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Salon des artistes français

exposition d'art française qui se tient chaque année à Paris depuis 1880 From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Salon des artistes français est une exposition d'art qui se tient chaque année, début février, à Paris. Il présente des peintures, sculptures, des oeuvres d'architecture, gravures, et plus récemment des photographies réalisées par des artistes vivants.

TypeArt
PaysDrapeau de la France France
LocalisationParis
Date de la première édition1881
Faits en bref Type, Pays ...
Salon des artistes français
Un vendredi au Salon des artistes français (1911), Jules Grün, musée des Beaux-Arts de Rouen.
Un vendredi au Salon des artistes français (1911), Jules Grün, musée des Beaux-Arts de Rouen.
Type Art
Pays Drapeau de la France France
Localisation Paris
Date de la première édition 1881
Organisateur(s) Société des artistes français
Site web artistes-francais.com
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Depuis 1881, l'exposition est organisée par la société des artistes français, reconnue d'utilité publique par un décret du . La société des artistes français, créée en 1880, a succédé à l'Académie des beaux-arts, elle-même héritière de l'Académie royale de peinture et de sculpture, instaurée au XVIIe siècle sous le règne de Louis XIV[1].

Le Salon a joué un rôle majeur dans la diffusion de l'art en France et dans la reconnaissance des artistes. Il a connu au fil du temps des transformations, des scissions et la création de salons concurrents, tout en conservant un jury de sélection et une organisation associative. Aujourd'hui, il demeure l'un des principaux rendez-vous annuels du paysage artistique français.

Histoire

Les origines (1881)

Edouard Joseph Datan, Un coin du Salon en 1880, 1880

Le Salon des artistes français est créé en 1881, à la suite de la décision de Jules Ferry, alors ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, de confier l'organisation du Salon officiel aux artistes eux-mêmes. Cette réforme, promulguée le , met fin au contrôle direct de l’État sur les expositions artistiques nationales et marque une étape décisive vers l'autonomie du monde artistique. C'est dans ce contexte qu'est fondée la Société des artistes français, qui est chargée d'organiser un Salon annuel ouvert aux créateurs vivants. Le premier Salon de la Société s'ouvre le au Palais de l'Industrie, à Paris[2].

Le développement et les scissions (fin XIXe siècle)

Henri Gervex, Une séance du jury de peinture, 1885, musée d'Orsay, Paris

Dans les années qui suivent sa création, le Salon des artistes français s'affirme comme la principale exposition artistique en France. Organisé chaque année, il attire un grand nombre d'artistes et de visiteurs, devenant un passage obligé pour la reconnaissance officielle. La Société des artistes français, qui en assure la gestion, se compose alors de peintres, sculpteurs, graveurs et architectes partageant une conception classique et académique de l'art. Cependant, cette orientation conservatrice provoque rapidement des tensions. De nombreux artistes jugent le jury du Salon trop rigide et fermé aux tendances nouvelles. Les refus d'oeuvres jugées trop audacieuses entraînent un climat de mécontentement au sein du milieu artistique.

Ces désaccords aboutissent en 1890 à une scission majeure: un groupe d'artistes, mené notamment par Ernest Meissonnier et Puvis de Chavannes, fonde la Société nationale des beaux-arts. Ce nouveau salon, plus ouvert à la modernité, entre alors en concurrence directe avec le Salon des artistes français[3].

Le XXe siècle : Entre tradition et renouveau

Henri Adolphe Laissement, Au Salon des Artistes Français en 1911, 1911
Salon des artistes français, 1932

Au XXe siècle, le Salon des artistes français continue de jouer un rôle majeur dans la vie artistique parisienne, tout en s'adaptant progressivement aux évolutions esthétiques. Si la Société des artistes français conserve son ancrage dans la tradition académique, elle ouvre peu à peu ses portes à des styles plus variés, reflétant la diversité des courants contemporains.

En 1909, le sous-secrétaire d'État aux beaux-arts, Étienne Dujardin-Beaumetz, passe commande à Jules Grün de la vaste fresque qui célèbre en 1911 le 30e anniversaire du Salon des artistes français. Le peintre représente dans Un vendredi au Salon des artistes français une centaine de personnalités de l'époque : les peintres Henri Harpignies, Fernand Cormon, Léon Bonnat, Charles Léandre, Clémentine-Hélène Dufau, l'architecte Victor Laloux, la chanteuse Yvette Guilbert, le compositeur Gabriel Fauré, le caricaturiste Sem, les comédiennes Geneviève Lantelme et Renée Maupin, l'inventeur du vin Mariani, bibliophile et mécène, Angelo Mariani, debout au premier plan, à gauche de Geneviève Lantelme[4].

