La Joueuse de boules

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La Joueuse de boules est une sculpture en ronde-bosse représentant un nu féminin, réalisée par le sculpteur et peintre français Jean-Léon Gérôme au début du XXe siècle, à partir de 1902. L’œuvre existe en plusieurs versions et matériaux — marbre, ivoire et bronze — aujourd’hui conservées dans des collections publiques et privées. Le sujet apparaît également dans le dernier autoportrait de l’artiste.

Jean-Léon Gérôme s’ouvre tardivement à la sculpture, notamment avec le groupe des Gladiateurs, présenté à l’Exposition universelle de 1878 (Paris, musée d’Orsay). La Joueuse de boules est réalisée plus de vingt ans plus tard et constitue l’une de ses dernières œuvres sculptées. La version monumentale en marbre polychrome est présentée au Salon de Paris de 1902[1], où elle rencontre un important succès critique et public. Gérôme entreprend alors d’en faire éditer plusieurs variantes de dimensions et de matériaux différents.

Description

La Joueuse de boules représente une femme nue pratiquant un jeu inventé par Gérôme : la joueuse doit lancer des boules dans la bouche ouverte de masques disposés au sol, sans déplacer ses pieds. Cette contrainte impose à la figure une posture torsadée, sinueuse et élégante[2]. L’attitude générale de la sculpture s’inspire d’un modèle antique, le Satyre examinant sa queue, conservé dans les collections romaines et observé par Gérôme lors de ses séjours en Italie. L’artiste transforme toutefois ce modèle antique en lui conférant les traits et les proportions d’une femme de son époque. Pour cette œuvre, Gérôme mêle une référence érudite à l’Antiquité à un réalisme illusionniste caractéristique de sa production tardive. Le jeu, supposément antique, sert de prétexte à l’étude du mouvement et du corps féminin, dans une tension entre citation classique et modernité formelle.

Versions de l'oeuvre

Versions en marbre

Version du musée des Beaux-Arts de Caen.

Il existe au moins trois versions en marbre connues :

  • un marbre blanc non coloré, d’environ 91 cm de hauteur ;
  • un marbre coloré à la cire, de 63 cm de hauteur, reposant sur un socle en onyx, conservé au musée des Beaux-Arts de Caen[3] (inv. 309) ;
  • un marbre polychrome à écailles naturelles, de 163 cm de hauteur, correspondant à la version monumentale exposée au Salon de 1902. Après son exposition, cette dernière est acquise par Anna Gould, princesse de Talleyrand, fille du financier américain Jay Gould[4]. L’œuvre est remise sur le marché de l’art et vendue par Sotheby's en 2021[5].

Versions en bronze

Des versions en bronze doré sont éditées par la fonderie Siot-Decauville en trois dimensions différentes : 28 cm, 63 cm et 88 cm. Les socles associés varient selon les exemplaires et sont réalisés en marbre ou en onyx[6],[7],[8].

Versions en Ivoire

Il fut édité trois petits exemplaires en ivoire[1].

Technique et polychromie

Autoportrait

Notes et références

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