Sonnenglanz

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Désignation(s)Sonnenglanz
Appellation(s) principale(s)alsace grand cru Sonnenglanz
Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1983
Sonnenglanz
Désignation(s) Sonnenglanz
Appellation(s) principale(s) alsace grand cru Sonnenglanz
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1983
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble d'Alsace
Localisation Haut-Rhin
Climat continental
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 741 heures (à Colmar)[1]
Sol marno-calcaire
Superficie totale 32,8 hectares[2]
Superficie plantée 17,47 ha (en 2024)[3]
Cépages dominants pinot gris G[N 1], gewurztraminer Rs et riesling B
Vins produits blancs
Production 839 hectolitres (en 2024)[3]
Pieds à l'hectare minimum 4 500 pieds/ha[4]
Rendement moyen à l'hectare 48 hl/ha (en 2024)[3]

Un alsace grand cru Sonnenglanz[N 2], ou plus simplement un sonnenglanz, est un vin blanc français produit sur le lieu-dit le Sonnenglanz, situé sur la commune de Beblenheim, dans le département du Haut-Rhin, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est.

Il s'agit d'un des cinquante-et-un grands crus du vignoble d'Alsace, bénéficiant chacun d'une appellation mais partageant le même cahier des charges alsace grand cru[4] (avec des contraintes plus rigoureuses que pour l'appellation alsace). Le Sonnenglanz est essentiellement planté avec du pinot gris et du gewurztraminer.

Étymologie

Le , le syndicat viticole de Beblenheim obtient du tribunal d'instance de Colmar la condamnation d'un viticulteur du village pour avoir vendu 15 hl de vin sous la dénomination « Sonnenglanz » alors qu'il avait été produit sur le lieu-dit « Pfänzer ». Cette décision du tribunal fournissait en prime la définition de l'appellation d'origine (AO), rapport d'expert à l'appui, avec la surface (35 hectares et 1,54 are), la délimitation de l'aire de production (village route de Beblenheim à Riquewihr – Bergweg – limite du bas de Beblenheim et de Zellenberg – Hohreinweg – Alkirckweg – village), le type de sol (argilo-calcaire), l'orientation (vers le sud-est) et l'encépagement (soit pinot, traminer, riesling ou muscat, soit d'un coupage, y compris avec du chasselas ou du sylvaner)[5].

Le Sonnenglanz fait partie en 1983 des vingt-quatre lieux-dits sélectionnés pour devenir les dénominations géographiques de l'appellation alsace grand cru[6]. Il y a eu depuis quelques modifications : en mars 1984 les mentions vendanges tardives et sélection de grains nobles sont réglementées au sein de l'appellation[7] ; en 2001, les rendements sont réduits (passant de 70 à 55 hl/ha)[8] ; en octobre 2011, tous les grands crus d'Alsace passent du statut de dénominations géographiques au sein d'une même appellation à celle d'autant d'appellations partageant le même cahier des charges[9] ; en mai 2022, nouvelle réduction du rendement (à 50 hl/ha)[10] ; en juillet 2025, autorisation des bouteilles de 300, 150, 100, 50 et 37,5 cl)[4].

Sonnenglanz signifie en alsacien « éclat du soleil »[11].

Vignoble

Aire d'appellation

Le sonnenglanz est produit en France, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est, plus précisément dans le département du Haut-Rhin, sur la commune de Beblenheim à 11 kilomètres au nord de Colmar.

Images externes
Carte de l'aire d'appellation du sonnenglanz
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophoto du parcellaire de l'appellation
Carte du vignoble d'Alsace, avec l'indication des grands crus.

Sur la route des vins d'Alsace, l'Osterberg se trouve entre le Sporen à l'ouest et le Mandelberg au sud.

Si la superficie de l'appellation est de 32,80 hectares[12], seule une partie en est exploitée pour la production du grand cru, avec environ 18 hectares déclarés de 2022 à 2024. Les parcelles de vigne sont à flanc de coteau, entre 220 et 274 mètres d'altitude, sur des pentes douces exposées au sud-est. Le bas borde l'agglomération de Beblenheim, montant jusqu'à la limite communale avec Zellenberg en haut du coteau. L'aire d'appellation du sonnenglanz[13] correspond (à l'exception de quelques parcelles bâties) au lieu-dit Sonneglanz de la commune de Beblenheim.

