Schlossberg (grand cru)

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Désignation(s)Schlossberg
Appellation(s) principale(s)alsace grand cru Schlossberg
Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1975
Schlossberg
Désignation(s) Schlossberg
Appellation(s) principale(s) alsace grand cru Schlossberg
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1975
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble d'Alsace
Localisation Haut-Rhin
Climat continental
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 741 heures (à Colmar)[1]
Superficie totale 80 hectares[2]
Superficie plantée 43,35 hectares (en 2024)[3]
Cépages dominants riesling B[N 1], gewurztraminer Rs et pinot gris G
Vins produits blancs
Production 1 206 hectolitres (en 2024)[3]
Pieds à l'hectare minimum 4 500 ceps/ha[4]
Rendement moyen à l'hectare 28 hl/ha (en 2024)[3]

Un alsace grand cru schlossberg[N 2], ou plus simplement un schlossberg, est un vin blanc français produit sur les lieux-dits Schlossberg et Kirrenburg, situés sur la commune de Kaysersberg Vignoble (nouvelle commune créée en 2016 et incluant le village de Kientzheim où se trouvent les vignes), dans le département du Haut-Rhin, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est.

Il s'agit d'un des cinquante-et-un grands crus du vignoble d'Alsace, bénéficiant chacun d'une appellation mais partageant le même cahier des charges alsace grand cru[4] (avec des contraintes plus rigoureuses que pour l'appellation alsace). Son sol granitique est principalement planté avec du riesling.

Étymologie

En 1928, les vignerons s'accordent par écrit sur des contraintes de récolte[5].

L'appellation alsace grand cru est créée par le décret du [6], avec un seul lieu-dit en bénéficiant : le Schlossberg. Ce cru est rejoint d'abord par vingt-quatre autres crus en 1983, puis vingt-cinq autres en 1992 et enfin un cinquante-et-unième en 2007.

Il y a eu depuis quelques modifications : en mars 1984 les mentions vendanges tardives et sélection de grains nobles sont réglementées au sein de l'appellation[7] ; en 2001, les rendements sont réduits (passant de 70 à 55 hl/ha)[8] ; en octobre 2011, tous les grands crus d'Alsace passent du statut de dénominations géographiques au sein d'une même appellation à celle d'autant d'appellations partageant le même cahier des charges[9] ; en mai 2022, nouvelle réduction du rendement (à 50 hl/ha)[10] ; en juillet 2025, autorisation des bouteilles de 300, 150, 100, 50 et 37,5 cl)[4].

Le toponyme Schlossberg signifie en allemand la « colline du château », en référence au château de Kaysersberg.

Vignoble

Aire d'appellation

Le schlossberg est produit en France, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est, plus précisément dans le département du Haut-Rhin, sur la commune de Kaysersberg Vignoble (nouvelle commune créée en 2016 et incluant le village de Kientzheim où se trouvent les vignes), à 10 kilomètres au nord-ouest de Colmar.

Images externes
Carte de l'aire d'appellation du schlossberg
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophoto du parcellaire de l'appellation
Carte du vignoble d'Alsace, avec l'indication des grands crus.

Sur la route des vins d'Alsace, le Schlossberg se trouve entre le Furstentum à l'est (ce cru jouxtant le Schlossberg et se trouvant en partie sur Kientzheim) et le Kaefferkopf au sud.

L'essentiel des parcelles de vigne sont à flanc de coteau, entre 230 et 350 mètres d'altitude, sur des pentes fortes exposées au sud et au sud-est. Ce versant de la colline du Bixkoepfel surplombe Kaysersberg, Kientzheim et la vallée de la Weiss. Les vignes grimpent de l'agglomération de Kientzheim jusqu'au château de Kaysersberg et à la forêt de Kientzheim, en partie plantées sur des terrasses retenues par des murs de soutènement. Quelques parcelles comprises dans l'aire d'appellation se situent sur un versant donnant vers l'est, sur le Kirrenburg, au nord du vallon du Streibach. Si la superficie de l'appellation est de 80,28 hectares[11], seulement un peu plus de la moitié sont déclarés pour la production du grand cru dans les années récentes[3].

