Attentat de Grand-Bassam

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CibleCivils
Date
Attentat de Grand-Bassam
Image illustrative de l’article Attentat de Grand-Bassam
Plage de Grand-Bassam, lieu de la fusillade.

Localisation Grand-Bassam, Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Cible Civils
Coordonnées 5° 12′ 00″ nord, 3° 44′ 00″ ouest
Date
Type Fusillade
Armes Fusils d'assaut AK-47
Morts 19[1],[2] (16 civils et 3 militaires)[1],[2]
Blessés 33[1]
Auteurs 3[1]
Organisations AQMI
Mouvance Terrorisme islamiste
Jihadisme
Géolocalisation sur la carte : Côte d'Ivoire
(Voir situation sur carte : Côte d'Ivoire)
Attentat de Grand-Bassam
Géolocalisation sur la carte : Afrique
(Voir situation sur carte : Afrique)
Attentat de Grand-Bassam

L'attentat de Grand-Bassam est une fusillade qui a eu lieu le dans un quartier touristique de la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam, lieu de tourisme en Côte d'Ivoire, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, et prisé tant par les Ivoiriens que par les Occidentaux[3]. L'attaque a fait officiellement 19 morts, dont trois soldats des forces ivoiriennes[4]. Al-Qaïda au Maghreb islamique[4] revendique cette attaque le soir même[5], qui est une première en Côte d'Ivoire.

Les terroristes ont frappé le dimanche en prenant d’assaut à la kalachnikov la plage de Grand-Bassam, à 40 km au sud-est d’Abidjan.

Déroulement

Les terroristes, lourdement armés, ont assailli une plage de Grand-Bassam ainsi que trois établissements hôteliers qui se trouvaient à proximité[6].

Quarante-cinq minutes après le début de l'attaque, les forces spéciales ivoiriennes interviennent. Elles tombent nez à nez avec trois des quatre djihadistes sur la plage. L'affrontement est bref, les trois assaillants sont tués ainsi que trois membres des forces spéciales[7],[8].

Alassane Ouattara, le président ivoirien, qui se trouvait en Assinie dans sa résidence secondaire au moment de l'attentat, rejoint sa résidence officielle par hélicoptère à la suite d'un blocage de la route vers Abidjan. Son ministre de l'intérieur, Hamed Bakayoko, en déplacement au Ghana, retourne en Côte d'Ivoire par un avion spécialement affrété[9].

Le mode opératoire est proche de celui des attentats de Tunisie en . Des grenades et des munitions ont été retrouvées par les forces de l'ordre.

Bilan humain

Quinze civils sont tués lors de l'attaque, dont quatre Français, ainsi que trois membres des forces de sécurité et trois assaillants. 33 personnes sont également blessées[1]. Le bilan pourrait être plus lourd, des disparitions ont été signalées et selon des témoignages, les djihadistes auraient ouvert le feu sur des personnes en train de se baigner. Ainsi, le , le corps d'une victime est retrouvé sur la plage[2].

Bilan des victimes
Pays d’origine Morts Blessés
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire10
Drapeau de la France France4[10]
Drapeau du Liban Liban2[11]
Drapeau du Nigeria Nigeria1
Drapeau de l'Allemagne Allemagne1
Drapeau de la Macédoine Macédoine1[10]
Toutes nationalités confondues 19~33

Les victimes recensées identifiées à ce jour sont les suivantes[12],[13] :

  • Dix Ivoiriens dont sept civils :
    • Salimata Traoré, femme de 23 ans.
    • Carole Kouma Abenan, femme de 24 ans.
    • Émile Djo Bi Djo, homme de 26 ans.
    • Sidney Arthur Aka Ehui, homme de 33 ans.
    • Souleymane Bakayoko, homme de 22 ans.
    • Ousmane Sangaré, homme de 16 ans.
    • Oumar Diarrassouba, homme de 23 ans.
    • Abassi Ouattara Moussa (Forces spéciales ivoiriennes).
    • Gervais Kouadio N’Guessan (Forces spéciales ivoiriennes).
    • Ahmed Diomandé (Forces spéciales ivoiriennes).
  • Un Nigérian :
    • Adekunle Sarikou, homme de 25 ans.
  • Quatre Français :
    • Jean-Édouard Charpentier, homme de 78 ans.
    • Frédéric Lambert, homme de 63 ans.
    • Jean-Pierre Arnaud, homme de 75 ans.
    • Franck Hamel, homme de 53 ans.
  • Une Allemande :
  • Une Macédonienne :
    • Anita Andree Uska, femme.
  • Un Libanais :
    • Ayek Toufic, homme de 54 ans.

