Culture parisienne

From Wikipedia, the free encyclopedia

La culture parisienne recouvre l'ensemble des pratiques culturelles qui se trouvent sur le territoire de Paris.

Traditions culturelles

Langue

Politique culturelle

État français

Ville de Paris

La municipalité de Paris propose 58 bibliothèques de prêt et 16 bibliothèques spécialisées[1].

Diffusion de la culture parisienne

Le Grand Paris compte 7593 références pour la diffusion culturelle et artistique[2].

Littérature et poésie

Beaux-Arts

Peinture

Paris est une source d’inspiration pour les peintres Claude Monet, Auguste Renoir, Edgar Degas et Paul Cézanne[3].

Sculpture

Architecture

La basilique du Sacré-Cœur, classé monument historique[4].

Les premières preuves de tourisme à Paris pour étude datent au XVIIe siècle[5].

Les quais de Seine du Viaduc d'Austerlitz au Pont de Bir-Hakeim sont classés à l'inventaire du patrimoine mondial de l'UNESCO[6].

Les principaux monuments classés sont :

La cathédrale Notre-Dame, de style gothique, principalement bâtie du XIIe siècle au XIIIe siècle, a été très restaurée au XIXe siècle[14].

La Conciergerie est un des plus ancien vestige de Palais de la Cité et est inscrites au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO[15].

La Sainte-Chapelle est considérée comme un chef-d'œuvre de l'architecture gothique[16].

Le pont Neuf est le plus ancien pont encore debout et est classé Monument historique et inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO[17].

L’architecture de Paris est caractérisée par un mélange de styles tels que le gothique, le baroque, le néoclassique et l’art déco[18].

Des monuments de style classique marquent également le centre de Paris de leur empreinte. La chapelle de la Sorbonne au cœur du quartier latin, a été construite au début du XVIIe siècle. Le Louvre, résidence royale, a été embelli au XVIIe siècle et plusieurs fois retouché par la suite. L'Hôtel des Invalides, avec son fameux dôme doré, fut érigé à la fin du XVIIe siècle dans les faubourgs de la ville par un Louis XIV soucieux d'offrir un hospice aux soldats blessés. Il abrite depuis le les cendres de Napoléon Ier et son tombeau depuis le 2 avril 1861[19].

Le Panthéon est l’œuvre de Jacques-Germain Soufflot à la demande de Louis XV[20],[21].

C'est à la fin du XVIIIe siècle que commence la construction des passages couverts[22].

Le passage Jouffroy.

Au XIXe siècle, Paris plusieurs mutations au gré des changements de régime, de l'essor de l'industrialisation, de la croissance démographique et des révolutions[23]. C'est au XIXe siècle que sont construits l'Arc de Triomphe[24], le Palais Garnier[25] et la tour Eiffel, construite pour l'Exposition universelle de 1889[26].

Aux XIXe siècle et XXe siècle, plusieurs réalisations parsèment les rues de Paris : Guimard[27], Plumet[28] ou Lavirotte[29]. Paris voit la construction de plusieurs ouvrages de style Art nouveau.

Se développent par la suite les réalisations de Mallet-Stevens[30], Roux-Spitz[31], Dudok[32], Henri Sauvage[33], Le Corbusier[34] et Auguste Perret[35].

Il existe à Paris 160 bâtiments disposant du label Architecture contemporaine remarquable[36].

L'arc de triomphe de l'Étoile.

Il existe un axe historique de Paris : débuté au XVIIe siècle, il part de la statue équestre de Louis XIV au Louvre, se poursuit dans le jardin des Tuileries, puis par les Champs-Élysées et l’avenue de la Grande-Armée, il a été construit à la demande de Louis XIV par le jardinier du roi André Le Nôtre[37].

La basilique du Sacré-Cœur au sommet de la butte Montmartre est classé monument historique[38].

Parcs et jardins

Le Grand bassin octogonal du jardin des Tuileries.

Paris comporte 463 parcs et jardins dont le bois de Boulogne et le bois de Vincennes et quatorze cimetières arborés. En 2024, Paris compte 1 905 hectares d’espaces verts ouverts au public (bois, parcs, jardins et squares), soit 8,9 m2 par habitant[39]. On trouve des jardins anciens dans le cœur de Paris, comme ceux des Tuileries et du Luxembourg. Le jardin des Tuileries a été créé au XVIe siècle, sur la rive droite de la Seine, à proximité du Louvre pour le palais éponyme aujourd'hui disparu. Le jardin du Luxembourg, sur la rive gauche, était autrefois une dépendance privée du château construit pour Marie de Médicis vers 1625. Le jardin des plantes, institué par Guy de La Brosse, le médecin de Louis XIII, pour la culture des plantes médicinales, fut quant à lui le premier jardin public de Paris.

C'est toutefois au Second Empire que les jardins parisiens doivent l'essentiel de leur physionomie actuelle. La création d'espaces verts fut une facette importante de la politique d'aération d'une ville où s'entassait une population en rapide augmentation. Sous la conduite de l'ingénieur Adolphe Alphand et du paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, un nouveau type de jardin voit le jour. Le bois de Boulogne et le bois de Vincennes, alors à l'extérieur de Paris, sont aménagés : situés respectivement à l'extrême ouest et à l'extrême est de Paris intra-muros, ils constituent aujourd'hui, et de loin, les espaces verts les plus étendus de la ville. Certains jardins du centre sont réaménagés et des squares de quartier sont créés. Dans les quartiers plus récents, d'importants parcs sont dessinés : Monceau (autrefois connu sous le nom de « folie de Chartres »), Montsouris, les Buttes-Chaumont ont été conçus par l'ingénieur de Napoléon III.

Depuis les années 1980, plusieurs espaces verts ont été aménagés dans des zones d'activités désaffectées. Le parc de la Villette, imaginé par l'architecte Bernard Tschumi à l'emplacement des anciens abattoirs de Paris, est aujourd'hui le plus grand parc de Paris intra-muros. Durant les années 1990, le parc de Bercy, le parc André-Citroën, celui de Belleville et d'autres encore ont vu le jour. Des jardins familiaux ou éducatifs ont également agrémenté la périphérie de la ville le long de l'ancienne ligne ferroviaire circulaire de « Petite Ceinture ». Les jardins d'Éole inaugurés en 2007 et la première phase du parc Martin-Luther-King en 2008, sont les plus importants parcs créés à Paris dans les années 2000.

