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Chronologie du siège de Paris (1870-1871)

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Le siège de Paris de 1870-1871 est un épisode de la guerre franco-allemande de 1870-1871 ; sa chronologie permet d'appréhender l'histoire de ce siège par les événements selon leur ordre temporel dans la ville de Paris mais également dans l'ensemble des départements d'Île-de-France[note 1], ainsi que ceux traversés par les armées allemandes coalisées[1].

Date au
Issue Capitulation française
Faits en bref Date, Lieu ...
Chronologie du siège de Paris (1870-1871)
Description de cette image, également commentée ci-après
Investissement de Paris 17 septembre 1870 - 28 janvier 1871. Emplacement des troupes allemandes à la mi-octobre 1870.
Informations générales
Date au
Lieu Paris, France
Issue Capitulation française
Belligérants
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau du Grand-duché de Bade Grand-duché de Bade
Drapeau du Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Drapeau du Royaume de Wurtemberg Royaume de Wurtemberg
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Drapeau de la France France
Commandants
Guillaume Ier d'Allemagne
Helmuth von Moltke
Louis Jules Trochu
Joseph Vinoy
Forces en présence
240 000 soldats 200 000 soldats
200 000 miliciens et marins
Pertes
12 000 morts ou blessés 24 000 morts ou blessés
146 000 capturés
47 000 civils

Guerre franco-prussienne

Batailles

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Sommaire

Contexte

Après la capitulation de Sedan le , la 3e armée, composée de 2 corps d'armée prussiens, de 2 corps d'armée bavarois et d'éléménts badois et wurtembergois, se déplace vers Paris. Dans la capitale, la nouvelle parvient dans l'après-midi du [Passage contradictoire (Ci-dessous, on parle du 4 septembre.)].

L'opposition parlementaire à Napoléon III, menée par Léon Gambetta, met alors en place un gouvernement provisoire, dit de la Défense nationale. La République est proclamée le 4 septembre, au balcon de l’hôtel de ville de Paris, et le gouvernement de la Défense nationale est formé.

Septembre

Dimanche 4 septembre

Lundi 5 septembre

Après la capitulation de Napoléon III, Victor Hugo rentre d'exil ; il reçoit un accueil triomphal à Paris. Par la suite, il participe activement, tout au long du siège, à la défense de Paris.
Étienne Arago est nommé maire de Paris, avec comme adjoints Charles Floquet et Henri Brisson.

Mardi 6 septembre

Mercredi 7 septembre

Jeudi 8 septembre

  • Aisne :
    La garnison de Laon, composée de 800 mobiles et d'une trentaine de canons, est sommée de se rendre sous peine de la destruction de la ville.

Vendredi 9 septembre

Samedi 10 septembre

Dimanche 11 septembre

  • Paris :
    La taxe de la viande de boucherie est décrétée : « Le gouvernement considérant qu'en raison des circonstances actuelles le gouvernement a dû pourvoir aux approvisionnements de Paris, et qu'il importe que la vente au détail de ces approvisionnements ne soit pas l'objet de spéculations nuisibles aux intérêts des consommateurs; vu l’article 30 de la loi des 19-22 juillet 1791; sur le rapport du ministre de l'agriculture et du commerce décrète : Article 1 : Jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, la taxe de la viande de boucherie est rétablie dans la ville de Paris, etc. »[7]
    Les gardes mobiles, gendarmes[8] et autres troupes se replient sur Paris.
    Le 13e corps d'armée, commandée par le général Vinoy et formé à Paris en août, quitte ses bivouacs situés sur l'avenue de la Grande-Armée pour s'étendre davantage, et garnir l'espace compris entre le pont de Sèvres et le village de Saint-Ouen faisant ainsi face à la Seine, soit un développement de 14 kilomètres. Il prend position dans l'ordre suivant :

Les soldats du 13e corps d'armée exécutent plusieurs fortifications, dont la redoute de Courbevoie située au rond-point de Courbevoie, ainsi que celles de Gennevilliers, de Montretout, du Brimborion, de Ville d'Avray, de Meudon et de Châtillon.

Lundi 12 septembre

Mardi 13 septembre

Mercredi 14 septembre

  • Paris :
    Défense est faite de sortir ou d'entrer dans Paris.

Jeudi 15 septembre

  • Oise :
    Deux trains sont attaqués aux abords de Senlis et de Chantilly par les troupes allemandes, qui s'installent ensuite dans ces villes. Le service est supprimé à partir de Paris.

Ordre du jour du général Trochu

« Aux gardes nationaux, aux gardes mobiles de la Seine et aux gardes mobiles des départements.

Jamais aucun général d'armée n'a eu sous les yeux le grand spectacle que vous venez de me donner.
Trois cents bataillons de citoyens, organisés, armés, encadrés par la population tout entière acclamant dans un concert immense la défense de Paris et la liberté.
Que les nations étrangères qui ont douté de vous, que les armées qui marchent sur vous ne l'ont elles entendu !
Elles auraient eu le sentiment que le malheur a plus fait en quelques semaines pour élever l'âme de la nation que de longues années de jouissance pour l'abaisser.
L'esprit de dévouement et de sacrifices vous a pénétrés, et déjà vous lui devez le bienfait de l'union de cœur qui va vous sauver.
Avec notre formidable effectif, le service journalier de la garde de Paris ne sera pas de moins de 70 000 hommes en permanence. Si l'ennemi, par une attaque de vive force, ou par surprise, ou par la brèche ouverte, perçait l'enceinte, il rencontrerait les barricades dont la construction se prépare, et ses têtes de colonnes seraient renversées par l'attaque de dix réserves échelonnées.
Ayez donc confiance entière et sachez que l'enceinte de Paris, défendue par l'effort persévérant de l'esprit public et par trois cent mille fusils, est inabordable.

Gardes nationaux de la Seine et gardes mobiles :
Au nom du gouvernement de la Défense nationale, dont je ne suis devant vous que le représentant, je vous remercie de votre patriotique sollicitude pour les chers intérêts dont vous avez la garde.
À présent, à l'œuvre dans les neuf sections de la défense!
De l'ordre partout, du calme partout, du dévouement partout.
Et rappelez vous que vous devenez chargés, je vous l'ai déjà dit, de la police de Paris pendant ces jours de crise.
Préparez vous à souffrir avec constance. À cette condition vous vaincrez.

Trochu . »

Vendredi 16 septembre

Les régiments de cavalerie commandés par les généraux Gustave Coste de Champéron et Jean-Henry Reyau, qui ont été dirigés sur Meaux avec ordre de harceler l'ennemi, font mouvement de repli.
Les troupes de la division Champéron rentrent dans Paris, et bivouaquent dans le bois de Vincennes et sur le Champ-de-Mars.
Les troupes de la division Reyau regagnent quant à elles Versailles, puis se dirigent vers les armées en formation au-delà de la Loire.

  • Aisne :
    Soissons ayant refusé de se rendre, la place est investie par les troupes allemandes qui en font le siège ; la ville résiste jusqu'au 12 octobre.
  • Paris :
    À mesure que les Prussiens resserrent le cercle dans lequel ils vont enfermer Paris, les populations des localités voisines, refoulées par l'invasion, se précipitent de toutes parts dans la capitale, avec des voitures chargées de meubles entassés à la hâte, de provisions, des objets les plus précieux abandonnant leur foyer qu'ils retrouvent, généralement, pillé et détruit.
    Les ambassadeurs d'Autriche-Hongrie, d'Angleterre (Richard Lyons) et de Russie[Information douteuse] quittent Paris pour suivre le transfert du gouvernement français sur Tours.
  • Val-de-Marne :
    On se bat à Athis. La voie de chemin de fer est coupée par une canonnade entre Ablon et Athis, les trains allant sur Paris sont stoppés.
    Les éclaireurs français de la Seine engagent un combat à Pompadour contre des éclaireurs allemands.

Samedi 17 septembre

  • Val-d'Oise :
    À L'Isle-Adam, un escadron de cavalerie prussien aidé de 200 fantassins arrache le drapeau de l'hôtel de ville, se livre au pillage et réquisitionne les plus belles demeures. Les troupes allemandes, qui contrôlent Le Mesnil-Aubry et Beaumont-sur-Oise, continuent leur progression sur Pontoise qu'elles occupent dans la journée.

Dimanche 18 septembre

  • Paris :
    Décret d'un crédit de 600 000 francs pour construire des mitrailleuses.
  • Val-de-Marne :
    Environ 200 Prussiens s'avancent près du pont de Joinville en venant de Champigny. Après avoir échangé, pendant une demi-heure, des coups de feu avec les francs-tireurs, ils se retirent.
    Les voies de chemins de fer sont coupées après qu'un convoi ait été assailli, à coups de fusil, à Choisy-le-Roi par les uhlans postés sur l'autre rive de la Seine.
    Les Prussiens sont signalés à Vitry et Chevilly.
    Le général Ducrot qui occupe, avec 4 divisions d'infanterie, des positions s'étendant des hauteurs de Villejuif à celles de Meudon, fait effectuer une reconnaissance de cavalerie. 2 000 hommes et 28 pièces d'artillerie de campagne de la division du général Maud'huy renforcent les positions du moulin de Saquet et des Hautes Bruyères et entreprennent le creusement de tranchées.
  • Seine-et-Marne :
    20 000 Prussiens sont signalés cheminant dans la vallée de la Marne en direction de Paris ; leur avant-garde de 6 000 hommes se dirige à partir de Lagny sur le plateau d'Avron[14].
  • Seine-Saint-Denis :
    Des fusillades sont signalées vers Le Bourget.
    Les réfugiés affluent vers Saint-Denis, et indiquent « les Prussiens ! les Prussiens sont à Sarcelles et à Saint-Brice, en marche sur Saint-Denis !... »
    Les troupes du génie font sauter trois ponts sur la Seine pour faire obstacle à la marche des corps prussiens enserrant la capitale.

Lundi 19 septembre : début du siège de Paris

  • Hauts-de-Seine :
    La garde de Paris fait sauter les ponts de Saint-Cloud, Sèvres et Billancourt.
    • Première bataille de Châtillon[18] :
      • dès la pointe du jour, le général d'Exéa fait une reconnaissance offensive en avant de ses positions. Il rencontre des forces allemandes importantes dissimulées dans les bois et dans les villages, et surtout un très grand déploiement d'artillerie.
      • Après un engagement assez vif, les troupes françaises doivent se replier. Une partie de la droite effectue ce mouvement avec une regrettable précipitation. L'autre partie se concentre en bon ordre autour de la redoute en terre qui a été élevée sur le plateau de Châtillon. La gauche faiblement attaquée peut tenir sur les hauteurs de Villejuif.
      • À ce moment, le feu d'artillerie de l'ennemi prend des proportions qu'il n'avait pas atteintes jusqu'alors. Vers 16 heures, le général Ducrot, après une lutte qui a duré toute la journée, doit prendre la résolution de faire reculer ses troupes jusqu'aux points où elles peuvent recevoir la protection des forts. Il fait enclouer, sous ses yeux, les 8 pièces d’artillerie en position dans la redoute de Châtillon avant de se retirer, le dernier, au fort de Vanves.
    • Les Allemands occupent aussitôt les hauteurs qui dominent les forts d'Issy, de Vanves, de Montrouge et commencent à construire de gigantesques batteries qui lui permettent de bombarder les forts et l'enceinte. La route de Choisy à Versailles est couverte de fascines, par lesquelles les grosses pièces Krupp peuvent être montées sans bruit. Plusieurs étages de retranchements s'élevèrent sur les flancs du coteau. Une batterie placée au moulin de Pierre[note 8],[19],[20] est à 1 000 m du fort de Vanves.
      Des ordres sont donnés pour que les troupes françaises se concentrent définitivement dans Paris. Toutefois le 15e régiment de marche, sous les ordres du colonel Bonnet, se retranche fortement, et garde sa position avancée à Plessis-Piquet.
      La redoute de Montretout, dont les remparts sont inachevés et jugée trop avancée par le commandement, est évacuée par le 6e bataillon des mobiles de la Seine.

Mardi 20 septembre

  • Paris :
    Le gouvernement indique qu'il « ne livrera ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de nos forteresses ».
    La commission des barricades est formée.
  • Hauts-de-Seine :
    En avant des forts de Montrouge, de Bicêtre et d'Ivry, les Allemands reste à grande distance, et deux obus de du fort d'Ivry forcent leurs sentinelles à se replier.
    Dans la nuit, les Prussiens s'emparent des hauteurs de Meudon. Une pièce de marine, portant à 9 000 mètres, envoie un boulet qui tombe au milieu d'une batterie prussienne.
    Le fort de Vanves, de son côté, tire sur les troupes allemandes.
    À Vélizy, les Prussiens utilisent la cour de la ferme Rabourdin[note 11] comme parc d'artillerie et installent leurs batteries sur les positions en hauteur.

Mercredi 21 septembre

Jeudi 22 septembre

  • Yvelines :
    Une quarantaine de francs-tireurs français tendent une embuscade à l'entrée de Mézières-sur-Seine à un groupe de uhlans qui s'avance en direction de Mantes-la-Jolie. Le soir, les Allemands reviennent en force ; le général Adalbert von Bredow en personne, à la tête d'une colonne de cavalerie et d'artillerie appuyée par un détachement d'infanterie bavaroise, se dirige sur Mézières. Une reconnaissance du 13e dragons du Schleswig-Holstein tombe dans une embuscade à Aulnay-sur-Mauldre tendue par 4 francs-tireurs[note 13]. Arrivés à Mézières, le maire est roué de coups[note 14] et le village est canonné, criblé d'obu ; l'arrière-garde prussienne, torche à la main, y met le feu. Une soixantaine de maison sont détruites. En fin d'après-midi, la colonne arrive devant Mantes-la-Jolie. Après avoir canonné la ville, l'infanterie bavaroise du 2e régiment Prince-héritier (de) entre en ville, saccage les deux gares[note 15], tue et blesse des civils, et emmène des otages. La population affolée s'enfuit jusque dans les bois de Rosny. Après sa terrifiante apparition aux portes de Mantes, la colonne retourne dans ses cantonnements par le même chemin.

Vendredi 23 septembre

  • Val-de-Marne :
    Les forts de Bicêtre et de Montrouge appuient les troupes qui occupent le village de Villejuif et la batterie des Hautes-Bruyères. Au soir, la position est fortement établie.
    Les Allemands effectuent une reconnaissance sur le Moulin de Saquet, et sont mis en déroute par les défenseurs aidés par l’artillerie du fort d'Ivry.
    Les Allemands tentant de s’établir vers Bagneux sont totalement réduit par l’artillerie de campagne et celle des forts.
    Le fort de Nogent jette le désordre dans les forces allemandes en tirant une soixantaine de coups de canons vers Bry-sur-Marne.
  • Seine-Saint-Denis :
    Une reconnaissance est effectuée par le 23e bataillon sédentaire de Saint-Denis vers la butte Pinson. Cette reconnaissance signale des mouvements de troupes prussiennes sur la route de Lille vers Le Bourget et Dugny, occasionnant plusieurs combats et escarmouches.
    Les forces allemandes effectuent des travaux en avant des fortifications Saint-Denis. La garnison de Saint-Denis du général Bellemare, avec le 28e de marche en pointe, soutenus par l’artillerie des forts de la Double-Couronne et de la Briche, attaquent avec succès Pierrefitte, occupée par les Allemands. Des combats au corps à corps ont lieu ; les Allemands, ayant subi de lourdes pertes, envoient environ 8 000 hommes en renfort provenant de troupes postées sur les hauteurs de Montmorency. La position est abandonnée en fin de journée. Les pertes françaises sont de 11 tués et 86 blessés.
    L’amiral Saisset, à la tête de 200 fusiliers, 400 hommes de l’infanterie de marine et 8 compagnies des bataillons des éclaireurs de la Seine[39] du colonel Lafon, effectue une reconnaissance vers Le Bourget. Bobigny est évacué par les Allemands et à Drancy, après une vive fusillade, les Prussiens sont poursuivis jusqu’à la gare du Bourget. Plusieurs colonnes d’infanterie prussiennes, arrivées en renfort sont refoulées dans le village par l’artillerie du fort de Romainville (1 pièce de marine de 16). Les Français brûlent toutes les meules de fourrage de la cavalerie allemande.
    Du côté d’Aubervilliers, les Allemands se tiennent à grande distance.
  • Val-d'Oise :
    L'armée allemande effectue des travaux vers Argenteuil, où 40 000 Prussiens seraient cachés dans les bois alentour.
    Sur la rive gauche de l'Oise, un détachement prussien du 71e régiment d'infanterie prussien (pl) tombe dans une embuscade, en face du château de Stors ; il s'enfuit dans toutes les directions abandonnant aux francs-tireurs français 13 fourgons chargés de produits réquisitionnés à Pontoise ainsi qu'une douzaine de chevaux. L'ensemble est ensuite dirigé sur Beauvais.
  • Hauts-de-Seine :
    L'armée allemande paraît établir des batteries au-dessus de la manufacture de Sèvres et sur la terrasse du château de Meudon.
    Une reconnaissance des gardes mobiles français est faite vers le côté nord de l'île Saint-Denis jusqu'à la pointe, au lieu-dit « la Ferme ». De la rive droite, des Prussiens, embusqués dans un bois, dirige sur la petite troupe un feu nourri, mais les mobiles font bonne contenance et ripostent avec vigueur.

Samedi 24 septembre

  • Yvelines :
    Des renseignements indiquent qu’un pont établi par les Allemands à Triel-sur-Seine a cédé sous le poids des pièces de gros calibre qui y étaient engagées, entraînant par le fond 3 canons[40].

Dimanche 25 septembre

Lundi 26 septembre

Institution par le gouvernement français des Cours martiales à Vincennes, Saint-Denis, etc.
  • Val-d'Oise :
    Un détachement du 86e régiment du Schleswig-Holstein (de), qui s'avance en direction du château de Stors, tombe dans une embuscade sur le territoire de Mériel et perd 5 hommes.

Mardi 27 septembre

  • Paris :
    Décret qui institue des conseils de guerre dits « de la Garde nationale », pour juger les crimes et délits commis par les gardes nationaux pendant la durée du siège de Paris[45].
  • Val-d'Oise :
    Un détachement de 400 hommes du 71e régiment d'infanterie prussien (pl) escortant une quarantaine de chariots arrive à L'Isle-Adam, vers 9 heures du matin, pour effectuer de nouvelles réquisitions et rétablir le pont entre L'Isle-Adam et Parmain. Les soldats sont bloqués par une barricade d'où part un tir nourri. Les Prussiens poussent alors devant eux le curé et son vicaire, le maire et un autre habitant pour leur servir de bouclier et arriver jusqu'au pont. Les francs-tireurs continuent la fusillade, épargnant miraculeusement les otages et obligeant l'ennemi à se réfugier en ville. Les Prussiens, ayant reçu des renforts d'une section d'artillerie, bombardent et lancent plusieurs attaques sur Parmain, qui sont toutes repoussées. Ils perdent 1 tué et une dizaine de blessés. Vers 5 heures du soir, le détachement retourne à son camp à Saint-Brice.

Mercredi 28 septembre

Défense faite par le gouvernement français de passer les lignes avancées sans un laissez-passer venant du gouverneur militaire.

