Fontaine-Fourches

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Fontaine-Fourches
Fontaine-Fourches
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
(Melun)
Arrondissement Provins
Intercommunalité Communauté de communes de la Bassée - Montois
Maire
Mandat
Xavier Lamotte
2020-2026
Code postal 77480
Code commune 77187
Démographie
Gentilé Fourchois
Population
municipale
576 hab. (2023 en évolution de −4,32 % par rapport à 2017)
Densité 49 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 24′ 39″ nord, 3° 24′ 05″ est
Altitude Min. 61 m
Max. 142 m
Superficie 11,84 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Paris
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Provins
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Fontaine-Fourches
Liens
Site web fontaine-fourches.fr

Fontaine-Fourches est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.

Localisation

Fontaine-Fourches est la commune francilienne la plus éloignée du centre de Paris (environ 91 kilomètres).

Représentation cartographique de la commune
Localisation dans le département de Seine-et-Marne.
Localisation dans le département de Seine-et-Marne.
Avec les communes environnantes
Avec les communes environnantes
1 : localisation dans le département de Seine-et-Marne. ; 2 : avec les communes environnantes.

La commune est à la frontière de trois régions : l'Île-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand-Est.

communes limitrophes

Hydrographie

Réseau hydrographique

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Carte des réseaux hydrographique et routier de Fontaine-Fourches.

Le réseau hydrographique de la commune se compose de sept cours d'eau référencés :

La longueur totale des cours d'eau sur la commune est de 5,77 km[8].

Gestion des cours d'eau

Afin d’atteindre le bon état des eaux imposé par la Directive-cadre sur l'eau du , plusieurs outils de gestion intégrée s’articulent à différentes échelles : le SDAGE, à l’échelle du bassin hydrographique, et le SAGE, à l’échelle locale. Ce dernier fixe les objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative des ressources en eau superficielle et souterraine. Le département de Seine-et-Marne est couvert par six SAGE, au sein du bassin Seine-Normandie[9].

La commune fait partie du SAGE « Bassée Voulzie », en cours d'élaboration en . Le territoire de ce SAGE concerne 144 communes dont 73 en Seine-et-Marne, 50 dans l'Aube, 15 dans la Marne et 6 dans l'Yonne, pour une superficie de 1 710 km2[10],. Le pilotage et l’animation du SAGE sont assurés par Syndicat Mixte Ouvert de l’eau potable, de l’assainissement collectif, de l’assainissement non collectif, des milieux aquatiques et de la démoustication (SDDEA), qualifié de « structure porteuse »[11].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[12]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[13]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[14] et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (3 °C)[15]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[16],[17].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 669 mm, avec 11,2 jours de précipitations en janvier et 7,2 jours en juillet[12]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bouy-sur-Orvin à 8 km à vol d'oiseau[18], est de 11,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 635,9 mm[19],[20]. La température maximale relevée sur cette station est de 42,4 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −20,5 °C, atteinte le [Note 1].

Milieux naturels et biodiversité

Réseau Natura 2000

Sites Natura 2000 sur le territoire communal.

Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d’intérêt écologique élaboré à partir des Directives « Habitats » et « Oiseaux ». Ce réseau est constitué de Zones spéciales de conservation (ZSC) et de Zones de protection spéciale (ZPS). Dans les zones de ce réseau, les États Membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles[21].

Un site Natura 2000 a été défini sur la commune au titre de la « directive Oiseaux »[22],[Carte 1] :

  • la « Bassée et plaines adjacentes », d'une superficie de 27 643 ha, une vaste plaine alluviale de la Seine bordée par un coteau marqué au nord et par un plateau agricole au sud. Elle abrite une importante diversité de milieux qui conditionnent la présence d’une avifaune très riche[23],[24].

Géologie et relief

Bordure sud de la plaine alluviale de la Bassée.

L'altitude de la commune varie de 61 mètres à 142 mètres pour le point le plus haut, le centre du bourg se situant à environ 81 mètres d'altitude (mairie)[25]. Elle est classée en zone de sismicité 1, correspondant à une sismicité très faible[26].