L'aire d'appellation du schlossberg s'étend sur une deux lieux-dits de la commune de Kaysersberg Vignoble (sur le territoire de l'ancienne commune de Kientzheim) : Schlossberg proprement dit (sauf quelques parcelles à l'est, au nord-est et au sud-est en périphérie du lieu-dit) et, plus au nord, la partie centrale de Kirrenburg.

Géologie

Les vignes poussent sur des sols composés d'arène granitique[2] : ces terres sablo-limoneuses sont un peu acides. Le bas du coteau est recouvert d'épais alluvions. Le sous-sol est composé de granite prophyroblastique hétérogène (c'est-à-dire comprenant des enclaves de biotite, d'amphibole incolore et de pyroxène calcique) appelé granite migmatitique de Kaysersberg[12],[13].

Climatologie

Le climat est continental avec des printemps doux, des étés chauds, secs et ensoleillés, de longs automnes et des hivers froids. À l'ouest, le massif des Vosges protège un peu le coteau du vent et de la pluie : les vents d'ouest dominants perdent leur humidité sur le versant occidental et parviennent en Alsace sous forme de foehn, plus secs et chauds. Les précipitations sont donc moindres et les températures un peu plus hautes (moyenne annuelle plus haute de 1,5 °C) que ce qui serait attendu à cette latitude.

La station météorologique de Colmar (sur le site de l'INRA, à 202 mètres d'altitude : 48° 03′ 47″ N, 7° 19′ 48″ E)[14] est au pied du coteau viticole, à 9,3 km au sud-est du Schlossberg.

Relevé à Colmar-INRA de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température maximale moyenne (°C) 5,6 7,5 12,3 16,9 20,8 24,5 26,6 26,3 21,9 16,3 9,8 6,2 16,2
Température moyenne (°C) 2,5 3,6 7,3 11,2 15,3 18,7 20,3 20 15,9 11,3 6,1 3,3 11,3
Température minimale moyenne (°C) −0,6 −0,4 2,3 5,5 9,8 13 14,1 13,7 9,9 6,3 2,5 0,3 6,4
Nombre de jours avec gel 16,8 14,7 9 2,2 0,1 0 0 0 0,1 2,1 8 14,7 67,7
Précipitations (mm) 33 29,3 31,6 37,2 64,5 60,6 60,1 57 46,3 55 41,5 41,9 558
Ensoleillement (h) 60,2 88,2 138,6 174,9 213 210,6 254 239,7 161,6 102,7 52,9 45 1 741,1
Source : Météo-France[1].
5,6
−0,6
33
J
7,5
−0,4
29,3
F
12,3
2,3
31,6
M
16,9
5,5
37,2
A
20,8
9,8
64,5
M
24,5
13
60,6
J
26,6
14,1
60,1
J
26,3
13,7
57
A
21,9
9,9
46,3
S
16,3
6,3
55
O
9,8
2,5
41,5
N
6,2
0,3
41,9
D
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Les vins correspondant à l'appellation d'origine contrôlée alsace grand cru suivie de la dénomination géographique (nom de lieu-dit) Schlossberg doivent être produits avec un des cépages suivants : riesling B[N 1], pinot gris G, gewurztraminer Rs ou un des muscats (muscat ottonel B, muscat blanc à petits grains B ou muscat rose à petits grains Rs). Le Schlossberg est principalement planté avec du riesling à hauteur de 76 %, complété par 13 % de gewurztraminer, 10 % de pinot gris et 1 % de muscat[5].

L'encépagament du vignoble du schlossberg est composé de 76 % de riesling B, 13 % de gewurztraminer Rs, 10 % de pinot gris G et de 1 % de muscat B (toutes variétés confondues)[11].

Le riesling B est le principal cépage cultivé sur le Schlossberg. C'est un cépage au débourrement et à la maturation tardives, nécessitant des coteaux bien exposés au soleil, dont les vendanges peuvent avoir lieu vers la mi-octobre. Par contre, il résiste bien aux gelées d'hiver.

Le gewurztraminer Rs (signifie « traminer aromatique » en allemand) est un cépage rose aux baies orange ou tirant vers le violet. Ce proche parent du savagnin B et du savagnin rose Rs (appelé en Alsace klevener de Heiligenstein) est plutôt vigoureux, produit de gros rendements et donne de meilleurs résultats sur des sols marneux ou calcaires que sur des sols granitiques ou schisteux.