Jeudi 29 septembre

Décret du gouvernement français pour maintenir la discipline dans la garde nationale.
  • Paris :
    La viande commence à manquer, les queues devant les boucheries commencent. Un poulet vaut entre 10 et 12 francs et une livre de beurre 8 francs.
    Les 27, 28 et 29 septembre, sont prescrits, par décrets, la formation des 34e, 35e et 36e régiments de marche ainsi que d'un 2e régiment de gendarmerie à cheval[35], sous les commandements respectifs des colonels Achille Mocquery[note 19] (34e), Jean-Baptiste Lavoignet[note 20] (35e) et Charles Allavène (gendarmerie)[49].
  • Val-d'Oise :
    Préoccupés par la résistance des francs-tireurs français de l'Isle-Adam et de Parmain, les Prussiens envoient un nouveau détachement commandé par le colonel prince de Hohenlohe, composé d'un bataillon du 27e régiment d'infanterie, du 1er régiment d'uhlans de la Garde et d'une section d'artillerie avec l'ordre de purger définitivement le secteur. Vers midi, une partie de la colonne arrive à l'Isle-Adam et recommence, sans plus de succès que le 27, d'enlever la barricade de Parmain. Cette attaque n'a toutefois vraisemblablement pas d'autre but que d'occuper les francs-tireurs ; l'autre partie de la colonne jette un pont de bateaux à Mours, situé plus en amont, franchit l'Oise et descend par la rive droite afin de prendre la barricade à revers. Les francs-tireurs alertés à temps évacuent leurs positions avec comme perte 1 tué et 1 blessé contre 3 tués et une vingtaine de blessés du côté du 27e régiment prussien.
  • Seine-Saint-Denis :
    L’artillerie des forts de Saint-Denis lance quelques obus sur les rassemblements et les travaux qu’exécutent les Allemands vers Stains, Garches, Orgemont et Saint-Gratien.
    Une reconnaissance, effectuée par les francs-tireurs français des Lilas vers Drancy, surprend les avant-postes allemands, et leur tue 3 hommes.
    Les sorties de Saint-Denis sont garnies de canons. Des talus, des chevaux de frises, des branchages sont en travers de la route, les maisons et masures sont détruites et occupées par des soldats. Plus à l'intérieur de la ville, la population élève des barricades dans certaines rues.
  • Yvelines :
    Dans l'après-midi, les éclaireurs de la Seine quittent le parc du château de Magnanville, arrivent à Maule entre la rivière Mauldre et la forêt des Alluets-le-Roi, afin de surprendre les Allemands qui y sont campés. Ils passent la nuit dans le cimetière de Maule, sans entrer dans la ville[48].
    Dans la journée, des cavaliers et éclaireurs français à cheval, venant de Rouen et d'Elbeuf, entrent à Mantes, renforcés en soiréepar 700 volontaires du 1er bataillon de la garde nationale de Rouen et les tirailleurs de la 1re compagnie havraise.

Vendredi 30 septembre

  • Val-d'Oise :
    Les Prussiens entrent dans Parmain, évacué par les francs-tireurs ; ils brûlent 50 maisons de la ville, bombardent Nesles-la-Vallée et lancent plusieurs détachements des uhlans du 1er régiment de la garde fouiller les environs. Plusieurs francs-tireurs, ou considérés comme tels, pris les armes à la main sont fusillés dans la même journée.
  • Val-de-Marne :
    • Bataille de Chevilly
      Les troupes françaises se massent vers les forts d’Ivry, de Bicêtre et de Montrouge. Elles sont accueillies à l’entrée du plateau de Villejuif par des tirs de canon et de mousqueterie auxquels elles répondent avec énergie, pendant presque 3 heures.
      Les 35e et 42e brigades du général Pierre-Victor Guilhem refoulent l’ennemi hors de Chevilly et L'Haÿ. La colonne du général Blaise pénètre dans Thiais et s'empare d’une batterie de position dans ce village, qui n’est pas enlevée faute d’attelage. Les troupes avancent jusqu’aux positions prussiennes, fortement défendues, de Thiais et de Choisy-le-Roi, coupant ainsi leur voie de communication. Après un vif engagement d’artillerie et de mousqueterie, sur ordre du général Vinoy, les troupes françaises se replient sous le feu avant l’arrivée des réserves prussiennes, évaluées à environ 30 000 hommes. Lors de cet engagement, 400 Allemands et 2 000 Français, dont le général Guilhem (tué), sont mis hors de combat.
      De l’autre côté de la Seine, la brigade du général d’Exéa marche sur Créteil, engage un combat puis retourne dans ses positions de départ.
  • Seine-Saint-Denis :
    Un peloton de cavalerie française, accompagné de quatre compagnies des 3e et 4e bataillon des éclaireurs de la Seine, chasse les Allemands de Bondy, puis effectue une reconnaissance sur Maison Blanche[note 18] où il débusque une batterie, avant de rentrer sur Romainville.
  • Yvelines :
    Un corps d'armée prussien, avec des escadrons de cuirassiers, uhlans, dragons et hussards défile à Vernouillet.
    Les deux bataillons des éclaireurs de la Seine quittent Maule et s'opposent aux fourrageurs prussiens de la 5e division de cavalerie aux Alluets-le-Roi. Bientôt deux brigades allemandes sont signalées. Aidées par leur artillerie, les troupes allemandes attaquent et bombardent le village des Alluets et la forêt, forçant les éclaireurs à se retirer par Ecquevilly, Mareil-sur-Mauldre, Soindres et Dammartin, avec les francs-tireurs du Havre et les guérillas rouennais.

Octobre

Samedi 1er octobre

  • Paris :
    Rapport du ministère de la guerre sur la distribution dans Paris de 390 000 fusils.
  • Seine-Saint-Denis :
    • Plusieurs reconnaissances françaises sont poussées très brillamment :
      • De Noisy sur Bondy, par 4 compagnies des 3e et 4e bataillons des éclaireurs de la Seine du commandant Poulizac. Après avoir dépassé Bondy, les troupes s'engagent sur Maison Blanche[note 18], découvrant une batterie de 4 pièces d’artillerie et les positions tenues par l’infanterie allemande, fortement retranchée dans les maisons environnantes. Les forces du commandant Poulizac ont ensuite regagné les lignes françaises.
      • De Romainville sur Drancy et le chemin de fer de Soissons, par les francs-tireurs des Lilas du commandant Anquetil. Après avoir traversé Bobigny, Drancy est enlevé par les francds-tireurs, qui poursuivent les tirailleurs allemands jusqu’à la ligne de chemin de fer de Soissons, où leurs forces se sont retranchées. Des renforts importants se montrant du côté du Bourget et d’Aulnay, les troupes françaises se replient emportant avec elles casques, fusils et revolvers abandonnés sur le terrain.

Dimanche 2 octobre

  • Yvelines :
    Pour mettre fin à la résistance des paysans de la région de Saint-Léger-en-Yvelines, le duc de Mecklembourg donne l'ordre à un bataillon du 11e régiment d'infanterie bavarois (de) de faire une battue dans la forêt. Dans la matinée du 2 octobre, les Bavarois cernent la commune de Poigny-la-Forêt et se mettent à fouiller les bois. Aux abords de l'étang de la Cerisaie, ils exécutent deux bergers, dans la hutte desquels ils avaient trouvé un vieux fusil, puis les suspendent par les pieds aux arbres de la route, le corps labouré de coups de sabre et les entrailles pendantes. À Saint-Léger-en-Yvelines, pour venger la mort de l'un des leurs, les Allemands pendent le maire de Saint-Léger-en-Yvelines, Gabriel Alexis Jouanne, par son écharpe[note 21] à la porte de sa mairie, fusillent celui qu'ils tiennent pour responsable de la mort de leur camarade (un garde national), et emmènent 16 habitants comme otages. Deux d'entre eux, essayant de fuir, sont massacrés ; les autres sont sauvés par le curé qui obtient leur grâce[52],[53].

Lundi 3 octobre

Les journaux rapportent que Toul et Strasbourg se sont rendues.
  • Paris :
    Le ballon National ne parvient pas à décoller, son enveloppe étant insuffisamment gonflée. Paris commence à compter ses rations. Les fourrages étant devenus trop chers, les maquignons vendent leurs chevaux pour rien, ou presque, soit abandonnent leurs bêtes sur le marché. L'abattoir aux chevaux est abondamment pourvu, dans les premiers jours du siège on tuait 10 à 20 chevaux par jour, on en tue actuellement environ 300[54]. Charles Floquet démissionne de son poste d'adjoint au maire de Paris.

Mardi 4 octobre

  • Val-de-Marne :
    3 compagnies du bataillon de la Drôme et 1 peloton de spahis, qui effectuent une reconnaissance en avant du fort de Nogent, se heurtent à la sortie de Neuilly-sur-Marne aux avant-postes prussiens qui se retirent. Les spahis les poursuivent et tombent dans une embuscade. Heureusement protégés par le brouillard, les spahis ne déplorent que 2 chevaux tués et 1 cavalier blessé.

Mercredi 5 octobre

  • Val-de-Marne :
    La compagnie des tirailleurs parisiens du capitaine Lavigne et une compagnie du 21e régiment d'infanterie de ligne s'avancent sur les avant-postes allemands situés sur la droite de Créteil. Une barricade fortement défendue est attaquée sans succès, mais un poste situé sur le chemin de fer de Lyon est enlevé. Les troupes se replient ensuite en bon ordre, malgré les forces considérables qui s’avancent sur elles.

Jeudi 6 octobre

La région parisienne est recouverte d’un brouillard intense et froid empêchant toute observation.

  • Hauts-de-Seine :
    Divers renseignements indiquent que la canonnade d’hier a fait le plus grand mal aux forces allemandes visées. Les canons de marine du Mont Valérien continuent de tirer sur les points où des troupes allemandes sont signalées.
    Les éclaireurs de la Seine, les tirailleurs des Ternes et les carabiniers de Neuilly, appuyés par 5 escadrons de cavalerie, gendarmes[35] et dragons poussent une reconnaissance sur les bords de la Seine, entre Chatou et Argenteuil, tiraillant sur les avant-postes allemands situés sur l’autre rive, en particulier au pont des Anglais.
  • Seine-Saint-Denis :
    Les francs-tireurs des Lilas effectuent des reconnaissances sur Bondy, et rejettent les Allemands au-delà du canal de l’Ourcq par le pont de la Poudrette[57] à Gargan. Cette reconnaissance permet en outre de constater que ce pont est gardé par les grand’gardes prussiennes, et qu’un fort corps de troupe campe au Raincy près de Maison Blanche[note 18].
  • Paris :
    Rationnement de la viande et création des boucheries municipales.

Vendredi 7 octobre

  • Hauts-de-Seine :
    Des reconnaissances françaises sont effectuées du côté de Meudon. Un poste allemand installé dans la station de chemin de fer se replie sans attendre l’attaque. Les Allemands sont établis en force au haras et à la plaine des Bruyères.
    12 compagnies de gardes mobiles de la Seine, sous les ordres du lieutenant-colonel Rambaud, effectuent une reconnaissance dans Clamart et les bois environnants ; ils rapportent des sacs de farine, des armes, des outils…

Samedi 8 octobre

  • Hauts-de-Seine :
    Un détachement des francs-tireurs de Paris, un détachement des tirailleurs des Ternes sous les ordres du commandant Thierrard ainsi que 600 gardes mobiles des 7e bataillon de la Seine, 4e bataillon d’Ille-et-Vilaine et 1er bataillon de l’Aisne sous le commandement du général Martenot effectuent une reconnaissance sur la Malmaison en passant par Nanterre et Rueil ; ils entrent dans le parc en effectuant une brèche[note 22].
    Dans le même temps, 4 compagnies de gardes mobiles de la garnison du Mont-Valérien et les éclaireurs volontaires entrent également dans le parc par le Sud-Ouest.
    Les Allemands s'étant repliés, les Français poussent jusqu’au premières maisons de Bougival et sur les hauteurs de La Jonchère à Rueil.
    Durant cette opération, les éclaireurs de la garde nationale de la Seine du commandant Ribeaux, les éclaireurs volontaires de la 1re division d’infanterie et 4 escadrons du 2e régiment de dragons et du 1er régiment de gendarmerie à cheval[35], soutenus par 4 batteries d’artillerie, s’avancent dans la plaine de Gennevilliers jusqu’aux bords de la Seine, où ils engagent une vive fusillade avec les tirailleurs allemands embusqués sur l’autre rive entre Bezons et Argenteuil[61]. Les Français perdent deux tués et onze blessés.
    Le Mont-Valérien tire sur les batteries prussiennes de Saint-Cloud et de Rueil ; les canonnières françaises tirent sur les batteries de Meudon.
  • Yvelines :
    Au petit matin, 130 francs-tireurs de Paris, sous les ordres du commandant Ernest de Lipowski, et venant de Denonville, attaquent un détachement du 4e escadron du 16e régiment de hussards de Schleswig-Holstein et un piquet d'infanterie du 11e régiment bavarois en poste à Ablis. Les francs-tireurs se replient en emmenant 70 prisonniers et 200 chevaux. En représailles à cette attaque, connue sous le nom de surprise d'Ablis, les Allemands brûlent 120 maisons, fusillent 5 habitants et emmènent 22 otages à leur quartier-général du Mesnil-Saint-Denis ; ces derniers sont finalement relâchés le lendemain[63].
    Une reconnaissance est envoyée sur Chatou[61].

Dimanche 9 octobre

La pluie tombe à torrents.

  • Seine-Saint-Denis :
    Une forte reconnaissance en avant du fort de Noisy permet aux Français de chasser les Allemands de Bondy et d’occuper le village jusqu’à la nuit, puis de se replier.

Lundi 10 octobre

Brusque baisse de température ; le temps est sec.

  • Paris :
    La viande est désormais rationnée. La ration est de 1 livre de viande par personne pour 5 jours.
  • Seine-Saint-Denis :
    Les compagnies d'infanterie des redoutes de la Boissière, Montreuil et Noisy, suppléées par un bataillon de mobiles du Nord, chargés de la protection des travailleurs, cultivateurs et maraîchers œuvrant dans la plaine sont assaillis par les troupes allemandes. Deux pièces d’artillerie qui tirent sur les Français des obus et de la mitraille sont démontées par le feu des pièces des 3 forts[note 23]. Les Allemands reculent jusque dans les bois à proximité de Maison Blanche[note 18], et répondent par des tirs provenant des environs du pont de la Poudrette[57].

Mardi 11 octobre

  • Paris :
    Un décret est pris pour régler « d'une manière définitive l’organisation des corps francs levés à Paris et dans ses environs depuis l'ouverture de la campagne contre la Prusse »[67].
  • Val-de-Marne :
    Le matin, la maison Millaud est mise en défense par les Français ; les maisons voisines sont incendiées ou détruites afin de dégager les abords. Des éclaireurs allemands s'approchent à 300 mètres de ce point d’appui.
    De nombreux mouvements de troupes sont signalés sur le secteur sud. L’artillerie de la redoute des Hautes-Bruyères, par un coup heureux, tue une dizaine de Prussiens dans une maison qui servait de poste en avant de Bourg-la-Reine.

Mercredi 12 octobre

Il fait toujours très froid.

  • Hauts-de-Seine :
    Les éclaireurs de Dumas, les éclaireurs de ligne du commandant Lopez, et les mobiles du Morbihan, sous les ordres du général Ducrot, lancent une reconnaissance au-delà de la Malmaison. Après avoir essuyé une fusillade, les troupes françaises s'avancent dans le parc de la Malmaison où elles repèrent la présence des batteries prussiennes, situées à la bifurcation des routes de Bougival et de la Jonchère. Sous leur feu, les mobiles se mettent à couvert dans les fossés de la route. L’artillerie prusienne est ensuite délogée par l’artillerie du Mont-Valérien qui la poursuit pendant sa retraite jusque Bougival.
  • Paris :
    Deux ballons partent de Paris :
    Le Washington s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à Carnières dans le Nord, après avoir parcouru 204 kilomètres[68].
    Le Louis Blanc s'envole de la place Saint-Pierre et termine sa course à Béclers en Belgique, après avoir parcouru 290 kilomètres[69],[70].
    Les boucheries municipales ne distribuent plus que 100 grammes de viande par personne, après des heures de queue.

Jeudi 13 octobre

Vendredi 14 octobre

  • Hauts-de-Seine :
    Dans la nuit, un bataillon des éclaireurs de la garde nationale de Paris, sous les ordres du commandant Thierrard, qui effectue une reconnaissance, surprend dans Rueil un assez fort détachement de Prussiens, occupés à brûler deux maisons pour dégager une de leurs barricades, et leur tue une vingtaine d’hommes.
  • Val-de-Marne - Hauts-de-Seine :
    Les Prussiens demandent un armistice pour relever leurs morts. Une suspension d'armes a lieu de onze heures à cinq heures, en avant des forts parisiens du sud.
  • Seine-Saint-Denis :
    Partant du fort de Rosny, les gardes mobiles lancent une reconnaissance et surprennent les grand'gardes prussiens en avant de Villemomble. Après une vive fusillade, les Prussiens se replient dans le village[13].

Samedi 15 octobre

  • Seine-Saint-Denis :
    Pendant que les mobiles du Finistère et du Nord, l'infanterie de ligne et l'artillerie du Romainville chassent les soldats allemands de la ferme du Groslay[note 25] dans la plaine de Bondy, l'artillerie du Fort de Rosny a canonné les postes allemands dans le village du Raincy, et celle du Noisy a foudroyé le camp retranché du pont de la Poudrette de Gargan.
    Par ailleurs, les éclaireurs de la Seine[39] du colonel Lafon partant de Bondy engagent une vive fusillade avec les éléments allemands embusqués de l'autre côté du canal de l'Ourcq, afin de couper les arbres qui masquent, des bastions français, la vue du camp retranché prussien. En milieu d’après-midi les Prussiens ayant arboré le pavillon blanc, les éclaireurs de la Seine et les forts ont cessé le feu. Les troupes françaises déplorent 2 tués, dont 1 officier et 5 blessés.
    En fin d’après-midi, un seul obus, tiré à partir du bastion no 2 à 4 500 mètres, tue les deux officiers à cheval qui venaient faire mettre en batterie une section d'artillerie allemande, et les cavaliers d'une des pièces qui a été mise hors de service.

Dimanche 16 octobre

  • Val-de-Marne :
    Les éclaireurs placés en embuscade de nuit à Créteil sont attaqués le matin, vers cinq heures, par un peloton de Prussiens qu'ils repoussent.
    Le fort de Nogent bombarde plusieurs gros pelotons allemands qui cheminent à l'extrémité du plateau d'Avron.
    La redoute de la Faisanderie tire sur le poste prussien à la Fourche de Champigny, faisant fuir les soldats.
    Une reconnaissance effectuée sur Charenton pousse jusqu'au moulin de la Marne, sans trouver d'obstacles. Les Prussiens ont complètement évacué Créteil.
    • Hauts-de-Seine :
      À Colombes, les zouaves du général Henri Berthaut[note 27] avec 8 pièces d'artillerie attaquent les troupes allemandes qui effectuent des travaux au pont d'Argenteuil. Une batterie allemande, amenée en renfort dans les vignes d'Argenteuil, ouvre son feu dans la direction de Colombes. La batterie de Courbevoie, répondant énergiquement, oblige son vis-à-vis à déménager. Dans l'après-midi, le général Ducrot fait avancer à hauteur de Colombes une partie de la brigade Henri Berthaut. L'artillerie française lance sur deux usines d'Argenteuil, occupées par les Allemands, plusieurs obus incendiant l'une d'elles. Les Allemands mettent en ligne une batterie qui lance, sans résultats, quelques obus dans Colombes. La batterie de 12 de Courbevoie lui répond en la réduisant au silence, puis canonne, avec des pièces de marine, les pentes de Sannois, empêchant ainsi toute offensive des Allemands.
      Le Mont-Valérien, la batterie de Mortemart, située dans le bois de Boulogne, et quelques pièces du 6e secteur[note 28] envoient des obus, perturbant ainsi les travaux allemands à Montretout.
      Les forts de Vanves et d’Issy agissent de même sur Châtillon.
  • Paris :
    Deux nouveaux ballons montés partent de Paris :
    Le Jules Favre no 1 et le Jean-Bart no 2 qui s'envolent de la gare d'Orléans. Le premier termine sa course à Foix-de-Chapelle dans la province de Hainaut en Belgique après avoir parcouru 298 kilomètres[74] et le second termine sa course à Evrechelles, près de Dinant, également en Belgique, après avoir parcouru 328 kilomètres[75],[70].