Urbanisme

Typologie

Au , Fontaine-Fourches est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[27]. Elle est située hors unité urbaine[28]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[28]. Cette aire regroupe 1 929 communes[29],[30].

Lieux-dits et écarts

La commune compte 94 lieux-dits administratifs[Note 3] répertoriés consultables ici[31] (source : le fichier Fantoir).

Dans les Essais historiques de L. Michelin sur le département de Seine & Marne (1835), il est question d'une maison bourgeoise et d'une ferme appelées « Coëmard », appartenant à M. Marlot, tapissier-décorateur de Paris. Ce hameau, situé sur la rive droite de l'Orvin, presque à la limite du département de l'Aube, a depuis disparu. De même a disparu un écart (hameau ou habitation écartée) du nom de Chariaux, mentionné dans les titres anciens, proche de la source du ruisseau du même nom (orthographié aussi Chareau, Charriot...). cf le moulin de Charreau.

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (78,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (78,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (77% ), forêts (16,8% ), zones urbanisées (4,7% ), zones agricoles hétérogènes (1,5 %)[32].

Parallèlement, L'Institut Paris Région, agence d'urbanisme de la région Île-de-France, a mis en place un inventaire numérique de l'occupation du sol de l'Île-de-France, dénommé le MOS (Mode d'occupation du sol), actualisé régulièrement depuis sa première édition en 1982. Réalisé à partir de photos aériennes, le Mos distingue les espaces naturels, agricoles et forestiers mais aussi les espaces urbains (habitat, infrastructures, équipements, activités économiques, etc.) selon une classification pouvant aller jusqu'à 81 postes, différente de celle de Corine Land Cover[33],[34],[Carte 2]. L'Institut met également à disposition des outils permettant de visualiser par photo aérienne l'évolution de l'occupation des sols de la commune entre 1949 et 2018[Carte 3].

Planification

La loi SRU du a incité les communes à se regrouper au sein d’un établissement public, pour déterminer les partis d’aménagement de l’espace au sein d’un SCoT, un document d’orientation stratégique des politiques publiques à une grande échelle et à un horizon de 20 ans et s'imposant aux documents d'urbanisme locaux, les PLU (Plan local d'urbanisme). La commune est dans le territoire du SCOT Grand Provinois, dont le projet a été arrêté le , porté par le syndicat mixte d’études et de programmation (SMEP) du Grand Provinois, qui regroupe les Communautés de Communes du Provinois et de Bassée-Montois, soit 82 communes[35].

La commune disposait en 2019 d'un plan local d'urbanisme en révision[36]. Le zonage réglementaire et le règlement associé peuvent être consultés sur le Géoportail de l'urbanisme[Carte 4].

Logement

En 2016, le nombre total de logements dans la commune était de 267 dont 98,8 % de maisons et 1,2 % d’appartements.

Parmi ces logements, 84,1 % étaient des résidences principales, 8,6 % des résidences secondaires et 7,3 % des logements vacants.

La part des ménages fiscaux propriétaires de leur résidence principale s’élevait à 86,7 % contre 11,6 % de locataires[37], dont 2,2 % de logements HLM loués vides (logements sociaux)[Note 4] et 1,8 % logés gratuitement.

Voies de communication et transports

Voies de communication

Transports

La commune est desservie par les lignes d’autocars 3201, 3202, 3203, 3240, 3243, 3245 et 3250 du réseau de bus Provinois - Brie et Seine.

Toponymie

Fontaine et Fourches sont, à l’origine, des hameaux distincts.
Le nom de la localité est mentionné sous les formes Fontanae ecclesia super Avram fluvium vers 700 (« Fontaine, paroisse au-dessus de L'Arve », devenu l'Orvin)[38] ; Fontane versus Triangulum au XIIIe siècle[39] ; Fontanae prope Triangulum vers 1350 (Pouillé) ; Fontenes en 1369[40] ; Fontaine Forche en 1575[41] ; Forche Fontaine en 1576[42] ; Fontaine en l'an IX[43].

