Sakre
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Sakre est le mot basque désignant « juron » et « imprécation[1] ». La malédiction peut s'opérer au moyen de formules imprécatoires[2], de gestes et de symboles[3].

« Ozpinak erre baindu[4] » signifie : « (Dieu veuille) que la foudre te brûle ! ». Dans certains endroits, le mot arraio, adressée à une personne, a un sens de malédiction. À Licq (Soule), on dit contre les esprits malins : « apartadi, Satan, milla lekua hurrun[4] » (« éloigne-toi, Satan, à mille lieues d'ici »).
Ces formules peuvent être accompagnées de gestes. La « figue » est un geste traduisant une malédiction : elle est lancée contre des personnes qui vont « à voir avec le diable », voire contre le diable lui-même. Dans certains villages dont Licq, on dit que la figue est une croix et que c'est pour cela qu'elle est efficace contre les mauvais esprits.
Le mauvais œil ou Begizko équivaut également à une malédiction. Le mage qui brûle une chandelle tordue, image de la personne détestée, confie à cette opération symbolique le soin de détruire ou de faire mourir l'ennemi[3].
Dans beaucoup d'endroit on croit qu'il y a dans la journée un moment où l'efficacité de la malédiction est réelle (Licq, Oiartzun). Dans des villages on dit que c'est à midi. Pour rendre la malédiction encore plus efficace, certains la font à genoux ou après avoir tracé une croix sur le sol et l'avoir embrassée[3].
Voici une formule de malédiction conditionnelle que lança une femme qui vola le rosaire de l'effigie de la Vierge vénérée dans l'ermitage d'Andre Arriaga (vallée d'Oiartzun). « Convertis-moi en pierre si ce que je dis est faux ». Comme c'était le cas, elle fut convertie en pierre. C'est le souvenir de ce fait qui est perpétré dans la stèle qui se trouvait à côté de la maison Anderregi et qui est aujourd'hui au Musée San Telmo (Saint-Sébastien dans le Guipuscoa[3]).
Étymologie
Sakre signifie « imprécation » en basque. Le suffixe a désigne l'article : sakrea se traduit donc par « l'imprécation ».
Divers termes basques et variantes dialectales désignent le « serment », l'action de jurer ou les notions associées. Le terme principal est zin, attesté dans plusieurs dialectes. On trouve également des variantes et synonymes selon les sources et auteurs : itz ziñeztua (Lard.), zin-itz (Orix.), juramendu (Leiz.), juramentu (H.). Les formes et emplois dialectaux incluent : zinez, ziñez (L, BN, S, R), ziñestu (AN), zinaren pean (Lh.), itz ziñeztuaren azpian (Lard.), « sous serment[5] »
Certaines expressions illustrent l'usage : zinak eta minak (Ax.), « serments et parjures », eziña azkarrago da ezi ez zina (Oih., Prov.), « l'impossible est plus fort que le serment »
Dans les pratiques sociales : galtzadun utsek Gurutz-aurrean eman oi zuten zin-itza (Orix.), « les simples laïcs prêtaient serment devant le crucifix[5] »
Plusieurs termes expriment le blasphème ou reniement, avec leurs répartitions dialectales : birao, birau (B, G), irao (G), burho, buro (L, BN), burhau (S), arnegu (c), aiñen, añen (B), aiñeneko (G), sakre (L), sakrebius (L, Hb.), futro (Hb.), juramendu (T-L), juramentu (H.)[5].