Pièce de 1 cent de dollar américain Silver Center
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| Cent Silver Center | ||
| Pays | ||
|---|---|---|
| Valeur | 0,01 US$ | |
| Masse | 4,48 g | |
| Diamètre | 28 mm | |
| Tranche | striée | |
| Composition | cuivre et argent | |
| Année d'émission | 1792 | |
| Numéro catalogue | ||
| Avers | ||
| Gravure | Liberté aux cheveux flottants | |
| Graveur | Henry Voigt (en) | |
| Année de la gravure | 1792 | |
| Revers | ||
| Gravure | couronne végétale | |
| Graveur | Henry Voigt | |
| Année de la gravure | 1792 | |
| modifier |
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La pièce de 1 cent de dollar américain Silver Center de 1792 est une pièce d'essai émise par les États-Unis. Créée en 1792, cette pièce bimétallique, composée d'un anneau de cuivre et d'un centre en argent, représente une tentative de la jeune Monnaie des États-Unis à Philadelphie pour établir une monnaie nationale pratique et de valeur. L'objectif principal est de produire un cent dont la valeur intrinsèque égale sa valeur faciale, tout en ayant une taille plus maniable que celle qu'aurait eue une pièce entièrement en cuivre, tel que stipulé par la loi sur la Monnaie de 1792.
Ce cent est considéré comme l'une des toutes premières pièces frappées à l'intérieur des locaux de la première Monnaie américaine. Son concept est attribué à l'ingéniosité de figures historiques telles que Thomas Paine et Henry Voigt (en). Il n'existe qu'environ douze à quatorze exemplaires originaux de cette pièce, ce qui en fait une des raretés les plus célèbres et recherchées de la numismatique américaine. Ces pièces d'essai n'ont jamais été mises en circulation en raison de leur complexité de fabrication et de l'évolution des conditions économiques.
Le cent Silver Center de 1792 est un essai monétaire émis aux États-Unis. Daté de 1792, il a une valeur faciale d’un cent (0,01 USD), dont environ les trois quarts ont représentés par un plug en argent inséré dans un flan de cuivre, le reste étant couvert par ce dernier métal[1],[2]. Cette pièce bimétallique, parfois décrite comme bronze à centre en argent[3], présente un poids moyen de 4,48 grammes, certains exemplaires atteignant un peu plus de 70 grains[note 1],[1],[4]. Son diamètre est de 24 millimètres, bien que d’autres sources mentionnent des tailles variant entre 22,4 et 22,9 mm, ou encore 21 mm selon la proposition de Henry Voigt (en)[1],[5]. De forme ronde, elle est frappée à la presse : le plug d’argent, de section conique, est inséré dans le trou central avant la frappe, puis aplati et soudé au cuivre lors de l’opération[1],[2]. Elle est frappée à la Monnaie de Philadelphie[1],[3].
Contexte historique et objectif
La création du cent Silver Center s'inscrit dans un contexte où la loi sur la Monnaie du 2 avril 1792 vient d'établir la Monnaie nationale et le système monétaire des États-Unis[6]. Cette loi spécifie que le cent doit peser 264 grains de cuivre pur. Un tel poids aurait abouti à une pièce d'un diamètre d'environ {{nobr|28 mm}, jugée trop grande et peu pratique pour un usage quotidien[2]. De plus, la Monnaie rencontre des difficultés à se procurer du cuivre, qui est à la fois rare et coûteux[5].
Face à ces défis, le Secrétaire d'État Thomas Jefferson et la Monnaie cherchent des alternatives[5],[7]. Le chef monnayeur Henry Voigt (en) propose d'expérimenter une pièce de taille réduite (21 mm) avec un trou central rempli d'un plug en argent[5]. Cette solution permet de conserver la valeur intrinsèque d'un cent — environ trois quarts de cent en argent et un quart de cent en cuivre — tout en offrant une taille plus commode[2].
Des recherches récentes suggèrent que l'idée d'une composition bimétallique peut avoir été inspirée par Thomas Paine[6]. En 1790, Paine aurait envoyé une lettre à Jefferson, proposant différentes options pour la monnaie nationale, incluant la « fusion d'argent et de cuivre », le « placage du cuivre avec de l'argent » ou l'« insertion d'un bouchon en argent dans le cuivre »[4],[6]. Jefferson aurait ensuite présenté ces concepts à Voigt[6].
Ces pièces sont également un témoignage des efforts des Pères Fondateurs pour créer une monnaie distincte de celle du Royaume-Uni[8],[9]. Les inscriptions sur la pièce, telles que LIBERTY PARENT OF SCIENCE & INDUST:[note 2], reflètent un esprit des Lumières, où la liberté de pensée et le progrès industriel sont perçus comme des piliers de la nouvelle nation[9]. Bien que les demi-dimes de 1792 soient frappées plus tôt en dehors des installations de la Monnaie, le cent Silver Center est considéré comme la première pièce documentée à avoir été frappée à l'intérieur des murs de la première Monnaie de Philadelphie[2]. Le journal de Henry Voigt indique que ces cents sont frappés pour la première fois le , et Jefferson en informe le président George Washington le lendemain[6].
