Al-Mas'udiyya
From Wikipedia, the free encyclopedia
Al-Mas'udiyya (المسعوديّة/صميل) aussi appelé Summayl, est un ancien village palestinien du sous-district de Jaffa. Il est dépeuplé pendant la première guerre israélo-arabe dès le 25 décembre 1947. Il était situé à 5 km au nord-est du centre de Jaffa et à 1,5 km au sud de la rivière al-'Awja, à l‘intérieur de la municipalité de Jaffa. Le village était aussi appelé Summayl ou Summeil, nom sous lequel il est plus souvent connu par les Israéliens aujourd‘hui[1].
Empire ottoman

Lors de la campagne de Bonaparte en Syrie (1799), Pierre Jacotin note un village sans donner son nom sur sa carte qui correspond à Al-Mas'udiyya[2].
Une liste de villages ottomane datée d‘environ 1870 recense 23 maisons à Samwil et une population masculine de 62 habitants, ce document ne recensant pas les femmes. Samwil est enregistré comme un campement bédouin à 4,5 km au nord du centre de Jaffa et à 1 km de la mer[3],[4].
En 1882, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit Summeil comme un village ordinaire, construit en adobes[5] avec un grand puits et une grotte[6].
Des fouilles ont permis de dégager des tombes d‘enfants en urnes de la fin de la période ottomane, souvent associées à des populations nomades ou de travailleurs itinérants originaires d‘Égypte[7].
Le village change de nom, de Summeil pour al-Mas'udiyya, au début du 20e siècle[1].
Période du mandat britannique
De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Jaffa est conquise en décembre 1917 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Mas'udiyeh a une population de 443 habitants, dont 437 musulmans et 6 chrétiens[8] (les chrétiens appartenant à la communauté germanophone des Templiers[9]. Au recensement de 1931, la population augmente à 658 habitants, dont 654 musulmans et 4 chrétiens, dans 127 maisons[10].
Le 20 décembre 1942, Al-Mas'udiyya est annexée à la municipalité de Tel Aviv[11].
Dans les statistiques de Village de 1945, le village a une population de 850 habitants, dont 830 musulmans et 20 chrétiens[12],[13].
Une école primaire est fondéé à Al-Mas'udiyya en 1931, avec 31 élèves inscrits en 1945[14]. Les habitants cultivaient 275 dounams (27 hectares) d‘agrumes en 1938[1]. La croissance urbaine de Tel Aviv pousse plusieurs habitants à quitter le village en 1946[1].
Guerre de 1948 et suites
Les habitants d‘Al-Mas'udiyya concluent un accord de non-agression avec la Haganah, signé à Petah Tikva fin 1947[1]. Ils fuient le village le 25 décembre 1947, au début de la guerre israélo-arabe de 1948[15] sous la pression des action de terreur des milices sionistes, Haganah ou Irgoun. Les habitants se réfugient à Jammasin (en) avant de fuir à nouveau, ce village se vidant de sa population à la mi-mars 1948[1].
Voici comme Walid Khalidi décrit ce qui subsiste du village en 1992 : « Le site fait partie de Tel Aviv. La maison abandonnée de Muhammad Baydas est tout ce qui reste du village. Des cactus, des herbes à huile-de-castor (ricin) et des palmiers et des cyprès signalent le site. Le pont de al-Mas'udiyya (ou pont de Summayl), un pont en arc d'acier, se trouve à proximité[14] ».
Al-Mas'udiyya a été intégré à Tel Aviv. Le maqam Abd al-Nabi se trouve à proximité du Carlton Tel Aviv (en), dans le jardin Spiegel. Le nombre de réfugiés descendant des habitants d‘Al-Mas'udiyya ayant pris la fuite est estimé à environ 6000 en 1998[1].
- Al-Mas'udiyya aujourd‘hui.
- Maqam Abd al-Nabi et hôtel Carlton de Tel Aviv.
- Le maqam entouré du cimetière musulman.
- Petit quartier arabe au sein de la métropole de Tel Aviv.
- Pont flottant établi sur le wadi el Auja (Yarkon en hébreu moderne) durant la Première Guerre mondiale.
- Construction du pont moderne sur le Yarkon (wadi el Auja).
