Sabbarin

village palestinien expulsé par Israël en 1948 From Wikipedia, the free encyclopedia

Sabbarin ou Sabarin صبارين ("terrain accidenté" en arabe[1]) est un village arabe palestinien situé à 28 kilomètres au sud d'Haïfa. Comme des centaines d'autres villages arabes, il a subi un nettoyage ethnique de la part d'Israël, sa population étant expulsée et le village détruit lors de la guerre israélo-arabe de 1948, une partie de la Nakba.

Nom local
(ar) صَبَّارينVoir et modifier les données sur Wikidata
Superficie
25,31 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Nom local, Pays ...
Sabbarin
Sabbarin en 1940.
Nom local
(ar) صَبَّارينVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays
Sous-district
Superficie
25,31 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
1 000 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
1 700 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
67,2 hab./km2 ()
Histoire
Événements clés
Migration forcée (), Nakba, offensive militaire (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
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Géographie

Sabbarin était situé à 28 kilomètres au sud d'Haïfa, à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer[2]. Il est construit sur les berges du Wadi al-Tin. Des routes secondaires reliaient Sabbarin à deux routes principales, la route côtière et la route Haïfa-Jénine[2].

La superficie du village était de 25 307dounams (25 km²)[3], dont 19 840 appartenant à des Arabes, 4209 à des Juifs et 1258 dounams de terres publiques[2]. Sur ce total, 12 773 dounams consacrés aux céréales ; 45 dounams classés comme terres irrigables ou vergers[4],[5]. De multiples sources et wadis alimentaient le village en eau [2].

Histoire

L'aqueduc alimentant Caesarea Maritima était alimenté par les sources du village, qui existait déjà dans l'Antiquité[2].

Les Croisés appelaient le village Sab(b)arim[2].

Fin de l'empire ottoman

En 1859, Sabbarin avait une population d'environ 600 habitants, qui cultivaient 55 feddans (1 feddan =10-25 hectares)[6].

Victor Guérin visite le village en 1870, et note que le sésame était cultivé, signale un puits bien construit, appelé Bir Sabbarin. La population du village est estimée à 1000 habitants, les maisons étaient construites en pierres ou en adobe[7].

En 1882, une enquête du Palestine Exploration Fund décrit Sabbarin comme un grand village, situé sur une pente. Elle affirme que le puits est le départ de l'aqueduc alimentant Caesarea Maritima[8]. Le puits est décrit : de forme ovale, de cinq mètres de diamètre et de cinq mètres de profondeur[9].

Une liste de population de 1887 recense 1160 habitants à Sabbarin, tous musulmans[10].

Période du mandat britannique

En 1917-1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Sabbarin est conquise en 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Au recensement de 1922 conduit par les autorités britanniques, Sabbarin a une population de 845 habitants dont 833 musulmans et 12 chrétiens[11], tous catholiques romains[12]. Au recensement de 1931, la population augmente à 1108 habitants, musulmans sauf 18 chrétiens, dans 256 houses[13].

Dans les statistiques de Village de 1945, la population du village est de 1700 habitants, dont 1670 musulmans et 30 chrétiens[14]. Le village possédait une école primaire pour garçons[2].

Guerre de 1948 et nettoyage ethnique

Lors de la préparation du plan Daleth par l'exécutif sioniste, plan de nettoyage ethnique des Arabes de Palestine, des dossiers sont constitués sur chaque village arabe pour en préparer l'expulsion. La carte topographique de Sabbarin est une des premières à avoir été dressée[15].

Les milices sionistes s'emparent de Sabbarin le 12 mai 1948, au cours de l'opération Nettoyage côtier. Le village était défendu par une milice d'autodéfense, éventuellement épaulée par l'Armée de libération arabe. Selon Benny Morris, une résistance est opposée à l'Irgoun (IZL), mais la plupart des habitants prennent la fuite quand une vingtaine d'entre eux eurent été tués. Un véhicule blindé de l'Irgoun tira sur les villageois en fuite[16]. Une partie des habitants à être restés sur place sont poussés dans une maison que les hommes de l'Irgoun fait s'écrouler sur eux à l'explosif[17]. Plus d'une centaine de personnes restées sur place, dont des femmes, des enfants et des vieillards, sont détenues plusieurs jours derrière une clôture de barbelés, avant d'être expulsés vers Umm al-Fahm, alors tenue par les Arabes[16]. Cet emprisonnement est selon Ilan Pappé une punition pour la résistance que le village a opposé à son expulsion[18]. Les habitants de Sabbarin qui avaient pris la fuite ont fini dans des camps de réfugiés près de Jénine[19].

Avant cela, au bout de quelques jours, certains habitants tentent de revenir clandestinement pour récupérer des objets ou faire les récoltes. L’un d’entre eux, Mustafa Abou Awad, a vu les corps de 13 habitants laissés à l’abandon[20].

Les forces de défense israéliennes (FDI) profitent de la première trêve dans la guerre israélo-arabe (en juin) pour détruire les villages arabes qu'ils avaient conquis ; Sabbarin est détruit à cette période, en moins d'un jour[21].

Période israélienne

La région fait partie d'Israël depuis 1948. Le kibboutz Ramot Menashe est fondé au nord-est du site du village dès 1948, et le moshav Amikam (en) est créé à un kilomètre au sud en 1950[4].

Khalidi décrit ainsi !les restes du village en 1992 « Le vaste site, parsemé de débris des maisons, est recouvert d'épineux. De place en place, se trouvent des cactus, des pins, des figuiers, des oliviers et des muriers. Une partie des terres aux alentours sont utilisées par les Israéliens comme pâturages ou pour la culture d'arbres fruitiers »[4].

Sabbarin fait partie des villages palestiniens où sont organisées les Marches du retour, comme celles organisées par l'Association for the Defence of the Rights of the Internally Displaced (en anglais : association pour la défense des droits des déplacés internes)[22].

Familles de Sabbarin

D'après Palestine remembered[19] :

  1. Hamidi (Arabic: حميدي)
  2. Al-Abhari (Arabic: العبهري )
  3. Al-Abdallah (Arabic: ال عبدالله )
  4. Al-Hajj Mahmud (Arabic: الحج محمود )
  5. Al-De'emeh (Arabic: الدعمة )
  6. Abu Libdi (Arabic: ابو لبده )
  7. Ghnima (Arabic: غنيمه )
  8. Hatab (Arabic: حطاب )
  9. Al-Samada'a (Arabic: الصمادعة )
  10. Abu Diab (Arabic: ابو ذياب)
  11. Al Mallah (Arabic: الملاح)
  12. Al-Hmedih
  13. Al-Masri (Arabic: المصري)
  14. Abu Kabir
  15. Abu Sammen (Arabic: أبو سمن )
  16. Faraj (Arabic: فرج )

Notes

Bibliographie

Voir aussi

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