Bataille de L'Aiguillon
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| Date | |
|---|---|
| Lieu | L'Aiguillon-sur-Vie |
| Issue | Indécise |
| • Jean-Pierre Travot • Étienne Estève |
• Pierre Nicollon des Abbayes |
| 900 hommes[1] | Inconnues |
| 14 morts[1] ~ 40 blessés[1] |
Inconnues ~ 20 prisonniers (relâchés)[1] |
Batailles
| Coordonnées | 46° 40′ 16″ nord, 1° 49′ 40″ ouest | |
|---|---|---|
La bataille de L'Aiguillon se déroule le lors de la guerre de Vendée de 1815.
Le , la frégate britannique L'Astrée, commandée par le capitaine Kitoë, arrive en vue des côtes vendéennes, avec à son bord Louis de La Rochejaquelein et une cargaison d'armes et de munitions destinée aux insurgés[2].
Le , 800 Vendéens sous les ordres de Robert, chef de la division du marais, attaquent les localités côtières afin de favoriser le débarquement[2]. Le , ils s'emparent de Saint-Jean-de-Monts, où ils désarment 50 gendarmes et douaniers[2]. Le lendemain, ils se rendent maîtres de Notre-Dame-de-Monts, tandis que 300 insurgés se rangent sur les plages de Croix-de-Vie et de Saint-Gilles-sur-Vie[2].
Le , 200 douaniers menés par le chef de bataillon Bauchon, du 26e régiment de ligne, attaquent les royalistes à Saint-Gilles-sur-Vie[1],[3]. D'après le récit du général Jean-Pierre Travot, ils parviennent à s'emparer du bourg et à repousser les Vendéens de l'autre côté de la rivière, à Croix-de-Vie[1],[2]. Toutes les chaloupes ayant été emportées par les insurgés, les douaniers s'embarquent dans une gabare afin de franchir la rivière, mais celle-ci heurte un banc de sable et se retrouve immobilisée[1],[2]. Pris sous le feu des royalistes, les impériaux n'ont d'autre choix que de se jeter dans la rivière pour regagner Saint-Gilles-sur-Vie[1]. À court de munitions, ils se replient ensuite sur Les Sables-d'Olonne[1],[2]. Leurs pertes sont de cinq hommes tués, noyés, ou blessés[1]. Du côté des royalistes, deux officiers et cinq paysans sont blessés[3].
Le débarquement s'effectue du 14 au [2]. Cependant, alors que La Rochejaquelein, Fourcaud et Saint-André annonçaient 14 000 à 30 000 fusils, neuf millions de cartouches et un corps de 300 canonniers[4],[2], seulement 2 000 fusils, entre 800 000 et un million de cartouches et 30 à 40 barils de poudre sont débarqués[4],[2],[3]. Aucune pièce d'artillerie n'est apportée par les Britanniques[4]. Pour les Vendéens, la déception est grande, d'autant que des inégalités dans la distribution excitent des rancœurs, les insurgés du Marais s'étant servis les premiers[4]. Cependant La Rochejaquelein promet l'arrivée prochaine d'un autre convoi[2],[5].
Le 17[6],[7] ou le [5], La Rochejaquelein est rejoint à Croix-de-Vie par son cousin, Pierre Constant de Suzannet, à la tête de son armée[6],[5]. Les munitions et les barils de poudre sont alors chargés sur des chariots pour être conduits dans le bocage[6],[5]. Cependant à La Roche-sur-Yon, le général Jean-Pierre Travot est informé du débarquement et se met en mouvement en direction de la côte afin d'intercepter les Vendéens[6],[5].
Forces en présence
Du côté des impériaux, le général de division Jean-Pierre Travot, secondé par le général de brigade Étienne Estève, est à la tête de 800 fantassins et de 80 cavaliers[1],[6]. Ses troupes sont constituées de compagnies des 15e, 26e et 65e régiments d'infanterie, de gendarmes, de canonniers de marine et d'un escadron de chasseurs vendéens[1],[6].
Dans son rapport, Travot affirme avoir affronté toute l'armée de La Rochejaquelein et Suzannet, forte de 4 000 à 5 000 hommes[1]. Cependant, il ne rencontre que l'escorte du convoi, commandée par Pierre Nicollon des Abbayes, un officier de Suzannet[6],[8],[7]. Selon les mémoires de l'officier royaliste Simon Canuel, ses forces sont inférieures à celles des impériaux[7].
Déroulement
Le combat s'engage le [1],[9], à midi[1], aux environs de L'Aiguillon-sur-Vie[6],[9],[8],[7].
Les Vendéens se déploient en trois colonnes sur la route de Challans[1]. D'après Travot, « ils bordaient un plateau assez étendu et d'un accès très difficile »[1]. Travot engage alors les tirailleurs de la brigade du général Estève[1]. Après deux heures de combats, les insurgés sont mis en fuite[1].
Cependant, les Vendéens sont parvenus à résister suffisamment longtemps pour permettre la fuite du convoi[6],[8]. Seules deux charrettes et quelques barils de poudre sont saisis[8],[7]. Après le combat, les impériaux gagnent Saint-Gilles-sur-Vie, tandis que Rochejaquelein et Suzannet rejoignent les autres généraux royalistes à Palluau[1].
Pertes
Dans son rapport[A 1], daté du au matin et adressé au général Delaborde, Travot indique que ses pertes sont de 14 tués et d'environ 40 blessés[1]. Il porte les pertes royalistes à 200 morts[1], ce qui semble exagéré pour l'historien Aurélien Lignereux[10]. Une vingtaine d'insurgés sont également faits prisonniers[1], puis relâchés sur ordre de Travot[1],[11].
Dans ses mémoires, Simon Canuel affirme quant à lui que les impériaux ont perdu « beaucoup de monde », tandis que les royalistes n'ont que « quelques hommes tués et quelques blessés, entre autres, parmi ces derniers, MM. Demarans et de Puytesson, tous deux anciens émigrés »[7].