Principaux espaces verts parisiens (entre parenthèses : superficie en hectares)[40]
Antérieurs au Second Empire Aménagés sous le Second Empire Créés dans le dernier quart du XXe siècle Créés au XXIe siècle

Cimetières et lieux de mémoire

Les principaux cimetières parisiens étaient situés à la périphérie de la ville à leur création en 1804 sous Napoléon Ier. Plusieurs églises de Paris possédaient également leurs propres cimetières mais à la fin du XVIIIe siècle, il fut décidé de les fermer pour des questions de salubrité. Tous les ossements contenus dans les cimetières paroissiaux supprimés en 1786 ont été transférés dans d'anciennes carrières souterraines en dehors des portes méridionales de Paris, lieu devenu, depuis, la place Denfert-Rochereau dans le 14e arrondissement. Ces carrières sont connues de nos jours comme les catacombes de Paris[43].

Bien que l'extension de Paris ait aujourd'hui de nouveau englobé tous ces anciens cimetières, ceux-ci sont devenus des oasis de tranquillité très appréciés dans une ville trépidante. Plusieurs grandes figures ont trouvé le repos dans le cimetière du Père-Lachaise. Les autres cimetières de taille majeure parmi les quatorze de Paris sont le cimetière de Montmartre, le cimetière du Montparnasse, le cimetière de Passy et les catacombes de Paris.

De nouveaux cimetières « hors-les-murs » ont été créés au début du XXe siècle : les plus grands sont le cimetière parisien de Saint-Ouen, le cimetière parisien de Pantin, le cimetière parisien d'Ivry et le cimetière parisien de Bagneux.

Le Mémorial de la Shoah se présente comme une exposition permanente qui raconte l'histoire des juifs de France pendant la Seconde Guerre mondiale en présentant des documents issus du centre de documentation de cette institution.

Photographie

Dès 1911, les studios de photographie se développent à Paris. À cette époque, les portraits restent les prises de vue les plus tendances et les plus rentables[44].

Musique et danse

Les studios d’enregistrement parisiens indépendants s’éloignent de la capitale à partir des années 1960[45].

Paris accueille le Studio Wacker en 1923[46].

Théâtre et cinéma

Le théâtre est avéré à Paris après la conquête romaine de la Gaule[47].

La première séance payante au grand public de l’histoire du cinéma a lieu en 1895 et est donné par les frères Lumière[48].

Art de vivre

Histoire, philosophie et religion

Manifestations culturelles

Sports

Cultures spécifiques

Monuments et lieux touristiques

Patrimoine culturel

Tourisme culturel

Environ 18,2 millions de touristes qui se sont rendus à Paris et en Île-de-France entre janvier et [49].

Paris intra-muros dispose notamment de 143 musées permanents et de quatre-vingt lieux d'expositions temporaires, soit 223 au total, tels le Louvre ou le Grand Palais, et des sites exceptionnels, comme les Champs-Élysées ou la tour Eiffel. Capitale mondiale des salons et conférences (5 % de l'activité mondiale des congrès sur près de 600 000 mètres carrés), de la mode, du luxe, de la gastronomie, de tous les styles architecturaux, de la nuit et de l'amour romantique, Paris propose également un choix important en matière de spectacles, théâtres ou opéras notamment, et présente à un public particulièrement cinéphile un choix sans égal de films en provenance du monde entier.

Les principaux quartiers pour les sorties nocturnes sont l'avenue des Champs-Élysées, du rond-point des Champs-Élysées jusqu'à l'Arc de Triomphe, la Bastille et la rue de Lappe, le quartier des Halles et celui du Marais, le Quartier latin jusqu'à Saint-Germain-des-Prés, Montparnasse, Pigalle, la rue Oberkampf, célèbre pour ses bars, la rue Mouffetard, la Butte-aux-Cailles, la place de la République ou les rives du canal Saint-Martin.

À Las Vegas, un casino a reconstitué à une échelle ½ la tour Eiffel, l'Arc de Triomphe et l'Opéra Garnier. Sur le même principe, un promoteur chinois a construit un « petit Paris » dans la banlieue de Hangzhou en Chine[50].

Musées

Paris et la région Île-de-France possèdent la plus importante offre muséographique de France. On compte en effet pas moins de cent quarante-trois musées dans Paris intra-muros auxquels il faut ajouter plus de cent-dix musées dans la région. Mais au-delà du nombre, c'est surtout dans la diversité des collections que se trouve la plus grande richesse.

Capitale pluriséculaire au riche patrimoine, Paris attire chaque année de nombreux visiteurs. Le musée le plus ancien, le plus grand en surface et en collections est le musée du Louvre. Avec un record de fréquentation de 8,3 millions de visiteurs en 2006, le Louvre est de loin le musée d'art le plus visité au monde. D'autres possèdent également une renommée mondiale tels le musée national d'Art moderne (dans le Centre Georges-Pompidou), consacré à l'art moderne et contemporain, ou le musée d'Orsay, pour l'art de la seconde moitié du XIXe siècle (de 1848 à 1905). À proximité de Paris, le château de Versailles, palais édifié par le Roi-Soleil et résidence des rois de France aux XVIIe et XVIIIe siècles, attire également plusieurs millions de visiteurs par an. Le palais et le parc de Versailles sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979[51].

On trouve des musées sous divers statuts administratifs : les plus célèbres sont des musées nationaux, c'est-à-dire appartenant à l'État français. On peut citer, outre le musée du Louvre, le musée d'Orsay, et le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (musée national d'Art moderne), le Musée de Cluny (musée national du Moyen Âge), le musée du Quai Branly-Jacques-Chirac, la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, le musée national des Arts asiatiques-Guimet, le Palais de Tokyo, le musée de l'Orangerie, le musée de la Musique et la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Villette par exemple. D'autres dépendent de ministères, tels le musée de l'Armée à l'Hôtel des Invalides, le musée de la Marine au Palais de Chaillot et le Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget qui relèvent du ministère des Armées ou le muséum national d'histoire naturelle qui dépend de l'Éducation nationale. On peut également citer le Panthéon, où reposent les « grands hommes » de la Nation tels que Victor Hugo, Voltaire, Rousseau, Jean Moulin, Jean Jaurès ou Marie Curie. D'autres relèvent de l'Institut de France comme le musée Jacquemart-André, du CNAM comme le Musée des Arts et Métiers, ou encore sont des musées privés, tels que le musée des Arts décoratifs, La Pinacothèque, le musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, le musée de la Chasse et de la Nature ou le musée Dapper.

