Al-Husseiniya (Safed)

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Superficie
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Population
274 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Al-Husseiniya
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Géographie
Pays
Superficie
5,32 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
274 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
51,5 hab./km2 ()

Al-Husseiniya (الحسينية, également transcrit Husayniyya) est un village arabe palestinien du sous-district de Safed, situé à 11 kilomètres de Safed. En 1945, sa population était de 340 habitants. C'est un des centaines de villages palestiniens expulsés par Israël en 1948 dans le cadre de la mise en œuvre du plan Daleth, plan de nettoyage ethnique des Arabes de Palestine.

Le village d'Husseiniya était situé à 11 kilomètres au nord-est de Safed, sur une petite colline dans le sud-ouest de la vallée de la Houla, à 125 mètres au-dessus du niveau de la mer. Non loin à l'ouest passait la route de Safed à Tibériade[1],[2].

Sa superficie était de 5324 dounams (5,324 km2), dont 3556 dounams appartenant à des Arabes, 1753 à des Juifs et 15 dounams de terres publiques[2]. Les terres étaient fertiles et bien arrosées par plusieurs sources et une rivière ; les cultures principales étaient les céréales et les arbres fruitiers, et les buffles étaient domestiqués pour le labour, le lait et la viande[2].

Histoire

Au XIIIe siècle, le géographe arabe Yaqout al-Rumi décrit les anciens bâtiments du village, dont une fontaine à douze jets d'eau chaude aux vertus curatives[3],[4].

Empire ottoman

À la fin du XIXe siècle, les Algériens fidèles d'Abdelkader El Djezaïri, défait par les troupes françaises, le suivent dans son exil. L'Empire ottoman leur attribue des terres dans la province de Syrie, dont al-Husseiniya, Dayshum (en), Ammuqa (en), Marus (en) et Tulayl (en)[5].

Période du mandat britannique

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d'al-Husseiniya est conquise en 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations. Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, la région tribale d'Husainiyeh a une population de 127 habitants, tous musulmans[6]. Au recensement de 1931 elle augmente à 274 habitants, tous musulmans, dans 64 maisons[7]. La zone entre al-Husseiniya et le lac Houla était cultivée par les Bédouins al-Zubaydat[2].

Le village était doté de puits artésiens. Une école primaire était partagée avec le village voisin de Tulayl[2].

Dans les statistiques de Village de 1945, la population de Tulayl et Al-Husayniyya est de 340 musulmans[8].

Guerre de 1948 et nettoyage ethnique

Moshe Kelman, responsable du massacre d'al-Husseiniya.

L'expulsion d'Husseiniya a lieu à l'initiative de Yossef Weiz, fonctionnaire du fonds national juif et ardent promoteur de l'expulsion des Arabes de Palestine. Il convoitait al-Husseiniya et quelques autres villages de la région pour la fertilité de leurs terres[9].

Dans la nuit du 12 au , à 1h40, un commando d'une cinquantaine d'hommes du 3e bataillon du Palmach attaque Husseiniya, détruisant de 5 à 12 maisons, tout en tirant abondamment pour se couvrir. La police et l'armée britannique évacuent le village et imposent un couvre-feu[2]. Dans la nuit du 16 au , une autre attaque d'un commando du Palmach a lieu[2], supervisée par Moshe Kelman, responsable de plusieurs massacres de Palestiniens en 1948[10]. Au moins trente hommes du village sont tués, et toute la population expulsée. Selon le Yishouv, il s'agissait d'un raid de représailles contre les mines posées sur les routes et qui interdisaient la circulation dans le secteur. Parmi les morts, se trouvaient des volontaires irakiens. Trois hommes du Palmach sont aussi tués dans l'assaut[11]. Les autorités britanniques imposent un couvre-feu d'une semaine sur les routes de la vallée de la Houla. Les habitants d'al-Ulmanniya et Kirad al-Ghannama prennent la fuite[2]. Le moukhtar est exécuté, après avoir reçu la promesse qu'aucun mal ne lui serait fait. Selon le rapport du Palmach, tous les habitants sont expulsés[12]. Aussi bien le général Gordon MacMillan, commandant des troupes bryde Palestine, que Yosef Nachmani, directeur pour la Galilée du fonds national juif, notent la particulière sauvagerie de l'expulsion[11]. Certains survivants ont pu échapper à l'expulsion ou revenir les jours suivants, car selon un rapport du renseignement militaire israélien, des habitants étaient encore présents le [13]. L'abandon définitif du village serait dû à un bombardement au mortier ou à la crainte d'un tel bombardement, comme à Abil al-Qamh[2].

Le kibboutz d'Hulata (en), créé en 1937, est à 3 kilomètres au nord-est du site du village, près de Tulayl. La colonie de Sde Eliezer (en) est installée sur les terres du village, à un kilomètre à l'ouest[13].

L'historien palestinien Walid Khalidi décrit l'endroit en 1992 : « Il ne reste que des tas de pierres et des pans de murs des maisons démolies. Le site est recouvert d'épineux, d'herbe et de quelques jujubiers de Palestine ou jujubiers épine-du-Christ, et il est utilisé comme pâturage. Les autres terres sont cultivées[13]. ».

Voir aussi

Notes et références

Bibliographie

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