Étymologie

Du latin « fons », fontaine, et « furca », bifurcation[44].

« La fontaine Saint-Martin guérit les fièvres »[45].

Histoire

À l’origine, Fontaine et Fourches constituaient deux entités distinctes.

La localité a certainement été habitée à une époque très ancienne : à plusieurs reprises, on a recueilli, sur le territoire communal, des haches, des lances en silex, des percuteurs, des pointes de flèches de la période préhistorique.

Moyen Âge et Ancien Régime

Au XIe siècle, Fontanas, plus tard Fons furcia, était une paroisse du diocèse de Sens.

Au siècle suivant, la seigneurie appartint, tout au moins pour partie, à une famille Gateblé, dont un descendant, Gui Gateblé, chevalier, donna à l'abbaye de Vauluisant, un setier de froment et un setier d'avoine, à prendre chaque année sur les dîmes de sa terre. En 1225, cette donation fut confirmée par Anseau, fils de Gui[46].

La seigneurie passa alors à Pierre de Nemours[47], puis à la famille Britaut-Nangis, vers 1250, par le mariage de Jean Britaut, avec Marguerite de Nemours ("dame de Fontaines", sœur et héritière de Pierre de Nemours, chambrier de France, seigneur de La Chapelle-Gauthier et de « Fontaine près Trainel »)[48]. Indépendamment de l'abbaye de Vauluisant, plusieurs établissements religieux possédaient, au Moyen Âge, des droits des biens en ce lieu. Le chapitre de la cathédrale de Troyes était du nombre. Jean Britaut, seigneur de Nangis-en-Brie devenu grand panetier, puis connétable de Sicile, vendit aux chanoines de Saint-Pierre de Troyes, en 1275, une partie de la seigneurie de Fontaine, qu'il tenait du chef de sa première femme, alors décédée.

En mars 1315, Henri de Trainel fit amortir par le roi Louis X de France, dit « le Hutin », les héritages cédés par son père aux chanoines de Saint-Pierre de Troyes[46].
L'hôpital Saint-Antoine de Traînel, qui fut un prieuré jusqu'en 1634, possédait aussi des terres, des dîmes et des droits féodaux sur Fontaine, Villiers et Villuis.

Les seigneurs de Trainel, cependant, conservèrent toujours la portion principale de la seigneurie dans le village. D'après la tradition, ils y auraient eu un hôtel, au lieu-dit aujourd'hui les Murs, où aucune construction n'existe plus depuis longtemps, mais où l'on constate des traces de fondations et de substructions.

Quand la paix, conclue par le traité de Brétigny, en 1360, eut mis fin aux courses des Anglais à travers la Champagne et la Brie, les soldats congédiés par les deux rois continuèrent la guerre pour leur compte, exigeant des vivres, pillant les villages. Les populations s'armèrent et, avec le concours des seigneurs d'alentour et des arquebusiers de Troyes, se mirent à leur poursuite. Elles purent s'en débarrasser à la fin de janvier 1364.
Mais, lors du passage de ces bandes de pillards, connues sous les noms de Grandes compagnies et de Tard-venus, Fontaine a été ravagée, ses maisons furent en partie détruites et le moulin brûlé.

Deux cents ans plus tard, lors des troubles religieux, les reîtres renouvelèrent les exactions de leurs devanciers. En 1576, écrit Claude Haton dans ses Mémoires, « ils prenaient les gens à rançon », tuant ceux qui résistaient et brûlant leurs maisons, comme ils le firent à Noyen, Grisy, « Forche-Fontaine » et autres lieux de la contrée.
Déjà, l'année précédente, des renforts envoyés à l'amiral de Coligny, chef des protestants, par le prince d'Orange, Guillaume Ier, étaient passés par Villiers-sur-Seine, où ils avaient surpris les soldats de la compagnie du capitaine des Ursins, appartenant au régiment de M. de Nangis. Des Ursins (François Juvénal des Ursins), seigneur de Trainel, Villiers et Fontaine, les pourchassa, mais pas assez promptement pour éviter l'incendie d'une partie du village. D'après Claude Haton, d'ailleurs, les soldats du roi, en chassant les troupes de pillards, ne faisaient pas moins de dégâts qu'elles.

