Coup d'État de 2021 au Mali
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- Démission de Bah N'Daw et Moctar Ouane
- Assimi Goïta devient président de la Transition
- Report des élections présidentielle et législatives à 2024
- Fin de l'opération Barkhane
- Suspension du Mali de l'Union africaine
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Bamako, |
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Le coup d'État de 2021 au Mali commence le , lorsque l'armée malienne met en arrêt le président du pays, Bah N'Daw, le Premier ministre, Moctar Ouane, et le ministre de la Défense désigné, Souleymane Doucouré.
Au lendemain de l’opération, le vice-président Assimi Goïta annonce avoir pris le pouvoir et destitué l’exécutif.
Il s'agit du deuxième coup d'État dans le pays en moins d'un an après celui de 2020, le troisième en dix ans avec la prise de contrôle militaire en 2012, et le cinquième de l'histoire du Mali après les coups d'État de 1991 et de 1968.
Un coup d’État a lieu en , alors que le Mali est embourbé dans une guerre depuis 2012, avec de très nombreuses violences terroristes et interethniques. Outre ce coup d’État, la base de Kati a été le lieu de départ des coups d’État de 2012 et de 1968.
Le putsch a lieu dans un contexte de manifestations et de contestations du pouvoir depuis . Celles-ci sont menées par le Mouvement du 5 Juin - Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) contre la guerre et des irrégularités supposées lors des élections législatives de mars-avril 2020. Ces manifestations avaient dégénéré à Bamako les 10 et , provoquant 23 morts et plus de 150 blessés selon l'opposition[1]. Au moment du coup d’État de l’été 2020, une médiation de plusieurs chefs d’État et de la CEDEAO était en cours pour tenter d'apaiser les tensions politiques[2]. Le , le président Ibrahim Boubacar Keïta est renversé par l’armée[3]. Le M5-RFP approuve l'opération de l'armée, estimant que « ce n'est pas un coup d'État militaire mais une insurrection populaire »[4].
La junte militaire à l’origine du putsch est dirigée par le colonel Assimi Goïta et le colonel-major Ismaël Wagué. Ce dernier annonce alors la formation du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et promet d’organiser rapidement des élections[5].

La junte propose une transition de trois ans dirigée par un militaire avec un gouvernement majoritairement militaire[6]. De son côté, la CEDEAO exige une transition d'un an maximum dirigée par un civil[7], ainsi qu'un Premier ministre civil[8] et la nomination de l'exécutif transitoire d'ici au [9]. À l'issue des concertations politiques, la durée de la transition est fixée à 18 mois[10]. Le colonel à la retraite et ancien ministre de la Défense Bah N'Daw est désigné président de transition et Assimi Goïta vice-président[11], puis Moctar Ouane est nommé Premier ministre[12],[13]. La Charte de transition prévoit notamment que ni le président ni le vice-président de la période de transition ne peuvent se présenter à l’élection présidentielle devant y mettre fin[14].
En , la CEDEAO lève les sanctions[15]. Le , le Conseil national de la transition est lancé. Le , la CEDEAO appelle à la dissolution du CNSP[16], qui est prononcée par décret cinq jours plus tard[17].
Contesté, le gouvernement Moctar Ouane démissionne début [18]. Le Premier ministre sortant est alors reconduit malgré l'opposition de la junte[19].
Déroulement
Le , peu après l'annonce du gouvernement Moctar Ouane (2), qui se caractérise par la mise à l'écart des colonels Modibo Koné et Sadio Camara, membres de l'ex-CNSP, Bah N’Daw et le Premier ministre[20], ainsi que le ministre de la Défense, sont interpelés par des militaires proches du vice-président Goïta et conduits sous escorte militaire à Kati[21].

L'armée annonce le lendemain à l'ORTM que Goïta a mis « hors de leurs prérogatives » le président de la Transition et le Premier ministre de transition — qu'il accuse du « sabotage [de la transition] »[22] —, pour ne pas l'avoir consulté lors de la formation du gouvernement — alors que la charte de la transition lui confère un droit de regard sur le choix du ministre de la Défense et celui de la Sécurité, anciennement occupés par ses alliés Camara et Koné[19] — mais que les élections sont toujours prévues pour 2022[23].
Suites

Le , Bah N'Daw et Moctar Ouane annoncent leur démission au médiateur de la CEDEAO Goodluck Jonathan[24]. Par la suite, et « jusqu'à nouvel ordre », Assimi Goïta devient président de la Transition[25] par intérim[26] et les deux anciennes figures de l’exécutif sont libérées[27]. Le , constatant la vacance à la présidence, la Cour constitutionnelle le déclare président de la Transition par succession constitutionnelle jusqu'au terme de la période transitoire[28].
Le jour même, en marge d'une rencontre avec la classe politique, Assimi Goïta annonce que la fonction de Premier ministre reviendra au M5-RFP. Celui-ci désigne son chef, Choguel Maïga, pour prendre la tête du gouvernement[29]. Maïga doit être formellement nommé le , après la prestation de serment de Goïta à la Cour suprême[30].
En , la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) demande au Mali de justifier la résidence surveillée de Moctar Ouane et Bah Ndaw, qui sont privés de liberté depuis le [31].
En , à l'issue des « Assises nationales pour la refondation », qui proposent de prolonger la transition de six mois à cinq ans pour mener des réformes politiques, Assimi Goïta annonce qu’il souhaite prolonger de cinq ans la transition. Il suggère ainsi de tenir le référendum constitutionnel en , les élections législatives et sénatoriales en et une élection présidentielle en [32]. Cette proposition est discutée lors du sommet extraordinaire de la CEDEAO du suivant[33]. En , la Cédéao annonce la mise sous embargo du Mali, sauf pour les denrées de première nécessité pour sanctionner le maintien au pouvoir des militaires au Mali[34].
Le , la junte militaire au pouvoir demande à l’ambassadeur de France de quitter le Mali. Le , il est demandé à la France de « retirer, les forces “Barkhane” et “Takuba” du Mali[35].
Le , la charte de la transition est effectivement amendée pour prolonger la durée de la transition pour une durée indéterminée maximale de cinq ans. Par ailleurs, le nombre de députés du CNT passe de 121 à 147 membres. Aussi, Assimi Goïta est inéligible à la prochaine présidentielle, sauf s'il démissionne de ses fonctions. Enfin, le président du CNT devient le successeur constitutionnel du président de la Transition[36],[37],[38].
En , les médias français Radio France internationale et France 24 sont interdits par la junte après que ceux-ci ont relayé les implications dans le meurtre de civils de l'armée malienne et du Groupe Wagner[35].