La municipalité possède et gère quant à elle quatorze musées et sites municipaux dont les plus célèbres sont le musée Carnavalet, consacré à l'histoire de Paris, à proximité de la maison de Victor Hugo, le musée d'Art moderne de la ville de Paris ou encore les catacombes. La ville possède également le musée du Petit-Palais (musée des beaux-arts de la ville de Paris) ou le musée Cernuschi (musée des Arts asiatiques de la ville de Paris). De nombreuses expositions thématiques y sont organisées[s 1].

Bibliothèques et médiathèques

Paris accueille un grand nombre de bibliothèques et médiathèques, notamment publiques. La bibliothèque Mazarine, constituée à partir de la bibliothèque personnelle du cardinal Mazarin, est la plus ancienne bibliothèque publique de France ; elle fut ouverte au public en 1643.

La Bibliothèque nationale de France se trouve pour l'essentiel à Paris, notamment sur deux sites : « Richelieu » situé dans le 2e arrondissement et surtout « François-Mitterrand » dans le 13e arrondissement. Elle constitue l'une des plus importantes bibliothèques au Monde avec une collection estimée à plus de trente millions de pièces dont quatorze millions de volumes. Cet établissement public est le dépositaire en France du dépôt légal depuis le règne de François Ier. L'autre grande bibliothèque publique est la Bibliothèque publique d'information du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou.

La ville gère cinquante-cinq bibliothèques municipales de prêt généralistes[s 2] et une dizaine de bibliothèques municipales thématiques[s 3] où il est également possible d'emprunter certains documents. On peut citer parmi les plus connues la bibliothèque historique de la ville de Paris, créée en 1871, qui possède un million de livres et brochures, des photographies, cartes et plans liés à l'histoire de la ville, la Médiathèque musicale de Paris (MMP) ou la bibliothèque du cinéma François-Truffaut, offrant une importante documentation sur le cinéma[s 4]. Contrairement à l'accès à la BNF et à la bibliothèque Mazarine, l'accès aux bibliothèques municipales est entièrement gratuit même s'il peut être interdit aux mineurs dans les bibliothèques thématiques. L'emprunt des livres, revues, bandes dessinées ou partitions est gratuit, celui des disques et vidéos se fait moyennant un forfait annuel.

Il existe en outre des bibliothèques associatives ou privées, comme la bibliothèque des Arts décoratifs, le Forum des instituts culturels étrangers à Paris, la bibliothèque du film de la Cinémathèque française. De nombreuses bibliothèques universitaires sont ouvertes au public, la plus prestigieuse d'entre elles étant la bibliothèque Sainte-Geneviève.

Opéras, théâtres, salles et lieux de spectacles

L'Opéra Garnier.

Les trois opéras de Paris sont l'Opéra Garnier, l'Opéra Bastille et l'Opéra comique outre les autres scènes lyriques occasionnelles que sont le Théâtre du Châtelet et le Théâtre des Champs-Élysées. Ils offrent un répertoire varié de classique et de moderne.

Le théâtre est traditionnellement un lieu majeur de la culture parisienne. Cela demeure vrai, bien que plusieurs de ses acteurs les plus populaires soient également des vedettes de la télévision française. Paris intra-muros offre plus de 70 000 places réparties dans 208 théâtres et cafés-théâtres. La Comédie-Française, le théâtre de l'Odéon, le théâtre de Chaillot ou, sur d'autres registres, le théâtre Mogador et le théâtre de la Gaîté-Montparnasse figurent parmi les principaux théâtres parisiens. Quelques-uns sont également des salles de concert.

Des légendes du monde musical français et francophone tels qu'Édith Piaf, Maurice Chevalier, Georges Brassens, Charles Aznavour ou Jacques Brel ont trouvé la gloire dans les salles de concert parisiennes : Bobino, l'Olympia, Les Trois Baudets, La Cigale ou encore Le Splendid. La salle Pleyel accueille de nombreux concerts symphoniques, la salle Gaveau de la musique de chambre ; plus récemment, la Philharmonie de Paris, à la Cité de la musique dans le parc de la Villette, propose des concerts de musique classique et contemporaine. La maison de Radio France offre, quant à elle, de nombreux concerts d'une grande diversité musicale.

Oum Kalthoum vérifiant une banderole pour son concert à Olympia, le 12 novembre 1967

L'Élysée-Montmartre, dont la taille s'est nettement réduite, est devenu une salle de concert. Le New Morning est l'un des quelques clubs parisiens offrant toujours des concerts de jazz mais on peut y entendre des musiques d'autres horizons. Plus récemment, Le Zénith dans le quartier de la Villette et l'AccorHôtels Arena dans le quartier de Bercy, le Palais des Congrès à l'ouest de la capitale, La Seine musicale à Boulogne-Billancourt, voire le Stade de France à Saint-Denis, la salle Paris La Défense Arena à Nanterre, le Parc des Princes ou le Dôme de Paris - Palais des Sports, proposent des concerts ou des spectacles à plus grande échelle, dont certains en plein air.

Les guinguettes et les cafés-concerts constituaient l'épine dorsale du divertissement parisien avant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les exemples précoces, avant le milieu du XIXe siècle, on peut citer la guinguette du moulin de la Galette et les cafés-concerts de l'Élysée Montmartre et du Château-Rouge. Les orchestres populaires ont ouvert la voie aux accordéonistes parisiens dont la musique a déplacé des foules à l'Apollo et la java a fait danser au faubourg du Temple et à Belleville. En dehors des clubs survivants de cette époque s'est développée la discothèque moderne : Le Palace et Les Bains Douches, quoique fermés aujourd'hui, en sont les exemples les plus légendaires de Paris. Aujourd'hui, une grande partie du clubbing à Paris se déroule dans des clubs comme l'Étoile, Le Cab qui sont très sélectifs. Les clubs orientés vers la musique électronique tels que Le Rex, le Batofar (un bateau converti en club) ou The Pulp sont assez populaires et les meilleurs DJ du monde y offrent leurs prestations. Il existe d'autres salles de concert plus ou moins grandes, de musiques pop ou de rock ou de variétés ou du monde, comme Le Bataclan, Le Grand Rex, le Cirque d'Hiver, etc.