Indépendamment de l'hôtel seigneurial qui aurait existé au lieu-dit « les Murs », il y eut encore, au XVIe siècle, sur le territoire de Fontaine, et dans un endroit qu'on appelle « le château » ou « les Chanoines », une autre construction féodale. Mais tout porte à croire que c'était simplement une grange dîmeresse du chapitre de Troyes.

Au temps de Louis XIV et de Louis XV, les héritiers de la famille des Ursins, en possession du marquisat de Trainel et de grands biens dans la Brie, se qualifiaient toujours seigneurs de Fontaine-Fourches et de Villiers-sur-Seine.

C'est l'un d'eux, Claude-Constant Juvénal d'Harville des Ursins, colonel des dragons d'Orléans, qui, le , moyennant 150 000 livres, vendit Fontaine, avec d'autres biens, mais en se réservant Villiers et les bois de la tuilerie de Mauny, maintenus dans la constitution du marquisat de Trainel, à Pierre Terray de Rozières (1713-1780), procureur général à la Cour des aides, déjà seigneur d'Athis, paroisse de Villiers-sur-Seine.

Pierre Terray était aussi le frère de l'abbé Joseph Marie Terray, (1715-1778), futur contrôleur général des finances de Louis XV en 1769 qui, devenu seigneur de La Motte-Tilly, fit édifier une nouvelle demeure sur le site de l'ancien château féodal.
Les frères Terray résidèrent dans le nouveau château de La Motte-Tilly, construit à partir de 1754, sur des plans de l'architecte François-Nicolas Lancret (1717-1789).

Pierre Terray, héritier de son frère l'abbé Joseph Marie Terray, décédé le , ne lui survécut que deux ans. Le domaine, à sa mort, le , revint à son unique héritier mâle Antoine Jean Terray, intendant de Montauban, puis de Lyon, seigneur de La Motte-Tilly, dont la fille Aglaé (1788-1867) épousa en 1807 le duc d’Harcourt, François Eugène Gabriel (1786-1865).

Durant la période révolutionnaire

Durant la période révolutionnaire, l'Assemblée constituante, par décret du , s'attacha à démanteler les fiefs féodaux en divisant la France en 83 départements (subdivisés en districts puis en cantons).

Aussi la baronnie de Bray, seigneurie Royale, qui n’était ni en Champagne, ni en Bourgogne, ni dans la Brie, fut-elle victime de cette volonté : Bray-sur-Seine, de capitale, fut reléguée au rôle de chef-lieu de canton, puis, en 1801, coupée de la tutelle de l'archevêché de Sens (métropole dont a dépendu Paris jusqu'au XIIIe siècle).

Enfin, pour parachever la création de la Seine & Marne, nouvelle entité administrative, et sans doute par souci de trouver un meilleur équilibre démographique et politique, on procéda à un amalgame de populations en ajoutant au canton de Bray-sur-Seine les communes d'Hermé, Gouaix, Everly, Chalmaison, Soisy-Bouy, et Fontaine-Fourches, étrangères aux coutumes locales.

Ce rattachement administratif forcé et « contre nature », tant sur le plan historique que géographique, alors que le village ne présentait aucune attache avec l'Ile-de-France, a contribué à faire de Fontaine-Fourches « la commune francilienne la plus éloignée du centre de Paris ».