Lundi 17 octobre

Mardi 18 octobre

Mercredi 19 octobre

  • Seine-Saint-Denis :
    Une reconnaissance française est exécutée en avant des forts Rosny et de Nogent, par les mobiles de la Drôme du commandant Balète, les légions de la Côte-d'Or du commandant Dupuy, et celles du Tarn des commandants Faure, de Foucaut et de Faramond, l’ensemble étant commandé par le lieutenant-colonel Reille.
    • la gauche du dispositif français s'avance dans le parc du Raincy jusqu'à la Porte de Paris, et, de là, se rabat sur Villemomble qui est fouillée en tous sens. Les Allemands sont repoussés du parc du château de Launay[note 29], l'un d'entre eux étant tué.
      Pendant ce temps, quelques compagnies françaises gravissent les pentes d'Ablon, occupent tout le plateau et tiraillent à son extrémité est sur le poste avancé de Maison Blanche.
    • Le centre du dispositif français, aussitôt Ablon occupé, entre dans le village du Bois de Neuilly qui était évacué. Les tirailleurs l'e dépassent, et se portent sur Neuilly-sur-Marne, où les Allemands sont retranchés en forces considérables.
      Cette reconnaissance permet de constater que les avant-postes prussiens occupent Launay à Villemomble, Maison Blanche et Neuilly-sur-Marne, à quatre kilomètres du fort de Nogent.

Jeudi 20 octobre

  • Val-de-Marne :
    Dans la nuit du 19 au 20 octobre, à deux reprises, les Allemands attaquent un poste de mobiles à Cachan.Ils sont repoussés par les Français, et initient une vive canonnade des forts, dont les obus visent les positions allemandes de Châtillon jusqu'à Bourg-la-Reine et L'Haÿ.
    La redoute de la Faisanderie continue de tirer avec succès sur plusieurs maisons servant de postes à l'armée allemande.
    La batterie prussienne de Thiais qui incommode les travailleurs français en avant de Villejuif, est détruite par l’artillerie du fort de Charenton, qui pilonne les positions allemandes en avant de Choisy-le-Roi.
    Une reconnaissance française occupe Créteil pour protéger le transport des récoltes et denrées sur Paris.
    Une autre reconnaissance, chargée de protéger les travailleurs dans la plaine située entre le chemin de fer de Lyon et la Seine, a un engagement assez vif avec le poste allemand qui occupe une maison de garde sur le chemin de fer, à 3 000 mètres environ en avant de la barricade de Maisons-Alfort, sur la route de Lyon.

Vendredi 21 octobre

  • Val-de-Marne :
    Dans la nuit du 20 au 21 octobre, des éléments allemands attaquent à deux reprises un poste de mobiles à Cachan, et un autre à la maison Millaud. Comme la veille, ces attaques sont repoussées par les Français, et leurs forts canonnent les positions allemandes de L'Haÿ, Bourg-la-Reine et Bagneux.
  • Hauts-de-Seine :
    • Bataille de Buzenval
      Après une canonnade très vive de trois quarts d'heure, les troupes françaises du général Ducrot s'avancent en repoussant les tirailleurs allemands jusque dans l'épaulement qui borde les hauteurs de la Jonchère. Dans ces positions, les obus français foudroient les fantassins allemands, forçant à renouveler cinq fois les détachements qui occupent ces sites. Mais le succès temporaire des troupes françaises s'arrête à la tombée de la nuit, Ducrot les renvoyant dans leurs cantonnements.
    • Sur la rive gauche, entre Ivry et Issy, le général Vinoy fait, pendant ce temps, déployer ses troupes sur la route stratégique. Son artillerie, celle des forts et les canonnières de Billancourt couvrent d'obus les positions allemandes. Le général de Bellemare s'était, d'autre part, porté de Saint-Denis sur Gennevilliers et Colombes, pour couvrir la droite de l'opération du général Ducrot.
  • Seine-Saint-Denis :
    Une reconnaissance est poussée jusqu'à Villemomble par la compagnie de carabiniers du 48e bataillon du commandant Leclaire et du capitaine Proust. Partant du fort de Rosny, le bataillon se dirige, en suivant les crêtes du plateau d'Avron, sur le château et le parc de Launay[83], entre Villemomble et la station de Gagny. Après avoir tué les trois sentinelles d'un poste prussien situé dans le parc de Launay, les hommes du capitaine Proust tiraillent contre d'autres abris et barricades occupés par les Prussiens. Une réserve prussienne considérable s'avançant, le 48e bataillon se retire dans le plus grand ordre. Lors de cet engagement, cinq gardes nationaux ont été blessés.
  • Seine-et-Marne : Les francs-tireurs et les gardes nationaux de Saint-Germain-Laval, d'Auxerre et de Montereau, venant de cette dernière ville, engagent un combat contre un détachement de 300 bavarois en poste à Grandpuits. Un combat inégal s'engagea entre les miliciens français, armés de fusils à piston ou de chasse, et les soldats de métier armés de fusils modernes. Malgré la vaillance des Français, le feu vif et précis de des Bavarois, joint à un renfort considérable qui ne tarde pas à arriver, met en déroute les gardes nationaux. Plusieurs hommes sont tués de part et d'autre dans les fossés qui entourent alors la ferme de La Salle.

Samedi 22 octobre

Dimanche 23 octobre

  • Seine-Saint-Denis :
    Vers 2 heures du matin, une patrouille française de la grand'garde du fort de Nogent fait fuir un poste avancé allemand, situé sur la route de Neuilly-sur-Marne, laissant entre leurs mains 22 sacs de légumes. À 6 heures, alors que cette patrouille de la grand'garde se retire, un peloton prussien s'avance pendant que ses positions, sur la rive gauche de la Marne, tiraillent de son côté. Pris entre deux feux et malgré une excellente défense, les hommes de la grand'garde sont obligés de battre en retraite.

Lundi 24 octobre

Mardi 25 octobre

  • Paris :
    Le ballon monté Montgolfier piloté par l'aérostatier Hervé Sené s'envole de la gare d'Orléans, avec à son bord le colonel de La Pierre et le commandant Joseph-Marie Le Bouédec[85], envoyés par l'état-major de Paris pour prendre le commandement des troupes en province. Il termine sa course à Heiligenberg dans le Bas-Rhin, sous occupation allemande, après avoir parcouru 503 kilomètres[86],[70]. Les Prussiens finissent par retrouver le ballon, mais les deux passagers et l'aéronaute se cachent, sauvés par des habitants patriotes qui les font passer à travers la montagne, d'où ils regagnent la Lorraine[87].
    Le prix du beurre frais passe à 60 francs la livre[88].

Mercredi 26 octobre

Lettre du roi de Prusse Guillaume Ier en réponse au courrier de l'ex-impératrice, Eugénie de Montijo, réfugiée en Angleterre[89].

Jeudi 27 octobre

Vendredi 28 octobre

Un article du journal Le Combat annonce la reddition de Metz, aussitôt démentie par le Journal officiel , ce qui crée dans la presse à ce sujet une vive controverse[réf. nécessaire].
Réduction de la consommation du gaz
  • Seine-Saint-Denis :
    • Début de la première bataille du Bourget
      Profitant de l'inondation, volontaire, du Croult afin de tenir éloignées les troupes prussiennes, les francs-tireurs de la Presse[98], sous les ordres du commandant Rolland et stationnés à La Courneuve, lancent une attaque de nuit sur les avant-postes prussiens établis au Bourget. Appuyés par les grand'gardes du fort d'Aubervilliers et de la Courneuve, les troupes françaises abordent, sans tirer un coup de fusil, les postes prussiens qui fuient en désordre, abandonnant leurs sacs, casques, armes, nourriture… Continuant de pousser les Prussiens devant eux, les forces françaises s'avancent dans le village, repoussant les soldats allemands jusqu'à l'église où ils s'établissent fortement. Le général de Bellemare donne l'ordre aux francs-tireurs de la Presse, au 14e bataillon de la mobile de la Seine et d'une partie du 34e de marche sous les ordres du colonel Lavoignet, de s'emparer du village du Bourget et de s'y établir solidement. Appuyé par une section de 2 pièces de quatre, 2 pièces de douze et une mitrailleuse, et suivi d'une forte réserve, composée du 16e bataillon de la mobile de la Seine et d'un demi bataillon du 28e de marche, les troupes françaises emportent la totalité du village, rejette les troupes prussiennes en arrière du ruisseau de La Morée au Pont-Iblon et occupent, dans la foulée, Drancy.
      Vers midi, deux batteries allemandes en position au Pont-Iblon, et deux batteries de campagne positionnées sur la route de Dugny au Bourget, soit 30 canons environ, canonnent durant 5 heures le village, incendiant plusieurs maisons. Pendant ce temps, les sapeurs du génie, crénellent les maisons et établissent des barricades.
      Tout au long de la journée des forces considérables d'infanterie allemande, descendues de Gonesse et d'Ecouen, sont repoussées. Vers 7 heures du soir les Allemands lancent, contre une compagnie du 14e mobile, une dernière attaque à la baïonnette qui est repoussée. Les prisonniers indiquent que face au Bourget les Prussiens disposent de 2 régiments de la garde et de 4 batteries d'artillerie.
      À la fin de la journée, le gros des troupes françaises reste sur place.

Samedi 29 octobre

  • Seine-Saint-Denis :
    Les résultats du combat du Bourget sont importants. Le terrain en avant des tirailleurs français est couvert de cadavres prussiens.
    Ce village, en pointe en avant des lignes françaises, occupé par leurs troupes, est canonné par les Allemands pendant toute la journée ; toutefois, ils n'envoient aucune attaque d'infanterie. Au soir le feu des batteries allemandes cesse, et elles se replient vers Gonesse. Les troupes françaises étant en très bonne position, elles tiennent et restent dans le village.

Dimanche 30 octobre

  • Paris :
    Les boucheries municipales n’ayant plus de viandes elles ne distribuent plus que du suif.
  • Seine-Saint-Denis :
    • Fin de la première bataille du Bourget
      Au lever du jour, des masses d'infanterie allemande, évaluées à plus de 15 000 hommes, se présentent de front au Bourget, appuyées par une nombreuse artillerie, pendant que d'autres colonnes, venant de Dugny et du Blanc-Mesnil, contournent le village du Bourget.
      Les troupes françaises postées dans la partie nord du Bourget sont coupées du corps principal et, encerclées, sont faites prisonnières. Le village de Drancy est évacué afin de ne pas subir le même sort. « Le village du Bourget ne faisant pas partie du système général de notre défense, son occupation était d'une importance très secondaire, et les bruits qui attribuent de la gravité aux incidents qui viennent d'être exposés sont sans aucun fondement. »[note 35]

Lundi 31 octobre

Sans dépêches ni rapports militaires.
La reddition de Metz est désormais officielle.
  • Paris :
    L'envoi d'Adolphe Thiers à Versailles pour négocier avec Bismarck alimente la rumeur selon laquelle le gouvernement français demanderait l'Armistice. L'exaspération des Parisiens est telle qu'une manifestation populaire, orchestrée par Charles Delescluze a lieu contre Trochu et son gouvernement. Les manifestants occupent pacifiquement l'Hôtel de Ville, siège du gouvernement et des discussions ont lieu. Trochu réussit à se maintenir et proclame : « Le gouverneur de Paris ne capitulera pas. » En fin de journée, la manifestation tourne à l'émeute et les membres du gouvernement se retrouvent prisonniers des partisans de la Commune, mais ils sont délivrés par le 106e bataillon de la garde nationale.

Novembre

Mardi 1er novembre

Sans dépêches ni rapports militaires.

Mercredi 2 novembre

Sans dépêches ni rapports militaires.

Jeudi 3 novembre

Vendredi 4 novembre

Sans dépêches ni rapports militaires.

Samedi 5 novembre

Sans dépêches ni rapports militaires.

Dimanche 6 novembre

Sans dépêches ni rapports militaires.

Lundi 7 novembre

Ruptures des négociations concernant l'armistice[107].
« Les quatre grandes puissances neutres, l'Angleterre, la Russie, l'Autriche et l'Italie, avaient pris l'initiative d'une proposition d'armistice à l'effet de faire élire une assemblée nationale.
Le gouvernement de la Défense nationale avait posé ses conditions, qui étaient :
le ravitaillement de Paris et le vote pour l'assemblée nationale par toutes les populations françaises.
La Prusse a expressément repoussé la condition du ravitaillement ; elle n'a d'ailleurs admis qu'avec des réserves le vote de l'Alsace et de la Lorraine.
Le gouvernement de la Défense nationale a décidé à l'unanimité, que l'armistice ainsi compris devait être repoussé. »

Mardi 8 novembre

Mercredi 9 novembre

L'ensemble des forts continue, sur toute la ligne de défense, à canonner les travaux et les positions des Allemands. Le tir reprend la nuit, par intervalles, de façon à causer des alertes fréquentes aux postes prussiens et à les tenir constamment en haleine.

Jeudi 10 novembre

Vendredi 11 novembre

Le feu de l'ensemble des forts continue, sur toute la ligne de défense pendant le jour et pendant la nuit.

Samedi 12 novembre

Les jeunes gens de 25 à 35 ans veufs ou célibataires sont mis en activité et rejoignent les bataillons de la garde nationale.

Dimanche 13 novembre

Lundi 14 novembre

La nouvelle de la prise d'Orléans par l'armée de la Loire cause un regain d'espoir dans Paris, incitant le Gouvernement de la Défense nationale à préparer La Grande Sortie contre les lignes prussiennes autour de la ville.
  • Val-de-Marne :
    Le capitaine Lavigne, à la tête des tirailleurs parisiens, lance une reconnaissance sur Champigny ; il refoule les postes prussiens, anéantit leurs approvisionnements et fait subir à aux Prussiens des pertes réelles. Sur toute la ligne, l'ensemble des forts ou ouvrages avancés français bombarde les avant-postes et positions fortifiés allemands. Une canonnade très vive, de la part de la redoute du Moulin Saquet et de l'ouvrage des Hautes Bruyères appuyés par les forts de Charenton, d'Ivry et de Montrouge, se fait contre les postes prussiens situés au sud de Paris.
  • Seine-Saint-Denis :
    Une reconnaissance conduite par le commandant Poulizac, du 1er régiment des éclaireurs de la Seine à cheval[39], chasse les Allemands de leurs postes avancés du côté de Drancy, et fait plusieurs prisonniers.

Mardi 15 novembre

  • Val-de-Marne :
    L'armée allemande tente de reprendre pied dans Champigny. Elle en est débusquée par le feu des mitrailleuses françaises, et se réfugie dans les tranchées, au milieu desquelles des obus du fort de Nogent viennent tomber et l'oblige à battre en retraite.
    Les canons de la Faisanderie dispersent un détachement d'une cinquantaine de Prussiens réunis derrière la barricade de Champigny.
    Un obus tiré sur la maison Cazenave, au-dessous et à droite[pas clair] de Chennevières, utilisée comme pension par les officiers prussiens, tombe au milieu de la cour, entre deux ailes du bâtiment au moment où un certain nombre de ces officiers s’y trouvent réunis. Les observateurs remarquent un grand désordre, puis un grand mouvement de va-et-vient dans les cours, ce qui laisse à penser qu'il y a plusieurs morts et blessés parmi les Prussiens.
    Le fort de Charenton canonne les positions prussiennes de Choisy.

Mercredi 16 novembre

Jeudi 17 novembre

Le pigeon voyageur Gambetta apporte la nouvelle[Passage contradictoire (La nouvelle semble déjà connue le 14 novembre, voir plus haut.)] de la victoire de Coulmiers[113].

« Malgré les ordres les plus formellement exprimés par la voie des journaux et par celle de l'affichage, pour que les avant-postes ne soient dans aucun cas dépassés, des habitants de Paris sortent de la ville, se répandant par masses de tous les côtés à la fois dans la campagne. Ils s'avancent ainsi jusqu'à la portée la plus rapprochée des lignes prussiennes, encouragés par l'attitude de l'ennemi, qui les avait rarement inquiétés.
Celui-ci, au mépris de tout sentiment d'humanité, tire maintenant d'une manière continue sur des hommes sans armes, même sur des femmes et des enfants. Il y a eu des morts et des blessés. Le gouverneur de Paris, profondément ému d'une situation à laquelle les avant-postes sont impuissants à remédier, en raison de l'étendue de nos lignes extérieures, porte ces faits à la connaissance de tous les habitants et les adjure, de ne plus enfreindre des ordres dont l'inexécution a de si douloureuses conséquences. »

Vendredi 18 novembre

Samedi 19 novembre

  • Seine-Saint-Denis :
    À huit heures du matin des Prussiens, vêtus de blouses et de pantalons de toile dissimulant leurs armes et favorisés par la foule des maraudeurs qui couvrent la plaine de Bondy, se glissent le long de la berge du canal de l'Ourcq, et tirent presque à bout portant sur une sentinelle avancée du 1er régiment d'éclaireurs, sur les premiers retranchements français.
    Des combats d'avant postes ont lieu à Villetaneuse.

Dimanche 20 novembre

  • Seine-Saint-Denis :
    Le feu de l'artillerie française est très vif pendant une partie de la nuit contre les positions prussiennes du Bourget.
    Le gouverneur de Paris, ému des tristes événements qui se sont passés dans les journées des 18 et 19 novembre dans la plaine de Bondy, demande des rapports circonstanciés aux commandants des avant-postes les plus rapprochés de l'ennemi.

Lundi 21 novembre

  • Val-de-Marne - Hauts-de-Seine :
    Pendant la nuit, une vive fusillade a lieu sur le front des lignes françaises au sud. Elle est appuyée par le canon des forts.

Mardi 22 novembre

La pluie arrête sur tous les points les travaux allemands. Les forts tirent avec la plus grande modération.
  • Paris :
    Réquisition est faite de toutes les pommes de terre existant à Paris et dans la banlieue. Les détenteurs de pommes de terre à Paris et dans les communes situées en deçà de la ligne d'investissement, sont tenus de déclarer les quantités qu'ils possèdent en dehors des provisions de ménage.
  • Val-de-Marne :
    Plusieurs combats d'avant-postes ont lieu sur la Marne, se terminant tous à l'avantage des Français.
    Des mouvements de troupes attirent l'attention des Allemands. Deux bataillons de garde nationale mobilisée, commandés par les chefs de bataillon Queveauvilliers et de Brancion, sont sur le point de partir pour prendre les positions avancées.
  • Hauts-de-Seine :
    Les forts continuent les bombardements contre les travaux allemands, principalement à l'ouest et vers les positions de Meudon et de Châtillon.
    À onze heures et demie du soir, une reconnaissance est tentée par les Allemands, dans la presqu'ile de Gennevilliers[note 9]. Une barque, montée par plusieurs hommes, cherche à passer la Seine du côté du pont des Anglais. Cette reconnaissance échoue, grâce à la surveillance des postes français avancés qui tirent à bout portant sur la barque, dans laquelle plusieurs hommes sont blessés ou tués. La 2e compagnie du corps franc des carabiniers parisiens, sous le commandement du capitaine Baquey, s'établit à Courbevoie.

Mercredi 23 novembre

  • Paris :
    Les moulins qui fonctionnent pour le compte de l'État doivent vendre le son au prix maximum de 30 francs les 100 kilogrammes.
    Interdiction est faite aux journaux de publier les mouvements des troupes, les travaux de fortification et les mesures militaires prises par la défense.
    Le ballon monté Égalité s'envole de l'usine à gaz de Vaugirard et termine sa course à Louvain en Belgique, après avoir parcouru 225 kilomètres[117],[32].

Jeudi 24 novembre

  • Seine-Saint-Denis :
    Le 72e bataillon de guerre de la garde nationale, conjointement avec le 4e bataillon des éclaireurs de la Seine, et sous le commandement supérieur du capitaine de frégate Massion, occupent le village de Bondy. Après avoir franchi les barricades de Bondy, le 72e bataillon refoule les soldats allemands d'arbre en arbre sur la route de Metz et le long du canal de l'Ourcq. Le 72e compte 4 blessés, dont le capitaine Massion, qui est transporté à l'ambulance du ministère de la Marine. En fin d'après-midi, le 72e bataillon de guerre du commandant de Brancion se replie.
    Quelques obus du fort de Noisy, envoyés sur le pont de la Poudrette[57] et sur les maisons bordant la lisière du bois, réussissent à faire retraiter à découvert un grand nombre de troupes allemandes.

Vendredi 25 novembre

Ordre de ne plus sortir de la ville
  • Des espions prussiens font parvenir des messages indiquant qu'une sortie va être effectuée. Les assiégeants commencent à prendre ses dispositions[13].