Discothèques et cabarets

Paris compte soixante-et-onze discothèques et une trentaine de cabarets et diners-spectacles dont les plus fameux sont le Moulin Rouge fondé en 1889, où l'on mit à la mode le French cancan, le Lido, les Folies Bergère, le Crazy Horse ou le Paradis Latin, doyen des cabarets parisiens dont l'origine remonte à 1802, et qui symbolisent le « Paris canaille », ainsi que des boites de chansonniers tels que le Caveau de la République et le Théâtre des Deux Ânes ou de travestis comme Chez Michou.

Cinéma

Paris compte un grand nombre de salles obscures avec 98 cinémas en 2012 dont 38 classés « art et essai »[52] pour environ 430 écrans en 2015, la plus grande concentration mondiale par habitant. L'offre est variée : environ 450 à 500 films sont à l'affiche chaque semaine[s 5], ce qui fait de Paris la ville où le plus de films différents sont distribués (du blockbuster américain au film d'art et essai moyen-oriental)[53]. Ces salles sont fréquentées par plus de 28,2 millions de spectateurs par an (chiffres 2011), soit 13 % de la fréquentation nationale[52].

Quelques grands groupes dominent de plus en plus et le cinéma indépendant est fragilisé. Depuis les années 1990, de grands multiplexes UGC, Pathé ou MK2 de dix à vingt salles ont été créés (aux Halles, à Bercy, etc.)[54].

La plus grande salle de cinéma à Paris est aujourd'hui Le Grand Rex avec 2 800 places, depuis que le Gaumont-Palace de la place de Clichy (qui comptait 6 000 places) a été détruit en 1973. Toutes les autres salles parisiennes possèdent désormais moins de 1 000 places.

L'ancien American Center de l'architecte Frank O.Gehry abrite désormais la Cinémathèque française, au nord de la passerelle Simone-de-Beauvoir dont elle est séparée par le parc de Bercy ; elle fait face au site François-Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France.

Cafés, restaurants et brasseries

Le Café de Flore, célèbre café parisien, à Saint-Germain-des-Prés.
Les Deux Magots, un autre café parisien célèbre de Saint-Germain-des-Prés.

Les cafés sont rapidement devenus une partie intégrante de la culture française de par leur aspect, en particulier à partir de l'ouverture du Café de la Régence au Palais-Royal en 1681 puis, huit ans plus tard, du Café Procope sur la rive gauche. Les cafés dans les jardins du Palais-Royal sont devenus particulièrement populaires au cours du XVIIIe siècle et peuvent être considérés comme les premières « terrasses de café » à Paris. Celles-ci ne connurent pas d'expansion jusqu'à l'apparition des trottoirs et des boulevards au milieu du XIXe siècle. À la Révolution, les cuisiniers des princes et des nobles créèrent le concept de restaurant.

Le premier établissement annonciateur de « la restauration » semble avoir été à Paris La Tour d'Argent, fondé en 1582 par un certain Rourtaud ; l'endroit aurait contribué à l'utilisation de la « fourchette » en France. Le premier restaurant, dans l'acception moderne, est ouvert à Paris, rue des Poulies, en 1765 par un marchand de bouillon nommé Boulanger (dit Champ d'Oiseau) qui invente la « carte de restaurant » et le mot « restaurant », et en 1782, Antoine Beauvilliers, cuisinier du prince de Condé et officier de bouche du comte de Provence, reprend la formule et ouvre, dans un cadre raffiné, la Grande Taverne de Londres, au 26, rue de Richelieu. C'est là le premier véritable « grand restaurant » de Paris, qui restera pendant plus de vingt ans sans rival. Mais c'est à partir de la Révolution française que le phénomène prend de l'ampleur avec la fuite des nobles qui laissent sans emploi leur cuisinier, alors que de nombreux provinciaux arrivent à Paris où ils ne comptent pas de famille qui puisse les nourrir. Dès 1789, on compte à Paris une centaine de restaurants fréquentés par la bonne société, regroupés autour du Palais-Royal. Trente ans après on en dénombre 3 000.

Paris compte de grands restaurants de la gastronomie française, parmi lesquels figurent Maxim's, Le Grand Véfour, Lasserre, L'Archestrate, ainsi que La Tour d'Argent, établissement connu pour la vue panoramique qu'il offre sur la Seine.

La réputation culinaire de Paris trouve ses fondations dans les origines françaises diversifiées de ses habitants. Avec l'arrivée du chemin de fer au milieu du XIXe siècle et la révolution industrielle qui suivit, de nombreuses personnes de toute la France sont arrivées dans la capitale, apportant toute la diversité gastronomique des différentes régions de France et créant de nombreux restaurants de spécialités régionales, comme « Chez Jenny » pour la cuisine alsacienne et « Aux Lyonnais » pour celle de Lyon. L'immigration en provenance de pays étrangers a apporté une encore plus grande diversité culinaire et on trouve aujourd'hui à Paris, en plus d'un grand nombre d'établissements de cuisine d'Italie, du Maghreb ou d'Asie, des établissements proposant des préparations culinaires en provenance des cinq continents.

Hôtels et palaces

Une autre conséquence de l'augmentation du nombre de voyageurs et de touristes dans la capitale est, dès la fin du XIXe siècle, la présence de nombreux hôtels, en partie liée aux expositions universelles. Parmi les plus luxueux, figurent :

Dans les années 1920, durant les Années folles, de nombreux établissements sont créés :

Plus récemment, de grands groupes, souvent étrangers, ont ouvert de nombreux hôtels de luxe :

Paris, centre littéraire et intellectuel

Buste de Molière au 31 rue du Pont-Neuf, né en réalité deux rues plus à l'ouest au 96 rue Saint-Honoré.

Dès le XIIe siècle, le rayonnement de l'université fait de Paris un foyers intellectuels important du monde chrétien[55].

L'adoption du dialecte parisien par la Cour affirme cette vocation. Durant la Renaissance, la ville devient un foyer de l'humanisme. Avec la progressive centralisation du pouvoir, Paris se trouve renforcée dans sa prééminence culturelle en France. Vers le milieu du XVIIe siècle, Paris et ses salons deviennent le centre presque unique de la littérature français avec notamment celui de l’hôtel de Rambouillet où se réunissaient Malherbe, Corneille, La Rochefoucauld, Madame de Sévigné, Madame de La Fayette, etc. Dans le dernier tiers du siècle, le prestige de la cour de Louis XIV à Versailles éclipse un peu celui de Paris. Toutefois, le théâtre classique et la vie intellectuelle parisienne restent actifs avec notamment Molière qui dirige la « Troupe du Roy » en 1665, qui deviendra la Comédie-Française sous le patronage du roi en 1680.

