Grégory Doucet

From Wikipedia, the free encyclopedia

Élection4 juillet 2020
Réélection27 mars 2026
CoalitionEELV-LFI-GRS-MRC-PS-PCF-G·s (2020-2026)
LE-PS-PP-PCF-VC-L'A-D!-G.s-GRS (depuis 2026)
PrédécesseurGérard Collomb
Grégory Doucet
Illustration.
Grégory Doucet en 2020.
Fonctions
Maire de Lyon
En fonction depuis le
(5 ans, 9 mois et 20 jours)
Élection 4 juillet 2020
Réélection 27 mars 2026
Coalition EELV-LFI-GRS-MRC-PS-PCF-G·s (2020-2026)
LE-PS-PP-PCF-VC-L'A-D!-G.s-GRS (depuis 2026)
Prédécesseur Gérard Collomb
Conseiller métropolitain de Lyon
En fonction depuis le
(5 ans, 9 mois et 22 jours)
Élection 28 juin 2020
Réélection 22 mars 2026
Circonscription Lyon-Sud-Est
Président Bruno Bernard
Véronique Sarselli
Groupe politique LE
Biographie
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique LV (2007-2010)
EELV (depuis 2010)
Diplômé de ESC Rouen
Profession Cadre humanitaire

Image illustrative de l’article Grégory Doucet
Maires de Lyon

Grégory Doucet, né le à Paris, est un militant écologiste et homme politique français.

Membre des Verts (LV) puis d'Europe Écologie Les Verts (EELV), il est maire de Lyon depuis le , premier écologiste à occuper cette fonction.

Diplômé de l’École supérieure de commerce de Rouen, il a auparavant travaillé dans le domaine humanitaire, notamment au sein d’Handicap International, avant de s’engager en politique à partir des années 2010.

Jeunesse et famille

Né à Paris en 1973, Grégory Doucet grandit aux Ulis (Essonne)[1]. Son père est cadre dans l'industrie pétrolière et sa mère est secrétaire dans une banque[2]. Il est père de quatre enfants[1].

Formation et carrière professionnelle

Il est diplômé de l'ESC Rouen[1],[3].

Étudiant, il occupe le siège de président du Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées (Genepi), association œuvrant pour le décloisonnement des prisons et pour la réinsertion des personnes incarcérées[2]. Il travaille également auprès des gens du voyage[1].

Il fait ensuite carrière dans l'humanitaire dans l'association Planète Enfants & Développement[4], et travaille dans ce cadre à Manille (Philippines) de 2002 à 2006, puis à Katmandou (Népal) de 2006 à 2008[5]. À son retour en France, il réside quelques mois à Corbeil-Essonnes puis rejoint Handicap International en 2009 à Lyon, comme chargé des opérations en Afrique de l'Ouest, ce qui le conduit à s'installer à Lyon[1],[6],[7].

Parcours militant et écologiste

Débuts chez les Verts et à EELV

Grégory Doucet s’engage au sein du mouvement EELV en 2006, tout en militant dans plusieurs associations à vocation environnementale[8]. Il revendique un engagement de longue date en faveur de la transition écologique et est « l’un des instigateurs des marches pour le climat à Lyon »[9].

En 2014, il est candidat sur la liste écologiste aux élections municipales de 2014 pour la mairie du 8e arrondissement de Lyon, en position non éligible[1].

En 2017, il est élu secrétaire de la section lyonnaise d'Europe Écologie Les Verts[1],[6], poste qu'il quitte fin 2019 en raison de sa participation à la campagne électorale des municipales à Lyon.

Lors des élections législatives de 2017, il cherche à se porter candidat mais n'est pas retenu en raison d'un accord entre EELV et le Parti socialiste (PS)[1]. Il figure à la 27e place sur la liste conduite par Yannick Jadot lors des élections européennes en 2019[1]. Parallèlement, il fait partie des organisateurs des marches pour le climat à Lyon[10].