Dimanche 27 novembre

  • Seine-Saint-Denis :
    Dans la nuit du 27 au 28 novembre, les Français réunissent à gauche du fort de Rosny la division d'Hugues avec son artillerie divisionnaire :
    • En avant du fort, 3 000 marins, 200 sapeurs du génie ou auxiliaires ;
    • À droite du fort, la division Bellemare avec son artillerie divisionnaire et 3 batteries de 12, tirées de la réserve du 3e corps d’armée ;
    • La division d'Hugues est suivie de deux batteries de 12, 6 pièces de 24 courts, 6 pièces de 7 et sur des voitures bien attelées : 1 500 pelles, 1 500 pioches, 200 haches, 20 scies (dites passe-partout), 20 masses, 50 dames, 8 sacs de poudre de 15 kg chacun, 20 000 sacs de terre[13].

Lundi 28 novembre

  • Hauts-de-Seine :
    Au lever du jour, une forte reconnaissance est faite sur les positions prussiennes de Buzenval et sur les hauteurs de Boispréau.
    Les opérations projetées par les Français dans la presqu'ile de Gennevilliers[note 9] commencent à six heures du soir par le tir de nombreuses batterie de mortiers, de fusées et d'artillerie, établies à proximité des ponts d'Argenteuil et de Bezons, qui jettent le trouble dans les positions que les Allemands occupe fortement. Les tirs allument un incendie qui se développe sur plusieurs points. Les troupes françaises sont logées dans l'île Marante à Colombes et au Pont des Anglais, où elles établissent des retranchements. Pendant une partie de la soirée, puis à minuit, il y a un violent échange de feu de mousqueterie.

Proclamations

Mardi 29 novembre

  • Val-de-Marne :
    Pour redonner espoir aux habitants de la capitale, le général Louis Trochu, gouverneur de Paris, décide d'organiser une sortie générale afin d'effectuer une percée des lignes allemandes. C'est ainsi qu'au point du jour, sous les ordres du général Vinoy, deux attaques sont lancées, appuyées par une artillerie considérable.
    • La première, sur la gare-aux-Bœufs à Choisy-le-Roi[122] confiée au contre-amiral Pothuau, vigoureusement menée, qui réussit parfaitement. La position est enlevée, avant le jour, par des compagnies des 106e et 116e bataillons de la garde nationale et des fusiliers marins. Les Allemands surpris se retirent en désordre, laissant quelques prisonniers, dont un officier.
    • La seconde, sous les ordres du général Valentin, commandant une brigade de la division de Maud'huy, attaque le village de l'Haÿ avec les 109e et 110e de ligne et les 2e et 4e bataillons de la garde nationale mobile du Finistère. Les troupes françaises pénètrent dans les premières lignes qu'elles ont conquises. Au moment où ils se retirent face aux réserves prussiennes qui arrivent dans le village en quantité considérable, un tir formidable d'artillerie partant des Hautes-Bruyères et des batteries environnantes, couvre et écrase de feux L'Haÿ, ainsi que les colonnes qui cherchent à l'aborder. Au même moment, les canonnières du capitaine de vaisseau Thomasset, en amont du Port-à-l'Anglais, des pièces de gros calibres montées sur wagons blindés, en station sur la voie du chemin de fer, les batteries environnant Vitry celles du Moulin-Saquet, et enfin une partie de l'artillerie du fort de Charenton, dirigent leurs feux, avec la plus grande intensité, sur le terrain occupé par les Allemands et leur font éprouver les plus grandes pertes.
      Le chiffre des blessés français s'éleve à environ 500 hommes, parmi lesquels on signale le lieutenant-colonel Mimerel du 110e de ligne, atteint grièvement, et le chef de bataillon de Réals, commandant du 4e bataillon du Finistère, également blessé. Le chef de bataillon Cristiani de Ravaran, du 110e a été tué.
      À l'aube, les troupes de la 3e armée, aux ordres du général Vinoy, opèrent une sortie de diversion sur Thiais, L'Haÿ, la Gare-aux-Bœufs[123] et Choisy-le-Roi, et le feu des forts est dirigé sur ces divers points, signalés comme servant au rassemblement des troupes de l'ennemi.
      Toutefois, à 8h35 une dépêche télégraphique du gouverneur de Paris arrive au général Schmitz ; elle indique : « Prévenez Vinoy, La Roncière, Beaufort et Liniers que la grande opération est ajournée par suite de la crue de la Marne et rupture du barrage. La suite de leur opération doit se mesurer sur cet incident. Ils seront juges ».
      À 9h40 une seconde dépêche télégraphique indique : « Opération transformée. Par suite de l'impossibilité de faire parvenir des instructions coordonnées à la masse des troupes réunies sur la Marne, nous restons dans nos positions prêts à agir du côté d'Avron où la présence d'une nombreuse artillerie peut nous engager ».
      Avec l'ajournement de la grande opération, l'armée allemande a ainsi le temps de prendre ses dispositions pour sa défense et d'appeler en grand nombre des renforts sur les points menacés.

Mercredi 30 novembre

  • Val-de-Marne :
    • Début de la bataille de Champigny
      Dans la nuit du 29 au 30 novembre, le vent tourne brusquement ; à une brise tiède et molle succéde un froid vif et pénétrant. C'est dans ces conditions que l'armée du général Ducrot passe la Marne au petit matin, sur des ponts de bateaux, dont l'établissement a été retardé, la veille, par une crue subite et imprévue de la rivière. Cette grande opération s'engage sur un vaste périmètre soutenue par les forts et les batteries de position qui, depuis la veille, canonnent les forces allemandes.
      Le lieutenant-colonel Adrien Prévault[125] du 42e de ligne est tué lors des combats, particulièrement violents sur le plateau de Cœuilly[note 39].
      À la fin de la journée, le rapport du gouverneur de Paris au gouvernement indique :
      « La droite a gardé les positions qu'elle avait brillamment conquises. La gauche, après avoir un peu fléchi, a tenu ferme et l'ennemi, dont les pertes sont considérables et qui nous a laissé 2 canons, a été obligé de se replier en arrière des crêtes. La situation est bonne grâce au soutien de l'artillerie, aux ordres du général Charles Frébault qui a magnifiquement combattu. Je passe la nuit sur le lieu de l'action qui continuera demain. »
    • Combat de Choisy-le-Roi
      En diversion à l'attaque principale, la division Susbielle, soutenue par une importante réserve des bataillons de marche de la garde nationale, se porte en avant de Créteil, et enlève à l'armée allemande les positions de Montmesly, qu'elle occupe jusqu'au soir avant de l'évacuer, ne pouvant plus tenir la position devant des forces supérieures ; elle se replie sur Créteil. Toutefois cette diversion, sur la droite des opérations, fort utile pour l'attaque principale de la 2e armée, est soutenue par de nouvelles sorties opérées sur la rive gauche de la Seine, vers Choisy-le-Roi et Thiais, par des troupes du général Vinoy. L'artillerie de la redoute des Hautes-Bruyères démonte 2 des 8 pièces d'artillerie que les Allemands ont placées entre L'Haÿ et Chevilly. Le général Ladreit de Lacharrière est mortellement blessé au Mont-Mesly[125].

Décembre

Un froid intense s'installe à tel point que la Seine gèle. Les températures les plus basses atteindront -20°.

Recensement de la population des 20 arrondissements de Paris, en date de décembre 1870, qui comprend les réfugiés[note 40].

Davantage d’informations Arrondissement, Population ...
Population de Paris en décembre 1870
Arrondissement Population Commentaires
1er arrondissement 77 831 habitants
2e arrondissement 77 671 habitants
3e arrondissement 96 442 habitants
4e arrondissement 96 341 habitants
5e arrondissement 98 213 habitants
6e arrondissement 90 803 habitants
7e arrondissement 68 883 habitants
8e arrondissement 75 880 habitants
9e arrondissement 102 215 habitants
10e arrondissement 141 485 habitants
11e arrondissement 183 723 habitants
12e arrondissement 100 077 habitants
13e arrondissement 79 828 habitants
14e arrondissement 82 100 habitants
15e arrondissement 92 807 habitants
16e arrondissement 44 034 habitants
17e arrondissement 120 064 habitants
18e arrondissement 154 517 habitants
19e arrondissement 113 716 habitants
20e arrondissement 108 229 habitants
Total 2 005 700 habitants
Fermer

Jeudi 1er décembre

  • Val-de-Marne :
    • Bataille de Champigny :
      Les troupes françaises restent le matin sur les positions solidement établies qu'elles ont conquises la veille et occupées dans la nuit. L'enlèvement des blessés prussiens, abandonnés sur le champ de bataille, par leurs camarades, et l'ensevelissement des morts, ainsi les que blessés français, dont le général Pierre Renault[note 41] relevés par les ambulances, prend une partie de la journée. L'artillerie, placée sur le plateau d'Avron, ne cesse de couvrir les forces allemandes de ses feux. Toutefois la journée du 1er décembre s'est écoulée dans des conditions de calme que ne faisaient pas pressentir les luttes de la veille.
      Le Commandant des éclaireurs à cheval de la Seine Léon Franchetti est frappé par un éclat d'obus à la cuisse durant cette bataille[128].

Vers 6 heures du soir, il est télégraphié la dépêche officielle suivante :

« Grande victoire sous Paris !
Sortie du général Ducrot, qui occupe la Marne. »

Vendredi 2 décembre

  • Val-de-Marne :
    • Bataille de Champigny :
      Précédées d'une courte canonnade, les troupes françaises sont attaquées à la pointe du jour par de fortes forces allemandes, formées des réserves et de troupes fraîches. Les Français, fatigués des combats d'avant-veille, avec un matériel incomplet, ont été glacés par des nuits d'hiver qu'ils ont passées sans couvertures à −14 °C, car, pour alléger les troupes, elles ont été laissées à Paris. Après avoir combattu durant 3 heures pour conserver leurs positions, les troupes françaises poursuivent l’assaillant et combattent durant 5 heures pour enlever les positions prussiennes. Le calme revient ensuite sur les positions de la Marne.
      Les Prussiens tirent sur Bernard Bauer qui conduit les ambulances de la Presse venues relever les blessés de la bataille de la veille[130].

Samedi 3 décembre

  • Paris :
    Un appel est lancé aux habitants afin d'obtenir des lits en faveur des blessés. 15 000 lits sont mis à la disposition de l'autorité militaire dans les 48 heures par les habitants de Paris.
  • Val-de-Marne :
    • Fin de la bataille de Champigny :
      Dès le point du jour, les Prussiens commencent une série d'attaques d'avant-postes précédées d'une courte canonnade, puis le calme revient sur les positions de la Marne.
      L'artillerie française située sur le plateau d'Avron continue son feu pour inquiéter les convois allemands incessants dans la direction de Chelles.
      Les vigies françaises signalent de nombreux convois de blessés prussiens quittant dès midi le champ de bataille. D'après des renseignements émanant des prisonniers, des régiments entiers auraient été écrasés.
      La journée du 3 décembre est consacrée à améliorer la situation des troupes françaises par ce temps, déjà rigoureux, qu'elles supportent avec un grand courage.
      L'armée du général Ducrot bivouaque à la nuit dans le bois de Vincennes, ayant repassé la Marne dans la journée.
      Environ 400 prisonniers prussiens, dont un groupe d'officiers, sontamenés dans Paris.

Dimanche 4 décembre

Le 4 décembre, à minuit, le thermomètre centigrade de l'ingénieur Ducray-Chevalier, marque, au Pont-Neuf, 6 degrés 3 dixièmes au-dessous de zéro.

Proclamation du général Ducrot

Lundi 5 décembre

Le 5 décembre, à six heures du matin, le thermomètre marque 6 degrés 8 dixièmes au-dessous de zéro et à midi, 2 degrés 9 dixièmes au-dessous de zéro.
Le général von Moltke annonce au gouverneur de Paris qu'Orléans est réoccupée par les Allemands.
  • Val-de-Marne :
    Le nombre des prisonniers allemands amenés du champ de bataille est, à 11 heures du matin, de 800.
    Le commandant Poulizac, à la tête des éclaireurs de la Seine, rentre d'une reconnaissance poussée vers Aulnay avec succès, où sept Prussiens ont été mis hors de combat. Ses troupes ont enlevé trois postes du chemin de fer de Soissons et ramènent 30 sacs, 40 casques, 2 fusils, des marmites, des couvertures, etc.

Mardi 6 décembre

Communications du gouvernement au sujet de la défaite d'Orléans

« Le gouvernement de la Défense nationale porte à la connaissance de la population les faits suivants :
Hier au soir le gouverneur a reçu une lettre dont voici le texte :
« Versailles, ce .
« Il pourrait être utile d'informer Votre Excellence que l'armée de la Loire a été défaite hier près d'Orléans et que cette ville est réoccupée par les troupes allemandes.
Si toutefois Votre Excellence jugera à propos de s'en convaincre par un de ses officiers, je ne manquerai pas de le munir d'un sauf-conduit pour aller et venir.
Agréez, mon général, l'expression de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur. »

 Le chef d'état-major, « Comte von Moltke. »

« Le gouverneur a répondu
« Votre Excellence a pensé qu'il pourrait être utile de m'informer que l'armée de la Loire a été défaite près d'Orléans et que cette ville est réoccupée par les troupes allemandes.
« J'ai l'honneur de vous accuser réception de cette communication, que je ne crois pas devoir faire vérifier par les moyens que Votre Excellence m'indique.
« Agréez, mon général, l'expression de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur. »

 Le gouverneur de Paris, Général Trochu.

« Cette nouvelle qui nous vient par l'ennemi, en la supposant exacte, ne nous ôte pas le droit de compter sur le grand mouvement de la France accourant à notre secours. Elle ne change rien ni à nos résolutions ni à nos devoirs.
Un seul mot les résume : Combattre ! Vive la France ! Vive la République ! »

 Les membres du gouvernement.

Mercredi 7 décembre

  • Paris :
    Deux nouveaux ballons montés partent de Paris :
    Le Denis-Papin s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à La Ferté-Bernard, dans la Sarthe, après avoir parcouru 170 kilomètres[132].
    L'Armée-de-Bretagne s'envole de la gare du Nord et termine sa course à Bouillé-Loretz, dans les Deux-Sèvres, après avoir parcouru 355 kilomètres[133],[32].
    Le bataillon des tirailleurs de Belleville, sous les ordres du commandant Gustave Flourens, est dissous par décret, à la suite de nombreux actes d'indiscipline[134].
  • Val-de-Marne :
    Le général Schmitz, chef d'état-major général des forces françaises, indique les pertes dans les divers journées de la bataille de Champigny : 1 008 tués (72 officiers et 936 hommes de troupe) et 5 022 blessés (342 officiers et4 680 hommes de troupe). Il indique également que les pertes allemandes ont été des plus considérables, étant en rapport avec les efforts qu'il a fait pour enlever les positions françaises. Écrasé par l'artillerie des forts qui canonnait sur tous les points où il se présentait, des officiers prisonniers ont en outre déclaré que plusieurs régiments avaient été détruits par le feu d'infanterie en avant de Champigny. Le commandant des éclaireurs à cheval de la Seine, Léon Franchetti, frappé par un éclat d'obus à la cuisse durant cette bataille meurt de ses blessures.

Jeudi 8 décembre

Pas d'événement signalé.

Vendredi 9 décembre

Samedi 10 décembre

Dimanche 11 décembre

Le froid redouble.

Lundi 12 décembre

Mardi 13 décembre

  • Val-de-Marne :
    Vers 1 heure du matin, les Prussiens tentent d'occuper le plateau d'Avron par surprise en avançant à travers la forêt de Bondy, avant de prendre position dans le village de Villemomble et d'attaquer les positions françaises. Après un combat acharné et une fusillade nourrie, les Prussiens sont contraints de se replier.

Mercredi 14 décembre

Le gouvernement autorise la vente du pain bis.

Jeudi 15 décembre

  • Paris :
    Le ballon monté Ville-de-Paris s'envole de la gare du Nord et termine sa course près de Wetzlar[note 43], après avoir parcouru 510 kilomètres ; il y est capturé, ainsi que les plans secrets du général Trochu destinés à Gambetta pour coordonner leurs actions[138],[32].
    Par décret, le gouvernement fait réquisition de tous les chevaux, ânes et mulets. Les détenteurs deviennent de simples gardiens. Les animaux seront pesés vivants et payés comptant à raison de 1,75 franc le kilogramme au maximum et de 1,25 franc au minimum. Tout propriétaire de cheval, d'âne et mulet qui voudra devancer l'injonction de livrer à la faculté de faire conduire tous les jours ces animaux au marché aux chevaux[pas clair] situé au 6 boulevard d'Enfer. Les prix de faveur suivants seront appliqués aux animaux spontanément amenés à raison de 2 francs le kilogramme au maximum et 1,50 franc au minimum. En outre il sera attribué une commission d'amenage de 10 francs par tête. Tout animal non déclaré sera confisqué.
    Après les pertes subies par divers corps de la 2e armée, notamment par la division de Malroy (du Ier corps), qui a été très énergiquement engagée, les bases de la constitution des armées de la défense de Paris sont modifiées. Le Ier corps, commandé par le général Blanchard, est dissous. La division de Malroy est en partie dirigée sur la 3e armée.

Vendredi 16 décembre

Samedi 17 décembre

Dimanche 18 décembre

Lundi 19 décembre

  • Paris :
    Décret soumettant les nominations des chefs de la garde mobile au choix du gouvernement.
    Par ordre du gouverneur de Paris, à partir de midi, toutes les portes de Paris seront fermées[143]

Mardi 20 décembre

  • Paris :
    Le ballon Général-Chanzy, qui s'envole de la gare du Nord, termine sa course à Auspach, en Bavière, où il est capturé avec ses occupants par les Prussiens, après avoir parcouru 760 kilomètres[144],[32].
    Le soir, le gouverneur part pour se mettre à la tête de l'armée, des opérations de guerre importantes devant commencer demain au point du jour. Des mouvements de troupes sont donc exécutés, portant à plus de 100 bataillons de garde nationale mobilisés en dehors de Paris. La garde nationale mobilisée s'établit sur les positions qui s'étendent des bords de la Marne, en avant du plateau d'Avron, jusqu'à Saint-Denis. Cette concentration, bien que partiellement opérée par le chemin de fer de ceinture, a été fatigante pour les troupes.

Ils sont positionnés entre les forts de Rosny et de Nogent.