Au cours du XVIIIe siècle, Paris redevient le centre culturel du royaume. Les salons parisiens connaissent leur plus bel essor. Voltaire, au ton léger et ironique, est l'écrivain parisien par excellence. À l'inverse, Jean-Jacques Rousseau fuit cette ville « de bruit, de fumée et de boue » et se réfugie à Montmorency, à quinze kilomètres au nord de Paris, avant de s'y réinstaller en 1770.

À partir de la Révolution, le monde littéraire se fait plus large, plus complexe. Paris n'en demeure pas moins le cœur de la vie intellectuelle française, en attirant Carlo Goldoni et en accueillant des progressistes, comme Adam Mickiewicz ou Heinrich Heine, menacés ou chassés de différents pays d'une Europe restée globalement très conservatrice. Au cours des XIXe et XXe siècles, Paris est le théâtre où se succèdent les différents mouvements littéraires français et leurs figures principales, romantisme et réalisme avec Hugo ou Balzac, naturalisme avec Zola, Parnasse et symbolisme avec Baudelaire, Verlaine ou Mallarmé, surréalisme avec Apollinaire et André Breton, et d'où viendra le renouveau littéraire apporté par Proust et Céline.

Le nord du boulevard Saint-Michel et ses librairies.

Dans les années 1920, beaucoup d'écrivains étrangers viennent découvrir Paris et s'en inspirent dans leur œuvre : Ernest Hemingway, Henry Miller, Gertrude Stein, Ezra Pound, etc. et d’autres attirés par son milieu littéraire viennent y chercher l’espoir d'un accueil propice : D. H. Lawrence, James Joyce, Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Emil Cioran, Gao Xingjian, etc. Montparnasse, quartier des artistes depuis la fin du XIXe siècle, connaît son âge d'or dans l'entre-deux-guerres. Après la Seconde Guerre mondiale, c'est Saint-Germain-des-Prés qui devient le foyer littéraire le plus célèbre, avec la présence de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian ou Jacques Prévert[c 1]. Le quartier latin demeure le quartier des libraires et l'on y trouve aussi 217 bouquinistes sur les quais de Seine. Paris est la principale ville de l'activité littéraire et de l'édition françaises ; dans beaucoup de quartiers, des immeubles portent une plaque rappelant le séjour d'un écrivain.

Paris dans les arts et la culture

Paris dans la littérature

Depuis longtemps, Paris a inspiré les écrivains. Au XVe siècle, François Villon plonge dans les bas-fonds de Paris pour amorcer son œuvre majeure : Le Testament. Toutefois, au XVIIe siècle et, dans une moindre mesure au XVIIIe siècle, la description de la réalité parisienne contemporaine intéresse peu les auteurs.

Les Halles ont inspiré Émile Zola pour Le Ventre de Paris (tableau de Léon Lhermitte).

Au XIXe siècle, les écrivains français s'attachent davantage à décrire la réalité de leur temps de manière plus exacte. Sous la monarchie de Juillet, Honoré de Balzac cherche à brosser un tableau détaillé et moderne de la société française, c'est La Comédie humaine[56]. Paris occupe une place privilégiée dans cette œuvre et pas seulement dans les Scènes de la vie parisienne. Il distingue par la diversité des réseaux de relations : c'est là que sont possibles les succès les plus fulgurants, là que l'on cherche la gloire[57] mais aussi là que l'on peut tomber dans l'anonymat le plus absolu[58].

Si Balzac s'intéresse avant tout à la haute société ou aux ambitieux désargentés, on commence à la même époque à s'intéresser à la ville populaire, perçue comme menaçante et fascinante. Des études paraissent sur les « classes dangereuses » d'une ville en expansion. Les Mystères de Paris d'Eugène Sue, qui fait une très large place au Paris de la pègre, connaît un immense succès lors de sa parution en feuilleton en 1842–1843. Vingt ans plus tard, c'est l'autre plus grand romancier de Paris, Victor Hugo, qui publie Notre-Dame de Paris et Les Misérables, autre volumineux ouvrages traitant du Paris populaire devenu des classiques. Paris fascine avec une double image : une ville fastueuse et prestigieuse (Stendhal sublime Le Frascati, Balzac chante le boulevard des Italiens, Nerval ou Baudelaire ne jurent que par le Divan Le Pelletier) mais aussi une ville populaire où règne le vice. Gérard de Nerval s'y suicide dans le lieu le plus sordide qu'il ait pu y trouver. Le Paris en mutation d'Haussmann est largement décrit par Émile Zola dans Les Rougon-Macquart (Le Ventre de Paris, Nana, Au Bonheur des Dames) ; il est le cadre des errances et états d'âme des poètes parnassiens et symbolistes et surtout de Baudelaire (Le Spleen de Paris). Guy de Maupassant utilise notamment la capitale pour dépeindre la société de son époque, comme dans la satire Bel-Ami (publié en 1885), dans lequel le héros grimpe dans la hiérarchie sociale parisienne grâce à ses maîtresses et ses coups bas.

Toujours au XIXe siècle, la ville de Paris est représentée dans d'autres genres que le roman social et le roman réaliste. Par exemple, Jules Verne l'imagine en dystopie dans son roman méconnu, Paris au XXe siècle, écrit en 1863. La ville apparaît aussi dans de nombreux romans-feuilleton, tels que ceux où apparait le personnage Rocambole. De même, elle sert beaucoup de lieux d'action pour les romans historiques tels que Les Trois Mousquetaires par Alexandre Dumas (1844). Enfin, on peut citer des pièces de théâtre, telles que la comédie héroïque Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand (1897), librement inspirée de la vie et de l'œuvre de l'écrivain libertin Savinien de Cyrano de Bergerac (1619-1655).

Au début du XXe siècle, la capitale servait de théâtre à des séries policières, telles que Fantômas (par Pierre Souvestre et Marcel Allain) ou Arsène Lupin (par Maurice Leblanc).

Dans les années 1960, les écrivains transforment Paris en une ville mythique : parfois drôle et burlesque comme Zazie dans le métro de Raymond Queneau ou encore pleine de souvenirs comme Je me souviens de Georges Perec.

La ville fascine encore les écrivains de la nouvelle génération, comme Patrick Modiano (et le quartier de Belleville), Brahim Metiba dans Je n'ai pas eu le temps de bavarder avec toi (un parcours en bus de Clichy-la-Garenne au centre de Paris), ou Jean-François Vilar (et le quartier de Bastille).