Campagne municipale de 2020

En vue des élections municipales de 2020, il participe à « Madame Z », initiative portée par Renaud Payre, directeur de l'Institut d'études politiques de Lyon, qui « vise à bâtir une alliance entre les diverses composantes de la gauche et des écologistes avant le premier tour », puis quitte le dispositif après les Journées d'été 2019 d'EELV[1]. Lors des primaires organisées en par EELV pour désigner la tête de liste du parti, il l'emporte face à Bruno Charles et Étienne Tête, tous deux élus sortants et figures historiques du parti, avec 61 % des voix[6],[11]. Il réaffirme alors le choix d'EELV de constituer une liste autonome au premier tour, et exclut toute alliance avec La République en marche entre les deux tours[11].

Il fait notamment campagne sur l'instauration de repas issus à 100 % de l'agriculture biologique, la réduction de la consommation de viande et l'approvisionnement à 50 % en local dans la restauration collective, la réduction de la circulation automobile et le soutien à la mobilité active, la création de forêts urbaines, le ralentissement des constructions dans certains quartiers, notamment celui de la Part-Dieu, l'accélération de la rénovation thermique des logements et l'opposition au projet de bouclage du boulevard périphérique de Lyon[12],[13].

Sa liste arrive en tête du premier tour avec 28,46 % des voix, tous arrondissements cumulés[14].

Entre les deux tours, il scelle une alliance avec Sandrine Runel et Renaud Payre (union de la gauche), et obtient le ralliement de Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon, à qui il promet le poste d'adjointe à la culture[1]. Il reçoit également le soutien du PS, du Parti communiste français, de La France insoumise, ainsi que des députés Hubert Julien-Laferrière et Matthieu Orphelin (ex-LREM)[7].

Face aux listes de Yann Cucherat  successeur désigné de Gérard Collomb et soutenu au second tour par la droite locale  et de Georges Képénékian lors d'une triangulaire, ses listes remportent le second tour avec 52,4 % des suffrages[14],[15].

Tête de liste dans le 3e arrondissement de Lyon, il l'emporte également au second tour avec 49,95 % des voix, devant la liste de Béatrice de Montille (LR) et celle de Georges Képénékian (divers centre)[16]. Sa victoire constitue une rupture historique, dans le contexte d'une forte progression des listes écologistes qui remportent plusieurs autres grandes villes françaises[17].

Le , lors du conseil municipal d'installation, il est élu maire de Lyon avec 51 voix sur 73, succédant à Gérard Collomb[18],[19].

Maire de Lyon (depuis 2020)

Premier mandat (2020-2026)

Sa majorité suivant les élection allie un groupe de quarante élus écologistes à une douzaine d'alliés de gauche : socialistes, insoumis, du PRG, communistes, et de Génération.s. À son entrée en fonction, Grégory Doucet annonce une baisse de son indemnité d’élu : initialement fixée à 8 500 € brut par mois, l’indemnité a été réduite à 7 500 € brut par mois par délibération du conseil municipal en [20], une mesure de « sobriété »[21], les deux indemnités de maire (7500 €) et de conseiller métropolitain (1341€) portant sa rémunération totale au dessus du seuil maximal, la soumettant de facto à écrêtement[22]. L'ensemble des mesures du premier budget de la mandature sont analysées à l'aune de l’égalité entre les femmes et les hommes, ce qui constitue une première pour une ville de plus de 500 000 habitants[23],[24].

Gestion de la crise sanitaire de la Covid-19

Son mandat débute au milieu de la pandémie de Covid-19, alors en cours depuis quelques mois. Pour pallier la chute brutale de l'activité des acteurs culturels entre les mois de mars et d' du fait de la crise sanitaire de la Covid-19, le nouvel exécutif municipal annonce lors de son premier conseil municipal la création d'un fonds de soutien de 4 millions d'euros au secteur culturel du territoire lyonnais, qui s'ajoute aux différentes aides et dispositifs existants prévus par l'État et les autres collectivités territoriales[25]. En , il plaide avec le président de la Métropole de Lyon Bruno Bernard pour la réouverture des lieux culturels en demandant au gouvernement de reconsidérer la prolongation de leur fermeture[26].

Le , le Palais des Sports de Gerland est réquisitionné par la préfecture et transformé en un centre de dépistage à destination des personnels soignants et des personnes cas contact et symptomatiques, devenant l'un des plus gros centre de dépistage sur le territoire français[27],[28]. Le , une partie du centre est affectée à la campagne de vaccination contre le virus[29],[30].

