Bataille de Palluau
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| Date | |
|---|---|
| Lieu | Palluau |
| Issue | Victoire républicaine |
| • Henri de Boulard | • François Athanase Charette de La Contrie • Jean-Baptiste Joly • Gabriel-Esprit Vrignault • Jean Savin |
| 1 000 à 1 300 hommes[1],[2] 4 canons[2] |
7 000 à 12 000 hommes[1],[3] 1 canon[4] 1 pierrier[4] |
| 2 morts[4] 22 blessés[4] |
100 à 150 morts ou blessés[4],[5],[1] 9 prisonniers[6] |
Batailles
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| Coordonnées | 46° 48′ 21″ nord, 1° 37′ 06″ ouest | |
|---|---|---|
La bataille de Palluau a lieu le lors de la guerre de Vendée. Elle s'achève par la victoire des républicains qui repoussent une attaque des Vendéens contre le bourg de Palluau.
Le , la ville de Legé est prise par quatre colonnes républicaines : celle de Beysser partie de Machecoul, celle de Boulard partie de Palluau, celle de Baudry d'Asson partie de Challans et celle de Laborie partie de Saint-Colombin[2]. Les républicains ne rencontrent presque aucune résistance et se replient ensuite sur leurs cantonnements initiaux, ne laissant à Legé qu'une petite garnison de 320 hommes sous les ordres du chef de brigade Prat[7]. Mais le , la colonne de Laborie, de retour à Saint-Colombin, est écrasée par Charette lors d'une attaque-surprise[8]. Estimant que Legé est désormais insuffisamment défendue, le général Canclaux ordonne son évacuation[8]. Celle-ci s'effectue le en fin de journée : la colonne de Prat se retire sur Machecoul en passant par Palluau, Saint-Christophe-du-Ligneron et Challans[8],[9]. Peu après sa sortie de Legé la garnison est attaquée par des insurgés embusqués, mais ces derniers sont repoussés par un détachement envoyé par Boulard[9]. Le soir même, Charette peut faire son retour à Legé, où il établit son quartier-général[8].
La situation de Boulard devient alors compliquée : des rassemblements d'insurgés sont signalés au Poiré-sur-Vie, aux Clouzeaux et à La Roche-sur-Yon, menaçant les postes de La Mothe-Achard, d'Aizenay et de La Chapelle-Palluau, situés sur ses arrières[10]. Le , les Vendéens marchent sur le bourg de Palluau[1], occupé depuis le par les forces du général Boulard[11].
Forces en présence
En quelques jours, les forces insurgées du Bas-Poitou et du Pays de Retz se rassemblent pour l'attaque de Palluau[12]. Les victoires de Charette à Legé et à Saint-Colombin accroissent rapidement le nombre de ses combattants[12]. Des insurgés du Loroux, bien armés et aguerris, viennent se joindre à son armée[12]. Les troupes de Joly, Vrignault et Savin prennent également part à l'opération[1],[12]. Le général Boulard évalue les forces vendéennes à 12 000 hommes, d'après le rapport de prisonniers[3]. L'historien royaliste René Bittard des Portes juge que ce nombre doit être réduit d'un tiers[3]. Savary fait quant à lui mention de 10 000 à 12 000 Vendéens, dont 80 cavaliers, avec un canon de 4 livres et un pierrier, aux dires selon lui, d'un insurgé fait prisonnier[13]. Selon l'historien Émile Gabory, les Vendéens sont forts de 7 000 à 8 000 hommes avec un canon[1]. Dans ses mémoires[A 1], Lucas de La Championnière écrit qu'ils disposent de deux pièces d'artillerie[12].
Côté républicain, le général Henri de Boulard dispose d'un millier d'hommes selon Gabory[1]. Le , le général Canclaux écrit que la colonne de Boulard compte alors 1 200 à 1 300 hommes avec quatre canons[2],[14]. Vers le 7, à la demande de Beysser, Boulard détache 120 hommes de sa troupe pour aller renforcer celle du chef de brigade Prat, alors à Legé[14].
Déroulement
Les Vendéens attaquent sur trois colonnes[1],[13] : Charette et Vrignault arrivent au nord de Palluau, par la route de Legé, Savin attaque au nord-est par la route de Saint-Étienne-du-Bois et Joly au sud-est, par les routes du Poiré-sur-Vie et d'Aizenay[4],[1],[12],[13]. Boulard met ses forces en bataille en dehors du bourg, sur les différents points d'attaque[4],[13]. Le combat s'engage à onze heures du matin[4],[13].