La poésie joue également à Paris un rôle dans de nombreuses œuvres : Jacques Réda et Les Ruines de Paris, Jacques Roubaud et La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains.

Paris dans la peinture et la sculpture

Camille Pissarro, le pont Neuf, 1902.

Paris a été une source d'inspiration pour de nombreux artistes qui ont diffusé son image dans le monde entier.

Il existe de rares représentations de la ville dans certaines peintures et miniatures médiévales, mais les peintures représentant Paris ne se multiplient de manière significative qu'à partir des Guerres de Religion à la fin du XVIe siècle. C'est sous les règnes d'Henri IV et de Louis XIII que la ville est représentée par Jacques Callot et par les peintres hollandais De Verwer et Zeeman, en particulier les bords de Seine qui les fascinent. Le Louvre devient un sujet de prédilection au XVIIe siècle mais il faut pourtant attendre la vogue de la peinture en plein air au XIXe siècle pour voir les artistes s'intéresser à la vie parisienne et au paysage urbain en mutation. Corot plante son chevalet sur les quais de Seine, Monet représente l'atmosphère vaporeuse de la gare Saint-Lazare, Renoir décrit la vie montmartroise (Moulin de la Galette, le Moulin-Rouge), Pissarro peint le Pont Neuf et Sisley l'Île Saint-Louis. Puis, au tournant du siècle, Seurat, Gauguin (Parisiens de naissance), Cézanne et Van Gogh représentent largement Paris dans leur œuvre. Toulouse-Lautrec est peut-être le plus parisien dans l'âme mais il s'intéresse plus aux cabarets et aux bas-fonds parisiens, qu'il fréquente assidûment, qu'aux paysages. Au XXe siècle, les plus parisiens des peintres sont certainement Matisse, Vlaminck, Derain, et Marquet ou Utrillo qui représentent souvent les quartiers déshérités de la ville. Picasso, van Dongen et Dumont mènent une vie de bohème au Bateau-Lavoir à Montmartre tandis que Léger, Modigliani, Chagall, Zadkine, Csaky et Soutine s'installent dans les ateliers de la Ruche à Montparnasse ; c'est l'âge d'or de l'école de Paris qui laisse place au surréalisme après la Seconde Guerre mondiale.

Les sculpteurs François Rude (La Marseillaise, composition la plus forte de l'Arc de Triomphe) puis Jean-Baptiste Carpeaux avec la fontaine de l'Observatoire précèdent les grands maîtres de la fin du XIXe siècle dont d'innombrables œuvres ornent la voie publique parisienne : Rodin, Dalou (jardin du Luxembourg, place de la Nation), Bourdelle (Palais de Tokyo), Maillol (jardin des Tuileries) puis Paul Landowski (sainte Geneviève au pont de la Tournelle). L'Art nouveau trouve un étonnant débouché en 1900 avec le métro de Paris naissant dont Guimard orne alors plusieurs dizaines de bouches d'entrée. L'art contemporain s'illustre par exemple au Palais-Royal avec les colonnes de Buren ou à Beaubourg avec la fontaine Stravinsky.

Paris dans la musique et la chanson

Jean Béraud, La Marseillaise, 1880.

Paris constitue un thème et un cadre pour d'innombrables chansons et œuvres musicales.

La tradition musicale à Paris remonte au Moyen Âge avec la création à la fin du XIIe siècle de l'école polyphonique de Notre-Dame dont les œuvres expriment la foi médiévale. Sous François Ier naît à Paris l'imprimerie musicale française et les premières chansons populaires apparaissent. Sous le règne de Louis XIV, les grands opéras sont représentés à Paris : Lully s'y installe et devient responsable de la musique de la Cour. Ses ballets sont représentés au Louvre à partir de 1655. Au XVIIIe siècle, Rameau accentue le rôle de l'orchestre dans ses opéras-ballets, la musique s'impose dans les salons. L'Histoire de France influence également la musique parisienne : de nombreuses chansons populaires sont créées durant la Révolution française ; La Carmagnole devient l'hymne des Sans-culottes en 1792. Au XIXe siècle, Paris devient la capitale de la musique, plus par les grands maîtres étrangers comme Rossini et Gaetano Donizetti et même Richard Wagner qu'elle attire par son rayonnement que grâce à ses propres compositions. La musique évolue progressivement vers le romantisme incarné par exemple par Frédéric Chopin et Franz Liszt. Gounod renouvelle l'opéra lyrique tandis que Berlioz importe la musique descriptive.

La musique festive de danses de Paris au XIXe siècle est célèbre dans le monde entier. Jouée notamment au moment du carnaval de Paris, elle influence des musiques traditionnelles et des compositeurs étrangers. Au nombre de ceux-ci, on trouve Johann Strauss père, venu à Paris, à l'invitation de Philippe Musard, alors très célèbre. Ce dernier, ainsi que des dizaines d'autres compositeurs parisiens très fameux à l'époque (Jullien, Tolbecque, etc.).

Après 1870, Dukas, Saint-Saëns ou Bizet font de la France la maîtresse de la musique de ballet. Le caractère national de la musique revient avec Ravel et Debussy, musiciens impressionnistes. La fin du XIXe siècle est aussi l'époque des chansonniers dont Le Chat noir est le lieu de représentation emblématique, immortalisé par Toulouse-Lautrec. Au XXe siècle, les chansons d'Édith Piaf, la « môme de Paris », ainsi que celles de Maurice Chevalier incarnent la chanson populaire parisienne dans le monde entier. Plus récemment, Jacques Dutronc chante en 1968 « Il est 5 heures, Paris s'éveille » et Dalida devient l'une des plus célèbres Montmartroises, une place de la Butte porte son nom et un buste a été érigé en son hommage dix ans après son décès[59].

Paris dans la photographie

Phaéton de marque Brouhot à Paris en 1910.

Dès l'invention de la photographie, de nombreux artistes ont cherché à capter l'atmosphère de la ville et sa vie quotidienne prise sur le vif. Initiée par Eugène Atget (1857-1927)[60], la photographie de scènes de rues et petits métiers aujourd'hui disparus est incarnée par Robert Doisneau (1912-1994), un des premiers grands photographes de Paris[61]. Les scènes insolites constituaient ses sujets de prédilection : les enfants jouant dans les rues, les concierges, les bistrots, les marchés, etc. Ses photographies sont pleines d'humour et de tendresse, la plus célèbre étant Le Baiser de l'Hôtel de Ville[62]. Les images de Willy Ronis évoquent le Belleville et le Ménilmontant d'autrefois, saisissante illustration d'une atmosphère populaire à jamais disparue[63]. Marcel Bovis (1904-1997) a, quant à lui, représenté la magie de Paris la nuit.