Végétalisation

À l'automne 2020, le nouvel exécutif engage un projet de végétalisation afin de créer de nouveaux îlots de fraîcheur, dans le but de limiter les pics de chaleur et la minéralisation urbaine[31]. Notamment, une campagne de plantation de plusieurs vergers urbains est lancée avec pour objectif de « transformer 5 000 mètres carrés d'espaces de gazon en autant d'espaces nourriciers et porteurs de biodiversité »[31]. Le projet n'a pas pour vocation d'assurer l'approvisionnement alimentaire de la ville de Lyon, mais de servir d'outils pédagogiques pour inciter à préserver la biodiversité et à œuvrer une alimentation saine.

Il fait voter en 2021 l'« État d'urgence climatique » pour agir notamment contre les canicules[32]. Le projet « Lyon 2030 », lancé en 2022, vise la neutralité carbone de la municipalité en huit ans[33]. En 2025, 14 hectares ont été végétalisés et perméabilisés. En outre, une ferme métropolitaine de 4 hectares permet d'alimenter 38 collèges de l'agglomération en légumes bio[34].

En , la Ville de Lyon reconduit la mesure  déjà mise en place par son prédécesseur  d’un menu unique sans viande dans les cantines scolaires, invoquant des contraintes logistiques liées à la pandémie de Covid-19, notamment la nécessité de réduire le temps de service et le brassage des élèves[35]. Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie y voient une forme d’idéologie anti-viande et un « affront fait aux éleveurs »[36].

La municipalité rétablit par la suite la diversité des menus, incluant de nouveau des plats à base de viande à la rentrée suivante[37].

Mobilités

Le week-end du et du , la municipalité mène une grande expérimentation de piétonisation de centre-ville de Lyon, avec pour objectif de « rendre l'espace public aux habitants et habitantes, apaiser les rues et redonner du calme pendant tout un week-end »[38]. Dès la première rentrée scolaire de son mandat, sept rues desservant douze écoles sont définitivement piétonnisées[39]. À terme, la municipalité ambitionne de piétonniser l'ensemble des 206 écoles lyonnaises[39],[40],[41].

Par la suite, Grégory Doucet lance le projet d’une zone à trafic limité (ZTL) pour le centre‑ville de Presqu’île de Lyon (secteur compris entre la place Bellecour et la place des Terreaux) dans le cadre du programme « Presqu’île à Vivre », visant à réduire la circulation automobile, développer les mobilités douces et améliorer la qualité de vie en milieu urbain[42]. Le périmètre de la ZTL entre en vigueur le , avec un accès réservé aux « ayants‑droit » (résidents, commerçants, livreurs, taxis, transports de secours) via bornes, badges ou reconnaissance des plaques ; les véhicules de transit y sont interdits[43].

Grégory Doucet annonce la mise en place dans toute la ville, d'ici la fin de son mandat, du « système superblock » (« super-îlots »), inspiré de Barcelone, consistant à canaliser la circulation automobile autour de miniquartiers priorisant la mobilité active et des espaces de détente[39]. En , il annonce la généralisation de la limitation de vitesse à 30 km/h dans la ville de Lyon au printemps 2022[44].

Le réseau de tramway connait un grand développement durant le mandat avec le lancement de la construction de 3 nouvelles lignes, le prolongement de la ligne T6 mais aussi, en utilisant l'infrastructure existante, le prolongement de la ligne T2 jusqu'à l'hôtel de région et la création de la ligne T7. En 2026 et 2027, sont programmées les mise en service du prolongement de la ligne T6 et la ligne T10[45]. Avec la piétonisation et le développement des transports en commun, en 2025, le trafic automobile a baissé de 22 % depuis 2019 en intramuros, alors que l’usage des vélos a augmenté de 60 %[32].

Vidéoprotection

Dès le début de son mandat, le maire de Lyon, Grégory Doucet, engage un audit du dispositif existant à Lyon, estimant que la ville dispose déjà d’une couverture importante de caméras et souhaitant privilégier un redéploiement plutôt qu’une augmentation immédiate du parc. Début 2021, il considère que « les caméras n’attrapent pas les délinquants, on a besoin de présence humaine, pour faire des patrouilles, pour pouvoir intervenir dès que des caméras captent des images »[46].