Mercredi 21 décembre

  • Val-de-Marne - Hauts-de-Seine - Seine-Saint-Denis :
    • Deuxième bataille du Bourget :
      L'attaque a commencé le matin sur un grand développement, depuis le Mont Valérien jusqu'à Nogent-sur-Marne.
      • Hauts-de-Seine :
        Du côté du Mont Valérien, vers 7 heures du matin, le général Noël lance une forte attaque à gauche sur la redoute de Montretout, au centre sur Buzenval et Longboyau ; dans le même temps, sur sa droite, le chef de bataillon Faure, commandant du génie du Mont Valérien, s'empare de l'île du Chiard. Au moment où cet officier y pénètre à la tête d'une compagnie de francs-tireurs de Paris, il est blessé très grièvement tandis que le capitaine Haas, qui commande la compagnie, est tué net. Parmi les troupes figurent les 8e et 18e régiments de la garde nationale mobilisée de Paris.
      • Val-de-Marne :
        Les généraux de Malroy et Blaise sous les ordres du général Vinoy occupent Neuilly-sur-Marne, Ville-Evrard[note 44] et Maison Blanche[note 18], et en font créneler les murs. L'artillerie du plateau d'Avron et du fort de Nogent, qui appuie l'opération, a un combat très vif avec l'artillerie allemande qui établit des batteries pour arrêter l'action des troupes françaises. Le général Idelphonse Favé, commandant l'artillerie de la 3e armée, est blessé.
        Le temps s'est mis au froid, et un vent glacial pendant toute la journée contrarie les efforts des troupes françaises qui travaillent activement à s'abriter contre les coups allemands à Neuilly-sur-Marne, Ville-Evrard, Maison Blanche, Bondy, la ferme de Groslay[note 25] et Drancy. Toutefois les tranchées ouvertes ne sont pas terminées aussi promptement qu'attendu, à cause d'une gelée intense qui durcit la terre et rend le maniement des outils plus difficile.
        Dans la nuit du 21 au 22 décembre, des soldats allemands restés dans les caves de Ville-Evrard attaquent les postes occupés par les troupes françaises. Les soldats français ayant riposté vigoureusement, tuent ou font prisonniers la plus grande partie des assaillants. Le général Blaise, qui s'est porté en toute hâte à la tête de ses troupes, est mortellement atteint. Les prisonniers qui ont été faits sur les différents points ont confirmé que les pertes allemandes ont été des plus sérieuses.
      • Seine-Saint-Denis :
        Dès le matin, par une température de -14°, les troupes de l'amiral de La Roncière attaquent le Bourget. Elles sont composées de marins, des 134e et 138e régiment d'infanterie de ligne et de gardes mobiles de la Seine. La première colonne, composée du bataillon des marins et du 138e de ligne, sous les ordres du capitaine de frégate Lamothe Tenet, enlève la partie nord du village. Une seconde colonne, sous les ordres du général Lavoignet, qui attaque la partie sud du village, est arrêtée par de fortes barricades et des murs crénelés qui l'empêchent de dépasser les premières maisons dont ses hommes se sont emparés malgré des efforts acharnés.
        Simultanément une diversion importante est effectuée par les 10e, 12e, 13e et 14e bataillons des gardes mobiles de la Seine et une partie du 62e bataillon de la garde nationale de Saint Denis, sous le commandement du colonel Dautremon. Dans le même temps, le 68e bataillon de la garde nationale de Saint-Denis attaque Épinay, tandis que les deux batteries flottantes numéros 3 et 4 canonnent ce village ainsi qu'Orgemont[note 45] et le Cygne d'Enghien[note 46], dont les postes ripostent vigoureusement. L'artillerie de la Double-Couronne appuie, par son feu à longue portée, les opérations de l'armée.
        Après s'être maintenu 3 heures dans le nord du Bourget, jusqu'au-delà de l'église, luttant pour conquérir les maisons une à une, sous les feux tirés des caves et des fenêtres et sous une grêle de projectiles qui dure jusqu'à la fin du jour, les troupes françaises doivent se retirer.
        Le général Ducrot fait alors avancer une partie de son artillerie, qui engage une action très violente contre les batteries de Pont Iblon et du Blanc-Mesnil. Il occupe au soir Maison Blanche, Bondy, la ferme de Groslay et Drancy.
        À la nuit, les troupes françaises stationnées au Bourget effectuent leur retraite avec calme, après avoir ramené une centaine de prisonniers qui sont dirigés sur Paris. Ces troupes sont repliées en arrière dans les tranchées qui formaient les points d'appui du champ de bataille préparé. Toutefois, les unes et les autres, à peu d'exceptions près, sont sans abri, et cette première nuit de bivouac, par une gelée intense, éprouve très péniblement les soldats - il y a quelques cas de congélation.

Jeudi 22 décembre

  • Val-de-Marne-Seine-Saint-Denis :
    Les troupes s'appliquent à effectuer des travaux de jour et de nuit, nécessaires à la continuation des opérations.

Vendredi 23 décembre

Le 23 décembre à minuit, le thermomètre centigrade de l'ingénieur Ducray-Chevalier, au Pont-Neuf, marque 8 degrés 2 dixièmes au-dessous de zéro.
  • Val-de-Marne-Seine-Saint-Denis :
    Les Allemands ayant fait sur leurs positions des concentrations considérables, qui semblent indiquer des intentions offensives et pouvant offrir un engagement général, le commandement français fait également venir des troupes, à marche forcée, pour reprendre leurs postes de combat, malgré l'intensité du froid qui ne fait que s'accroitre. À dater de ce moment, la santé des soldats est sérieusement atteinte. Les cas de congélation, contre lesquels l'activité des travaux entrepris ne peuvent rien, se multiplient dans une proportion menaçante. Les travaux eux-mêmes sont ralentis par suite de la dureté du sol, et dès le 24 ils deviennent impossibles.
  • Seine-Saint-Denis :
    Le commandant Zéler, à la tête de l'artillerie de la Double-Couronne, constate sur le haut de la butte Pinson des signaux lumineux auxquels il est immédiatement répondu, par des feux analogues, d'une maison de la rue de Paris, à Saint-Denis. Cet échange de signaux est surpris à différentes dates. Il prévient que, chaque fois qu'une sortie des troupes françaises doit s'effectuer le soir, des feux de signaux partent de Saint-Denis[147].

Samedi 24 décembre

Le 24 décembre, à minuit, le thermomètre centigrade de l'ingénieur Ducray-Chevallier, au Pont-Neuf, marque 9 degrés 5 dixièmes au-dessous de zéro ; à six heures du matin, le thermomètre indique 9 degrés 1 dixième au-dessous de zéro ; à midi, il indique 6 degrés 0 dixièmes au-dessous de zéro. Le baromètre indique 758 mm 2, sans correction.
  • Val-de-Marne :
    Les troupes continuent les travaux de terrassement en voie d'exécution et ont beaucoup à souffrir pendant la nuit précédente des rigueurs de la température, qui descend à 11 degrés au-dessous de zéro sur le plateau d'Avron.
  • Seine-Saint-Denis :
    Deux bataillons mobilisés de la garde nationale font une reconnaissance sur le Raincy et ont quelques hommes blessés après avoir échangé un bon nombre de coups de fusil avec les Allemands.
    L'artillerie des forts, ainsi que celles de Bondy et du plateau d'Avron, tirent fréquemment sur les travaux des Prussiens, qui déploient de leur côté une grande activité. Malgré une remontée des températures, la terre est toujours rebelle au maniement de la pioche, néanmoins les abris se consolident.

Dimanche 25 décembre

Le 25 décembre, à six heures du matin, le thermomètre indique 12 degrés au-dessous de zéro et à midi, 8 degrés 7 dixièmes au-dessous de zéro. Le baromètre indique 754 mm 7, sans correction.

  • Paris :
    Le froid est atroce. Il devient impossible de se chauffer car le bois est rare et vert[149].
Menu du 25 décembre 1870
Café Voisin, 261 rue Saint-Honoré

Lundi 26 décembre

  • Val-de-Marne :
    Sur l'ordre du général Vinoy, 3 bataillons de la garde nationale, conduits par le colonel Valette, sont chargés le matin, d'occuper le parc de Maison Blanche[note 18], afin de renverser totalement le mur crénelé qui le ferme au sud-ouest. Les tirailleurs français débusquent le poste allemand du 106e régiment d'infanterie de ligne saxon (pl)[note 48], qui occupe le parc et la tranchée du chemin de fer. Lors de cet engagement, les Français font six prisonniers et perdent un tué et huit blessés, dont un officier.
    Après avoir chassé les Allemands, ils travaillent à abattre le mur, en laissant des postes de surveillances afin de se prévenir contre un retour offensif. Le général d'Hugues, pour éviter des imprudences, se porte lui-même auprès des troupes de soutien.
    L'artillerie du plateau d'Avron tire seule pour appuyer l'opération.
  • Hauts-de-Seine :
    Le commandant Delclos, du 5e bataillon de la Seine, opère une reconnaissance sur le Bas Meudon et le Val et Fleury, à la tête de 12 compagnies des 4e et 5e bataillons de la Seine et du 3e de la Somme.

Mardi 27 décembre

100e jour du siège.
Début du bombardement de Paris dans certains quartiers.
  • Val-de-Marne :
    Au petit jour, l'armée allemande fait sauter la Gare-aux-Bœufs de Choisy.
  • Seine-Saint-Denis :
    Les Allemands démasquent au matin des batteries de siège à longue portée, et effectuent un feu très vif contre les forts de l’Est, de Noisy et de Nogent, et contre la partie nord du plateau d’Avron, qui répondent énergiquement. Cette canonnade pouvant être le prélude d’un bombardement général des forts français, puis d'une attaque générale, toutes les dispositions sont prises côté Français dans le but de repousser les attaques et de protéger les défenseurs.
    Dans la journée, les observateurs indiquent que les Allemands ont établi 3 batteries de gros calibre au-dessus de la redoute de l'Ermitage, au Raincy, 3 batteries à Gagny, 3 batteries à Noisy-le-Grand et 3 batteries au pont de Gournay.
    Ce combat d'artillerie, qui dure jusqu'à cinq heures, coûte environ 8 tués et 50 blessés, dont 4 officiers de marine, aux troupes françaises. Les pertes allemandes sont inconnues, mais elles sont supposées sérieuses sur les points les plus à portée du plateau.
    Les dépêches allemandes indiquent que 17 officiers français auraient été tués ou blessés lors de cette affaire.
    « En résumé, cette première journée de bombardement partiel contre nos avancées et nos forts, avec des moyens dont la puissance est considérable, n'a pas répondu à l'attente de l'ennemi[151]. »
  • Hauts-de-Seine :
    Dans la nuit, on entend du Mont Valérien deux fortes détonations, qui donnent à penser que les forces allemandes ont fait sauter le pont du chemin de fer de Rouen.
    Le commandant Delclos fait fouiller les villages où porte sa reconnaissance entamée la veille, et où restent encore quelques habitants. Les postes prussiens s'enfuient à approche des troupes françaises, laissant quelques prisonniers. Une fusillade assez vive s'engage au moment où la reconnaissance regagne le fort d'Issy. Les Allemands sont repoussés et contraints de se retraiter précipitamment dans ses retranchements du Haut Meudon. Les pertes françaises s'élèvent à 2 tués et 6 blessés.

Mercredi 28 décembre

  • Seine-Saint-Denis :
    L'artillerie à longue portée allemande continue le bombardement qu'elle a commencé la veille contre les positions d'Avron. Le matin, les tirs modérés deviennent très vifs dans l'après-midi et la soirée. De nouvelles batteries appuient celles qui avaient été précédemment établies. Les pièces françaises, moins puissantes que les canons Krupp, doivent renoncer à faire feu. Le plateau devient alors tout à fait intenable pour l'infanterie[152].
    Le gouverneur fait soustraire l'artillerie et les troupes à cette situation, que l'intensité croissante du feu allemand ne peut qu'aggraver, en ordonnant la rentrée des pièces en arrière des forts. Cette opération difficile et laborieuse s'effectue pendant la nuit et dans la matinée du 29.
    Les batteries françaises de Bondy fouillent les bois avec précision et inquiètent les Allemands.

Jeudi 29 décembre

  • Seine-Saint-Denis :
    Le bombardement redouble d'intensité. Ses effets sur le plateau d'Avron, qui n'a cessé d'être canonné, ont démontré l'opportunité de l'évacuation opérée la nuit dernière. Les 74 pièces d'artillerie qui ont été retirées à peu près intactes, auraient été complètement désorganisées par le feu violent de la journée. Les tirs sont désormais plus particulièrement dirigé contre les forts de Rosny, Nogent et Noisy, qui font bonne contenance sous une pluie d'obus d'une dimension extraordinaire, lancés à grande distance.
    Des dispositions sont prises pour que cette artillerie soit contre-battue par les plus gros canons dont dispose la défense.
    Il y a au fort de Nogent 14 blessés, au fort de Rosny 3 tués et 9 blessés, et au fort de Noisy seulement quelques contusionnés.
    Les Allemands ouvrent le feu sur Bondy ; 2 tués, 6 blessés.
    Dans la soirée, les tirs allemands passent par-dessus le plateau d'Avron, atteignant la route stratégique et, par moments, les villages environnants[154].

Vendredi 30 décembre

  • Paris :
    Fin décembre, le beurre atteint 30 francs le kilo ; la livre de chien vaut 4 francs. Un chat se vend 20 francs, un corbeau 5 francs, un rat 3 francs, un moineau 1,25 franc. Les artisans et les ouvriers qui sont également gardes nationaux, ne travaillant plus, ne disposent que de leur solde, soit 1,50 franc par jour, plus 0,75 à la femme légitime.
  • Val-de-Marne :
    Le feu allemand recommence, et le fort de Nogent, sur lequel se portent principalement ses efforts, est bombardé de 8 heures du matin à 4 h 30 du soir ; on y déplore 3 blessés.
  • Seine-Saint-Denis :
    Le feu allemand recommence le matin, et il est vif pendant une partie de la journée, mais n'occasionnant que 2 blessés au fort de Rosny.
    Sur le plateau d'Avron, les Allemands prennent une grande quantité de munitions d'artillerie et deux pièces de 24 enclouées. Ils envoient ensuite deux compagnies jusqu'au village de Rosny.

Samedi 31 décembre

  • Seine-Saint-Denis :
    L'armée allemande augmente ses batteries de gros calibre, et rapproche plusieurs d'entre elles des points d'attaque. Ses projectiles arrivent en assez grand nombre à la ferme de Groslay[note 25], à Drancy, Bobigny, Bondy, et quelques-uns même sont parvenus jusqu'à la Folie[note 49] et Noisy-le-Sec.
    Le bombardement sur les forts de Rosny et de Noisy continue, mais ne fait que quelques dégâts matériels et un très petit nombre de blessés.
    À 11 h du soir, une assez forte reconnaissance prussienne s’approche de Bondy. Les soldats français laissent venir les Prussiens à bonne portée et les reçoivent par une vive fusillade qui les font rentrer dans leurs lignes après avoir essuyé des pertes.
  • Val-de-Marne :
    Le feu allemand continue sur le fort de Nogent, ou il n'y a que quelques dégàts matériels et un très petit nombre de blessés.

Janvier

Dimanche 1er janvier

Du mardi 27 décembre au dimanche 1er janvier, le bombardement allemand envoie 25 000 projectiles sur les défenses parisiennes.

  • Seine-Saint-Denis :
    L'artillerie allemande tire pendant une grande partie de la nuit. Le bombardement de Bondy redouble d'intensité pendant la nuit ; celui du fort de Rosny est régulier, sans accident ni incident. Au matin, l'attaque est plus vive, les coups se succèdent presque sans interruption.

Lundi 2 janvier

Batterie de la Tour des Anglais (Léon Leymonnerye, 1871).

L'artillerie allemande envoie 6 000 bombes par jour.

  • Hauts-de-Seine :
    Deux ou trois explosions se font entendre sur le plateau de Chatillon. La batterie de la Tour des Anglais[note 32] saute.
    Une forte patrouille française pénètre de nuit dans Rueil, et se retire d'Issy sans avoir essuyé le feu des postes avancés prussiens.
  • Seine-Saint-Denis :
    Le bombardement des forts de Nogent, Rosny et Noisy, et des villages environnants continue au matin sans causer de dommages bien sérieux. Le feu est cependant très vif sur Nogent, sur lequel l'artillerie allemande lance 600 obus, sans effet flagrant : un seul homme légèrement blessé et pas de dégâts.

Mardi 3 janvier

Le 3 janvier à minuit, le thermomètre centigrade de l'ingénieur Ducray-Chevalier, au Pont-Neuf, marque 4 degrés 2 dixièmes au-dessous de zéro.

  • Seine-Saint-Denis :
    Le bataillon Poulizac, des éclaireurs de la Seine, fait une petite expédition en avant de la ferme de Groslay[note 25]. Quelques Prussiens sont tués, six sont ramenés prisonniers : ils appartiennent à la garde. Les Français déplorent trois blessés, dont un officier.
    La canonnade sur les forts recommence au matin.

Mercredi 4 janvier

Le 4 janvier à six heures du matin, le thermomètre indique 3 degrés 3 dixièmes au-dessous de zéro et à midi, 0 degré. Le baromètre, indique 766 mm 4, sans correction.

  • Seine-Saint-Denis :
    L'artillerie allemande canonne Montreuil pendant une partie de la nuit et Saint-Denis toute la nuit. Elle tire également sur Bondy très vivement, mais sans résultat évident.
    Le feu contre les forts français reprend dès le matin, et est extrêmement violent (plus de 1 200 obus) jusqu'à 5 heures du soir sur le fort de Nogent, où il n'y a qu'un seul blessé sans gravité.
    Sur Bondy, le feu continue à raison de trois coups par minute.
    Au fort de Rosny, le feu est assez actif : trois hommes sont légèrement atteints par des éclats.
  • Val-de-Marne :
    Le matin vers 4 h, un détachement allemand s'avance devant la ferme des Mèches[note 17] pour la surprendre ; il est reçu par une vive fusillade, et ses hommes se sauvent au pas de course, en enlevant plusieurs blessés.
    Une demi heure plus tard, une patrouille allemande est surprise par les éclaireurs français du 139e régiment d'infanterie de ligne, qui font trois prisonniers.
  • Seine-et-Marne :
    Premières mises à l'eau des boules de Moulins en amont de Paris, tantôt à Thomery, tantôt au pont de Samois, lieux situés entre Bray-sur-Seine et Montereau[158]. Sur les 55 boules envoyées du 4 au , aucune n'est récupérée pendant le siège.

Jeudi 5 janvier

Le bombardement direct de Paris par l'artillerie allemande commence.

  • Paris :
    Quelques obus sont parviennent jusque dans le quartier Saint-Jacques, sans jeter aucun trouble dans la population.
    Dès que les habitants de la rive gauche de la Seine en voient tomber, ils s'empressent de prendre leurs dispositions pour échapper aux obus aveugles. Les uns viennent chercher un abri sur la rive droite, les autres, ne voulant pas quitter leurs habitations, persistent à séjourner sous les coups allemands, mais en cherchant un abri dans leurs caves. Un troisième groupe s'obstine à braver le bombardement, sans vouloir quitter les maisons et les appartements.
  • Seine-Saint-Denis :
    Une forte reconnaissance, dirigée par le général Fournès, est opérée dans la nuit sur le plateau d'Avron. Après avoir chassé les postes prussiens qui s'y trouvent, Fournès s'installe près du château et fait démolir à la pioche et au pétard un grand mur derrière lequel les Allemands s'abritent dans la journée. Il quitte le plateau au jour, ramenant 3 prisonniers saxons.
    Le feu continue pendant la nuit sur le fort de Nogent sans résultats.
    Au petit matin, les Allemands attaquent Bondy : leurs tirailleurs sont repoussés, laissant sur le terrain une quinzaine de cadavres. De 8 h du matin à 4 h 30 du soir, Bondy est bombardé, ainsi que les forts de l'Est de Paris, sans résultats.
  • Hauts-de-Seine :
    L'artillerie allemande bombarde, toute la journée et avec la plus grande violence, les forts de Montrouge, de Vanves et d'Issy, avec ses batteries placées sur le plateau de Châtillon, des pièces de gros et de petit calibre. Des obus qui n'ont pas éclaté, et recueillis, mesurent 0,22 m de diamètre et 0,55 m de hauteur.
    Les forts français répondent vigoureusement.
    La dépêche allemande du jour indique : « Depuis 9h, les forts du Sud de Paris sont bombardés par une superbe journée d'hiver; pas de vent ni de neige, mais neuf degrés de froid. Les batteries établies contre le front Sud de Paris ont bombardé pendant la journée les forts d'Issy, de Vanves et de Montrouge, les retranchements de Villejuif, le Point-du-Jour et les canonnières. Le bombardement du front du Nord et de l'Est était en même temps énergiquement poursuivi avec des résultats très favorables. Nos pertes sont de quatre tués, quatre officiers et onze soldats blessés. »

Déclaration du gouvernement

Le gouvernement de la Défense nationale fait une déclaration afin de remonter le moral des troupes et de la population.

Vendredi 6 janvier

  • Paris :
    À partir de 8 h du matin, le bombardement recommence sur toute la ligne, ne causant aucun dommage sérieux. Les batteries extérieures et l'enceinte ripostent vigoureusement aux attaques de l'artillerie allemande. Les projectiles qui sont tombés dans la ville de Paris en assez grand nombre ne causent aucune émotion.
    Publication de la seconde Affiche Rouge, qui demande la création d'une Commune à Paris.
  • Val-de-Marne :
    Le fort de Bicêtre est bombardé, pendant toute la nuit précédente, avec la même intensité que celui de Montrouge. Du côté de Nogent, le bombardement cesse à partir de trois heures du matin pour reprendre très vivement à huit heures.