Paris au cinéma

L'épicerie Collignon à Montmartre, apparaissant dans le film le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.

Paris est une des villes les plus filmées au monde[64].

Parmi une longue liste de films, quelques chefs-d'œuvre du cinéma français sont devenus des classiques. Hôtel du Nord (1938) fut le cadre de la célèbre réplique d'Arletty « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? » ; le petit hôtel au bord du canal Saint-Martin, où le film ne fut d'ailleurs pas tourné[a] est devenu un lieu de pèlerinage cinéphile.

La Traversée de Paris (1956) et Le Dernier Métro (1980) rappellent une certaine réalité de l'Occupation, tandis que Paris brûle-t-il ? (1966) évoque la libération de Paris en août 1944. Plus récemment, Chacun cherche son chat (1996) est une tranche de vie d'un immeuble parisien montrant l'isolement dans une grande métropole et la solidarité qui peut pourtant y exister. Enfin, le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001), conte contemporain dans un Paris mythique et intemporel, a rencontré un succès populaire international et amené de nombreux cinéphiles à Montmartre à la recherche des lieux emblématiques du tournage.

De grands succès du cinéma international, comme Tout le monde dit I love you (1996) ou Minuit à Paris (2011) de Woody Allen, Moulin Rouge ! (2001) ou Da Vinci code (2006), ont choisi la ville pour cadre. En 2007, grâce à son image et à sa position de capitale de la gastronomie, Paris a été choisie comme cadre de l'action du film d'animation des studios américains Pixar Ratatouille[65].

De plus, Paris apparaît dans de nombreux films récents comme La Mémoire dans la peau (2002) avec Matt Damon, qui se déroule en grande partie à Paris, ou Tout peut arriver (2003) avec Jack Nicholson, qui dîne dans le restaurant Le Grand Colbert à la fin du film. Le film choral de Cédric Klapisch Paris (2008) s'y déroule exclusivement. En 2010, Paris est aussi le lieu de résidence de Fabrice Luchini dans Les Femmes du 6e étage. Paris apparaît également dans le film Inception (2010) ainsi que dans une grande partie de Mission impossible : Fallout (2018).

Paris dans la culture populaire

L'argot « parisien » révélé par les écrivains du XIXe siècle comme Victor Hugo, Eugène Sue ou Balzac reste très vivace à Paris jusqu'aux années 1950. L'évolution sociologique et ethnique de la population parisienne explique en grande partie cette « mort » de l'argot parisien, qui ne se pratique plus vraiment dans la rue mais qui fit longtemps la joie des lecteurs de romans comme San Antonio, des spectateurs de films dialogués par Michel Audiard ou des auditeurs de chansons de Pierre Perret, de Renaud (titi parisien par excellence) ou de sketches de Coluche. Depuis, l'embourgeoisement de la capitale et l'arrivée massive de populations provinciales et étrangères contribuent progressivement à la disparition de l'argot parisien, supplanté par le verlan[66] et par de nouvelles formes d'expression développées en banlieue, éventuellement ponctuées de mots empruntés aux langues étrangères, telles que l'anglais ou l'arabe.

On appelle souvent Paris la « Ville lumière ». L'origine de cette périphrase vient de la création de l’éclairage public à Paris par Gabriel Nicolas de La Reynie, au XVIIe siècle[67].

Paris est surnommée familièrement « Paname », surnom donné au début du XXe siècle aux Parisiens qui avaient adopté le chapeau dit panama[68], mis en vogue par les ouvriers qui creusaient le canal du même nom au début du XXe siècle. Cette coiffe très pratique s'exportait principalement vers les États-Unis et l'Europe ; elle avait fait fureur à Paris où tous les hommes portaient un panama. Ce chapeau a donné lieu à de nombreuses chansons, notamment le Paname de Léo Ferré, mélancolique déclaration d'amour à la capitale, qui vaudra au chanteur son premier grand succès.

Plus anciennement, Paris et aussi Pantin, une de ses proches banlieues, étaient surnommées argotiquement « Pantruche »[68] (d'où le nom de la Compagnie carnavalesque parisienne « les Fumantes de Pantruche », présente au Carnaval de Paris).

« Parigot » est un terme d'argot qui désigne un Parisien. Ce terme est généralement considéré comme péjoratif ou au moins moqueur[69].

Paris dans les jeux vidéo

La ville est reproduite dans le jeu vidéo The Saboteur, sorti en 2009, avec la plupart des plus grands monuments de la ville. Le jeu se déroule au tout début de la Seconde Guerre mondiale[70],[71]. Elle est également entièrement reproduite dans le jeu vidéo automobile Midtown Madness 3 et Midnight Club II. Une partie du scénario s'y déroule dans Tomb Raider : L'Ange des ténèbres, et une mission y a lieu au tout début du jeu 007: Nightfire. En novembre 2011, des missions y ont lieu également dans Call of Duty: Modern Warfare 3. De plus, on retrouve une carte de Battlefield 3 dans le mode multijoueur qui se déroule à Paris (Opération Métro et traversée de la Seine) ainsi que dans son mode solo. Paris apparait également dans le jeu Remember me, se déroulant dans la ville de Néo-Paris, une version plus technologique de la Ville Lumière. Le jeu vidéo Killing Floor 2 propose de se battre dans un Paris dévasté[72].

Dans le jeu vidéo de rôle Pokémon X et Y, développé par Game Freak et sorti en 2013, « Illumis » (le nom fait référence à la Ville Lumière), plus grande ville de la région de Kalos (inspirée de la France), est une représentation fictive de Paris dans laquelle on trouve de nombreux cafés, taxis, etc. La ville est coupée en deux par un fleuve, la Seine, qui sépare la rue méridionale (Rive gauche) de la rue septentrionale (Rive droite) ; le centre de la ville est occupé par la tour Prismatique (la tour Eiffel), le tout étant relié par cinq places et quatre avenues portant des noms de mois du calendrier révolutionnaire.

Dans le jeu Clair-Obscur: Expedition 33 développé par le studio Sandfall Interactive et sorti en avril 2025, « Lumières » est une représentation fictive de Paris inspiré de la Belle Époque, le jeu se déroulant après un événement cataclysmique, des monuments comme la tour Eiffel ainsi que l'Arc de triomphe y apparaissent en partie détruits[73].