Depuis la Révolution

Les anciens almanachs de Sens mentionnent l’existence d’un fief de « Tilly », ou « la Motte-Gravoir », s'étendant sur Fontaine. Déjà, au XVIe siècle, un rôle dressé pour la contribution de l’arrière-ban indique ce fief sous le nom de « la Motte-Graval », et ajoute qu'il ne rapportait guère que 10 livres par an. Il appartenait alors à Grégoire Maslard, procureur du roi à Sens, du chef de sa femme Marie Ménagier.
Le dernier possesseur, à la Révolution, fut Louis Clément Bonaventure Jodrillat, écuyer, lieutenant général au bailliage[49] de Sens, magistrat lettré, originaire de Noyon, qui se retira à son château de Toussac (Villenauxe-la-Petite), devint ensuite conseiller général de Seine-et-Marne (Président du Conseil général en 1802, puis de 1804 à 1806) et finit ses jours à Sens, le .

Deux autres nobles, propriétaires de biens à Fontaine-Fourches ont péri, victimes de la Terreur : la comtesse de Rossel, née Lhermite, et la dame Rossel de Cercy, dont un parent, Christophe de Rossel, avait émigré.

On a vendu nationalement quelques terres situées sur Fontaine et appartenant tant à la cure qu'à la fabrique en même temps que d'autres biens confisqués à l'église de Troyes et aux bénédictines de la Madeleine de Traînel.

En 1814, plusieurs colonnes des « armées alliées » (contre Napoléon) ont traversé la commune de Fontaine. Un soldat fut tué au passage et les représailles ne se firent pas attendre : un incendie détruisit un groupe de maisons où logeaient quarante ménages.

Depuis 1877, l'église est toujours sise à Fontaine tandis que l'école est à Fourches : la Mairie-École fut inaugurée en 1877 ; un ravalement effectué en 1906 et l’horloge acquise en 1907.

Politique et administration

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1988 ? Claude Condaminet    
2008 en cours Xavier Lamotte[50]   Agriculteur

Politique environnementale

Équipements et services

Eau et assainissement

L’organisation de la distribution de l’eau potable, de la collecte et du traitement des eaux usées et pluviales relève des communes. La loi NOTRe de 2015 a accru le rôle des EPCI à fiscalité propre en leur transférant cette compétence. Ce transfert devait en principe être effectif au , mais la loi Ferrand-Fesneau du a introduit la possibilité d’un report de ce transfert au [51],[52].

Assainissement des eaux usées

En 2020, la commune de Fontaine-Fourches ne dispose pas d'assainissement collectif[53],[54].

L’assainissement non collectif (ANC) désigne les installations individuelles de traitement des eaux domestiques qui ne sont pas desservies par un réseau public de collecte des eaux usées et qui doivent en conséquence traiter elles-mêmes leurs eaux usées avant de les rejeter dans le milieu naturel[55]. La communauté de communes de la Bassée - Montois (CCBM) assure pour le compte de la commune le service public d'assainissement non collectif (SPANC), qui a pour mission de vérifier la bonne exécution des travaux de réalisation et de réhabilitation, ainsi que le bon fonctionnement et l’entretien des installations[53],[56].

Eau potable

En 2020, l'alimentation en eau potable est assurée par la commune qui gère le service en régie[53],[57],[58].

Les nappes de Beauce et du Champigny sont classées en zone de répartition des eaux (ZRE), signifiant un déséquilibre entre les besoins en eau et la ressource disponible. Le changement climatique est susceptible d’aggraver ce déséquilibre. Ainsi afin de renforcer la garantie d’une distribution d’une eau de qualité en permanence sur le territoire du département, le troisième Plan départemental de l’eau signé, le , contient un plan d’actions afin d’assurer avec priorisation la sécurisation de l’alimentation en eau potable des Seine-et-Marnais. A cette fin a été préparé et publié en un schéma départemental d’alimentation en eau potable de secours dans lequel huit secteurs prioritaires sont définis. La commune fait partie du secteur Bassée Montois[59].

Population et société

Démographie

Au XVIe siècle, la population de la paroisse de Fontaine comptait une soixantaine de feux. En 1780, elle en comptait 132 : Fontaine avait 30 feux et Fourches 102. Puis les deux groupes d'habitations, traversés par le chemin de grande communication no 49, se trouvèrent reliés par des constructions nouvelles.

