Martin de Ravenne

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Martin est un archevêque de Ravenne, en fonction d'environ 810 à 818. Ancien archidiacre de l'Église de Ravenne et abbé du monastère Saint-André, il poursuit la politique de rapprochement entre l'archevêché et les Carolingiens, tout en maintenant des rapports complexes avec la papauté. Son épiscopat est aussi marqué par d'importants travaux de restauration.

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Martin de Ravenne
Biographie
Évêque de l'Église catholique
Archevêque de Ravenne
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Archidiacre
Abbé du monastère Saint-André
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Biographie

De l'archidiaconat à l'archevêché

À la mort de Valère, vers 810, Martin, alors archidiacre de l'Église de Ravenne et abbé du monastère Saint-André, est élu pour lui succéder[1]. Son élection s'inscrit dans la continuité d'une Église ravennate étroitement liée au pouvoir franc depuis plusieurs décennies.

Selon Agnellus, Martin est le même personnage que le diacre envoyé autrefois par l'archevêque Léon Ier pour guider Charlemagne à travers des itinéraires peu connus des vallées du nord de l'Italie, ce qui contribua à la surprise infligée aux Lombards en 774[1]. Il aurait ainsi connu personnellement le souverain bien avant son accession au siège archiépiscopal. Aussitôt après sa consécration par le pape Léon III, il envoie des messagers en Francie à Charlemagne, qui, selon Agnellus, s'en réjouit[1].

Entre Francie et Rome

Martin entretient de bonnes relations avec les Carolingiens. Les liens qu'il a noués avec Charlemagne produisent un effet concret lorsque le testament de l'empereur est rendu public : l'Église de Ravenne figure parmi les principaux bénéficiaires de la répartition du trésor impérial[2]. Elle reçoit notamment une table d'argent ornée d'une représentation de la ville de Rome, plusieurs vases d'argent et un calice d'or encore en usage du temps d'Agnellus[2]. Parmi les sièges métropolitains gratifiés, Ravenne vient immédiatement après Rome, ce qui souligne la place éminente que Charlemagne lui reconnaît dans la hiérarchie ecclésiastique de son empire[2].

Tout en cultivant ces rapports avec la cour franque, Martin cherche aussi à rester en bons termes avec Rome[1]. Il obtient ainsi du pape Léon III l'envoi d'ouvriers spécialisés pour l'aider à restaurer le toit de la basilique Saint-Apollinaire de Classe, effondré à la suite d'un tremblement de terre. Des artisans venus de Rome, parmi lesquels le cubiculaire (cubicularius) Crisafus et des caemenarii, participent au chantier[1]. Martin mobilise également les ressources locales, en réclamant des matériaux aux villes voisines et en faisant travailler les habitants de Ravenne[1].

Les tensions entre Ravenne et Rome ne disparaissent pas pour autant. Après des protestations de Léon III au sujet d'« irrégularités » dans le diocèse ravennate, l'empereur Louis le Pieux ordonne à l'archevêque Jean II d'Arles de conduire Martin à Rome[3]. Celui-ci quitte Ravenne, mais s'arrête à Nova et invoque une maladie pour ne pas poursuivre le voyage[3]. Léon III n'insiste pas, et Martin revient à Ravenne, où il reçoit fastueusement Jean d'Arles et lui offre une pièce précieuse du trésor de Valère, la fameuse « table en forme de platane »[3].

Après la mort de Léon III, la visite du pape Étienne IV à Ravenne en 816 marque toutefois un apaisement net des relations entre les deux sièges[3]. Reçu avec tous les honneurs par Martin, le pape célèbre la messe dans la basilique Ursienne et expose publiquement les Sandales du Christ[3]. Cet épisode est présenté par Agnellus comme l'un des moments forts de l'épiscopat de Martin[3].

Restaurations et mémoire liturgique

L'épiscopat de Martin est également marqué par plusieurs restaurations monumentales. Après la réfection de la toiture de Saint-Apollinaire de Classe, il fait aménager le sol avec des plaques de marbre en opus sectile[1]. Il entreprend aussi la restauration de l'église Sainte-Euphémie ad Arietem, endommagée par des inondations[3].

Agnellus rapporte en outre un souvenir personnel lié à Martin : encore très jeune, il reçoit de lui la charge du monastère de Sainte-Marie-des-Blachernes, en échange de 200 solidi d'or[1]. Le chroniqueur souligne à cette occasion la stature impressionnante de l'archevêque, capable, selon lui, de tenir toute cette somme dans sa seule main gauche. Martin emploie ensuite cet or pour faire réaliser un vase liturgique en forme de coquillage destiné au saint chrême, encore en usage à l'époque où Agnellus rédige son Liber pontificalis[1].

La place accordée à Ravenne dans le testament de Charlemagne et l'apaisement visible des relations avec Rome sous Martin correspondent à l'un des moments culminants des rapports entre la ville, la papauté et les Carolingiens[2].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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