Dessin
L’avers représente une tête de la Liberté tournée vers la droite, avec les cheveux flottants[3]. Elle est entourée par la légende « LIBERTY PARENT OF SCIENCE & INDUST: »[note 3] et le millésime « 1792 » est placée juste en dessous du buste[10]. Les coins sont gravés par Henry Voigt[3],[11].
Sur le revers, au centre d'une couronne végétale, se trouve la valeur faciale« ONE CENT », tandis que le nom du pays « UNITED STATES OF AMERICA » entoure la couronne. La fraction « 1⁄100 » est également inscrite[3]. La couronne est nouée par un ruban en bas[4],[12].
La tranche de la pièce est striée[4]. Le plug en argent est visible au centre de la pièce[13]. Sur un exemple, il est situé sous l'oreille de la Liberté à l'avers, couvrant une partie de la mâchoire et des mèches de cheveux. Au revers, il est centré sous le « N » de « ONE » et couvre la majeure partie de « EN » de « CENT »[6].
Production et abandon
Le cent Silver Center est une pièce expérimentale, produite en très petit nombre. On estime qu'une douzaine, voire jusqu'à 50 exemplaires, sont frappés. L'expérience est finalement abandonnée. La fabrication du cent bimétallique est jugée trop complexe et coûteuse en main-d'œuvre[3],[6].
De plus, en , le Congrès modifie la loi de 1792 sur la monnaie, réduisant le poids requis pour le cent à 208 grains de cuivre[5],[7]. Cette révision est intervenue après une baisse significative de la valeur du cuivre, rendant possible la production d'un cent en cuivre pur de pleine valeur intrinsèque et d'une taille plus acceptable. Par conséquent, il n'y avait plus de raison d'incorporer de l'argent dans la pièce de un cent. Peu de temps après, les chain cents commencent à être frappés[6],[7].
Variétés et contrefaçons
Le cent Silver Center de 1792 est désigné sous le numéro de catalogue de « Judd 1 »[3]. Il existe également des variations et des pièces liées :
- Judd 1a : Des exemplaires en cuivre avec un trou, mais sans le plug en argent, ont été identifiés[1]. Une pièce unique est même connue pour avoir été frappée sans le plug central, laissant un espace vide[4],[7] ;
- Judd 2 : Il s'agit d'autres pièces d'essai de cent de 1792, fabriquées à partir d'un alliage de cuivre et d'argent appelé « alliage fusible » ou « billon »[1]. Bien que ces pièces soient conçues pour contenir de l'argent, des tests montrent que certains exemplaires survivants sont en cuivre pur ou quasi pur[4].
Des contrefaçons existent également, notamment des pièces à bords francs[1]. Un cas notable d'altération concerne l'exemplaire Morris du cent Silver Center. Des études menées en 2017 et 2019 par Rob Rodriguez, Tony Lopez, Stuart Levine et Maureen Levine, ainsi que par Leonard Augsburger, Joel J. Orosz et Pete Smith, ont conclu que le plug en argent de l'exemplaire Morris n'est pas d'origine, mais a été inséré et gravé après que la pièce soit frappée. Le catalogue Chapman de 1905[note 4] décrit déjà cette altération. L'exemplaire Morris aurait été frauduleusement transformé à partir d'un authentique cent Judd-2 ou d'un Judd-1A. Des caractéristiques spécifiques du plug (taille, position, détails gravés) le distinguent des originaux. En conséquence, Heritage Auctions a retiré les spécimens Morris de leur liste de cents Silver Center authentiques[15].
Un autre exemplaire, découvert en Californie en 2006, a révélé que son plug en argent original a été remplacé par un plug en fer, qui est magnétique. Cette modification, probablement antérieure à la popularité de la numismatique, aurait entraîné des rayures sur la pièce[2].
Rareté et valeur
Le cent Silver Center de 1792 est une pièce d'une extrême rareté, avec seulement environ douze à quatorze exemplaires originaux connus[3]. Un exemplaire unique, dénué de son plug central, est également répertorié[4]. Un spécimen est conservé au National Museum of American History (partie de la Smithsonian Institution) au sein de la National Numismatic Collection[6].
Ces pièces atteignent régulièrement des prix très élevés aux enchères :
- Le , un exemplaire classé FDC (PCGS SP67BN) est vendu par Heritage Auctions pour 2 520 000,00 USD, frais d'acheteur inclus[1],[12]. Cet exemplaire est considéré comme le plus beau connu[6] ;
- Le , une pièce classé NGC (en) MS-63+ brown, issu de la collection Eric P. Newman, est adjugé pour 1,41 million de dollars chez Heritage Auctions[16] ;
- Le , un cent classé MS-61 brown PCGS de la Cardinal Collection Educational Foundation est vendu pour 900 000 $ chez Stack’s Bowers. Il a auparavant atteint 1 150 000 $ en 2012 chez Heritage[17] ;
- En , un exemplaire classé NGC MS-61+ Brown est vendu pour 705 000 $ par Heritage Auctions[18] ;
- Le , un spécimen classé Specimen 35 PCGS a trouvé preneur pour 352 500 $ chez Heritage Auctions[2] ;
- L'exemplaire de la famille Garrett, classé PCGS MS-67, aurait été vendu en privé pour 5 millions de dollars en . Celui de la famille Norweb, classé PCGS MS-64, est vendu en privé entre 2 et 3 millions de dollars en 2011[7].