Géologie

Les vignes poussent sur un sol brun argilo-calcaire, reposant sur un sous-sol composé de conglomérats et de marnes[2].

Ce sous-sol s'est mis en place pendant l'Oligocène jusqu'à l'Éocène supérieur (le Lattorfien), lors de la formation du fossé rhénan. Les massifs hercyniens surélevés des Vosges et de la Forêt-Noire ont alors été séparés par un effondrement, les failles découpant de nombreux blocs en gradins et le fossé se comblant partiellement avec les sédiments. Le Sonnenglanz se situant en bordure du graben, alors envahi par la mer, la zone était côtière, recevant d'abondants sédiments d'origine fluviatile qui se sont déposés en formant plusieurs couches. Ces strates sont composées de marnes, ainsi que de galets émoussés (grès vosgien, quartz du Buntsanstein, calcaires du Muschelkalk, oolithe bajocienne, etc.) plus ou moins bien cimentés ensemble[14],[15].

Climatologie

Le climat est continental avec des printemps doux, des étés chauds, secs et ensoleillés, de longs automnes et des hivers froids. À l'ouest, le massif des Vosges protège un peu le coteau du vent et de la pluie : les vents d'ouest dominants perdent une partie de leur humidité sur le versant occidental et parviennent en Alsace sous forme de foehn, plus secs et chauds. Les précipitations sont donc moindres et les températures un peu plus hautes (moyenne annuelle plus haute de 1,5 °C) que ce qui serait attendu à cette latitude. L'ensoleillement est de 1 741 heures en moyenne par an à Colmar[1].

La station météorologique de Bergheim (sur le site de l'INRA, à 309 mètres d'altitude : 48° 12′ 58″ N, 7° 20′ 44″ E)[16] est en haut du coteau viticole, à km au nord du Sonnenglanz.

Relevé à Bergheim de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température maximale moyenne (°C) 4,9 6,6 11,2 15,8 19,9 23,5 25,4 25,2 20,7 15,2 8,9 5,6 15,2
Température moyenne (°C) 2,3 3,4 7,3 11,3 15,2 18,6 20,4 20,2 16,1 11,5 6,1 3,1 11,3
Température minimale moyenne (°C) −0,3 0,2 3,5 6,7 10,5 13,7 15,4 15,2 11,5 7,7 3,3 0,6 7,3
Nombre de jours avec gel 16,1 12,8 5,6 0,9 0 0 0 0 0 0,7 6,1 14,2 56,4
Précipitations (mm) 48,2 42,8 41 43,6 70,6 68,6 68,1 63,3 50,3 62,8 51,6 53,5 664,4
Source : Météo-France[17].
4,9
−0,3
48,2
J
6,6
0,2
42,8
F
11,2
3,5
41
M
15,8
6,7
43,6
A
19,9
10,5
70,6
M
23,5
13,7
68,6
J
25,4
15,4
68,1
J
25,2
15,2
63,3
A
20,7
11,5
50,3
S
15,2
7,7
62,8
O
8,9
3,3
51,6
N
5,6
0,6
53,5
D
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Les vins correspondant à l'appellation d'origine contrôlée alsace grand cru suivie de la dénomination géographique (nom de lieu-dit) Sonnenglanz doivent être produits avec les cépages suivants : riesling B[N 1], pinot gris G, gewurztraminer Rs ou un des muscats (muscat ottonel B, muscat blanc à petits grains B ou muscat rose à petits grains Rs).

Le Sonnenglanz est planté avec 50 % de pinot gris G , 42 % de gewurztraminer Rs et 8 % de riesling B[11].

