Massacres d'Aklaz et Awkassa
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| Massacres d'Aklaz et Awkassa | |
| Date | 26 - |
|---|---|
| Lieu | Aklaz et Awkassa, près d'Andéramboukane (Mali) |
| Victimes | Civils touaregs daoussahak |
| Morts | 47[1] |
| Blessés | 2[1] |
| Auteurs | |
| Guerre | Guerre du Mali |
| Coordonnées | 15° 25′ 21″ nord, 3° 01′ 24″ est |
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Les massacres d'Aklaz et Awkassa ont lieu les 26 et , pendant la guerre du Mali. Ils sont commis dans deux campements près d'Andéramboukane, au sud de la région de Ménaka, contre des civils touaregs de la tribu des Daoussahak, et auraient fait 47 morts. On attribue ces exactions à l'État islamique dans le Grand Sahara.
Au début de l'année 2018, des violents combats ont lieu dans la région de Ménaka, près de la frontière avec le Niger. Cette région est alors la principale zone d'action de l'État islamique dans le Grand Sahara, dirigé par Adnane Abou Walid al-Sahraoui[2]. À cette période, l'armée française, l'armée malienne et deux groupes armés locaux, le Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA) et le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA), commencent à coopérer et à mener des opérations communes contre les djihadistes[2]. En février, le massacre de quatre civils à Inwelane, dans la commune de Talataye, entraîne en représailles une offensive du MSA et du GATIA[3],[4],[5]. Le , l'armée française affirme que 60 djihadistes ont été tués ou faits prisonniers en un mois[6]. L'affrontement le plus important a lieu le , lors du combat d'Akabar, où une trentaine de djihadistes sont tués[7],[2]. Les opérations contre les djihadistes se doublent cependant d'un conflit communautaire, le MSA et le GATIA étant principalement composés de Touaregs, tandis que les combattants de l'État islamique dans le Grand Sahara sont en majorité des Peuls[2]. Le , la MINUSMA accuse les mouvements armés d'avoir exécuté sommairement 95 personnes dans la région de Ménaka et de s'être rendus coupables de pillages et de déplacements forcés de populations[7],[5],[8],[9]. Le , 16 nomades touaregs sont massacrés par des Peuls dans le village de Tchigin Bawel[10]. Mi-avril, le commandant en chef de la force Barkhane, le général Bruno Guibert, déclare cependant que les violences et les attaques ont fortement diminué dans la région de Ménaka[2].
Déroulement
La première attaque est commise le à Aklaz — ou Akliz — au sud-est d'Andéramboukane et la seconde le à Awkassa — ou Wakassa — au nord-est d'Infoukaretane[11],[12].
Le premier jour, des hommes armés arrivent avec 16 motos dans le campement d'Aklaz et ouvrent le feu sur les civils, sans épargner les vieillards, les femmes et les enfants[9],[13]. Le lendemain matin, un patrouille du MSA se lance à la poursuite des assaillants : le groupe déclare avoir abattu quatre « malfrats » et saisi « des armes et des engins roulants », contre un mort et un blessé dans ses rangs[9].
Mais dans la journée du , une deuxième attaque est menée contre un autre campement, à Awakassa[14].
Bilan humain
Le gouverneur de Ménaka, Daouda Maïga, déclare que les tueries ont fait 6 à 9 morts à Aklaz et 31 morts à Awkassa selon des sources convergentes[11]. Il confirme que des vieillards, des femmes et des enfants figurent parmi les morts[12], mais indique que la majorité des victimes sont des jeunes hommes, pour beaucoup membres du MSA[15].
Un responsable tribal nommé Sidigui, chef du bureau d'orientation de la communauté Daoussahak déclare pour sa part que 43 personnes, tous civils, ont été tuées lors de ces deux massacres[12],[16]. Le MSA annonce également douze morts à Aklaz le puis donne un bilan total de 43 morts après la deuxième tuerie[12],[9]. L'AFP évoque aussi au moins douze morts à Aklaz selon des sources concordantes[9].
Le soir du , la MINUSMA déclare que les bilan des deux attaques est de 47 tués et deux blessés[1]. Le lendemain, les communiqués de la force française Barkhane, du GATIA et du MSA donnent le même bilan que la MINUSMA[1],[17].
Réactions
Les massacres d'Aklaz et d'Awkassa sont condamnés par la MINUSMA dans un communiqué publié le soir du [1]. Mahamat Saleh Annadif, le chef de la MINUSMA, déclare que « les attaques délibérées contre des civils qui ne prennent pas directement part aux hostilités peuvent être considérés comme crimes de guerre »[1]. Le , la force française Barkhane condamne également les « actes terroristes » commis « à l'encontre de familles civiles »[1].