Proclamation du Gouverneur de Paris

Après le gouvernement de la Défense nationale c'est au tour du gouverneur de Paris de faire une déclaration afin de remonter le moral des troupes et de la population.

Samedi 7 janvier

  • Val-de-Marne :
    Le fort de Noisy ouvre le feu sur toutes les batteries prussiennes et entretient un tir soutenu et efficace. Ses obus éclatent en pleins retranchements, faisant des morts et des blessés.
  • Seine-Saint-Denis :
    Au matin, le bombardement reprend par intermittence sur la Courneuve ; trois hommes sont blessés, un fusilier marin est tué.

Dimanche 8 janvier

La nouvelle de la victoire de Bapaume par l'armée du Nord du général Faidherbe redonne de l'espoir aux Parisiens.

Lundi 9 janvier

Journal officiel de la République du 9 janvier 1871 :

« Après un investissement de plus de trois mois, l'ennemi a commencé le bombardement de nos forts le 30 décembre, et, six jours après, celui de la ville. Une pluie de projectiles, dont quelques uns pesant 94 kilogrammes, apparaissant pour la première fois dans l'histoire des sièges, a été lancée sur la partie de Paris qui s'étend depuis les Invalides jusqu'au Muséum. Le feu a continué jour et nuit, sans interruption, avec une telle violence, que, dans la nuit du 8 au 9 janvier, la partie de la ville située entre Saint Sulpice et l'Odéon recevait un obus par chaque intervalle de deux minutes.
Tout a été atteint : nos hôpitaux regorgent de blessés, nos ambulances, nos écoles ; les musées et les bibliothèques, les prisons, l'église Saint-Sulpice, celles de la Sorbonne et du Val-de-Grâce, un certain nombre de maisons particulières. Des femmes ont été tuées dans la rue, d'autres dans leur lit ; des enfants ont été saisis par des boulets dans les bras de leur mère. Une école de la rue de Vaugirard a eu quatre enfants tués et cinq blessés par un seul projectile.
Le musée du Luxembourg, qui contient les chefs-d'œuvre de l'art moderne, et le jardin où se trouvait une ambulance qu'il a fallu faire évacuer à la hâte, ont reçu vingt obus dans l'espace quelques heures. Les fameuses serres du Muséum, qui n'avaient point de rivales dans le monde, sont détruites. Au Val-de-Grâce, pendant la nuit, deux blessés, dont un garde national, ont été tués dans leur lit. Cet hôpital, reconnaissable à la distance de plusieurs lieues par son dôme que tout le monde connaît, porte les traces du bombardement dans ses cours, dans ses salles de malades, dans son église, dont la corniche a été enlevée.
Aucun avertissement n'a précédé cette furieuse attaque. Paris s'est trouvé tout à coup transformé en champ de bataille, et nous déclarons avec orgueil que les femmes s'y sont montrées aussi intrépides que les citoyens. Tout le monde a été envahi par la colère, mais personne n'a senti la peur.
Tels sont les actes de l'armée prussienne et de son roi, présent au milieu d'elle. Le gouvernement les constate pour la France, pour l'Europe et pour l'histoire. »

  • Paris :
    Le ballon monté Duquesne s'envole de la gare d'Orléans et termine sa course à Berzieux dans la Marne, après avoir parcouru 167 kilomètres[159],[32].
    Les abords du Panthéon et le 9e secteur[note 52] de défense de Paris reçoivent beaucoup d'obus.
    Une trentaine de projectiles du plus gros calibre atteignent l'hospice de la Pitié et le Val-de-Grâce. Les Allemands semblent prendre pour objectif les établissements hospitaliers de Paris. « Par ces procédés odieux, il montre une fois de plus son mépris des lois de la guerre et de l'humanité[160] ».
    Le contre amiral de Montaignac fait connaître que pendant la nuit, les Prussiens tirent à toute volée sur la ville. Les obus, passant par-dessus les remparts, tombent dans les quartiers éloignés de l'enceinte.
  • Hauts-de-Seine :
    Le matin, en plein jour, l'armée allemande renouvelle une attaque qu'elle a déjà tentée de nuit contre la maison Crochard et sur le poste des carrières, à gauche de Rueil. C'est la quatrième tentative que les Prussiens font sur cette position. Les francs-tireurs de la mobile de la Loire Inférieure et les tirailleurs de l'Aisne ont laissé approcher les soldats prussiens et les ont repoussés après leur avoir fait éprouver des pertes.
    Le bombardement continue sur les forts du sud pendant la journée, avec moins de violence que les jours précédents.

Mardi 10 janvier

  • Seine-Saint-Denis :
    Le colonel Comte, avec les francs-tireurs Poulizac, 30 cavaliers de la République[note 54], les francs-tireurs de la division Faron et la compagnie de volontaires du capitaine de Luxer, lancent à 11 heures du soir une reconnaissance sur les positions occupées par les Allemands le long du chemin de fer de Strasbourg, avec pour objectif de détruire les maisons qui abritent ces troupes.
    Assailli par une vive fusillade, le colonel Comte fait charger à la baïonnette les soldats allemands, qui lâchent pied devant cette vigoureuse attaque.
    Les maisons sont immédiatement minées, et quelques Prussiens qui refusent de se rendre, et continuent à tirer du toit de l'une des maisons, sautent avec cette dernière.
    L'opération terminée, la colonne rentre dans ses lignes avec 7 blessés et ramenant 2 prisonniers, un grand nombre de casques, de fusils, de couvertures et d'objets de campement.
  • Hauts-de-Seine :
    Le colonel Porion avec un détachement de marins, 150 gardes nationaux mobilisés, des détachements de gardiens de la paix, de mobiles du 5e bataillon de la Somme, du 5e bataillon de la Seine, et une compagnie du génie, lancent à 3 heures du matin une attaque afin de détruire les ouvrages entrepris par les Allemands au moulin de Pierre[note 8],[19],[20], en avant du fort d'Issy. L'attaque ayant surpris les postes prussiens chargés de défendre les travailleurs, la position est abordée sans tirer un coup de fusil. Le capitaine Saint Vincent et ses sapeurs s'occupent alors immédiatement de détruire les travaux existants pendant que les marins, poussant en avant, découvrent une batterie en construction.
    Les postes allemands de Clamart ouvrent un feu nourri sur les marins français que les troupes de soutien viennent appuyer. Les travaux de destruction n'en continuent pas moins et la colonne du colonel Porion, l'opération terminée, rentre dans ses lignes avec 1 tué et 3 blessés, ramenant 21 prisonniers.
    Dans la presqu'île de Gennevilliers[note 9], les Prussiens renouvellent des tentatives de conversations avec les militaires français. Ils sont reçus par des coups de fusil.
    Le bombardement des forts de Vanves et de Montrouge continue aujourd'hui avec moins de vivacité que d'habitude, mais l'artillerie allemande concentre ses efforts sur le fort d'Issy, canonné violemment. Les batteries des différents forts ripostent avec une égale vigueur.
  • Val-de-Marne :
    Dans la nuit, une compagnie du 4e bataillon de la garde nationale mobilisée sous les ordres du capitaine Arnauld de Vresse fait une reconnaissance en direction de Vitry.

Mercredi 11 janvier

Décret du gouvernement de la Défense nationale :

« Considérant que les devoirs de la République sont les mêmes à l'égard des victimes du bombardement de Paris qu'à l'égard de ceux qui succombent les armes à la main pour la défense de la patrie,
DÉCRÈTE
Tout Français atteint par les bombes prussiennes est assimilé au soldat frappé par l'ennemi.
Les veuves de ceux qui auront péri par l'effet du bombardement de Paris, les orphelins de pères ou de mères qui auront péri de même, sont assimilés aux veuves et aux orphelins des soldats tués à l'ennemi. »

  • Hauts-de-Seine :
    Dans la journée, le feu reprend avec une violence extrême contre les forts du sud, principalement contre le fort d'Issy, qui parait être le principal objectif des batteries prussiennes. Des dispositifs considérables d'artillerie sont en route pour combattre efficacement les nouvelles batteries démasquées par les Prussiens.

Jeudi 12 janvier

  • Paris :
    Le bombardement continue pendant la nuit précédente, sur la ville et les établissements déjà signalés. De minuit à deux heures du matin, il tombe environ un projectile par minute dans le quartier Saint Sulpice.
    « Par un arrêté du maire de Paris, en date du 12 janvier, il est interdit aux boulangers de fabriquer ou de mettre en vente du pain dit pains de luxe. Il leur est interdit de bluter ou de trier, par un procédé quelconque, les farines qui leur sont livrées par la caisse de la boulangerie ».
  • Seine-Saint-Denis :
    Dans la nuit, le commandant Blanc, avec une compagnie de zouaves et une compagnie de mobiles du Morbihan, fait une reconnaissance sur le plateau d'Avron. Les postes prussiens sont vigoureusement chassés, et la petite colonne rentre avant le jour, après avoir enlevé six prisonniers.
    Les forts tirent, pendant la nuit, sur toute la ligne des positions prussiennes.
  • Val-de-Marne :
    La boucle de la Marne est également bombardée pendant la nuit par l'artillerie prussienne. Les forts répliquent sur toute la ligne des positions prussiennes.
  • Hauts-de-Seine :
    Les forts de Vanves, d'Issy et de Montrouge sont canonnés avec violence, mais les batteries extérieures et celles des forts ouvre un feu nourri qui paraît avoir causé d'assez grands ravages dans les batteries prussiennes.

Vendredi 13 janvier

  • Val-de-Marne :
    Dans la boucle de la Marne, les Allemands effectuent un bombardement violent et persistant, sans plus d'effet que les jours précédents.
    Toute la journée, l'armée allemande tire lentement sur les villages de Nogent et de Plaisance.
    Le contre amiral Pothuau exécute une reconnaissance entre la Gare aux Bœufs de Choisy-le-Roi et la Seine sur des positions allemandes. Un peu plus tard, les Prussiens prennent l'offensive en assez grand nombre ; ils sont accueillis à coups de fusil qui les obligent à se replier rapidement.
  • Hauts-de-Seine :
    Les forts du sud sont canonnés moins violemment. Les Prussiens font pendant la nuit plusieurs tentatives sur divers points des tranchées qui relient les forts entre eux. Ils sont repoussés partout.
    Sur l'ordre du gouverneur, le général Vinoy, une sortie contre le moulin de Pierre[note 8],[19],[20] est menée par les généraux Blanchard et Corréard[165]. La tête de colonne avant été accueillie par un feu des plus vifs, les troupes françaises rentrent dans leurs lignes.
  • Seine-Saint-Denis :
    Vers 10 h, une reconnaissance prussienne s'avance pour inquiéter les travaux en voie d’exécution près de la suiferie du Bourget[166], sur la route de Flandre. Les Prussiens doivent se replier, à la suite d'un feu de mousqueterie très violent provenant d'un bataillon du 119e de ligne, d'une compagnie du 12e et du 213e bataillon mobilisé de la Seine, qui occupent le Bourget.
    Dans la soirée, l'armée allemande lance une attaque contre les positions avancées françaises de Drancy. Une fusillade s'engage, ne se terminant définitivement qu'à une heure du matin.

Samedi 14 janvier

  • Paris :
    Le bombardement de la ville s'étend dans les quartiers de la rue Monge, Saint Sulpice et de la rue de Varenne.
    Le gouvernement décide :
    • Réquisition :
      Les blés et farines sont réquisitionnés dans l'ensemble du département de la Seine et dans les parties des départements voisins dont les habitants sont en communication avec Paris.
    • Chevaux :
      « Dans chacun des 20 arrondissements de Paris et dans chacune des communes suburbaines actuellement habitées, il sera dressé une liste des chevaux dont la conservation est indispensable pour les transports privés impossibles à effectuer à l'aide de voiture à bras. Le nombre de chevaux épargnés en vertu de cette disposition sera de 2 000 pour Paris et la banlieue ».
    • Blé, seigle et orge :
      « Toute personne qui découvrira du blé, de l'orge ou de l'avoine soustraits aux réquisitions, et qui en fera connaitre l'existence, recevra, après vérification, une récompense de 25 francs pour chaque quintal métrique, soit en grain, soit en farine. »

Dimanche 15 janvier

  • Val-de-Marne :
    Le commandant de Mirandol, à la tête des francs-tireurs des troupes de ligne, des marins, des sapeurs du Génie, des artilleurs, des mobiles de l'Hérault du lieutenant Laurent, des mobiles du colonel Reille et des éclaireurs du commandant Poulizac, effectue une reconnaissance au pont de Champigny dans laquelle cinq Prussiens, dont un officier, sont tués, et dix blessés.

Lundi 16 janvier

  • Paris :
    Le ballon monté Steenackers s'envole de la gare du Nord et termine sa course à Hynd près d'Harderwijk en Hollande, après avoir parcouru 552 kilomètres[168],[32].
    « Un décret du 16 janvier décide que la réquisition mise sur les pommes de terre par le décret du 21 novembre 1870 est levé. En conséquence le commerce de la pomme de terre est libre à partir de la promulgation de ce nouveau décret. »
  • Val-de-Marne :
    Les troupes françaises repoussent une attaque faite sur la maison Millaud. Le fort de Montrouge peut tirer à bonne distance sur les soldats sortis de Bagneux pour concourir à cette attaque.
    La boucle de la Marne et le fort de Nogent sont canonnés constamment par l'artillerie prussienne.
  • Hauts-de-Seine :
    Pendant la journée, l'horizon étant beaucoup moins brumeux que précédemment, l'artillerie de l'enceinte peut bien distinguer les batteries de allemandes, et les contrebat. Elle peut ainsi soulager avec une grande efficacité les forts de Montrouge, Vanves et d'Issy.
    Les batteries prussiennes de Châtillon tirent contre les Français beaucoup moins vivement que d'habitude.

Mardi 17 janvier

  • Paris :
    L'enceinte reprend son tir ce matin ; le combat d'artillerie se continue sur tous les points.
  • Hauts-de-Seine :
    Le matin, à huit heures, le fort de Vanves ouvre le feu sur la batterie de la Plâtrière, qui ne répond que par quelques coups.
    Les batteries de Châtillon recommencent à tirer sans causer de dommage réel.
  • Seine-Saint-Denis :
    L'armée allemande tente une attaque contre Bondy pendant la nuit ; elle est repoussée.
  • Val-de-Marne :
    Les Allemands ayant massé des troupes en avant de Créteil, ne peuvent attaquer les tranchées françaises, la pluie ayant rendu la plaine impraticable.
    Le tir sur les Hautes Bruyères est assez vif.
    La redoute du Moulin Saquet est canonnée par une batterie de campagne ; l'artillerie de position française fait éprouver, en hommes et en chevaux, des pertes tellement sérieuses que le feu est éteint en quelques instants, et la batterie démontée, laissant hommes et chevaux sur le terrain.
    Les Allemands continuent à tirer lentement sur Nogent et sur le fort, mais sans aucun résultat.

Mercredi 18 janvier

Le gouvernement de la Défense nationale adresse la proclamation suivante aux habitants de Paris :

« Citoyens,
L'ennemi tue nos femmes et nos enfants ; il nous bombarde jour et nuit ; il couvre d'obus nos hôpitaux. Un cri: Aux armes ! est sorti de toutes les poitrines.
Ceux d'entre nous qui peuvent donner leur vie sur le champ de bataille marcheront à l'ennemi ; ceux qui restent, jaloux de se montrer dignes de l'héroïsme de leurs frères, accepteront au besoin les plus durs sacrifices comme un autre moyen de se dévouer pour la patrie.
Souffrir et mourir, s'il le faut, mais vaincre.
Vive la république ! »

 Les membres du gouvernement.

  • Hauts-de-Seine :
    Le feu des batteries prussiennes, dans le sud, reste continu, mais beaucoup moins nourri que les jours précédents. Les forts, les batteries de Vaugirard et du Point‑du‑Jour, et surtout le fort de Vanves canonnent sans relâche et avec succès les positions prussiennes. Le 6e secteur[note 28] a même complètement éteint le feu de la batterie des Chalets.

Jeudi 19 janvier

La population parisienne apprend que le général Chanzy, commandant de l'armée de la Loire dont on espère l'aide pour briser l'encerclement de Paris, doit se replier derrière la Mayenne.

  • Hauts-de-Seine :
    • Seconde bataille de Buzenval :
      Au petit matin, dans un brouillard intense, 3 colonnes françaises, commandées par les généraux Vinoy, de Bellemare et Ducrot, attaquent les positions prussiennes situées sur les hauteurs de Rueil et enlèvent la redoute de Montretout et d'autres objectifs. Dans l'après-midi, les troupes prussiennes effectuent, avec une violence extrême, un retour offensif entre le centre et la gauche des positions françaises, faisant en reculer les troupes, qui, cependant, regagnent une partie du terrain vers la fin de la journée. À 7 h du soir, le général Trochu ordonne la retraite. Les Français se retirent alors en arrière, dans les tranchées, entre les maisons Crochard et le Mont Valérien, dans un grand désordre par l'unique chemin qui mène au rond-point des Bergères.
      Cette sortie, totalement inutile et mal préparée, avait été imaginée par Trochu, gouverneur militaire de Paris et président du gouvernement provisoire, pour « calmer » les Parisiens les plus bellicistes.

Vendredi 20 janvier

  • Hauts-de-Seine :
    Le brouillard est épais, et les Allemands n'attaquent pas. La plupart des masses pouvant être canonnées des hauteurs sont dirigées vers l'arrière, quelques-unes dans leurs anciens cantonnements.
    Des parlementaires français sont envoyés à Sèvres afin d'obtenir un armistice de deux jours, pour permettre l'enlèvement des blessés et l'enterrement des morts.

Ordre du jour

« C'est avec fierté que le commandant supérieur de la Garde nationale rend hommage, par la voie de l'ordre, au courage dont ont fait preuve les régiments de Paris engagés dans la bataille du 19 janvier. Il a eu la satisfaction de l'entendre louer, sur le terrain même, par les divers chefs de l'armée sous les ordres desquels ces régiments ont combattu.
Engagés dès le point du jour, ils ont soutenu avec ardeur une lutte que l'état de l'atmosphère rendait plus difficile, jusqu'à une heure avancée de la nuit qui seule a mis fin au combat.
N'ayant pas encore reçu des chefs de corps les renseignements nécessaires, le commandant supérieur ne peut faire connaître, aujourd'hui les noms des officiers, sous‑officiers et gardes qui ont succombé, ou de ceux qui se sont particulierement distingués. Mais, dès aujourd'hui, il ne craint pas de dire ce mot qui sera répété par la France entière : « Dans la journée du 19 janvier, la garde nationale de Paris, comme l'armée et comme la mobile, a fait dignement son devoir. » »

 Le général commandant supérieur,
Clément-Thomas

Samedi 21 janvier

Ordre du jour du général Vinoy à l'Armée de Paris.

« Le gouvernement de la Défense nationale vient de me placer à votre tête. Il fait appel à mon patriotisme et à mon dévouement ; je n'ai pas le droit de me soustraire. C'est une charge bien lourde, je n'en veux accepter que la péril, et il ne faut pas se faire d'illusions.
Après un siège de plus de quatre mois, glorieusement soutenu par l’armée et par la garde nationale, virilement supporté par la population de Paris, nous voici arrivés au moment critique.
Refuser le dangereux honneur du commandement dans une semblable circonstance, serait ne pas répondre à la confiance qu'on a mise en moi. Je suis soldat et ne sais pas reculer devant les dangers que peut entraîner cette grande responsabilité.
À l'intérieur, le parti du désordre s'agite et cependant le canon gronde. Je veux être soldat jusqu’au bout, j'accepte ce danger, bien convaincu que le concours des bons citoyens, celui de l'armée et de la garde nationale ne me feront pas défaut pour le maintien de l'ordre et le salut commun. »

 Général Vinoy.