Le pinot gris G (appelé Grauburgunder, « bourguignon gris » en allemand, « malvoisie » en Valais ou pinot grigio en Italie) est un cépage fragile et de maturité assez précoce. Il est issu d’une mutation du pinot noir et est donc d’origine bourguignonne, où il est appelé « pinot beurot ». Il donne de meilleurs résultats sur des sols composés de cailloutis calcaires à condition d'être bien drainés grâce à une exposition en coteau.

Les muscats sont rarement cultivés, que ce soit sur l'ensemble du vignoble d'Alsace ou sur les parcelles classées comme grands crus. Le muscat blanc à petits grains B, appelé aussi « muscat d'Alsace », est originaire de Grèce ; il est cultivé en Alsace depuis au moins le début du XVIe siècle. Il est plutôt précoce. Le muscat ottonel B est plus récent, découvert au XIXe siècle dans la vallée de la Loire avant d'arriver en Alsace au milieu du siècle. L'ottonel est un hybride du chasselas, il est donc encore plus précoce que l'autre muscat. Le muscat rose à petits grains Rs est également autorisé.

Pratiques culturales

La densité de plantation est au minimum de 4 500 pieds par hectare ; l'écartement entre les rangs de vignes ne doit pas dépasser les deux mètres ; l'écartement entre les pieds sur le rang doit être compris entre 0,75 et 1,5 mètre ; les vignes sont conduites en hautain pour les protéger du gel, avec le feuillage palissé en espalier.

La hauteur de feuillage palissé ne peut être inférieure à 0,675 fois l'écartement entre les rangs ; la taille de la vigne doit se faire en Guyot simple ou double avec un maximum de 18 yeux francs. L'irrigation est interdite. La charge maximale moyenne à la parcelle est fixée à 8 500 kilogrammes de raisins par hectare[4].

Rendements

Le rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de 50 hectolitres par hectare (40 pour une sélection de grains nobles). Chaque année, ce rendement maximum peut être modifié à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de l'appellation, fixés à 60 hl/ha (48 pour une sélection de grains nobles)[4].

Le rendement réel de l'ensemble des grands crus alsaciens en 2024 a été de 40,1 hectolitres par hectare en moyenne[N 3]. Il est de 28 hl/ha pour le schlossberg[3].

Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement vendangés manuellement.

Vins

Volumes

Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[3] :

AnnéeSuperficie (ha)Production (hl)Rendement (hl/ha)
202245,61 19826
202343,061 27230
202443,351 20628

Titres alcoométriques

Les raisins récoltés doivent présenter un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 12,5 % vol. pour les cépages pinot gris G et gewurztraminer Rs et de 11 % vol. pour le riesling B[N 1] et les muscats. Les vins issus d'un assemblage présentent un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 12 % vol.

Ne peut être considéré à bonne maturité tout lot unitaire de vendanges présentant une richesse en sucre inférieure à 193 grammes par litre de moût pour les cépages pinot gris G et gewurztraminer Rs et à 168 grammes par litre de moût pour les autres cépages. Lorsqu'une autorisation d'enrichissement est accordée, l'augmentation du titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum ne peut dépasser 1,5 % vol.

Sur l'avis du syndicat des producteurs du cru, le comité régional d'experts des vins d'Alsace peut proposer annuellement au comité national des vins et eaux-de-vie de l'Institut national des appellations d'origine, pour la dénomination et pour chaque cépage, un titre alcoométrique naturel moyen minimum supérieur et une richesse en sucre des lots unitaires supérieure à ceux susvisés, ainsi qu'un taux d'enrichissement maximum inférieur au taux susvisé.

Vendanges tardives et grains nobles

Baies de riesling B touchées par la pourriture noble.

Les vendanges tardives désignent des vins faits à partir de raisins dont la récolte a été retardée pour les obtenir en surmaturité, d'où des vins riches en sucre et en alcool, aux goûts plus puissants, et souvent moelleux. Selon la législation, le moût doit avoir au moins 243 grammes de sucre par litre si c'est du gewurztraminer ou du pinot gris (soit 14,4 % vol. d'alcool potentiel), ou au moins 220 grammes de sucre par litre si c'est du riesling ou un muscat (soit 13,1 % vol. d'alcool potentiel) ; aucune chaptalisation n'est permise.

