite de l'accident, le BST émet plusieurs recommandations, dont l'une à destination de la Federal Aviation Administration (FAA) concernant la formation des équipages et les manuels de vol et une autre qui préconise d'installer un système d'avertissement de surchauffe à l'intérieur des passages de roue de chaque Fairchild Metroliner.

L'avion impliqué est un Fairchild Swearingen Metroliner SA226-TC, immatriculé C-GQAL (numéro de série TC-233) et construit en [BST 1]. Il est propulsé par deux turbopropulseurs Garrett TPE331 et totalise 28 931 heures de vol au moment de l'accident[BST 1]. Il est acheté par Propair (en) en 1996 et « ne présentait aucune anomalie connue avant le vol »[BST 1].

Le commandant de bord, Jean Provencher, âgé de 35 ans, commence sa carrière comme officier pilote de ligne sur le Fairchild Metroliner de à [BST 2],[1]. Il est ensuite commandant de bord et pilote vérificateur sur des types d'appareils similaires pour plusieurs transporteurs aériens[BST 2]. En , il est embauché par Propair comme chef pilote de la compagnie[BST 2]. Il cumule un total de 6 515 heures de vol, dont 4 200 sur Fairchild Metroliner[BST 2],[1].

Le copilote, Walter Stricker, également âgé de 35 ans, commence sa carrière de pilote en [BST 2],[1]. En , il est embauché par Propair, obtient son approbation de copilote le de la même année et commence sa phase de formation et de vérification en ligne le [BST 2]. Il cumule un total de 2 730 heures de vol, dont 93 sur Fairchild Metroliner[BST 2],[1].

S'exprimant lors d'une conférence de presse, le président de la société Propair, Jean Pronovost, affirme que les deux pilotes étaient « très professionnels »[1]. De plus, les deux membres de l'équipage semblaient frais et reposés avant le vol[BST 1].

Déroulement du vol

Le vol est affrété par General Electric pour transporter des travailleurs à ses installations de Lachine au Québec et Peterborough en Ontario. Le vol est effectué par Propair, une compagnie aérienne charter basée à Rouyn-Noranda, au Québec[2],[1]. L'avion transporte neuf passagers, tous ingénieurs, qui travaillent en équipe à la conception de turbines hydroélectriques et qui empruntent ce vol régulièrement[1].

Le vol Propair 420 décolle de la piste 24 gauche l'aéroport de Dorval  maintenant aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal  le à 7 h 1 HAE (heure avancée de l'Est), avec ses neuf passagers et les deux pilotes[BST 3]. Avant le départ, il y a de la brume avec des vents légers, un ciel couvert à 600 pieds (183 mètres) et une visibilité inférieure à 5 kilomètres[BST 4]. Pendant le décollage, l'avion a tendance à se diriger vers la gauche de l'axe de piste, et les pilotes doivent appuyer sur le palonnier droit pour maintenir l'axe[BST 3]. Deux minutes après le décollage, le vol est autorisé à monter à 16 000 pieds (4 875 mètres)[BST 3].

Les premiers signes d'un problème avec l'avion surviennent à 7 h 12, onze minutes après le décollage, lorsque des indications d'une défaillance du circuit hydraulique principal apparaissent, avec une chute de pression hydraulique[BST 5]. Les pilotes informent alors le contrôle aérien et décident de retourner à l'aéroport de Dorval, d'où ils ont décollé[BST 5]. Alors qu'ils sont en procédure de virage pour retourner vers l'aéroport, les pilotes remarquent que les commandes de vol ne semblent pas fonctionner normalement et des témoins d'alertes, notamment une indication de surchauffe de l'aile gauche, apparaissent[BST 5].

À 7 h 13, l'équipage informe la tour de contrôle que l'avion a subi une chute de la pression hydraulique et demande l'autorisation de retourner à l'aéroport[BST 3]. Le contrôleur aérien autorise les pilotes à revenir et leur demande de descendre à 8 000 pieds (2 440 mètres) et de faire un virage à 180 degrés[BST 3]. À ce moment-là, l'équipage précise « qu'il n'y a pas d'urgence à bord pour le moment »[BST 3],[3].

Environ trente secondes après la demande de retour du vol 420, des problèmes de contrôle commencent à se manifester[BST 3]. En effet, l'avion devient de plus en plus difficile à piloter et un indicateur d'avertissement montre qu'un problème de moteur se développe[BST 3]. Quelques dizaines de secondes plus tard, le système d'avertissement de surchauffe des ailes s'allume, mais avant que l'équipage n'ait effectué la check-list pour gérer une telle urgence, le témoin s'éteint[BST 3]. À 7 h 18 min 12 s, cinq minutes plus tard, « l'équipage coupe le moteur gauche qui semble en feu » et le commandant de bord prend le contrôle de l'avion peu après[BST 3].

L'avion est très difficilement contrôlable par l'équipage et une force anormale sur l'aileron droit est nécessaire pour le maintenir sur le cap[BST 3]. La tour de contrôle suggère alors à l'équipage de se dérouter vers l'aéroport international Montréal-Mirabel, ce que les pilotes acceptent[BST 3],[4]. Pendant ce temps, l'incendie s'est intensifié et l'équipage peut maintenant voir le feu sortant de la tuyère du moteur[BST 3]. Les pilotes effectuent ensuite une check-list d'urgence et configurent l'avion pour l'atterrissage[BST 3].

À 7 h 23 min 10 s, les pilotes déclarent au contrôleur aérien que le feu dans l'aile gauche s'est éteint[BST 3]. Cependant, moins de quatre minutes plus tard, ils annoncent que le feu a repris[BST 3]. L'avion devient encore plus difficile à contrôler en roulis et l'équipage doit utiliser le compensateur d'aileron au maximum pour garder l'avion stable[BST 3]. Vers 7 h 27, alors que le vol 420 est en courte finale sur la piste, le train d'atterrissage est déployé, « mais seulement deux des voyants lumineux [sur trois] confirmant que les roues du train sont sorties s'allument »[BST 3].

Lorsque l'avion est près du seuil de piste, l'aile gauche, gravement endommagée, se brise[BST 3],[5]. L'avion pivote ensuite de 90 degrés sur son axe longitudinal (axe de roulis) et s'écrase sur le dos[BST 3],[6]. Du carburant se répand sur le fuselage de l'avion, qui s'enflamme immédiatement et glisse sur une distance de plus de 760 mètres[BST 6]. Il s'immobilise finalement sur le côté gauche de la piste 24 de l'aéroport international Montréal-Mirabel[BST 7]. Les deux pilotes et les neuf passagers à bord sont tués[7],[4],[8]. Deux passagers ont initialement survécu à l'accident, mais décèdent des suites de leurs blessures[BST 8].

Enquête

Références

Voir aussi

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