Pièce de 1 cent de dollar américain Lincoln 1909-S VDB
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| Cent Lincoln 1909-S VDB | ||
| Pays | ||
|---|---|---|
| Valeur | 0,01 USD | |
| Masse | 3,11 g | |
| Diamètre | 19,05 mm | |
| Épaisseur | 1,55 mm | |
| Tranche | lisse | |
| Composition | 95 % cuivre, 2.5 % étain, 2.5 % zinc | |
| Année d'émission | 1909 | |
| Numéro catalogue | ||
| Avers | ||
| Gravure | Buste de profil d'Abraham Lincoln | |
| Graveur | Victor David Brenner | |
| Année de la gravure | 1909 | |
| Revers | ||
| Gravure | épis de blé | |
| Graveur | Victor David Brenner | |
| Année de la gravure | 1909 | |
| modifier |
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La pièce de 1 cent de dollar américain Lincoln 1909-S VDB est une pièce de faible tirage des États-Unis. C’est une date clé[note 1] de la série des pièces d'un cent produites par la Monnaie des États-Unis à San Francisco en 1909. Le cent Lincoln remplace le cent Indian Head et est la première pièce de circulation courante des États-Unis à représenter une personne réelle. Mais il suscite immédiatement une controverse à cause des initiales du sculpteur, Victor David Brenner, placées au revers.
Le président Theodore Roosevelt a commandé ce nouveau dessin avec le portrait du président Abraham Lincoln pour honorer celui qui a sauvé l’Union. Les pièces doivent être émises le , à l’occasion du centenaire de la naissance de Lincoln. Leur sortie est retardée pour ajouter la devise « In God We Trust » et la mise en circulation a finalement lieu le .
Quelques jours après leur émission, le , elles sont retirées afin d’enlever les initiales de Brenner (VDB) des coins. Deux ateliers monétaires sont chargés de frapper ces pièces : celui de Philadelphie — sans différent — et celui de San Francisco — différent « S ». La Monnaie de Philadelphie produit 27 995 000 exemplaires VDB, mais celui de San Francisco seulement 484 000 pièces, ce qui fait de cette variété la plus rare de la série.
Lorsque les Américains aprennent que la pièce va être retirée, ils font la queue en masse pour se procurer des exemplaires. Beaucoup pensent qu’elles prendraient de la valeur comme souvenirs. Dans de nombreuses villes, des gens achetent des quantités importantes de ces cents pour les revendre. À New York, la police doit intervenir pour contenir la foule.
Théodore Roosevelt, 26e président des États-Unis, trouve les pièces américaines banales et peu inspirantes. Il a l’occasion de poser pour un portrait avec un jeune artiste né en Lituanie, Victor David Brenner, qui est devenu l’un des principaux médailleurs du pays. Roosevelt découvre le talent de Brenner dans une maison de quartier du Lower East Side à New York et est immédiatement impressionné par un bas-relief de Lincoln que Brenner a réalisé d’après une photographie de Mathew Brady. Roosevelt vénère Abraham Lincoln comme le sauveur de l’Union et le plus grand président républicain. Il demande que le nouveau cent Lincoln soit basé sur l’œuvre de Brenner et qu’il soit émis à temps pour célébrer le centenaire de la naissance de Lincoln en 1909. Le portrait de Lincoln à l’avers de la pièce est une adaptation de la plaque créée par Brenner quelques années plus tôt et que Roosevelt a remarquée à New York. Le cent Lincoln est la première pièce américaine de circulation courante à représenter une personne réelle[2].
Le , le Spokesman-Review annonce qu’un nouveau dessin pour le cent doit bientôt être soumis par un « sculpteur de renom ». Le journal spécule que « l’ancienne coiffe indienne ne serait probablement plus utilisée »[3]. Les nouvelles pièces ne sont pas émises en juin comme prévu car Victor David Brenner n’a pas placé les mots « In God We Trust » au-dessus de la tête de Lincoln. Le président William Howard Taft, entré en fonction en , souhaite que ces mots apparaissent à l’avers[4]. Cela entraîne un retard dans la gravure des coins et la frappe des pièces, qui ne sont prêtes qu’en [5]. La pièce est finalement mise en circulation le , dans une grande effervescence[6]. Des foules font la queue pour obtenir des exemplaires. La police montée doit intervenir pour contrôler la foule. En raison du portrait de Lincoln, de nombreux Afro-Américains considérèrent cette pièce comme de « l’argent de l’émancipation »[2].