Plan de la ville de Saint Denis. On y voit bien également l'hydrographie de la ville, bordée par la Seine, traversée par le Canal Saint-Denis, et avec la zone marécageuse du nord de la ville, drainée par le Croult et le Rouillon.
la ville est protégée au nord par le Fort de la Double-Couronne, dont les murailles rejoignent, hors du plan, les Forts de l'Est et de la Briche. Les trois routes qui traversent ces fortifications se rejoignent au Barrage de Saint Denis.
On voit également la ligne de chemin de fer Paris - Lille par Creil, d'où se sépare la ligne Paris - Pontoise.

Dimanche 22 janvier

  • Hauts-de-Seine :
    Les forts du sud continuent leur tir contre les batteries allemandes, soutenus par les feux de l'enceinte.
  • Seine-Saint-Denis :
    Le bombardement de Saint Denis est d'une grande violence. Des batteries nouvelles sont établies. Des travaux sont signalés reliant Pont Yblon aux batteries du Blanc-Mesnil.
    Le fort de la Briche, a à supporter, toute la journée, les feux croisés de six batteries : deux au‑dessous d'Enghien, une à Deuil, une à Montmorency, deux à la Butte-Pinson[62].
    Les Allemands commencent à établir des batteries dans les tranchées de Villetaneuse et d'Épinay ; ils poussent une reconnaissance jusqu'à 300 mètres environ du fort. Les Prussiens se sont montrés en grand nombre du côté de Pierrefitte, où ils font des tranchées.
    Les feux de la Double Couronne détruisent en partie un moulin, en arrière des batteries de la butte-Pinson, dans lequel les Prussiens se sont établis avec une tranchée qui communique avec les batteries, afin de le rendre inhabitable à l'ennemi. Le fort de la Double-Couronne reçoit quant à lui 3 500 obus, ne pouvant répondre que par 50 coups en raison des dégâts subis[23].

Lundi 23 janvier

L'activité de l'armée assiégeante se remarque sur tous les points de la ligne d'investissement.

  • Paris :
    Le 6e secteur[note 28] subit un feu continu toute la journée, provenant des batteries de Breteuil et de Meudon.

Mardi 24 janvier

  • Paris :
    Le ballon Torricelli s'envole de la gare de l'Est et termine sa course à Fumechon dans l'Oise, après avoir parcouru 193 kilomètres[173],[32].
    Le 6e secteur[note 28] subit comme le jour précédent un feu continu, provenant des batteries de Breteuil et de Meudon.
    Les 7e[note 51] et 8e secteurs[note 53], qui ont reçu une vingtaine d'obus, ripostent avec succès.
    L'activité des travailleurs de la garde nationale aux remparts, et des compagnies du génie auxiliaire aux batteries extérieures, permet de réparer les dégâts produits et de créer de nouveaux moyens de défense. Les forces allemandes réparent également, avec rapidité, les dommages sérieux que lui cause le tir français, notamment à Breteuil.

Mercredi 25 janvier

Une brume épaisse règne toute la journée.

  • Paris :
    Deux incendies éclatent dans la nuit, par suite du bombardement dans le 8e secteur[note 53].
    Des obus tombent sur La Chapelle.
  • Hauts-de-Seine :
    Au sud, les Allemands continuent à organiser chaque jour de nouveaux emplacements de batteries, dépassant celles qui sont battues par l'artillerie française.
    On signale des travaux au viaduc de Fleury, et des tirs d'artillerie très violents contre le fort d'Issy.
    Après avoir réparé les brèches des murs des parcs, les Prussiens mettent en batterie de quelques pièces volantes entre la maison Crochard et les avant-postes Français, en particulier en face de Longboyau.
    Les incendies du village de Saint-Cloud brûlent toujours.

Jeudi 26 janvier

Une brume épaisse règne toute la matinée, avec quelques éclaircies dans l'après-midi.
Le gouvernement fait pressentir l'armistice.

Déclaration du Gouvernement de la Défense nationale

Le général Vinoy aux Commandants de tous les forts. 26 janvier, 9 h 35 du soir.
Suspension d'armes à minuit.
Cessez le feu sur toute la ligne.
Exécutez rigoureusement cet ordre.

Vendredi 27 janvier

Samedi 28 janvier : capitulation de Paris et signature de l’armistice ; fin du siège de Paris

Déclaration du Gouvernement de la Défense nationale

Convention d'armistice

Une convention d'armistice est arrêtée entre Otto von Bismarck, et Jules Favre, ministre des affaires étrangères du gouvernement de la Défense nationale :

Dimanche 29 janvier

Déclaration du Gouvernement de la Défense nationale

Lundi 30 janvier

Déclaration du Ministre de la guerre

Mardi 31 janvier

Février

Samedi 4 février

Déclaration du Gouvernement de la Défense nationale

Lundi 6 février

À Bordeaux, Léon Gambetta démissionne de ses fonctions.

Mardi 7 février

  • Paris :
    Par décrets, le gouvernement lève les réquisitions sur les farines, les chevaux, les ânes, les mulets, et en général sur tous les animaux de boucherie.
    Le marché aux bestiaux de la Villette est de nouveau ouvert quotidiennement.
    La vente de la viande redevient désormais libre dans tous les étals de boucherie. Toutefois les boucheries municipales établies, fonctionnant par les soins des maires, sont maintenues.
    Les réquisitions sont abolies.
    Concernant le courrier, les lettres peuvent désormais être closes ; le service de la censure est dissous.

Mercredi 8 février

La population parisienne apprend la démission de Léon Gambetta.

Arrêté du Maire de Paris

Samedi 11 février

  • Paris :
    « Le gouvernement de la Défense nationale, considérant que les journaux Le Réveil et Le Combat[note 58] contiennent chaque jour des excitations à la guerre civile.
    Que leur publication devient, en présence des crimes qui viennent d'être commis contre la sûreté de l'Etat, un danger public auquel la cité et la défense ne peuvent plus longtemps être exposées.
    Que la situation actuelle de Paris fait au gouvernement un devoir de recourir aux mesures que l'état de siège comporte.
    Décrète :
    Le journal Le Réveil et le journal Le Combat sont supprimés »
    .

Mercredi 15 février

  • Paris :
    Les Prussiens ajoutent 5 articles additionnels à la Convention d'armistice. D'autre part l'armistice, qui devait expirer le 19 février à midi, est prorogé au 24, « avec faculté de renouveler cette prorogation, si les circonstances l'exigent ».

Articles additionnels à la Convention d'armistice

Dimanche 19 février

Mardi 21 février

Vendredi 24 février

Samedi 25 février

Chiffres comparatifs de la mortalité constatée à Paris, chaque semaine, pendant la période du début du siège (soit le 18 septembre 1870) jusqu'au 25 février 1871. Cette colonne est suivie des chiffres de la semaine correspondante relevés l'année précédente[54],[179].

Davantage d’informations Semaine, Décès constatés à Paris du 18 septembre 1870 au 25 février 1871 ...
Tableau comparatif de la mortalité à Paris durant le siège et l'année précédente.
Semaine Décès constatés à Paris du 18 septembre 1870 au 25 février 1871 Décès de la semaine correspondante de l'année précédente
Du au 1 272 820
Du au 1 344 713
Du au 1 483 747
Du au 1 610 752
Du au 1 746 825
Du au 1 878 880
Du au 1 762 921
Du au 1 885 877
Du au 2 064 900
Du au 1 927 933
Du au 2 023 846
Du au 2 455 882
Du au 2 728 955
Du au 2 728 980
Du au 3 280 921
Du au 3 680 1108
Du au 3 982 998
Du au 4 465 980
Du au 4 376 1 044
Du au 4 671 1 005
Du au 4 451 1 139
Du au 4 103 1 292
Du au 3 941 1 362
Total 64 154 21 978
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Dimanche 26 février

Proclamation du gouvernement d'Adolphe Thiers

Afin de prévenir tout débordement, et de tenter de calmer les esprits et les ardeurs, Adolphe Thiers et son gouvernement adressent aux habitants de Paris la proclamation suivante :

Base préliminaire à la paix définitive à conclure ultérieurement

La base préliminaire d'un traité de paix définitif entre l'Empire allemand et la France est signé le 26 février[180]. Guillaume Ier et Otto von Bismarck exigent la cession de l'Alsace, cette région étant selon eux une ancienne possession du Saint-Empire romain germanique, avant les traités de Westphalie et la conquête de Louis XIV, ainsi que la partie Nord de la Lorraine avec la place forte de Metz, correspondant à l'actuel département de la Moselle, sur simple demande chef d'état-major von Moltke.
Aux revendications territoriales est ajoutée une indemnité de guerre de cinq milliards de francs.

Lundi 27 février

Mardi 28 février

  • Paris :
    La Commission provisoire de la Garde nationale fait regrouper ses canons à Montmartre et Belleville en raison de l'entrée des soldats allemands dans Paris. Elle fait placarder l'Affiche noire qui recommande aux Parisiens de ne pas manifester contre les troupes allemandes qui occupent les XVIe et XVIIe arrondissements.

Mars

Mercredi 1er mars

  • Paris :
    À 10 heures du matin, aux termes des stipulations arrêtées dans la convention d'armistice, des détachements de l'armée allemande entrent dans Paris. Les premières colonnes débouchent par l'avenue de la Grande-Armée et l'avenue de l'Impératrice et arrivent jusqu'à l'Arc de Triomphe, barricadé ; de là, elles descendent l'avenue des Champs-Élysées jusqu'à la place de la Concorde, dont les abords sont gardés par la troupe et les bataillons de la garde nationale, puis occupent l'espace expressément déterminé par la convention[181].
    Les officiers et les soldats de ces détachements sont logés dans le Palais de l'Industrie, dans le cirque d'Été, dans la rotonde du Panorama, et dans des maisons particulières du quartier des Champs-Élysées et du faubourg Saint-Honoré. Un cordon des troupes françaises marque la limite dans laquelle les troupes allemandes sont tenues de se renfermer.
    L'accès des points occupés par les troupes occupantes ne sont pas interdites, mais la population presque tout entière s'est imposé la loi de ne pas user de la liberté de circulation qui lui a été laissée.
    Les fenêtres sont closes, les tentures noires sur posées sur les façades, les rues sont désertes. La Bourse n'a pas ouvert ses portes ; sur les quais, sur les boulevards, dans les quartiers les plus reculés, les magasins et les boutiques également sont fermés. Paris a volontairement suspendu sa vie.

Dans la soirée, le gouvernement reçoit, en provenance de Bordeaux, la dépêche relative à la ratification des préliminaires de la paix :
Pour la ratification : 546 voix.
Contre la ratification : 107 voix.
L'Assemblée nationale a ratifié les préliminaires de paix.
L'Assemblée confirme également la déchéance de Napoléon III et de sa dynastie.

Paris est calme.

Jeudi 2 mars

  • Paris :
    La population de Paris s'étonne de voir un certain nombre de soldats allemands pénétrer dans les bâtiments du Louvre. Cette visite est stipulée dans la convention : les soldats allemands peuvent visiter uniquement deux des monuments de Paris, le Louvre et l'Hôtel des Invalides, mais qu'ils ne peuvent le faire que par escouades sans armes, et sous la conduite d'officiers. Le général en chef a pris toutes les mesures nécessaires pour l'exécution de ces conditions, et la convention à cet égard a été strictement appliquée. L'émotion douloureuse de la population s'explique par les cruelles épreuves traversées, mais elle a cru, à tort, à une violation des conventions. Sur l'insistance du général Vinoy, les chefs de l'armée allemande ont même renoncé à visiter les Invalides.

Proclamation d'Ernest Picard aux habitants de Paris

Devant l'émoi suscité, le ministre de l'intérieur, Ernest Picard, adresse la proclamation suivante aux habitants de Paris :

Vendredi 3 mars

Lundi 6 mars

Mercredi 8 mars

Vendredi 10 mars

Samedi 11 mars

Mercredi 15 mars

Jeudi 16 mars

Samedi 18 mars

  • Paris :
    Sur ordre du gouvernement et d'Adolphe Thiers, l'armée se met en marche à partir de 3 heures du matin et cerne les quartiers où sont entreposés les canons pour les récupérer. Du côté de Montmartre, le point le plus important, sur les boulevards de Clichy, de Rochechouart et les rues Houdon, Lepic, Germain-Pilon, des Martyrs, place Pigalle… des mitrailleuses sont braquées du côté de Montmartre et occupés des piquets d'infanterie des 45e, 46e et 137e de ligne.
    Vers 6h du matin, d'anciens sergents de ville costumés en gardes nationaux surprennent les détachements qui campent sur la butte Montmartre, et s'emparent des parcs d'artillerie.
    À 6h30, 3 coups de canons, tirés à blanc, annoncent à la troupe qu'ils peuvent venir prendre les canons. Quelques pièces sont descendues, mais des gardes nationaux du Comité Central accompagnés d'un grand nombre femmes s'opposent à leur enlèvement, et les remontent à leur parc.
    À 9h, des coups de feu sont tirés, la foule se replie, puis on aperçoit des gendarmes à pied[note 57],[35] et des soldats des 46e et 88e de ligne portant crosse en l'air.
    Le général Lecomte aurait donné l'ordre aux gendarmes de repousser les gardes nationaux ; un coup de feu aurait été tiré sans que l'on sache par qui ; des gendarmes, des gardes nationaux et des soldats de la ligne se seraient tirés dessus mutuellement ; les régiments de ligne auraient refusé de marcher contre la garde nationale et se seraient débandés, tandis que la cavalerie et la gendarmerie avaient été contraint de se replier. Durant toute cette confusion, le général Lecomte est enlevé de son cheval par les gardes nationaux et conduit au Château-Rouge, où se réunissent des commandants de bataillons de Montmartre et des membres du comité directeur de la Butte.
    Le général Clément Thomas ayant appris que le général Lecomte avait été saisi par les insurgés, il se met à sa recherche. C'est ainsi qu'il arrive vers 17h sur la place Pigalle, habillé en bourgeois. L'un des fédérés l'ayant reconnu à sa grande barbe blanche, il est emmené vers la rue des Rosiers. Le général Clément Thomas est amené en premier dans le jardinet où il est abattu. Le général Lecomte est ensuite passé par les armes par les soldats du 88e de marche.
    Adolphe Thiers et les autres ministres présents quittent Paris pour Versailles.
    C'est le début de la Commune de Paris.

La défense de Paris

Au moment où le siège de Paris semble inéluctable, le gouvernement engage un immense effort de travaux de défense qui fait, en quelques semaines, d'une ville jugée hors d'état de se défendre une place apparemment imprenable. Le génie militaire, l'artillerie, le ministère des Travaux publics, auxiliaire du génie et de l'artillerie, y concourent[183].

Les fortifications de Paris

En 1840, Adolphe Thiers, alors président du Conseil, fait entourer Paris d'une enceinte continue et bastionnée, que renforcent, à une distance jugée alors assez considérable, un certain nombre de forts détachés. L'enceinte comprend 94 bastions et a une longueur de 34 kilomètres. En complément, à une distance de 1 400 à 3 500 mètres de l'enceinte et à intervalles inégaux, est disposée une ligne de forts, dont certains ne sont à proprement parler que des redoutes : la Briche, la Double-Couronne, les forts de l'Est, d'Aubervilliers, de Romainville, de Noisy, de Rosny, de Nogent, les redoutes de la Faisanderie et de Gravelle qui ferment la boucle de la Marne, les forts de Charenton, d'Ivry, de Bicêtre, de Montrouge, de Vanves, d'Issy et enfin la forteresse du Mont-Valérien[note 63].

Le périmètre donné ainsi atteint 70 kilomètres et on ne suppose pas alors qu'il soit possible de l'investir. Les travaux sont terminés en 1844 ; à cette époque, les portées ordinaires sont de 1 600 mètres pour l'artillerie de siège, de 800 mètres pour l'artillerie de campagne et de 400 mètres pour le fusil. Mais ce qui, en 1840, peut paraître suffisant pour protéger la ville contre un investissement ou un bombardement, cesse trente ans après de présenter les mêmes garanties devant les perfectionnement considérables de l'artillerie et la masse des armées envahissantes. La portée maximale d'un fusil comme le Chassepot modèle 1866 a atteint celle de l'artillerie de 1840, tandis que le canon Krupp de 15 cm atteint les 6 kilomètres[184], tandis que les pièces les plus imposantes vont jusqu'à 8 kilomètres[185].

Le général de Palikao, président du Conseil et ministre de la Guerre dans les derniers jours de la guerre, et comprenant la dangerosité de la situation, fait faire des travaux d'aménagement et garnit les forts d'artillerie. Des appareils destinés à éclairer le terrain au moyen de la lumière électrique ont été installés dans tous les forts, qui sont désormais, ainsi que tous les établissements militaires, reliés par un réseau télégraphique. En même temps, Palikao donne des ordres pour que soient construits, en hâte, des ouvrages destinés à combler les vides existant entre les forts, et à prendre pied sur les positions qui sont dangereuses pour la défense. C'est ainsi que la redoute de Gennevilliers[note 64], complétée par des batteries annexes à Colombes, au Petit-Nanterre[note 65], à Charlebourg[note 66], à Saint-Ouen[note 67], à Villeneuve-la-Garenne, etc. doit boucher la trouée couverte seulement par la boucle de la Seine, qui se trouve entre Saint-Denis et le Mont-Valérien. Sur le plateau du Sud-Ouest ou les hauteurs très rapprochées des forts et particulièrement menaçantes, des redoutes à Montretout, aux Brosses, dans le parc de Saint-Cloud, au Brimborion au-dessus de Sèvres, à Meudon sont ébauchées. Un fort est commencé à la pointe Nord-Est du plateau de Châtillon, devant être flanqué de deux ouvrages au Moulin-de-pierre[note 8],[19],[20] et au sud de Bagneux. Des redoutes au Hautes-Bruyères et au Moulin de Saquet sont également établies, afin de prendre pied sur le plateau de Villejuif. Du côté de Saint-Denis, les trois forts de la Briche, de la Double-Couronne et de l'Est sont reliés par des parapets en terre. Le secteur Est allant de Romainville à Nogent, et naturellement plus protégé, est laissé tel quel.

La défense de Paris est alors composée de 94 bastions, 6 forts sur la rive gauche, 8 forts sur la rive droite ainsi que 3 forts à Saint-Denis[186]. Mais la nature des travaux à exécuter n'est pas en corrélation avec les moyens disponibles. Le général Ducrot indique à ce sujet : « La plupart de ces ouvrages (Montretout, Gennevilliers, Châtillon, Hautes-Bruyères) devaient dans le principe avoir deux étages de pièces de gros calibre avec casemate. Pour cela il aurait fallu du temps et des hommes. Mais après Sedan, nous ne trouvions plus d'ouvriers, et d'heure en heure, l'ennemi était attendu. Il aurait donc fallu sur le champ ne plus songer aux ouvrages de grande fortification et se consacrer entièrement à établir de solides ouvrages de campagne[note 68]. Laissant de côté les voûtes et les traverses en pierre on auraient dû faire les plafonds, les abris, avec de la terre, des troncs d'arbres, des rails. Il n'en fut pas ainsi ; l'état-major du génie voulut continuer à élever de majestueux ouvrages réguliers et permanents. Le 16 septembre, la veille de l'arrivée des Allemands on travaillait encore dans les redoutes de Montretout et de Châtillon à faire des traverses en maçonnerie ». Le 19 septembre, constatant leur état précaire, le général Trochu donne l'ordre d'abandonner tous les ouvrages avancés du secteur Sud ; quelques jours plus tard, lorsque la nécessité s'impose de donner de l'air à la défense qui étouffe dans les étroites limites où elle est confinée, il faut reprendre de vive force les redoutes des Hautes-Bruyères et du Moulin Saquet.

Le génie lors du siège de Paris

Les batailles désastreuses de l'Armée du Rhin

Après les désastres de l'armée du Rhin, l'immense enceinte de la capitale est non seulement dépourvue de tout armement, mais également d'abris, de magasins à poudre, et de traverses. Sa zone militaire est couverte de constructions innombrables, et 69 avenues, dont quelques-unes atteignent jusqu'à 80 m de largeur, la traversent de part en part. Quant aux forts, ils ne sont pas non plus en état de défense, et les ouvrages extérieurs sont, pour la plupart, déjà effacés par le temps.

