Al-Mansura (Tibériade)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Al-Mansura
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Géographie
Pays
Coordonnées
Carte d’Al-Mansura dans les années 1870, avec un village près de la source (Ain) d’Al-Mansura.

Al-Mansura (المنصورة) est un village arabe palestinien du sous-district de Tibériade. Il fait partie des centaines de centaines de villages de Palestine mandataire ayant subi un nettoyage ethnique pendant la première guerre israélo-arabe, dans son cas le [1],[2].

Le village d'Al-Mansura relevait du sous-district de Tibériade. Construit à 225 mètres d’altitude, il se trouvait à 16 kilomètes de Tibériade. Le mont Hadhur ou Hazur le dominait au nord ; au sud, le village dominait la vallée d’un affluent du wadi Al-Rabadiyya, se jetant dans la mer de Galilée[3]. Des routes secondaires le desservait, allant vers Tibériade, Safed et Nazareth[3].

La superficie d’Al-Mansura et de Mughar réunis était de 55 583 dounams (soit 55,km2)[4], dont un dounam appartenant à des Juifs, 9992 dounams étant des terres publiques et le reste appartenant à des Arabes[3]. La superficie cultivable représentait 26 217 dounams (soit 2622 hectares), dont 7864 dounams classés comme vergers et terres irrigables et 18 352 dounams consacrés aux céréales[1],[5]. Les fortes pentes du terrain ont très tôt incité les habitants à construire des terrasses de culture[3].

Histoire

Al-Mansura est à l’origine un hameau de Mughar[3].

Empire ottoman

Al-Mansura est annexé à l’Empire ottoman en 1517 avec le reste de la Palestine, et d’après le defter (registre fiscal) de 1596 le village fait partie de la nahié (sous-district) de Tabariyya (Tibériade) et du sandjak de Safed. Ce defter recense 16 foyers, tous musulmans (soit environ 90 habitants). Les villageois payaient un impôt à taux fixe de 25 % sur leurs productions agricoles, dont le blé, l'orge, le riz, les chèvres et les ruches, plus quelques autres impôts occasionnels, pour un total de 530 akçe[6],[7]/

En 1838, el-Mansura est décrit comme un village druze du district d’Esh-Shagur, situé entre Safed, Acre et Tibériade[8].

En 1875, Victor Guérin estime que le village a 200 habitants druzes. Il décrit les vergers de figuiers, de citronniers et de grenadiers. Il signale l’importante source d’Ain el-Mansura[9]. En 1881, l’enquête du Palestine Exploration Fund décrit El Mansurah comme construit de pierres, situé sur le sommet d’une colline, habité par environ 150 musulmans, avec de vastes oliveraies au sud, des sources et des citernes[10].

Période du mandat britannique

Carte d'Al-Mansura et Maghar au 1:20 000 (années 1940).

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d’Al-Mansurah est conquise à l’automne 1918 après les batailles de Nazareth et de Samakh (en). La Palestine est ensuite administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations. Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Mughar (en) est recensé avec Mansurah : la population totale est de 1377 habitants, dont 265 musulmans, 676 Druzes et 436 chrétiens[11], tous les chrétiens étant catholiques romains[12]. Au recensement de 1931, la population d'Al-Mansura et de Maghar était de 1733, dans 373 maisons habitées. Sur ce total, 307 étaient musulmans, 549 chrétiens et 877 Druzes[13].

Dans les statistiques de Village de 1945, la population d’Al-Mansura et de Maghar était de 2140 habitants[4], dont 90 musulmans, 800 chrétiens et 1250 autres[14],[4].

Guerre de 1948 et après

La date et les circonstances de la conquête du village et du départ de ses habitants ne sont pas connues. Arif al-Arif indique cependant que l’occupation du village a un effet démoralisant sur les habitants de Safed, qui tombe le . Al-Mansura chute probablement quelques jours auparavant. Le village druze de Mughar tombe vers les 29-, les habitants d’Al-Mansura ont probablement pris la fuite à ce moment-là, selon Benny Morris[3].

Les terres du village ne sont colonisées que tardivement : Chazon (ou Hazon) est créé en 1969, à l’ouest ; Tefachot en 1980, au sud, et Kallanit et Ravid en 1981[1].

En 1992, Walid Khalidi décrit ainsi ce qui subsiste du village : « Le site est couvert de débris et de cactus, oliviers et d’herbes sauvages. Des restes de murs sont visibles, dont un percé d’une porte en arc. Un autre mur est percé, les fers à béton visibles, signe qu’il a été détruit à la dynamite[1]. »

Voir aussi

Notes et références

Bibliographie

Related Articles

Wikiwand AI