En 1793, on dénombrait 561 habitants [cf Recensement de la population avant 1962 : archive cassini.ehess.fr]. En 1891 on dénombrait 700 habitants.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[60]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[61].

En 2023, la commune comptait 576 habitants[Note 5], en évolution de −4,32 % par rapport à 2017 (Seine-et-Marne : +4,57 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
561539560562688676682675705
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
706751800784777766680700663
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
655638631518490498469471448
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
411384377391471509556563595
2017 2022 2023 - - - - - -
602578576------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[62] puis Insee à partir de 2006[63].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités

La Rosière

La Rosière du village est élue lors de la fête des Rameaux pour une année durant laquelle elle participe aux festivités du village.

À l'origine, une famille du village a fait une dotation à la mairie pour que l'entretien des tombes de ses membres soit assuré par la jeune Rosière. Aujourd'hui, une fois l'an, une grande fête réunit tout le village autour de la Rosière.

Le matin des Rameaux une messe est dite dans l'église du village ; à la sortie, un apéritif est servi sur le parvis.

Après déjeuner, un cortège composé d'une fanfare, des élus locaux et de toutes les personnes du village le désirant, va chercher la future Rosière devant chez elle et la conduit jusqu'à la salle des fêtes. Là, se déroule la cérémonie d'institution de la Rosière. Les élus font un discours et remettent à la nouvelle Rosière, ainsi qu'à ses deux dauphines (chargées de la remplacer dans ses devoirs en cas de nécessité) des bouquets de fleurs. La Rosière reçoit alors le certificat encadré de sa nomination et une dotation. L'après-midi s'achève par une soirée dansante où les gens du village (et des communes alentour) se retrouvent pour danser, discuter et faire connaissance avec les nouveaux arrivants.

« C’est en 1901 que fut élue la 1re Rosière de Fontaine-Fourches »

Tel est le titre d'un article de presse paru en 1966, découpé dans la page d'un journal dont le nom n'apparaît pas, hélas, qui relate l'événement en ces termes : « En 1901, fut désignée au deuxième tour de scrutin, par 7 voix sur 11 votants, Mlle Marthe Vajou, 27 ans, sans profession. Elle reçut la somme de 399,27 F. Nous l'avons rencontrée ces jours derniers, alerte malgré ses 92 ans. Elle cultive ses fleurs avec soin et nous a avoué être très fière de son titre de Rosière. Le souvenir de cette journée est toujours présent à sa mémoire.

En 1900 le docteur Auguste Nonat offrit aux enfants des écoles deux prix : et, depuis, chaque année, les meilleurs élèves reçoivent un livret de Caisse d'épargne. À son tour, M. Jean-Baptiste Nonat voulut récompenser la jeune fille, la plus méritante de la commune. Il laissa donc un testament que le maire et le prêtre étaient chargés de faire respecter. Le règlement de ce legs était ainsi conçu :

" Une jeune fille de Fontaine-Fourches sera élue par le conseil municipal et le prêtre du pays comme la plus méritante. En récompense, elle recevra une certaine somme, soit de 1901 à 1922, 500 F en louis d'or. En contre-partie, la Rosière sera tenue d'entretenir la tombe de la famille Nonat pendant une année et de faire dire une messe à la mémoire des défunts Nonat ".

Chaque année, donc, le conseil se réunit en séance extraordinaire et désigne la Rosière par vote secret. Le garde-champêtre va prévenir l'élue et reçoit son assentiment ; si elle refuse, on procède à un nouveau vote et ainsi de suite…

Parmi les soixante-six Rosières, plusieurs l'ont été de génération en génération ; ainsi, Mlle Henriette Ponchon le fut-elle en 1907 et reçut-elle, à cette occasion, la coquette somme de 510 F or. Sa fille, Mlle Jacques, en 1931, sa petite fille, Annette Lamotte, en 1956, Mlles Raymonde Harandsoy, en l947, Chantal Pléau, en 1964, Carmen Morand, en 1965, obtinrent le titre de "Rosière" comme leur mère l'avait obtenu en 1908, 1943 et 1937. Cette année [1966], Michelle Courtois, jeune fille de 19 ans, sera Rosière et la tradition sera respectée puisque sa maman Charlotte Couturier, âgée à l'époque de 18 ans, le fut en 1939.