Quant à une sélection de grains nobles, il s'agit d'un vin fait à partir de raisins récoltés par tris sélectifs successifs des grains atteints de pourriture noble (le champignon Botrytis cinerea), ce qui donne des vins encore plus concentrés, plus sucrés, liquoreux. Selon la législation, le moût doit avoir au moins 279 grammes de sucre par litre si c'est du gewurztraminer ou du pinot gris (soit 16,6 % vol. d'alcool potentiel), ou au moins 256 grammes de sucre par litre si c'est du riesling ou un muscat (soit 15,2 % vol. d'alcool potentiel). Là-aussi aucune chaptalisation n'est permise[15],[16].

Vinification et élevage

Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement récoltés manuellement. Le jour de la vendange, à l'arrivée au chai, le raisin est foulé et pressé pour séparer le moût du marc de raisin. Pour ce travail, les pressoirs pneumatiques remplacent progressivement les pressoirs horizontaux à plateau. Puis le moût est mis en cuve pour le débourbage, qui est le soutirage du jus sans les bourbes, soit par filtrage, soit par décantation en attendant qu'elles se déposent au fond de la cuve.

La fermentation alcoolique débute sous l'action de levures indigènes ou de levures sélectionnées introduites lors du levurage : cette opération transforme le sucre du raisin en alcool. La maîtrise de la température de fermentation par un système de réfrigération permet d'exprimer le potentiel aromatique du produit. La fermentation achevée au bout d'un mois, le vin est soutiré afin d'éliminer les lies. La fermentation malolactique n'est généralement pas réalisée, bloquée par un sulfitage pour conserver son acidité au vin. Ce dernier peut être stocké en cuve pour le préparer à l'embouteillage ou élevé en barrique ou foudres de bois de chêne.

Le vin est soutiré, puis généralement de nouveau filtré avant le conditionnement en bouteilles[17].

Gastronomie

D'une façon générale, les alsaces grands crus sont plus aromatiques, plus concentrés et plus long en bouche que les autres vins d'Alsace. Ils se gardent davantage, vieillissant avec avantage de deux jusqu'à dix ans. Les vendanges tardives renforcent la concentration des arômes, les rendant encore plus puissants ; les sélections de grains nobles donnent des vins encore plus sucrés et alcoolisés, mais avec moins d'arômes fruités. Ils doivent être servi frais, mais pas glacés : l'idéal selon la CIVA est entre 8 et 10 °C.

Un riesling a une robe claire s'accentuant avec l'âge, avec un nez sur l'agrume ou floral, ainsi qu'une bouche plus vive, parfois minéral[18]. Il s'alliera avec les poissons (grillés, en sauce, ou crus marinés), les crustacés, les plats de la cuisine alsacienne, les viandes blanches (le coq au riesling notamment), les fromages de chèvre ou de brebis.

Le gewürztraminer a une robe dorée soutenue, devenant ambrée avec l'âge, avec un nez et une bouche au fruité très marqué (sont généralement évoqués la rose, le litchi et la bergamote) avec parfois des notes épicées (sont alors évoqués la girofle et le poivre). Un gewürztraminer fera merveille en apéritif ; on peut aussi l'associer avec tous les plats parfumés et relevés, notamment les plats exotiques (y compris pimentés ; il s'associe bien avec le gingembre), le poulet au curry, ou avec le pâté de foie de volaille, le foie gras de canard, la tarte à l'oignon, le poisson fumé, les fromages corsés (du munster par exemple) et les desserts.

Un pinot gris a une robe jaune dorée, avec un nez et une bouche au fruité marqué, évoquant l'abricot, le miel et les fruits confits, avec des notes du sous-bois (champignon) s'affirmant avec l'âge. Il se mariera bien avec le foie gras, la poularde, l'oie rôtie, le gratin de langoustines[19], les plats asiatiques sucrés-salés, du comté ou du beaufort.

Économie

Notes et références

Voir aussi

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