Les expositions ont lieu tous les ans au Grand Palais, sauf pendant la première guerre mondiales où le Salon a été interrompu, et pendant la seconde guerre mondiale et l'immédiat après-guerre où il a eu lieu au Palais de Tokyo. La sélection des oeuvres reste confiée à un jury de professionnels, garantissant un niveau artistique élevé, tout en intégrat progressivement des artistes moins conformistes.

Dans la seconde moitié du siècle, le Salon doit composer avec la multiplication des expositions et salons indépendants, mais il conserve son prestige historique. Son adaptation aux changements stylistiques et organisationnels permet de concilier respect de la tradition et reconnaissance des nouvelles tendances artistiques, assurant ainsi sa continuité et sa légitimité au sein du paysage artistique français. Parmi les nouveautés, la photographie fait son apparition au Salon des artistes français en 1992. Cette section n'est pérennisée dans les statuts de la société qu'en [5].

Fonctionnement de la Société des artistes français

Aujourd'hui, le Salon des artistes français est géré par la Société des artistes français, association régie par la loi de 1881 sur les associations. La Société est dirigée par un président, assisté d'un conseil d'administration et de comités spécialisés qui supervisent l'organisation du Salon et définissent ses orientations artistiques. La sélection des oeuvres se fait par un jury composé d'artistes professionnels, qui évalue chaque proposition selon des critères de qualité et d'adéquation aux standards du Salon. Cette procédure concerne toutes les disciplines représentées : peintures, sculpture, gravure, photographie et architecture. Le Salon attribue également des distinctions et prix afin de récompenser les oeuvres remarqaubles et de soutenir la carrière des artistes exposants. Cette organisation actuelle assure la continuité et le prestige du Salon dans le paysage artistique contemporain, tout en conservant son héritage historique[6].

Lieux d'expositions au cours de l'évolution du Salon des artistes français

Depuis sa création, le Salon des artistes français a connu plusieurs lieux d'exposition emblématques à Paris. Le premier Salon, organisé par la Société en 1881, se tient au Palais de l'Industrie, vaste bâtiment situé entre les Champs-Elysées et la Seine.

Le bâtiment est démoli pour l'Exposition universelle de 1900 et remplacé par le Grand Palais. C'est à partir de 1901, que la Société des artistes français expose sous la nef du Grand Palais à Paris.

Un concours d'architecture est lancée en 1894. Il est destiné à concevoir un Palais des Arts. Ce concours est remporté par des architectes sociétaires des artistes français : Albert-Félix-Théophile Thomas, Charles Girault, Henri Deglane et Albert Louvet. Le chantier commence en 1898, la construction dure deux ans et le bâtiment est inauguré pour l'Exposition universelle de Paris de 1900. Ce monument est maintenant classé monument historique. Parmi les sociétaires des artistes français, beaucoup ont participé à la construction du Grand Palais[7].

Depuis 2006, en raison des travaux et de la restructuration du Grand Palais, le Salon des artistes français participe à l'ensemble Art Capital, qui réunit plusieurs salons artistiques majeurs au Grand Palais Ephèmère, sur le Champ-de-Mars. Ce nouveau cadre permet au Salon de poursuivre sa mission tout en s'adaptant aux conditions contemporaines d'exposition.

Sociétaires des artistes français ayant participé à la construction du Grand Palais

Quelques exposants

Peintres

Photographes

  • Guilda
  • Samira Tajik
  • Hossein Mosaferi
  • Afsaneh Afkhami
  • Francis Giacobetti
  • Aaron
  • Jean-Pierre Mosca
  • Sylvain Harivel
  • Viviane H. Haering
  • Isabelle Milleret
  • Yannick Tranquillin-Peyroux
  • Denys Eustace
  • Adelaïde
  • Myriam Schryve
  • Stefan Beiu
  • Pascale Carrier
  • Viviane H Haering
  • Laurent Yvelin
  • Christophe Levèque
  • Dominique Meunier

Sculpteurs

Architectes

Graveurs

Récompenses

Médaille de 2e classe (gravée par Daniel Dupuis) décernée en 1901 à Herman Hartwich (avers)

Le système des récompenses du Salon des artistes français est institué depuis 1880 selon un système rendu effectif en 1849[28].