Auteurs

L'attaque est revendiquée le soir même par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Dans son communiqué officiel, AQMI indique que les assaillants étaient les dénommés Hamza al-Fulani, Abd ar-Rahman al-Fulani et Abu Adam al-Ansari, précisant que les deux premiers étaient issus des rangs de son allié Al-Mourabitoune, le mouvement dirigé par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar[14].

Le groupe prétend aussi que les civils musulmans n'étaient pas visés et que leur mort a été causée par l'intervention des forces spéciales ivoiriennes[1].

L'attaque a été commise par la katiba Al-Mourabitoune[15].

Un suspect ayant hébergé certains membres du commando à Abidjan et fourni une aide logistique avant l’attaque a été arrêté à Gossi. Un autre, identifié comme le chauffeur et bras droit de Kounta Dallah, a été arrêté à Goundam[16].

  • Le planificateur de l'attentat, Mimi Ould Baba Ould Cheikh, est arrêté en par l'armée française au Mali, à Gossi où il s'est installé de retour d'Algérie[14],[17]. Mimi Ould Baba est également considéré par le Burkina Faso comme le chef des opérations de l'attentat de janvier 2016 contre le café Cappuccino et l’hôtel Splendid, à Ouagadougou (30 morts)[18].
  • Le chef de l'opération est identifié comme étant un nommé Kounta Abdallah, alias Kounta Dallah[19],[20], mais est à ce jour toujours en fuite. Il serait arrivé à Abidjan le , soit un peu plus d’un mois avant l’attentat, accompagné d'Ibrahim Ould Mohamed, pour préparer l'attaque.
  • Ibrahim Ould Mohamed est son chauffeur et bras droit, et a été arrêté en au Mali[14].
  • Allou Doumbouya, alias « man », un Malien de 32 ans, est l’homme qui a convoyé du Mali en Côte d’Ivoire les armes ayant servi à l’attaque, Allou Doumbia, dans un Toyota Land Cruiser V8. Il a accompagné Kounta Dallah à deux reprises à Grand-Bassam afin de préparer l’attentat et d’y prendre des photos[20]. Il a été arrêté dans la nuit du 16 au à Bamako[14]. Les armes auraient été dissimulées dans les réservoirs de carburant d'un véhicule de type 4×4, Alou Doumbouya aurait ensuite regagné le Mali par avion[18].

En tout, quinze personnes sont arrêtées entre les 13 et .

Kounta Sidi Mohamed a hébergé dans un premier temps l'équipe de reconnaissance, Kounta Abdallah et Ibrahim Ould Mohamed, à son domicile dans le quartier d'Adjouffou, dans la commune de Port-Bouët[20].

Un certain Hamed Ould Baba Ould el Mokhtar aurait donné des instructions au Mali[20].

En , Barry Hassan alias "Barri Battesti"[21] est arrêté en Côte d’Ivoire à Dabou. Il est accusé d'être le conducteur du 4×4 ayant convoyé les armes ayant servi à l’attaque à Abidjan. Il serait aussi impliqué dans l'attentat de Bamako et de Ouagadougou de 2016[14].

Conséquences

Le , à la suite d'un conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement proclame un deuil national de 3 jours[22]. Le gouvernement annonce aussi une série de mesures pour renforcer la sécurité dans les écoles, les lieux publics sensibles et stratégiques, comme les ambassades et les sièges des organisations internationales.

La Cellule spéciale d’enquête et d’instruction (CSEI) devient la Cellule spéciale d’enquête, d’instruction et de lutte contre le terrorisme (CSEI-LCT) en [23] pour améliorer l'efficacité des investigations en matière de terrorisme.

En , le ministre de la Défense ivoirien, Hamed Bakayoko, et Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, lancent le projet de construction d’une Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) établie à Jacqueville, à 60 km d’Abidjan[24].

En est créé le Centre de renseignement opérationnel antiterroriste (CROAT) chargées du recueil et de l’analyse des renseignements, de l’appui technologique, de la coopération internationale et surtout, des opérations en matière de lutte contre le terrorisme[25].

Procès

Hommages

Notes et références

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