En , il se défend de vouloir retirer des caméras[47]. En , alors que la région Auvergne-Rhône-Alpes se propose de subventionner à hauteur d’un million d’euros un programme de déploiement de nouvelles caméras, la municipalité préfère réorienter la subvention vers d'autres équipements de sécurité ou des équipements publics dont des toilettes publiques inclusives[48],[49].

En 2025, la municipalité saisit le collège d’éthique à la ville de Lyon pour lui soumettre de nouvelles implantations de caméras fixes dans des zones sensibles. En parallèle, les effectifs de police municipale sont renforcés[32].

Congé menstruel

En , la Ville de Lyon met en place un dispositif de congé menstruel à destination des agents de la mairie (fonctionnaires et contractuelles) souffrant de règles douloureuses. Cette mesure, qui s’inspire d’expériences menées dans d’autres pays européens, permet l'attribution de trois jours d'autorisation d'absence par cycle menstruel pour les femmes souffrant d'endométriose.

En , Grégory Doucet s'oppose à la préfecture du Rhône qui demande la suspension de cette expérimentation, considérant qu’elle ne repose sur aucune base légale[50].

Campagne des élections municipales de 2026

Candidat pour un second mandat[51],[52], Grégory Doucet indiquer souhaiter mener une liste unique avec les composantes de sa majorité, qui est équivalente au Nouveau Front populaire à l'échelle municipale[53]. S'il parvient dès à rallier les écologistes et les socialistes à sa candidature[54], la France insoumise prend la décision de mener une liste à part menée par la députée Anaïs Belouassa-Cherifi[55] malgré les appels des élus insoumis membres de la majorité à préserver l'union de la gauche[56], ce qui provoquent leur départ pour l'Après[57]. Place publique, Génération.s et Debout ! annoncent leur soutien à sa candidature en octobre[58],[59].

Dans le même temps, Ensemble et Les Républicains s'entendent pour soutenir la candidature de l'homme d'affaires et ancien président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas après plusieurs mois de rumeurs sur sa candidature[60],[61]. Alors que les sondages donnent son opposant largement vainqueur du scrutins, les intentions de vote en faveur de Grégory Doucet augmentent progressivement à partir de , appuyées par la prestation, jugée mauvaise par les observateurs, de Jean-Michel Aulas lors du débat de premier tour diffusé sur BFM TV[62],[63],[64]. Il termine finalement en tête du premier tour et fusionne au second tour avec la liste insoumise[65], un acte qui pousse Jean-Michel Aulas à refuser un débat de second tour[66]. Grégory Doucet remporte finalement le scrutin avec un écart de quelques milliers de voix, une faible différence qui provoque la contestation du résultat par son concurrent qui dénonce des irrégularités[67],[68].

Il est avec Emmanuel Denis à Tours le seul édile écologiste de la vague verte de 2020 à conserver sa mairie[69].

Deuxième mandat (depuis 2026)

Lors du conseil municipal d'installation et conformément au règlement, il est proclamé maire par le doyen du nouvel hémicycle lyonnais, qui se trouve ironiquement être Jean-Michel Aulas[70].

Peu après la réélection de Grégory Doucet, le conseil municipal de la ville adopte le passage de 3 000 à 15 000 euros des frais de représentation du maire de Lyon, ses indemnités passant de 7 500,31 euros en 2020 à 7 926,73 euros[71].

Prises de position et controverses

Tour de France

En , peu avant l'arrivée de la 14e étape du Tour de France à Lyon, il fait part de son interrogation sur l'empreinte écologique du Tour et déplore la mobilisation d'un grand nombre de moteurs thermiques dans la caravane et la quantité de déchets engendrés[72]. Ses propos suscitent alors de vives critiques[73].

Il dénonce également l'absence d'épreuve féminine : « Il devrait y avoir un Tour de France féminin depuis longtemps. C'est la dernière épreuve d'envergure à ne pas avoir franchi le pas ». Il n'existait alors plus d'épreuve féminine du Tour de France. Depuis, le Tour de France Femmes a repris en 2022.

Chantier du Lyon-Turin

Il plaide pour l'arrêt du chantier de liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin (au profit de la valorisation de la ligne existante entre les deux villes)[74] et contre l'implantation d'un entrepôt de l'entreprise de commerce en ligne Amazon à proximité de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry sur la commune de Colombier-Saugnieu[75], mais la ville de Lyon n'a pas de prérogative sur ces sujets.

