Al-Qubab

village palestinien dépeuplé en 1948 From Wikipedia, the free encyclopedia

Al-Qubab (القباب) est un village arabe palestinien situé dans le sous-district de Ramle. Il a été dépeuplé en juillet 1948, pendant la première guerre israélo-arabe.

Faits en bref Pays, Sous-district ...
Al-Qubab
Vue aérienne d’Al-Qabab, 1948.
Géographie
Pays
Sous-district
Superficie
13,92 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Carte de la région d’Al-Qubab au 1:20 000 (1942).
Démographie
Population
1 980 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
142,2 hab./km2 ()
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Géographie

Le village d’al-Qubab était construit à 150 mètres d’altitude, à une dizaine de kilomètres de Ramla, dans une région de collines arrondies, au nord de la route entre Jaffa et Jérusalem. Le nom d’al-Qubab (en arabe, les dômes) vient probablement de ces collines[1]. Situé entre la plaine littorale et les monts de Judée, il faisait partie d’un groupe de villages appelés irqiyyat (les petites collines en arabe)[1]. La superficie des terres du village était de 13 918 dounams (soit 1392 hectares)[2], dont 861 dounams (86 hectares) étaient propriété juive et 389 (39 hectares) terres publiques, le reste appartenant à des Arabes[1]. Sur cette superficie, 51 hectares étaient non-cultivables[1]. Sur les terres cultivables 12 295 dounams étaient alloués à la culture des céréales, 238 dounams étaient classés comme terres irriguées ou plantations[3].

Histoire

Des vestiges datant éventuellement de l’Empire romain ont été mis au jour à al-Qubab[4]. Des fouilles archéologiques ont dégagé des tombes et des citernes datant des empires romain et byzantin[5],[6] et des céramiques des mêmes époques[5].

Des céramiques des débuts de la période islamique ont aussi été découvertes, dont un bol émaillé de la période du califat abbasside[5].

Période mamelouke

En 1483, à la fin de la période mamelouke, Mujir al-Din (en) écrit qu’al-Qubab relève de la juridiction de Ramla (ou Ramle)[7] et qu’en 898 AH, ou 1492 ère chrétienne, les fellahin se sont révoltés contre le gouverneur de Jérusalem. Ils sont alors pris entre les gouverneurs de Gaza et de Jérusalem, dont le village d’Al-Qubab relevait[4]. Le site de Khirbat Yarda recèle des fondations de maison, un pressoir à vin et un cimetière[1].

Des céramiques de la période mamelouke ont aussi été mises au jour à al-Qubab[5].

Empire ottoman

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.

En 1838, al-Qubab est signalé comme village musulman sous le nom de Beit Kubab, dans la région d’Ibn Humar du district de Ramle[8].

Edward Robinson passe par le village en 1852 et le décrit comme un grand village[9].

En 1863, Victor Guérin estime sa population à au moins cinq cent habitants. Il signale les vergers de figuiers de Barbarie et les silos servant à stocker les productions agricoles. Il donne pour étymologie au nom du village "les voûtes", soit d’après les voûtes couronnant les maisons, soit d’après un sanctuaire de saint local[10]. Une liste de village ottomane des environs de 1870 recense 381 habitants de sexe masculin dans 114 maisons, les femmes n’étant pas recensées[11],[12].

En 1883, l’enquête du Palestine Exploration Fund (PEF) le décrit comme un « petit village aux maisons d’adobe construit sur une pente, proche de la grande route. » Il est entouré de figuiers de Barbarie et d’oliviers. La seule source d’approvisionnement en eau est assuré par la source d’Ain Yerdeh, à un mile 1/4 du village (deux kilomètres)[13].

Période du mandat britannique

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d’al-Qubab est conquise fin 1917 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Les maisons construites au XXe siècle utilisaient la pierre liée à l’argile. Une école primaire de garçons est fondée en 1921, avec 233 élèves inscrits en 1947-48[1]. Lors du recensement de 1922 conduit par les autorités britanniques, Qubab a une population de 1275 habitants, tous musulmans[14] qui augmente à celui de 1931 à 1502 habitants, tous musulmans, dans 382 maisons[15]. Le village disposait d’une mosquée et de plusieurs boutiques sur la place du marché. Plusieurs sources et puits alimentaient le village en eau[1].

Dans les statistiques de Village de 1945, la population est de 1980 musulmans[16],[2].

Guerre de 1948 et suites

Villages arabes proches ayant subi un nettoyage ethnique en 1948 autour d’al-Qubab.

Les différents rapports, articles et ouvrages historiques divergent sur la date de conquête d’ al-Qubab par les milices sionistes le 15 mai, le même jour qu’Abou Shousha, bien que l’histoire officielle israélienne situe cette prise de contrôle quinze jours plus tard, ce qui suggère que les combats acharnés des batailles de Latroun ont concerné al-Qubab et que les Israéliens ont mis quelques semaines à s’en assurer la maîtrise. Le 11 juin, le New York Times indique que les habitants fuient en empruntant les pistes chamelières, la route principale étant fermée par l’armée israélienne[1]

Le 13 septembre 1948, le premier ministre israélien David Ben Gourion obtient l’autorisation de détruire 14 villages arabes, dont al-Qubab, à la demande de Zvi Ayalon (en)[1]. Le village est presque entièrement rasé, seules l’école et quelques maisons subsistent.

Période israélienne

Une des maisons arabes subsistantes, utilisée par les Israéliens.
Maison arabe utilisée pour le secrétariat de Mishmar Ayalon.

La colonie de Gezer est établie sur les terres du village en 1945. Des immigrants tchécoslovaques fondent Mishmar Ayalon à l’emplacement du village détruit dès 1949 ; Kfar Bin Nun est fondé en 1952 sur les terres du village[1].

En 1992, l’historien Walid Khalidi présente ainsi ce qui subsiste du village : « La partie nord du kibboutz est couverte de bois. Le seul point de repère qui subsiste est l’école ; plusieurs maisons de pierre aux portes et aux fenêtres rectangulaires sont encore debout, quelques unes étant habitées par des Israéliens. L’une est rectangulaire et a deux portes, une grande fenêtre et deux très petites, une sur le côté et l’autre en façade. Une autre maison fait un angle, avec un grand arbre dans la cour de devant. Une des maisons utilisée pour stocker le matériel agricole est rectangulaire, avec quatre entrées en façade et une grande fenêtre. On accède à une autre maison, convertie en boutique, par un escalier menant à un porche fermé par une grille en ferronnerie. Plusieurs arbres et d’autres plantes poussent sur le site, dont des eucalyptus et des caroubiers, des cactus et des queue-de-renard. Les terres alentour sont plantées d’amandiers et d’oliviers[17] »

Un monument aux combattants du Lehi, une milice sioniste des années 1940 (aussi appelé gang Stern), a été érigé en 2005 à Michmar Ayalon[18].

Voir aussi

Bibliographie complémentaire

Articles connexes

Liens externes

Notes

Bibliographie

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