Les médailles d'honneur, de 1re classe, 2e et 3e classe ont été instituées dans un souci d'encouragement aux artistes. Ces médailles subissent des évolutions au cours des ans et deviennent des médailles d'or, argent et bronze, attribuées dans les cinq sections : peinture, sculpture, gravure, architecture, photographie. La médaille d'honneur récompense l'ensemble d'une œuvre d'un artiste sociétaire. Les médailles sont éditées par la Monnaie de Paris et gravées par des sociétaires.

Des prix privés, fondés en mémoire d'un artiste défunt ou des dotations faites à la Société des artistes français pour encourager un travail artistique, sont attribués à chaque salon par le jury. L'Académie des Beaux-arts décerne également des prix remis sous la Coupole.

Médaille d'honneur

Médaille d'or ou de 1re classe

Médaille d'argent ou de 2e classe

Médaille de bronze ou de 3e classe

Mention honorable

Elle fut instituée en 1857 pour pallier le nombre insuffisant de médailles pour ceux qui les avaient méritées.

Autres récompenses


Prix Thérèse Aubin-Mounier

Prix Henriette Bateman

Prix Rosa-Bonheur

(fondation Anna Klumke)

Voir la liste des lauréats "Prix Rosa-Bonheur".

Prix Jeanne-Georges-André Burdy

Prix de Collonges-la-Rouge

  • 1974 : Paul Hubert
  • 1975 : Michel Gémignani[52].
  • 1976 : Monique Journod
  • 1977 : Jean Abadie
  • 1978 : Jacques Léonard[53]

Prix Ehlinger

  • 1964 : Pierre Blanchard[54]

Prix Gustave Haller - Achille Fould

Prix Valérie Havard

(prix de nature morte)

Prix Victor Henry-Lesur

André Lagrange

  • 1961 : André Elipret
  • 1965 : Anne-Marie Mousseigne[49]
  • 1966 : M. Baroth[46]
  • 1968 : Jean-Pierre Bordas[47]

Prix Maguelonne-Lefebvre-Glaize

Prix de 1080 francs fondé en 1905 par Maguelonne Lefebvre-Glaize pour être décerné chaque année, avant le vote des récompenses au Salon des artistes français, par le comité de peinture pour un tableau de figure à un artiste français homme ou femme n'ayant pas encore obtenu de récompense au Salon[55]

Prix décerné de 1905 à 1945 au moins.

Liate non exhaustive

Prix Pierre Maubert

Prix Marcel Montreuil

Prix institué entre 1977 et 1982 par la veuve de Marcel Montreuil, Suzanne Morel-Montreuil, elle-même récompensée plusieurs fois : « Ce prix sera attribué à un peintre classique figuratif, âgé de plus de 60 ans, vivant de son art »[57].

  • 1977 : Noël René Bidault (1911-1996), fondateur du "Chevalet de Touraine"[56]
  • 1978 : Armand Dimanche[53]

Prix Blanche-Roullier

Prix Fernand Renault

  • 1965 : Gilbert Sailly[49]
  • 1966 : Alfred Jean Chagniot[46]
  • 1972 : Mme Lefevre-Defive[48]
  • 1975 : Marcel Brimeau[50]
  • 1976 : Henri Andrépetit
  • 1977 : Louis Moruzzi
  • 1978 : Georges Hervet

Prix de la Savoie (Fondation Antoine Girard)

Autres

Des bourses d'études furent également attribuées, comme la bourse de voyage :

ou des encouragements spéciaux :

Archives

Les archives sont conservées par la Société des artistes français dans ses bureaux du Grand Palais, régulièrement consultées pour une recherche de renseignements sur un artiste ayant exposé au Salon ou la trace d'une oeuvre figurant dans les fichiers d'inscription, catalogues et livrets d'exposition, disponible depuis 1699. Les archives sont également constituées de livres de comptes rendus d'assemblées, réunions de comités, discours, bulletins internes, lettres de liaison, courriers et parutions diverses. Une partie de ces archives historiques est également conservée et consultable à la Bibliothèque nationale de France, notamment les catalogues anciens du Salon, précieusement répertoriés dans les collections patrimoiniales.

Notes et références

Voir aussi

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