Vœu des échevins

Au nom de la laïcité, il refuse de participer à la cérémonie du Vœu des échevins de Lyon, rompant ainsi avec une tradition remise en place par Louis Pradel[Note 1] mais prononce un discours après la cérémonie[76].

Zone à faibles émissions (ZFE)

Dans le cadre de la politique environnementale de la métropole de Lyon, Grégory Doucet soutient la mise en œuvre de la zone à faibles émissions (ZFE) métropolitaine, visant à restreindre la circulation des véhicules les plus polluants dans Lyon et Villeurbanne.

Entrée en vigueur progressivement à partir de 2023, cette mesure interdit successivement les véhicules classés Crit'air 5, 4 puis 3.

Certains jugent la mise en œuvre de la mesure trop rapide et pénalisante pour les ménages modestes et les professionnels dépendant de leur véhicule[77],[78]. La municipalité la justifie par les bénéfices attendus en matière de qualité de l'air avec notamment la réduction des émissions de particules fines, un enjeu de santé publique[79] et dénonce la suppression de la prime à la conversion[32].

Gestion des campements et des squats

Au début de son mandat, Grégory Doucet s’est exprimé en faveur des personnes vivant dans des campements et des squats à Lyon. En , il juge l’évacuation du squat « Pyramide » (quartier Gerland) « inacceptable », déclarant que la Ville était prête à « réquisitionner un gymnase et loger les occupants » afin de permettre à la préfecture de réaliser un diagnostic social et sanitaire[80].

Cependant, au fil de son mandat, certaines décisions sont perçues comme plus prudentes ou alignées sur des logiques de sécurité et d’ordre public. En , un campement regroupant 170 migrants installés sous le pont de la gare Jean‑Macé (7e arrondissement) est évacué par la préfecture à la demande de la métropole et de la mairie, illustrant un glissement vers un positionnement plus encadré[81]. Cette opération suscite de vives critiques de la part de ses partenaires de La France insoumise (LFI), qui dénoncent une « décision inhumaine » et l’absence de solutions d’hébergement proposées aux personnes expulsées[82],[83].

Par ailleurs, le , un incendie survient dans un squat situé à Caluire‑et‑Cuire, dans un immeuble appartenant à la Ville de Lyon, causant la mort d’une personne et plusieurs blessés. Cet événement suscite des critiques concernant la prévention et la gestion municipale des bâtiments vacants ou squattés[84].

Départ de X (ex-Twitter)

Le , Grégory Doucet annonce son départ du réseau social X (anciennement Twitter), dénonçant une dérive de la plateforme depuis son rachat par Elon Musk. Il déclare que « la promesse d’une parole directe, sans entrave, entre citoyens, n’est plus tenue » et que « les communautés les plus féroces y règnent en maître, favorisées par un algorithme arbitraire et décomplexé ». Selon lui, X est devenu « un instrument de déstabilisation assumé, entraîné à fragiliser nos démocraties »[85].

La Ville de Lyon annonce simultanément la fermeture de son compte institutionnel sur la plateforme, tout en précisant qu’il pourra être réactivé uniquement pour des communications de crise ou d’urgence[86],[87].

Polémiques autour du soutien aux Palestiniens

Salah Hamouri

En , il invite à Lyon l’avocat palestinien Salah Hamouri pour une table ronde sur les territoires palestiniens, annulée au dernier moment après intervention de la préfète de la région Auvergne Rhône-Alpes invoquant des risques de troubles à l’ordre public[88].

Drapeau palestinien

Le , Grégory Doucet fait hisser le drapeau palestinien sur le fronton de l’Hôtel de Ville de Lyon, en signe de solidarité avec la population civile de la bande de Gaza dans le contexte du conflit en cours[89], malgré la mise en garde du ministère de l'Intérieur[90].

Le , le tribunal administratif de Lyon donne raison à la préfète du Rhône et enjoint à la commune de retirer ce drapeau, estimant que cet affichage constituait une « expression publique d’une opinion politique » contraire au principe de neutralité du service public[91].