Le gewurztraminer Rs (signifie « traminer aromatique » en allemand) est le cépage le plus cultivé sur le Sonnenglanz. C'est un cépage rose aux baies orange ou tirant vers le violet. Ce proche parent du savagnin B et du savagnin rose Rs (appelé en Alsace klevener de Heiligenstein) est plutôt vigoureux, produit de gros rendements et donne de meilleurs résultats sur des sols marneux ou calcaires que sur des sols granitiques ou schisteux.

Le pinot gris G (appelé Grauburgunder, « bourguignon gris » en allemand, « malvoisie » en Valais ou pinot grigio en Italie) est un cépage fragile et de maturité assez précoce. Il est issu d’une mutation du pinot noir et est donc d’origine bourguignonne, où il est appelé « pinot beurot ». Il donne de meilleurs résultats sur des sols composés de cailloutis calcaires à condition d'être bien drainés grâce à une exposition en coteau.

Le riesling B est peu cultivé sur le Sonnenglanz. C'est un cépage au débourrement et à la maturation tardives, nécessitant des coteaux bien exposés au soleil, dont les vendanges peuvent avoir lieu vers la mi-octobre. Par contre, il résiste bien aux gelées d'hiver.

Pratiques culturales

Les vignes sont conduites en hautain pour les protéger du gel, avec le feuillage palissé en espalier ; la hauteur de feuillage palissé ne peut être inférieure à 0,675 fois l'écartement entre les rangs. La taille de la vigne doit se faire en guyot simple ou double avec un maximum de dix yeux par mètre carré de surface au sol pour le cépage gewurztraminer Rs et huit yeux par mètre carré de surface au sol pour les autres cépages.

La charge maximale moyenne à la parcelle est fixée à 10 000 kilogrammes de raisin par hectare[4].

Rendements

Le rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de 50 hectolitres par hectare (40 pour une sélection de grains nobles). Chaque année, ce rendement maximum peut être modifié à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de l'appellation, fixés à 60 hl/ha (48 pour une sélection de grains nobles)[4].

Le rendement réel de l'ensemble de l'appellation (les 51 crus alsaciens) est de 50 hectolitres par hectare en moyenne pour l'année 2009[N 3], et de 48 hl/ha en 2024[3]. Bien que ce soit très en dessous des rendements moyens du vignoble d'Alsace (l'appellation alsace est limitée à un maximum de 80 hl/ha), il s'agit d'un rendement dans la moyenne française.

Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement vendangés manuellement.

Vins

Volumes

Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[3] :

AnnéeSuperficie (ha)Production (hl)Rendement (hl/ha)
202218,9292048
202317,8489450
202417,4783948

Titres alcoométriques

Les raisins récoltés doivent présenter un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 12,5 % vol. pour les cépages pinot gris G et gewurztraminer Rs et de 11 % vol. pour le riesling B[N 1] et les muscats. Les vins issus d'un assemblage présentent un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 12 % vol.

Ne peut être considéré à bonne maturité tout lot unitaire de vendanges présentant une richesse en sucre inférieure à 193 grammes par litre de moût pour les cépages pinot gris G et gewurztraminer Rs et à 168 grammes par litre de moût pour les autres cépages. Lorsqu'une autorisation d'enrichissement est accordée, l'augmentation du titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum ne peut dépasser 1,5 % vol.

Sur l'avis du syndicat des producteurs du cru, le comité régional d'experts des vins d'Alsace peut proposer annuellement au comité national des vins et eaux-de-vie de l'Institut national des appellations d'origine, pour la dénomination et pour chaque cépage, un titre alcoométrique naturel moyen minimum supérieur et une richesse en sucre des lots unitaires supérieure à ceux susvisés, ainsi qu'un taux d'enrichissement maximum inférieur au taux susvisé.

Vendanges tardives et grains nobles

Baies de riesling B touchées par la pourriture noble.

Les vendanges tardives désignent des vins faits à partir de raisins dont la récolte a été retardée pour les obtenir en surmaturité, d'où des vins riches en sucre et en alcool, aux goûts plus puissants, et souvent moelleux. Selon la législation, le moût doit avoir au moins 243 grammes de sucre par litre si c'est du gewurztraminer ou du pinot gris (soit 14,4 % vol. d'alcool potentiel), ou au moins 220 grammes de sucre par litre si c'est du riesling ou un muscat (soit 13,1 % vol. d'alcool potentiel) ; aucune chaptalisation n'est permise.