La nécessité de mettre Paris en état de défense n'est jamais apparue au précédent gouvernement[Information douteuse], même après les premiers revers, qu'à une échéance plus ou moins lointaine. Aussi pour compléter la défense extérieure, les stratèges proposent d'établir 4 forts permanents en maçonnerie à Gennevilliers, à Montretout, aux Hautes-Bruyères et à Châtillon. Mais à peine l'exécution a-t-elle commencé, qu il faut, par suite de la rapidité des événements, y renoncer et substituer des redoutes enterré aux travaux maçonnés. L'investissement de la place, au 18 septembre, ne permet d'achever que les redoutes des Hautes-Bruyères et du Moulin-Saquet.

Dans les forts, il n'y a ni abris, ni plates formes, ni magasins, ni casemates, ni embrasures, ni aucune des défenses aux abords des ouvrages. Dans les six forts occupés par la marine[note 69], les travaux d'armement et de terrassement sont exécutés par les marins eux-mêmes. 11 000 ouvriers ferment les 69 portes de l'enceinte de Paris, établissent des pont-levis, barrent les quatre canaux et placent des estacades dans la Seine.

Les bois de Boulogne et de Vincennes sont abattus en partie[187] et 3 nouvelles batteries sont créées à Saint-Ouen, à Montmartre et aux buttes Chaumont. Sur les remparts et dans les forts, le génie militaire construit des traverses, des abris, 70 magasins voûtés destinés à recevoir les poudres et le matériel de la défense, et installe 2 millions de sacs à terre pour couronner les parapets.

La partie de l'enceinte correspondant au Point du Jour, totalement ouverte en août 1870, est l'objet d'énormes travaux exécutés en avant dans le village de Billancourt, avec deux retranchements intérieurs, devenant l'un des points les plus forts de la place en octobre. « Ces travaux ont été complétés par l'exploration des nombreuses carrières qui se développent en tous sens sur notre front et que les dispositions les plus sages, appuyées de la surveillance la plus vigilante, mettent désormais à l'abri de toute tentative de l'ennemi, par la transformation des égouts en fourneaux de mines sous le sol de Boulogne, de Billancourt, de Neuilly, Clichy, etc., par la construction d'appareils électriques d'une grande puissance dans tous les forts, et d'un systeme d'observatoires militaires qui se complète de jour en jour, par la construction de barrages destinés à maintenir le niveau de l'eau dans la ville, à assurer en amont et en aval l'action des canonnières blindées de la marine et le fonctionnement de la pompe de Chaillot, enfin par l'occupation très solide des villages qui avoisinent l'enceinte. »[183]

« De Vitry à Issy d'une part, entre Saint-Denis et le canal de l'Ourcq d'autre part, les maisons ont été crénelées, les rues barricadéesn; une ligne continue relie maintenant les redoutes de Gravelle et de la Faisanderie aux forts qui se succèdent jusqu'à Saint-Denis.
En avant de cette ligne, les villages de Noisy, Rosny, Nogent, ont été également retranchés. On travaille à une ligne nouvelle qui s'étendra de la Seine (au point correspondant au barrage de Port-à-l'Anglais) à la Marne, en passant par Maisons-Alfort. Plus de 80 000 travailleurs ont coopéré à cette œuvre immense, qui représente des mouvements de terre incalculables.
En même temps que la place se renforçait, le rayon de la défense s'étendait de jour en jour.
Ainsi, tandis que le 19 septembre, après l'affaire de Châtillon, nous étions réduits à la ligne des forts, nous avons aujourd'hui reconquis sur l'ennemi, en avant de nos ouvrages, Vitry, Villejuif, Arcueil, Cachan, Issy (dont l’ennemi occupait le parc au 19 septembre et où nous avons aujourd'hui des défenses formidables), Suresnes, Puteaux, Courbevoie, désormais à l'abri de ses incursions, Asnières, repris depuis trois jours, Villetaneuse, une partie de Pierrefitte, Stains, La Courneuve, Fontenay-sous-Bois et Nogent-sur-Marne, où les assiégeants pénétraient à leur aise et que nous avons couverts de barricades. Enfin, nous possédons vers l'est une tête de pont à Joinville et à l'ouest nous disposons, dans sa totalité, de la presqu'île de Gennevilliers. »
[183],[note 9]

L'artillerie lors du siège de Paris

D'après les règles établies en 1867, l'armement des forts et de l'enceinte doit se composer de 7 pièces par bastion. Au début de la guerre, le matériel de l'artillerie n'est, pour les forts, que de 3 pièces par bastion, et il n'existe pas une seule pièce en batterie sur les remparts de l'enceinte. Il n'y a pas non plus de bouches à feu de réserve de Paris, celles-ci ayant été envoyées à Metz et à Strasbourg. Jusqu'au 8 août, on se borne à y placer quelques canons, plutôt pour satisfaire l'opinion publique qu'en prévision d'un siège qui semble impossible.

Avant le début du siège, les munitions ne représentent que dix coups par pièce. Les boites à mitraille manquent à peu près complètement, et l'approvisionnement en poudre à canon n'est que de 540 000 kg. Le personnel de l’artillerie est composé d'une dizaine d'officiers qui sont répartis sur l'étendue de l'enceinte. Dans quelques forts, le service de l'artillerie est représenté par un simple gardien de batterie. En octobre, les officiers retraités ou démissionnaires sont rappelés à l'activité ; des artilleurs de la garde mobile de la Seine, de Seine-et-Oise, de la Drôme, du Rhône, de la Loire-Inférieure et du Pas-de-Calais, sont mobilisés et des compagnies de canonniers auxiliaires recrutés parmi les anciens militaires sont créés. La marine fournit ses amiraux, ses officiers, ses artilleurs, en même temps que 7 000 marins. Le personnel de l'artillerie de la place arrive alors au chiffre de 13 000 officiers, sous-officiers et soldats.

À la mi-octobre, l'artillerie dispose, sur l'enceinte ou dans les forts, de 2 140 bouches à feu. De 10 coups par pièce, l'approvisionnement a été porté à 400 coups, et jusqu'à 500 pour les canons des forts. Le service de l'artillerie qui s'occupe de la fabrication des cartouches d'infanterie porte la dotation individuelle des fantassins de 390 cartouches par homme à 2 millions de cartouches par semaine.

Tous les forts de la rive droite, à l'exception d'Aubervilliers, de Vincennes et de Nogent, reçoivent des canons d'un puissant calibre. Le Mont Valérien, Charenton, Gravelle, la Faisanderie, la Double Couronne, ainsi que divers points saillants de l'enceinte en ont une bonne quantité. Ces puissantes piècesservent à former les batteries des buttes Chaumont et des buttes Montmartre, qui battent tout le terrain de Gennevilliers à Romainville, ainsi que les importantes batteries du parc de Saint-Ouen qui protègent le fort de la Briche et qui portent leurs projectiles jusqu'au versant qui domine la Seine à droite d'Argenteuil. L'armement des forts de la rive gauche et de l'enceinte qui les avoisine est fortifié de la même manière, de façon à protéger le Point-du-Jour, la vallée de la Seine en amont, le confluent de la Marne et l'entrée dans Paris du chemin de fer d'Orléans.

Les commandes des ministères lors du siège de Paris

La commission du génie civil veille à l'exécution des commandes de matériel et des munitions, émanées du ministère des travaux publics, dont principalement :

  • 102 mitrailleuses de divers modèles, commandées dans dix établissements différents ;
  • 115 mitrailleuses des systèmes Gatling et Christophe de Montigny[188],[189] ;
  • 312 000 cartouches pour mitrailleuses ;
  • 50 mortiers et leurs accessoires, avec 50 affûts ;
  • 400 affûts de siège ;
  • 500 000 obus de différents calibres, commandés aux différentes fonderies de Paris qui les livrent tous les jours ;
  • 5 000 bombes ;
  • plusieurs grosses pièces de marine à longue portée ;
  • 300 canons de 7 centimètres, rayés et se chargeant par la culasse, portant à 8 000 m.

On doit encore à cette commission l'organisation d'un service spécial d'inspection des secours à prendre contre l'incendie, et, dans le voisinage des musées et des établissements publics, l'établissement des appareils permettant de dominer, à l'origine, tous les sinistres.

Du 5 septembre jusqu'au 12 octobre, sont distribués par les soins du ministère de l'intérieur :

  • pour la Garde nationale mobile : 563 736 objets ;
  • pour la Garde nationale sédentaire : 55 850 objets ;
  • pour différents services : 17 885 objets ;
  • formant un total de 637 471 objets.

Pendant cette période de temps, l'administration de la guerre, de son côté, délivre directement aux gardes mobiles un grand nombre d'effets d'habillement et d'équipement, et tous les objets de campement, tels que demi-couvertures, tentes, ustensiles, etc.

Les troupes de défense

Les troupes dont dispose la défense se composaient d'éléments assez hétérogènes, autant par leur provenance que par leur expérience et leur solidité, formant un total supérieur aux troupes allemandes.

Marine

La Marine fournit un contingent de 14 000 hommes ; c'est l'élément le plus solide et le plus sûr de la défense de Paris[réf. nécessaire]. Le régiment d'artillerie de marine et des troupes d'infanterie de marine et de gendarmerie maritime sont également appelés à Paris[190].

Grâce aux grosses pièces amenées des arsenaux de Brest de Cherbourg et de Lorient, et aux canonniers expérimentés qui les servent, les forts peuvent lutter jusqu'à la fin. Aucun d'eux n'est jamais réduit, ni même entouré, malgré la position désavantageuse où ils se trouvent pour la plupart, leurs courtines démodées et leurs larges terre-pleins qui en font de vrais « nids à obus ».

Le 7 août, après les premières défaites françaises en Alsace et en Lorraine, l'amiral Rigault de Genouilly, ministre de la marine, fait décider par la régente, l'impératrice Eugénie, que les équipages de la flotte non utilisés pour le service de mer seront appelés à Paris et exclusivement chargés de la défense des forts de Romainville, de Noisy, de Rosny, d'Ivry, de Bicêtre, de Montrouge, ainsi que des batteries de Montmartre et de Saint-Ouen ; une flottille, formée de bateaux légers et de canonnières, opérera sur la Seine.

Dans le même temps, le chemin de fer amène à Paris le régiment d'artillerie de marine, les troupes d'infanterie restées dans les dépôts, une partie de la gendarmerie maritime et un nombreux personnel composé d'ingénieurs, de commissaires, de médecins, etc. Huit officiers généraux de la marine sous les ordres de l'amiral de la Roncière de Noury se partagent le commandement de ces forces et prennent chacun la direction d'un des secteurs qui formait l'enceinte de la place.

Quant à la flottille de la Seine, placée sous le commandement du capitaine de vaisseau Thomasset, elle comprend :

  • un yacht, le « Puebla »[191] ;
  • cinq batteries flottantes cuirassées ;
  • neuf canonnières ;
  • sept chaloupes à vapeur pontées dites vedettes, de la classe Arbalète (la « Baïonnette », la « Caronade », l'« Escopette », l'« Estoc », le « Pierrier », la « Rapière », le « Sabre »)[192] ;
  • six canots à vapeur ;

Le tout porte trente-trois canons et huit pierriers.

Quant aux fusiliers de la marine, ils sont, après le 10 novembre, groupés en trois bataillons de 600 à 700 hommes de manière à être disponibles pour toutes les expéditions.

Armée active

Infanterie de ligne

Les troupes d'infanterie de l'armée de ligne sont représentées à Paris par les 13e et 14e corps d'armée.

  • Le 13e corps d'armée, ramené de Mézières par le général Vinoy, comprend deux régiments, les 35e et 42e régiments d'infanterie de ligne, qui, seuls de l'ancienne infanterie française, subsistent dans leur état intégral.
    Les autres régiments sont des régiments de marche, formés de 3 bataillons de dépôt appartenant à des régiments différents et constitués avec des recrues ou d'anciens soldats rappelés. Le 13e corps compte environ 25 000 hommes.
  • Le 14e corps d'armée, placé sous les ordres du général Renault, a une composition plus hétérogène. La plupart des régiments sont formés de plusieurs demi-compagnies de dépôt, de régiments différents. Chaque régiment nouveau du 14e contient ainsi 18 compagnies de corps différents. Malgré les défectuosités de leur constitution, qui leur enlève toute cohésion et tout esprit de corps, ces troupes ne tardent pas à s'aguerrir et à acquérir une solidité suffisante. Le 14e corps compte, comme le 13e, environ 25 000 hommes.

En dehors de ces deux corps d'armée, on forme avec des éléments divers :

Ce dernier ensemble donne un effectif de 12 000 hommes.

On arriva ainsi à mettre sur pied environ 80 000[Information douteuse] hommes d'infanterie de ligne, parmi lesquels, selon Ducrot, on ne peut compter que sur un quart ou au plus un tiers de véritables soldats[193].

Cavalerie

La cavalerie se compose de la division Champéron, soit trois brigades formées de régiments de marche et de régiments de gendarmes à cheval[35]. Elle comprend environ 5 000 cavaliers.

Artillerie

L'artillerie ne compte au début du siège que les 30 batteries des 13e et 14e corps, dont 7 seulement sont d'ancienne formation.

Génie

Le génie compte 9 compagnies, auxquelles il faut adjoindre 2 compagnies de pontonniers-artilleurs et un détachement de pontonniers de marine.

Telle était la composition de l'armée active. À côté de celle-ci se trouvent d'autres forces qui, mieux employées, auraient certainement pu donner des résultats plus satisfaisants que ceux qui ont été atteints[réf. nécessaire] : la garde mobile, la garde nationale et les corps francs.

Garde nationale mobile

La garde nationale mobile n'existe, en juillet 1870, que sur le papier. Ses soldats sont appelés familièrement Mobiles ou Moblots.

Grâce à l'activité déployée par Henri Chevreau, les hommes de 14 divisions militaires, qui un mois avant ne sont ni enrégimentés, ni équipés, sont pourvus du nécessaire minimum. Ils représentent 100 000 hommes motivés mais peu entraînés et instruits, qui arrivent pour renforcer l'armée de ligne.

À côté d'eux se trouvent 15 000 gardes mobiles du département de la Seine, que le général Trochu a fait rappeler du camp de Châlons, et qui ne brillent ni par la discipline ni par l'esprit de combat. Ramenés au camp de Saint-Maur, ils refusent, le 12 septembre, d'aller aux avant-postes, leur position leur paraissant trop exposée. Le 20 septembre, ils évacuent le Mont-Valérien et laissent la forteresse sans défenseurs, au risque de la voir tomber aux mains de l'ennemi.

115 000 hommes de cette garde nationale mobile sont, dans le principe, réunis en régiments de trois bataillons. Ces régiments sont répartis en quatre groupes sous les ordres des généraux de Liniers, Berthaut, Corréard et de Beaufort. Mais le 6 novembre, cette organisation est modifiée, et les bataillons de mobile incorporés dans les divisions actives qui constituent les deux armées de la défense de Paris. Leurs pertes sont peu considérables selon Vinoy : au moment de l'armistice il en reste encore 102 000 sous les armes[194].

Liste des départements ayant fourni des gardes nationaux mobiles à la défense de Paris[note 70],[195] :

  • Département de la Seine : 18 bataillons ;
  • Département de Seine-et-Oise : 6 bataillons ;

Garde nationale sédentaire

La garde nationale sédentaire est une milice citoyenne, qui comme le disait avec humour Henry Monnier « est fait autant pour protéger nos institutions que pour les combattre ». Elle se monte au moment de la déclaration de la guerre, le , à 60 000 hommes. C'est plus qu'il n'en faut pour assurer le service des remparts et la police intérieure de la ville. Mais on créa tout de même 60 nouveaux bataillons, puis encore 60 autres[note 71], en raison du manque de confiance de l'opposition envers l'armée active, d'obédience impériale. Si bien qu'on en vint à donner un fusil, un équipement et 1,50 franc par jour à tout homme qui se présentait (et 75 centimes pour sa femme), quels que fussent ses antécédents et ses références ; on recrute notamment des étrangers, des enfants, des vieillards, des vagabonds et des repris de justice[note 72]. La garde nationale finit par compter 350 000 hommes. Quant aux officiers, nommés à l'élection, Trochu indique en avoir fait destituer, pendant la durée du siège, 495 seulement[197].

Selon le général Thoumas, délégué à la guerre dans le gouvernement de la Défense nationale, cette force pseudo-militaire est plus gênante que redoutable pour la défense de la France. Vers la mi-novembre 1870, on forme dans chaque bataillon à l'aide de volontaires, célibataires ou veufs sans enfants, des compagnies de guerre destinées à coopérer aux opérations extérieures et à monter la garde hors des remparts[198].

Les bataillons doivent être formés par les arrondissements ci-après :

Certains bataillons sont formés avec le personnel de quelques industries ou grandes administrations, tels, par exemple, les bataillons de la Compagnie du gaz, des Petites Voitures (CGPV), des Omnibus, des Chemins de fer de l'Est, du Nord, d'Orléans, etc. Les effectifs de ces 254[réf. nécessaire] bataillons sont des plus divers et allaient de 350 à 2 600 hommes

Les gardes sortent pour la première fois du 20 au 25 novembre. Le général Ducrot écrit dans ses mémoires : « Nous ne pouvons nous rappeler sans tristesse le désordre qui régnait dans leurs rangs. Nous ne parlerons que pour mémoire du fameux bataillon de Belleville, qui dût être licencié pour avoir abandonné son poste devant l'ennemi aux tranchées de Maisons-Alfort[199] » Selon le chef d'état-major de la garde nationale, le bataillon de Belleville commandé par Flourens s'est en effet débandé jusqu'à six fois devant l'ennemi[200]. D'autres exigent qu'on les relève des avant-postes avant même d'y avoir reçu un coup de fusil[201].

Le général Thoumas indique toutefois : « La Commune et le second siège de Paris ont prouvé incontestablement que ces mêmes fédérés qui, pendant le premier siège, n'avaient fait que troubler la défense étaient capables de bien se battre au dehors. Si durant le premier siège, les compagnies soldées servant de garde prétorienne à Pyat, Delescluzes, Flourens, Blanqui et consorts, le général Trochu les avaient mises camper en dehors des remparts et accoutumées peu à peu à de petites rencontres à la vue de l'ennemi on aurait eu des troupes aussi bonnes que les autres »[198].

Outre les 266[réf. nécessaire] bataillons mobilisés et constituant la première armée, aux ordres du général Clément Thomas, la garde nationale compte une légion d'artillerie sous les ordres du colonel Schœlcher, qui rend quelques services aux remparts, et une légion de cavalerie sous les ordres du colonel Quiclet, qui n'en rend aucun[réf. nécessaire].

Corps francs

Les corps francs, troisième et dernière incarnation des forces improvisées au moment de la guerre, absorbent à Paris comme en province un effectif considérable. Pour l'infanterie, 33 corps de francs-tireurs s'équipent eux-mêmes à leur guise. Selon Léonce Rousset, les corps francs ne jouent généralement aucun rôle militaire que celui que leur assigne leur bon plaisir[202].

Plusieurs exceptions doivent cependant être faites en faveur de corps francs qui se sont imposés une mission spéciale et qui, grâce au recrutement, à leur organisation, à leurs chefs et à l'esprit qui les anime, sont pour l'armée active des auxiliaires précieux :

  • Les Éclaireurs à cheval de la Seine, également connu plus simplement sous le nom des Éclaireurs de la Seine, sous les ordres du commandant Léon Franchetti, se signalent en plusieurs circonstances par un courage et une intelligence de vieille troupe aguerrie, et rendent de tels services que le général Ducrot le reconnaît solennellement ;
  • Le corps d'artillerie des mitrailleuses sous les ordres du commandant Pothier ;
  • Le corps auxiliaire du génie sous les ordres de l'ingénieur en chef Alphand ;
  • Les ouvriers auxiliaires du génie sous les ordres de l'ingénieur Ducros ;
  • Les Francs-tireurs de la Presse ;
  • Les Éclaireurs de Poulizac.

Récapitulatif des forces françaises en septembre 1870

En septembre 1870, assignés à la défense de Paris, on décompte[203]:

Le , l'armée est recomposée en 3 armées chargées de la défense de Paris

Notes et références

Voir aussi

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