Jusayr
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| Pays | |
|---|---|
| Sous-district | |
| Superficie |
12,36 km2 |
| Coordonnées |
| Population |
1 180 hab. () |
|---|---|
| Densité |
95,5 hab./km2 () |
Jusayr est un village palestinien du sous-district de Gaza. Il a été dépeuplé pendant la première guerre israélo-arabe, le , lors de l‘opération Barak ou lors de l‘opération Yo'av.
Le village de Jusayr était situé à 35 kilomètres à l'est de Gaza (dans le sous-district de Gaza), à une altitude de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer[1].
Le village était construit sur un terrain plat, dans le sud de la plaine côtière de Palestine, entre deux ponts franchissant le Wadi al-Jira[1].
La superficie totale des terres du village était de 12 361 dounams (12,36 km2)[2]. Sur cette superficie, 346 dounams (34,6 hectares) étaient des terres publiques, le reste étant propriété arabe ; 498 dounams (49,8 hectares) étaient incultes[1]. Dans les terres cultivables, 11 852 dounams (1185 hectares) étaient utilisés pour les céréales[3].
Histoire
Des céramiques byzantines ont été découvertes à Jusayr[4].
Les habitants de Jusayr sont originaires d‘Égypte et du Hedjaz[5].
Empire ottoman
La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.
Selon le defter (registre fiscal) de 1596, Jusayr relevait de la nahié (sous-district) de Gaza et de la liwa de Gaza (en). Ce document recense 60 foyers[6], soit environ 330 habitants[7], tous musulmans[6]. Les villageois payaient un impôt à taux fixe de 25% sur plusieus de leurs récoltes, dont le blé, l'org, les légumes, le raisin, les fruits, les chèvres et les ruches, ainsi que sur les revenus occasionnels, pour un total de 12 180 akçe[6].
En 1838, Edward Robinson note qu‘el Juseir est un village musulman, situé dans le district de Gaza[8],[9].
En 1863, Victor Guérin visite le village (dont il retranscrit le nom El-Djisr), dont il estime la population à 500 habitants. Il relève plusieurs colonnes antiques et deux sanctuaires consacrés à des saints locaux, ainsi que les ruines du pont qui donne son nom au village[10]. Une liste de villages ottomane datant environ de 1870 recense 119 maisons et 296 hommes, ce document ne recensant pas les femmes[11],[12].
En 1883, le rapport du Palestine Exploration Fund le décrit comme construit en adobes sur un terrain plat[13].
Une voie ferrée construite par les Ottomans passait à l'est de Jusayr. Elle était désaffectée en 1948 (voir chemins de fer de Palestine).
Période du mandat britannique

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Yibna est conquise en et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Jusayr a une population de 579 habitants, tous musulmans[14], population qui augmente au recensement de 1931 à 839 musulmans, dans 246 maisons[15].
Dans les statistiques de Village de 1945, Jusayr a une population de 1180 musulmans[16],[2].

Une école primaire pour garçons est créée en 1937 ; en 1945, elle comptait 74 élèves[7].

Guerre de 1948 et nettoyage ethnique
Selon les sources israéliennes, le village est conquis dans la deuxième de juillet, lors de la première guerre israélo-arabe, par la brigade Guivati. L‘opération visait à briser les lignes égyptiennes afin de relier le désert du Néguev aux possessions israéliennes sur la côte et d‘expulser les civils de la zone. La percée ne réussit pas, mais l‘offensive permet aux Israéliens de s‘emparer de territoires au sud de Ramla. 20 000 personnes fuient la zone, dont les habitants de Jusayr. Selon des sources égyptiennes, l‘armée israélienne avait déjà occupé le village un mois auparavant[1].
Période israélienne
Deux colonies israéliennes sont installées sur les terres du village (et celles de Summil), Menucha en 1953 et Wardon en 1968[1].
En 1992, le site du village est décrit ainsi par Walid Khalidi : « Une maison en béton à toit en terrasse subsiste au milieu d‘un verger de pêchers. Sa façade a deux fenêtres rectangulaires et une entrée rectangulaire au centre. Les débris de maisons sont visibles dans les touffes d‘herbe épaisse. Une décharge à ordures occupe le site, ainsi que des bâtiments appartenant à une colonie israélienne. Les terres alentours sont cultivées[17]. »