Quant à une sélection de grains nobles, il s'agit d'un vin fait à partir de raisins récoltés par tris sélectifs successifs des grains atteints de pourriture noble (le champignon Botrytis cinerea), ce qui donne des vins encore plus concentrés, plus sucrés, liquoreux. Selon la législation, le moût doit avoir au moins 279 grammes de sucre par litre si c'est du gewurztraminer ou du pinot gris (soit 16,6 % vol. d'alcool potentiel), ou au moins 256 grammes de sucre par litre si c'est du riesling ou un muscat (soit 15,2 % vol. d'alcool potentiel). Là-aussi aucune chaptalisation n'est permise[18],[19].

Vinification et élevage

Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement récoltés manuellement. Le jour de la vendange, à l'arrivée au chai, le raisin est foulé et pressé pour séparer le moût du marc de raisin. Pour ce travail, les pressoirs pneumatiques remplacent progressivement les pressoirs horizontaux à plateau. Puis le moût est mis en cuve pour le débourbage, qui est le soutirage du jus sans les bourbes, soit par filtrage, soit par décantation en attendant qu'elles se déposent au fond de la cuve.

La fermentation alcoolique débute sous l'action de levures indigènes ou de levures sélectionnées introduites lors du levurage : cette opération transforme le sucre du raisin en alcool. La maîtrise de la température de fermentation par un système de réfrigération permet d'exprimer le potentiel aromatique du produit. La fermentation achevée au bout d'un mois, le vin est soutiré afin d'éliminer les lies. La fermentation malolactique n'est généralement pas réalisée, bloquée par un sulfitage pour conserver son acidité au vin. Ce dernier peut être stocké en cuve pour le préparer à l'embouteillage ou élevé en barrique ou foudres de bois de chêne.

Le vin est soutiré, puis généralement de nouveau filtré avant le conditionnement en bouteilles[20].

Gastronomie

D'une façon générale, les alsaces grands crus sont plus aromatiques, plus concentrés et plus long en bouche que les autres vins d'Alsace. Ils se gardent davantage, vieillissant avec avantage de deux jusqu'à dix ans. Les vendanges tardives renforcent la concentration des arômes, les rendant encore plus puissants ; les sélections de grains nobles donnent des vins encore plus sucrés et alcoolisés, mais avec moins d'arômes fruités. Ils doivent être servi frais, mais pas glacés : l'idéal selon la CIVA est entre 8 et 10 °C.

Le gewürztraminer a une robe dorée soutenue, devenant ambrée avec l'âge, avec un nez et une bouche au fruité très marqué (sont généralement évoqués la rose, le litchi et la bergamote) avec parfois des notes épicées (sont alors évoqués la girofle et le poivre). Un gewürztraminer fera merveille en apéritif ; on peut aussi l'associer avec tous les plats parfumés et relevés, notamment les plats exotiques (y compris pimentés ; il s'associe bien avec le gingembre), le poulet au curry, ou avec le pâté de foie de volaille, le foie gras de canard, la tarte à l'oignon, le poisson fumé, les fromages corsés (du munster par exemple) et les desserts.

Un pinot gris a une robe jaune dorée, avec un nez et une bouche au fruité marqué, évoquant l'abricot, le miel et les fruits confits, avec des notes du sous-bois (champignon) s'affirmant avec l'âge. Il se mariera bien avec le foie gras, la poularde, l'oie rôtie, le gratin de langoustines[21], les plats asiatiques sucrés-salés, du comté ou du beaufort.

Un riesling a une robe claire s'accentuant avec l'âge, avec un nez sur l'agrume ou floral, ainsi qu'une bouche plus vive, parfois minéral[22]. Il s'alliera avec les poissons (grillés, en sauce, ou crus marinés), les crustacés, les plats de la cuisine alsacienne, les viandes blanches (le coq au riesling notamment), les fromages de chèvre ou de brebis.

Économie

Notes et références

Voir aussi

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