Dans le jeu Assassin's Creed Unity, opus de la série Assassin's Creed développé par les studios Ubisoft et sorti en octobre 2014, l'ensemble de l'intrigue et de l'action principale se déroule à Paris durant la Révolution française. La ville y est entièrement modélisée quasiment à l'échelle 1:1 telle qu'elle était de 1789 à 1794[74]. Les principaux monuments sont reconstitués avec moult détails (y compris ceux disparus, comme la Bastille et le palais des Tuileries), et les développeurs se sont attachés à reconstituer l'ambiance populaire à cette période. Ici le caractère violent et sanguinaire de la société parisienne de l'époque est très souligné[75]. L'expérience de jeu prenant place dans un monde dit ouvert, le joueur est encouragé à explorer cette reconstitution historique de Paris à un moment capital de son histoire[76].

Dans le jeu World of Tanks, Paris est une des cartes jouables. Il s'agit d'une représentation des alentours. Comme beaucoup des cartes du jeu, elle s'entend sur km2, ici autour du Palais de Chaillot, le tout sur la rive droite de la Seine. La tour Eiffel est visible mais est inaccessible. Paris est une carte estivale, réservée aux rangs VIII à X. La carte n'est pas une représentation fidèle de la disposition exacte des rues mais elle s'inspire directement du style architectural de la ville. La statue équestre du maréchal Foch est également représentée[77].

Paris dans la bande dessinée

Dès le début du XXe siècle, des créateurs précurseurs du neuvième art font de la capitale le décor privilégié des aventures de leurs personnages. En 1905 apparaît Annak Labornez, plus connue sous le sobriquet de Bécassine, qui part bien vite travailler à Paris chez la marquise de Grand'Air. En 1908, trois authentiques Parigots commencent à arpenter le pavé parisien, au gré de leurs filouteries et arnaques en tout genre : Croquignol, Ribouldingue et Filochard deviennent célèbres sous le nom des Pieds nickelés.

Au sortir de la guerre, la bande dessinée est incontestablement belge, avec deux grandes écoles : la Ligne claire pour Le Journal de Tintin, sous la houlette de Hergé, et l'école de Marcinelle pour Spirou, inspirée par Joseph Gillain. Elle entame sa migration vers la France et Paris en 1959, avec la création par René Goscinny, Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier de Pilote. C'est en France que la bande dessinée entame son renouveau, voyant apparaître des auteurs tels que Philippe Druillet, Giraud, Fred, etc.

En 1978, Casterman lance son propre journal, (À suivre), ambitieux magazine qui verra exploser le plus parisien des auteurs de BD, Jacques Tardi, dont nombre de ses œuvres prennent place dans la ville lumière, en particulier avec Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, série reconstituant le Paris de la Belle Époque, dans une parodie des romans populaires de l'époque, mais aussi dans ses différentes adaptations de romans de plusieurs auteurs, tels que Léo Malet (Nestor Burma), Pierre Siniac (Le Secret de l'étrangleur) ou encore, Jean Vautrin (Le Cri du peuple).

Edgar P. Jacobs, auteur de Blake et Mortimer, s'illustre aussi dans ce domaine, avec pas moins de trois albums se déroulant dans Paris et sa région. Ainsi, dans S.O.S. Météores (1958 – 1959 ; se déroulant dans la capitale et dans le département des Yvelines) et L'affaire du collier (1965 – 1966 ; exclusivement dans cette ville), les différents lieux visités par les personnages sont représentés de manière très réaliste. Dans l'aventure Le Piège diabolique (1960 – 1961), on n'y voit Paris que très furtivement, au début et à la fin, l'aventure se déroulant essentiellement dans la commune de La Roche-Guyon (Val-d'Oise).

Paris (sous le nom antique de Lutèce) apparaît dans pas moins de quatre aventures d'Astérix, série réalisée par René Goscinny et Albert Uderzo. Elle sert de décor dès la seconde aventure, La Serpe d'or (1962), dans lequel les héros luttent contre un réseau de trafiquants de serpes d'or. Puis, la cité gauloise sert de seconde étape dans Le Tour de Gaule d'Astérix (1965), où ils achètent du jambon de Lutèce et surtout, rencontre leur futur chien Idéfix (qui sera nommé à partir de l'album suivant). Elle apparait au début de l'histoire Les Lauriers de César (1972), où s'y déclenche l'intrigue : le chef Abraracourcix y fait un pari d'ivrogne auprès de son beau-frère (caricature de Parisien), dans lequel seront impliqués les héros. Enfin, elle est au centre de Lutèce olympique, courte histoire écrite et dessinée par Albert Uderzo (et qui sera publiée dans Astérix et la Rentrée gauloise, regroupant plusieurs histoires), visant à soutenir la candidature (infructueuse) de Paris aux Jeux olympiques d'été de 1992. En outre, Lutèce est souvent évoquée dans la série, donnant l'impression d'être la capitale de la Gaule (afin de mieux donner au lecteur le sentiment que la série se déroule à l'époque actuelle), alors que la capitale des Gaules était Lugdunum (l'antique Lyon), à partir de 27 avant notre ère.

Paris, capitale du cinéma

La première projection cinématographique publique a été réalisée à Paris, le , par Antoine Lumière[78],[79], et montrant la sortie d'une usine de Lyon, où a été inventé l'appareil. C'est également à Paris que Georges Méliès (1861-1938) invente « l'art du cinéma » et le spectacle cinématographique : avant lui les films sont uniquement des documentaires ou des démonstrations techniques. Georges Méliès est connu pour les développements qu'il apporta aux techniques du cinéma, essentiellement dans le domaine du scénario et des trucages. Il est le premier réalisateur et le créateur du premier studio de cinéma.

La première projection publique du cinéma numérique en Europe[80] a été réalisée à Paris, le , par Philippe Binant[81].

Le Paris des mots célèbres

L'histoire de France et celle de sa capitale sont depuis longtemps intimement liées, du « Paris vaut bien une messe » (attribué à Henri IV) au « Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! » (célèbre phrase du général de Gaulle prononcée lors de son discours donné à 19 heures, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, le soir du , jour même de la Libération de Paris[82]).

Personnalités liées à Paris

Héraldique, drapeau, logotype et devise

Notes et références

Références

Related Articles

Wikiwand AI