Al-Masmiyya al-Kabira
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| Pays | |
|---|---|
| Sous-district | |
| Partie de |
Masmiyya (d) |
| Superficie |
27,17 km2 |
| Coordonnées |
| Population |
2 510 hab. () |
|---|---|
| Densité |
92,4 hab./km2 () |
Al-Masmiyya al-Kabira (المسمية الكبيرة) est un village arabe palestinien du sous-district de Gaza[1]. Comme des centaines d'autres villages palestiniens, il a subi un nettoyage ethnique par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1948.
Le nom du village subsiste dans celui d'un carrefour autoroutier, l'échangeur de Masmiya, dont le nom officiel est échangeur Re'em, entre les autoroutes 3 et 40, proche des ruines du village.
Al-Massmiyya al-Kabira faisait partie du sous-district de Gaza, étant situé à 41 kilomètres au nord-est de Gaza et à 75 m d'altitude[2]. Situé dans la plaine côtière, il se trouvait au carrefour de plusieurs routes importantes : celle de Majdal vers le sud-ouest, de Ramla vers le nord-est et la route Jaffa-Jérusalem[2]. Un oued le bordait au nord[2].
Sa superficie était de 20 687 dounams (20,7 km2)[3], dont 77 hectares de terres incultes[2]. Les terres publiques occupaient 61 hectares, alors que les Arabes possédaient 1985 hectares et les Juifs, 23[2].
L'agriculture était la principale activité économique du village. Les principales cultures étaient les agrumes et les céréales. En 1945, 1005 dounams (100 hectares) étaient plantés d'agrumes et 18 092 (1809 hectares) étaient cultivés en céréales[4],[2]. 60 hectares étaient classés comme terres irrigables ou vergers[2].
Histoire
Antiquité
Des vestiges des époques romaine et byzantine ont été découverts à Masmiyya, dont une monnaie de Maurice datant de 596 ou 597[5]. Des céramiques et de la verrerie des époques omeyyade et abbaside ont aussi été retrouvées, avec des traces de production de verre sous les Abbassides[5]. Le site reste occupé sous les Ayyoubides (XIIe et XIIIe siècles) et les Mamelouks (jusqu'au début du XVIe siècle), l'abondance de céramiques et de verrerie retrouvées indiquant la prospérité de l'économie locale[5].
Une base de colonne non-datée et gravée d'un jeu du moulin a aussi été découverte[5].
Empire ottoman
La Palestine est conquise par les armées de Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq.
Al-Masmiyya est mentionné par le maître soufi syrien Moustafa al-Bakri al-Siddiqi (ar) (1688-1748/9)[6]. Dans les années 1780, le voyageur français Volney note que le village (qu'il appelle Mesmia) produit une grande quantité de coton filé[7].
En 1863, Victor Guérin visite le village, dont il estime la population à 700 habitants. Autour du puits, il trouve plusieurs grandes pierres de taille antiques, remployées en auges. Le village est entouré de plantations de tabac, de pastèques et de concombres [8]. Une liste officielle de villages de 1870 recense 243 maisons et 656 hommes à el-Mesmije, les femmes n'étant pas recensées[9],[10].
Au milieu du XIXe siècle, à cause de querelles entre habitants, le clan Hurani quitte le village pour en fonder un autre à proximité, sous le même nom[11]. L'adjectif al-Kabira ("la grande") est alors ajouté au nom du village le plus ancien pour le distinguer d'al-Masmiyya al-Saghira, le nouveau.
À la fin du XIXe siècle, al-Masmiyya al-Kabira a un plan en forme de trapézoïdale, le côté long face à l'ouest. Le village est entouré de jardins, et ses maisons sont construites en adobe et ciment. Les nouvelles maisons sont construites à l'ouest et au sud-ouest du village[12].
Période du mandat britannique
De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Simsim est conquise en et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations. Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Mesmiyet Kabira a une population de 1390 habitants, tous musulmans[13], qui augmente au recensement de 1931 à 1760 habitants dont 1756 musulmans et 4 chrétiens, dans 354 maisons[14].
Le village avait deux mosquées et deux écoles primaires. L'école de garçons est construite en 1922 et avait 307 élèves en 1947 ; l'école de filles, construite en 1944, avait 39 élèves en 1947. Al-Masmiyya al-Kabira était l'un des rares villages à avoir un conseil de village officiel. Il y avait aussi une clinique et une station essence[15].
Dans les statistiques de Village de 1945, Al-Masmiyya al-Kabira a 2520 habitants, dont 2510 musulmans et 10 chrétiens[16].
La population vivait surtout de l'agriculture et de l'élevage, notamment de volailles. Le camp de la British Army employait plusieurs habitants du village. Al-Masmiyya al-Kabira avait un marché hebdomadaire, les jeudis[15].
Guerre de 1948
Dans le plan de partition de la Palestine, Al-Masmiyya al-Kabira devait faire partie de l'État arabe.
La milice sioniste Haganah construit une clôture autour du village, censément pour éviter la répétition du massacre de Deir Yassin[17] (qui a fait de 80 à 120 morts mais dont le bilan a été volontairement grossi à l'époque.
La brigade Guivati s'empare d'Al-Masmiyya al-Kabira au cours de l'opération An-Far. Le New York Times que l'opération a lieu le , afin de bloquer une offensive égyptienne en direction de Latroun. Du point de vue israélien, l'attaque fait partie d'une série d'opérations de nettoyage sur les arrières de la brigade afin d'éliminer « la menace et le danger que constituent la présence de concentrations de civils arabes à l'arrière du front »[15].
Période israélienne

Après la guerre, Israël annexe Al-Masmiyya al-Kabira. Le , décision est prise de repeupler 21 des villages palestiniens conquis et vidés de leur population avec des nouveaux immigrés, : Al-Masmiyya al-Kabira en fait partie avec Aqir, Zarnouqa, Yibna, Ijzim, Ayn Hawd, Tarshiha, Safsaf, Tarbikha, Dayr Tarif, Deir Yassin et d'autres qui sont dévolus à la colonisation[18]. Deux moshav, Bnei Re'em (en) et Hatzav (en), sont créés sur les terres de al-Masmiyya al-Kabira en 1949, et Yinon en 1952. En 1976, c'est Ahva qui est créé[15]. Une unique famille arabe palestinienne est admise à rester sur place pour être utilisée comme shabbes goy à Bnei Re'em[19].
Voici comment l'historien Walid Khalidi présentait ce qui subsistait du village en 1992 : « Les deux écoles et quelques maisons existent toujours. L'école de filles est abandonnée alors que l'école de garçons est utilisée par l'armée israélienne. Quelques maisons sont habitées, d'autres sont converties en entrepôts. Une sert de magasin de jus. Toutes sont construites en ciment et ont une architecture simple : toits plats, ouvertures rectangulaires. Un palmier-dattier pousse dans la cour de la maison de Tawfiq al-Rabi. Une station-service se trouve encore à l'emplacement de l'ancienne station du village (propriété d'Hasan Abd al-Aziz et de Nimr Muhanna). Les terres sont cultivées par des Israéliens[20]. »
Personnalités liées au village
- Omar M. Yaghi, chimiste