D'après les mémoires du chef vendéen Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, non présent cependant lors de bataille, au nord de Palluau, peu avant le début des hostilités, un officier vendéen à cheval s'avance face aux lignes adverses et imitant le geste de la bataille de Fontenoy salue et engage les républicains à tirer les premiers[4],[1],[12]. Ces derniers lui rendent le salut mais ne tirent pas[1],[12]. Les Vendéens de l'armée de Charette et de Vrignault ouvrent alors le feu avec leurs canons mais ceux-ci ne font aucun dégât et provoquent rires et moqueries de la part des républicains[1],[12]. L'artillerie royaliste cesse le feu après avoir tiré une vingtaine de coups[4]. Les pièces républicaines répliquent plus efficacement et une partie des Vendéens courent se réfugier dans les maisons environnantes[1],[12]. Charette doit lui-même ramener ses hommes au combat à coups de plat du sabre[1],[12], tandis qu'un boulet frappe le sol à ses pieds et le recouvre de terre[12]. Menés par les combattants du Loroux, qui se distinguent ce jour-là par leur bravoure, les Vendéens repartent de l'avant et engagent une longue fusillade avec les républicains, disposés en tirailleurs[1],[12].
De son côté, Joly envoie 900 hommes au sud du bourg pour couper le pont de la Chapelle-Palluau[1],[13]. Le reste de ses forces attaque au sud-est sur la route du Poiré[13]. Cependant l'artillerie républicaine est placée sur un retranchement qui lui permet de faire feu tour à tour sur la colonne de Charette et la colonne de Joly[13]. Au bout de trois heures, l'armée de Joly rompt le combat et se débande[1],[13].
À l'ouest, Savin arrive plus tardivement sur le champ de bataille, mais des combats éclatent par erreur entre ses hommes et ceux de Charette[1],[12]. Il s'ensuit alors une grande confusion : les cavaliers de Charette reculent et jettent le désordre parmi les hommes à pied, tandis que Charette donne l'ordre de retirer ses deux canons, ce qui achève de démoraliser ses hommes[1],[12]. De son côté, Boulard fait avancer une partie de ses troupes sur la route de Legé avec l'appui de l'artillerie[4]. Les Vendéens prennent la fuite et la déroute devient bientôt générale[1],[13],[12]. Charette rallie difficilement ses cavaliers à la Chambodière, puis il se replie sur Legé[1]. La cavalerie républicaine suit les fuyards jusqu'au moulin de la Chambodière, puis rentre à Palluau à sept heures du soir[13].
Pertes
Les pertes républicaines sont de deux tués et de 22 blessés, tandis que les pertes des insurgés sont estimées par Boulard à 150 morts[4],[6]. Selon Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, la moitié des hommes de Charette désertent dans la nuit qui suit la bataille, les autres regagnent le champ de bataille le lendemain sans y trouver les républicains, mais découvrent sept à huit corps sur la grand-route, dont certains ont la langue arrachée[12]. D'après Le Bouvier-Desmortiers, les Vendéens ont perdu 100 hommes, tués ou blessés[5]. Pour Émile Gabory, leurs pertes sont de 150 morts ou prisonniers contre quelques hommes chez les patriotes[1].
Conséquences
Le général Boulard sort victorieux du combat, mais il est conscient du nombre insuffisant de ses troupes et réclame des renforts à Beaufranchet d'Ayat[4]. De plus, une grande partie du bataillon des chasseurs du Midi abandonne le poste de La Mothe-Achard, situé sur la route des Sables, le rendant vulnérable à une attaque des forces de Joly[13]. Le , Boulard reçoit un courrier de l'administration des Sables qui le félicite de sa victoire mais lui conseille de se replier[13]. Et il se sait incapable de soutenir une nouvelle attaque, ses munitions d'artillerie ayant été réduites à presque rien. Il abandonne alors Palluau le et fait retraite sur La Mothe-Achard[4],[13],[1]. Il fait couper derrière lui le pont de la Chapelle-Palluau, qu'il avait fait rétablir la veille[13]. Le colonel Baudry d'Asson abandonne quant à lui Challans et Saint-Gilles-sur-Vie le et se replie sur Vairé et Olonne-sur-Mer[15]. Sans avoir été vaincue, la division républicaine des Sables est ainsi revenue à son point de départ[16].