À signaler, qu'en 1962, il y eut deux Rosières, des jumelles, Mlles Yvette et Micheline Angellier[...] et que, jusqu'ici, aucune Rosière n'a failli à la requête de la famille Nonat.»

Les 500 louis d'or, compte tenu de l'érosion monétaire, ont été remplacés par une somme d'argent actualisée au fil des ans. La remise du prix, qui a lieu chaque année le jour des Rameaux, donne lieu à des festivités qui drainent une population nombreuse venue des alentours.

Économie

Revenus de la population et fiscalité

En 2019, le nombre de ménages fiscaux[Note 6] de la commune était de 217, représentant 540 personnes et la médiane du revenu disponible par unité de consommation de 20 810 euros[64].

Emploi

En 2018, le nombre total d’emplois dans la zone était de 140, occupant 243 actifs résidants (dont 24 % dans la commune de résidence et 76 % dans une commune autre que la commune de résidence).

Le taux d'activité de la population (actifs ayant un emploi) âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 62,2 % contre un taux de chômage de 14,4 %. Les 23,3 % d’inactifs se répartissent de la façon suivante : 7,7 % d’étudiants et stagiaires non rémunérés, 5,6 % de retraités ou préretraités et 10 % pour les autres inactifs[65].

Secteurs d'activité

Entreprises et commerces

Au , le nombre d’unités légales et d’établissements (activités marchandes hors agriculture) par secteur d'activité était de 38 dont 2 dans l’industrie manufacturière, industries extractives et autres, 10 dans la construction, 13 dans le commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration, 1 dans l’Information et communication, 2 dans les activités financières et d'assurance, 8 dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien et 2 étaient relatifs aux autres activités de services[66].

En 2020, 8 entreprises ont été créées sur le territoire de la commune, dont 7 individuelles.

Au , la commune ne disposait pas d’hôtel et de terrain de camping[67].

Agriculture

Fontaine-Fourches est dans la petite région agricole dénommée la « Bassée » ou « Basse Seine », au sud-est du département[Carte 5]. En 2010, l'orientation technico-économique[Note 7] de l'agriculture sur la commune est la polyculture et le polyélevage[68].

Si la productivité agricole de la Seine-et-Marne se situe dans le peloton de tête des départements français, le département enregistre un double phénomène de disparition des terres cultivables (près de 2 000 ha par an dans les années 1980, moins dans les années 2000) et de réduction d'environ 30 % du nombre d'agriculteurs dans les années 2010[69]. Cette tendance se retrouve au niveau de la commune où le nombre d’exploitations est passé de 15 en 1988 à 8 en 2010. Parallèlement, la taille de ces exploitations augmente, passant de 67 ha en 1988 à 98 ha en 2010[68]. Le tableau ci-dessous présente les principales caractéristiques des exploitations agricoles de Fontaine-Fourches, observées sur une période de 22 ans :

Évolution de l’agriculture à Fontaine-Fourches entre 1988 et 2010.
1988 2000 2010
Dimension économique[68],[Note 8]
Nombre d’exploitations (u) 15 10 8
Travail (UTA) 20 14 9
Surface agricole utilisée (ha) 1 008 858 783
Cultures[70]
Terres labourables (ha) 1 004 847 766
Céréales (ha) 705 623 543
dont blé tendre (ha) 408 s 292
dont maïs-grain et maïs-semence (ha) 74 s 15
Tournesol (ha) 116 s s
Colza et navette (ha) 74 81 136
Élevage[68]
Cheptel (UGBTA[Note 9]) 0 110 17

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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