Citoyenneté d'honneur

En , Grégory Doucet élève au rang de citoyens d’honneur de la Ville de Lyon « six personnalités engagées dans la défense des libertés fondamentales », dont le pédiatre palestinien Hussam Abu Safiya, directeur d’un hôpital dans la bande de Gaza[92]. Accusant son établissement d’être un « centre de commandement du Hamas », Israël l'emprisonne depuis 2024. La municipalité de Lyon indique que « Hassam Abu Safiya est l’une des figures emblématiques du système de santé de la bande de Gaza, et incarne le courage des soignants face à l’innommable. Il a fait le choix de continuer à travailler et à interpeller la communauté internationale, refusant de quitter Gaza car son poste relevait selon lui d’un devoir moral et d’un acte de résistance ». Le choix de ce médecin palestinien par le maire de Lyon est débattu et place ce dernier au cœur d’une nouvelle polémique[92],[93],[94].

Affaire des chargés de mission de la Ville de Lyon

Un rapport de la Chambre régionale des comptes d’Auvergne‑Rhône‑Alpes (CRC) rendu public en épingle la mairie de Lyon pour ses « chargés de mission » surnuméraires. Le rapport estime qu’une « vingtaine » d’agents agissent comme « de véritables collaborateurs de cabinet », alors que la loi limite à douze le nombre d’emplois de cabinet pour une collectivité de cette taille[95],[96]. Selon la CRC, cette situation existe depuis 2016, soit au cours du dernier mandat de Gérard Collomb[97].

Une perquisition est menée à l’Hôtel de Ville de Lyon en par une vingtaine de policiers dans le cadre d’une commission rogatoire de trois magistrats instructeurs, saisis d'une information judiciaire ouverte le par le parquet de Lyon, du chef de "détournement de fonds publics par personnes dépositaires de l'autorité publique" à la suite de la réception d'une première version de ce rapport[95].

Le , le maire de Lyon et plusieurs de ses collaborateurs sont placés en garde à vue pendant plus de neuf heures dans cette enquête. Gregory Doucet déclare à la presse que l’affaire concerne vingt‑quatre chargés de mission et affirme qu’il « n’a rien à se reprocher »[98].

Dans ses déclarations, Grégory Doucet soutient que ces chargés de mission sont « bien des agents administratifs » et rappelle que « pour une collectivité de plus de 500 000 habitants, il est complexe de fonctionner avec seulement douze collaborateurs de cabinet ».

L’arche d’opposition réagit vivement, estimant que « si les faits sont avérés, la Ville de Lyon a subi un préjudice financier que l’on doit chiffrer ». Certains élus demandent la mise en retrait du maire, tandis que la majorité municipale exprime son soutien tout en annonçant des ajustements organisationnels[99].

Depuis le et la levée de la garde à vue, aucune suite de l'affaire n'est donnée[100].

Collaboration avec la Jeune Garde

En 2022, son adjoint à la sécurité de la ville Mohammed Chichi déclare dans une interview travailler avec la Jeune Garde. Dans un communiqué, il explique que la Jeune Garde a été un interlocuteur parmi d'autres pour comprendre la violence urbaine. La mairie assure ensuite n'avoir aucun lien contractuel avec la Jeune Garde[101].

Popularité et image publique

Un sondage Ifop-Fiducial pour Lyon Capitale, publié en , indique que 58 % des Lyonnais se déclarent mécontents de l’action du maire sur plusieurs thématiques : déplacements, stationnement, sécurité, urbanisme et propreté. Malgré ce recul, l’enquête note que 76 % des 28% d'électeurs qui l’avaient soutenu au premier tour en 2020 lui apportent toujours leur soutien[102],[103].

Un autre sondage réalisé par Elabe pour BFM Lyon et BFM TV, mené du 26  mars au 2  avril  2025, donne à Grégory Doucet un taux de « bonne opinion » d’environ 36 %, tandis que 46% des sondés ont une mauvaise opinion de sa personne[104].

En vue des élections municipales de 2026, un sondage publié le par l’institut OpinionWay pour LyonMag et Radio Espace crédite Jean-Michel Aulas de 47 % d’intentions de vote au premier tour, contre 24 % pour le maire sortant Grégory Doucet[105].

En complément de ces chiffres, certains médias soulignent que la perception d’un « manque de concertation » et d’une « approche idéologique » des politiques urbaines et de mobilité pèse sur l’image du maire[106].

Résultats électoraux

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI