Kaufakha

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Kaufakha
Ancienne mosquée de Kaufakha photographiée en 2000, alors utilisée comme hangar.
Géographie
Pays
Sous-district
Superficie
8,57 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Carte de Kaufakha dans les années 1870 (noté Khirbet Kaufakha, ce qui indique l‘état de ruines).
Démographie
Population
500 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
58,3 hab./km2 ()

Kaufakha' (كوفخة, également transcrit Kawfakha) est un village palestinien situé à 18 kilomètres à l’est de Gaza. Comme des centaines de villages arabes détruits et dépeuplés, il a été dépeuplé lors de la guerre israélo-arabe de 1948.

Kaufakha se trouvait à 19 kilomètres à l’est de Gaza, dans le sous-district de Gaza, à 150 mètres d‘altitude environ[1]. Les villages voisins étaient al-Muharraqa à l’ouest, Huj au nord et al-Dawayima à l’est[1]. Le village était situé en limite du désert du Néguev : à l’est et au sud, se trouvait un territoire habité par les Bédouins 'Arab el Jubarat. À distance, on trouvait aussi le village arabe de al-Jammama (en) et le kibboutz de Rouhama fondé en 1911.

Le village est construit sur un terrain ondulé et sablonneux du nord du désert du Néguev. Les maisons étaient dispersées le long d‘un axe nord-ouest/sud-est, près du Waddi Abou Shunnar[1]. Un réseau de routes secondaires le reliait aux routes principales conduisant à Gaza et Julis[2].

La superficie totale des terres du village était de 8 569 dounams (8,6 km2)[3] dont seuls 87 dounams (9 hectares) appartenaient à des Arabes, le reste étant des terres publiques[1]. 97 dounams étaient classés comme terres irrigables ou vergers, et 7 768 dounams étaient consacrés aux céréales. Seuls 714 dounams (71 hectares) étaient non-cultivés[4].

Histoire

Des céramiques datant de l’empire byzantin ont été découvertes à Kawfakha[5].

Kawfakha était habité au 15e siècle. En 1472–1473, le sultan mamelouk Qait Bay attribua le village à un waqf (fondation pieuse), afin que les impôts tirés du village servent à financer sa madrasa de Jérusalem[6].

Empire ottoman

Plan du village en 1945, avec la mosquée au centre.

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.

En 1838, à la fin de la période ottomane, el-Kaufakhah est décrit comme un village en ruines et abandonné[7]. Selon les auteurs du livre du souvenir consacré au village, Hadj Sha’ban al-Hilu, un des fondateurs du village, conclut un accord avec les autorités ottomanes, promettant que les habitants serviraient dans l’armée ottomane. Ils ont ainsi obtenu de cultiver les terres du gouvernement (jifflik), sur lesquelles vivaient les Bédouins de la tribu des ‘Arab al-Qatatwa. Mais l’accord avec le gouvernement ne suffisant pas (car les Bédouins passèrent le même type d’accord), c’est l’intervention d’un cheikh qui décida les Bédouins à abandonner ces terres[8]. Parmi les fondateurs se trouvait au moins un chrétien, qui s’est plus tard converti à l’islam[9].

En 1882, le rapport du Palestine Exploration Fund note qu’à Khirbet el Kofkhah, un vaste site est couvert de ruines : citernes, un chapiteau orné de feuilles d’acanthe, pierres et débris de céramique éparses[10].

Kawfakwa est refondé à la fin du 19e siècle par des habitants de Gaza qui s‘y installent pour cultiver les terres. Au centre du village est construite une mosquée, connue dans la région, sous le règne du sultan Abdülhamid II (1876–1909)[2],[11].

Période du mandat britannique

Carte de Kaufakha au 1:20 000 (1931).
Carte de Kaufakha au 1:250 000 (1945).

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Kawfakha est conquise en et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Kufakha a une population de 203 musulmans[12], population qui augmente à 317 habitants, tous musulmans, au recensement de 1931, et à un total de 56 maisons habitées[13].

Le village a une école primaire et plusieurs boutiques. Deux puits situés au village fournissaient l’eau aux habitants. Au nord du village se trouvait les plantations d’arbres fruitiers, dont des abricotiers, des oliviers, des amandiers, de la vigne et des figuiers. Les céréales étaient cultivées de l’autre côté du village[14].

La mémoire orale du village conserve le souvenir d‘un homme qui, pour se venger de son frère, décide de vendre 300 dounams de terres (30 hectares) à la colonie juive voisine de Dorot, fondée en 1941. La tentative échoua lorsque le moukhtar renvoya sèchement les Juifs venus conclure l’affaire au village. Selon Rochelle A. Davis, ce fait montre que dans la mémoire collective, le moukhtar remplit son rôle de protecteur du village face au sionisme et aussi de sa réputation dans la communauté arabe de Palestine[15].

Dans les statistiques de Village de 1945, Kaufakha a une population de 500 habitants, tous musulmans[16],[3].

Guerre de 1948 et nettoyage ethnique

Pendant la première guerre israélo-arabe, les habitants de Kaufakha ont plusieurs fois demandé aux autorités juives puis israéliennes d‘accepter leur reddition, les villageois acceptant la domination juive s’ils étaient autorisés à rester, mais en vain[17]. Ces demandes ont été rejetées car les Israéliens avec le commentaire que ces offres de reddition étaient soit mensongères, soit non-fiables[1]. Kaufakha est la cible d’un raid de la brigade Néguev dans la nuit du 27 au , en même temps que al-Muharraqa : les habitants des deux villages sont expulsés[17]. D’après S. A. Jawad, au cours de l’expulsion, un massacre a lieu, de nombreuses personnes étant abattues sans raison militaire[18]. Le village est cité par Ilan Pappé dans Le Nettoyage ethnique de la Palestine[19].

Après la guerre, la région est annexée par Israël ; le moshav de Nir Akiva est fondé en 1953 sur les terres du village, au sud-ouest du site du village arabe[20].

Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste du village en 1992 : « Seule la mosquée subsiste, et elle est utilisée comme écurie et entrepôt pour les aliments animaux. C’est une construction en pierre avec une entrée voûtée et des fenêtres sur tous les côtés. Son toit est surmonté de trois petits domes. Le site, recouvert de tas de ruines et envahi de cactus et autres plantes du désert, a été clôturé et sert de pâture. Il y a une plantation d’agrumes à l’ouest, et les Israéliens cultivent des céréales tout autour[20]. »

La mosquée a été inspectée en 1994 : elle est construite en pierre de taille (environ 20 cm x 40 cm), les coins étant soulignés par un léger décrochement. Au nord-ouest, se trouve un minaret de 10 à 15 mètres aux angles chanfreinés. Il y a trois entrées du côté nord, dont deux menant à la salle de prière, la troisième menant à une salle séparée. Au moment de l’inspection, la mosquée servait au stockage pour une ferme voisine ("Avi´s Ranch")[21].

Voir aussi

Notes

Bibliographie

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