Controverse


Le , le Washington Post proclame : « V.D.B. Cent Doomed »[note 3]. Les initiales et leur emplacement sur la pièce déplaisent au secrétaire au Trésor, Franklin MacVeagh, qui soit n’a pas vu le dessin de la pièce, soit ne l’a pas examiné attentivement avant le début de la frappe[4]. L’artiste, Victor David Brenner, déclara au Washington Post qu’il écrirait au secrétaire MacVeagh pour demander une explication. Il affirme que lorsque le dessin est accepté, les premiers coins portent en réalité son nom complet[7].
Le même jour, le Evening Chronicle de Charlotte, en Caroline du Nord, rapporte que les pièces vont être retirées et que « le département du Trésor a déjà commencé à envoyer des collecteurs pour récupérer les pièces et les retirer de la circulation ». Le journal précise aussi qu’un « nombre limité » de ces cents ont été frappés à Philadelphie et qu’aucun autre ne serait produit[8],[note 4].
Spéculation
Le , après l’annonce du changement concernant le cent Lincoln, le St. Louis Post-Dispatch rapporte qu’une véritable frénésie s’est déclenchée à New York : des foules se précipitent pour obtenir de grandes quantités de pièces à conserver ou à revendre. La rumeur circule que la pièce va être retirée. Les premiers à se ruer sont les vendeurs de journaux. Très vite, les cents se revendent 25 cents l’unité[10].
Le , le Alabama Times de Montgomery signale une forte demande après que le public a pris conscience que la pièce peut être retirée de la circulation. La Lowery Bank, seule banque à avoir reçu un lot de ces pièces, les distribue intégralement à une longue file de personnes[11].
Peu après, la nouvelle arrive à New York : la Monnaie possède encore des millions d’exemplaires et ne retirerait pas le dessin. Cette information fait chuter le prix : de 25 cents à 20, puis 15, 10, 5, deux pour 5, et enfin sa valeur faciale[10].
Le , la société W. Lewis and Company publie une grande annonce dans le Champaign Daily, en Illinois, signalant qu’elle possède mille des nouveaux cents Lincoln, « particulièrement prisés comme porte-bonheur et souvenirs », qu’elle offre gratuitement avec tout achat[12]. Le , à York, en Pennsylvanie, la société Luria Rag annonce dans le York Dispatch qu’elle remettrait des cents Lincoln aux clients achetant des chaussures ou bottes en caoutchouc, pendant dix jours[13].
Le , une publicité dans l’Evansville Courier, en Indiana, affirme : « Dans la mesure où ces pièces pourraient être retirées de la circulation, elles deviendraient immédiatement précieuses comme souvenirs »[14]. Le , le Pottsville Daily Republican, en Pennsylvanie, publie une annonce d’un commerçant distribuant de nouveaux cents à ses clients[15].
Bien que plus de 28 millions d’exemplaires aient été frappés, un annonceur de Knoxville, dans le Tennessee, affirme encore qu’il s’agit d’une pièce rare et insolite[16]. Le , le Trésor américain annonce que tous les cents Lincoln V.D.B. ont été écoulés[17].
Résolution
Les initiales de Victor David Brenner sont retirées des coins, et l’on discute de l’idée d’utiliser seulement la lettre « B » pour représenter le nom de l’artiste. Mais cette solution est rejetée, car elle est déjà utilisée sur les pièces d’argent par Charles E. Barber, le graveur en chef de la Monnaie. Ce n’est qu’en 1918 que les initiales de Brenner réapparaissent sur la pièce, cette fois à l’avers, en petites lettres placées sous l’épaule de Lincoln[18]. Charles Barber étant mort en 1917, certains supposent qu’il a été l’opposant principal à la présence des initiales de Brenner. À la même époque, un nouveau secrétaire au Trésor, William Gibbs McAdoo — nommé en 1913, prend ses fonctions et est considéré comme plus progressiste que son prédécesseur Franklin MacVeagh[19].