Qannir

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Qannir
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Géographie
Pays
Sous-district
Coordonnées
Carte de la région de Qannir vers 1870.
Démographie
Population
750 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Qannir (قنْير, également transcrit Kannir) est un village palestinien, situé à 35 kilomètres au sud d’Haïfa. Avec 750 habitants en 1945, il est entièrement dépeuplé au cours de la guerre israélo-arabe de 1948, comme des centaines d’autres villes et villages arabes.

Qannir était situé dans le sous-district de Haïfa, à 35 kilomètres au sud de Haïfa, et à une altitude de 100 mètres environ, dans la plaine côtière palestinienne[1].

Les villages voisins étaient Umm al-Shouf et Al-Sindiyana au nord, al-Butaymat à l’est, Kafr Qari' (en) au sud, Binyamina-Giv'at Ada (en) au sud-ouest[1]. Il était relié à la grande route côtière par une route secondaire[1]. Plusieurs khirbats parsemaient le territoire[1].

La superficie totale des terres du village était de 10 826 dounam (10,8 km²)[2] répartis entre 50 dounams (5 hectares) appartenant à des Juifs, 455 dounams de terres publiques (45,5 hectares) et le reste appartenant à des Arabes[1]. Un total de 5061 dounams (506 hectares) étaient des terres incultes[1]. Sur les terres cultivables, 5760 dounams (576 hectares) étaient consacrés aux céréales et 460 dounams (46 hectares) étaient classés comme terres irrigables ou vergers[3],[4].

Histoire

Empire ottoman

Durant la campagne d'Égypte, Qannir est cartographié par Pierre Jacotin, en 1799[5],[6].

En 1859, le consul du Royaume-Uni, Rogers, estime la population du village à 250 habitants, cultivant environ 24 feddans. En 1882, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit Qannir comme un village moyen, construit en adobe, avec un puits au sud et un autre à l’ouest[7]. Un autre récit décrit les maisons du village accolées les unes aux autres et construites en pierre[3].

Une liste de population de 1887 recense 665 habitants à el Kannir, tous musulmans[8].

Mandat britannique

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Qannir est conquise en 1918 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Qannir a une population de 400 habitants, tous musulmans[9], qui augmente au recensement de 1931 à 483, tous musulmans, habitant 92 maisons[10].

Dans les statistiques de Village, la population recensée est de 750 musulmans[11],[2].

Guerre de 1948 et nettoyage ethnique

Entre le 22 et le 24 avril 1948, les femmes et les enfants de Qannir commencent à évacuer le village, apparemment sur des « ordres d’en-haut » (Arabes), d’après Benny Morris[12],[13]. Selon l’Encyclopédie interactive de la Question palestinienne, le village subissait des attaques répétées depuis le mois de mars : elle cite le journal Filastin qui indique que l’attaque (repoussée par la milice villageoise) du 5 mars était la troisième de la semaine[1] (la première ayant lieu le 2 mars[14]). Lors de cette attaque, de nombreuses maisons sont détruites[14]. Fin avril, la chute de la ville d’Haïfa est suivie d’attaques et d’évacuations des villages alentours[1].

Selon une dépêche de Fawzi al-Qawuqji au haut commandement arabe, une attaque des milices sionistes venant d’Ein Hashofeit (en) débute à 04h00 le 8 mai contre Qannir et Kafr Quari (en). Les assaillants disposaient de voitures blindées. Selon al-Qawuqji, les assaillants sont repoussés, avec un tué et quatre blessés côté palestinien, après une brève occupation du village[15].

Cependant, selon les archives de la Haganah, la brigade Alexandroni « effectue un raid contre le village le 9 mai 1948, tue quatre Arabes et détruit 55 maisons[16] ». Selon Ilan Pappé, le nettoyage ethnique de Qannir se situe dans la deuxième quinzaine de mai, lorsque la brigade Alexandroni nettoie à « rythme d’enfer » le rectangle littoral[17]. Cette expulsion s’accompagne de meurtres sans discrimination, et le 9 mai, au moins quatre personnes sont tuées dans le massacre[14].

Selon Morris, les villageois encore présents sont probablement partis à ce moment-là[18], la date précise paraissant peu claire aux auteurs de l’Encyclopédie de la Question palestinienne[1]. Après la guerre la région est annexée par Israël, le kibboutz de Regavim étant fondé sur les terres de Qannir dès 1949[3] après avoir été créé sur les terres de al-Butaymat[1].

Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste du village en 1992 : « Des pierres sont éparpillées sur le site, qui est recouvert d’épineux, de figuiers et de cactus. Une partie des terres sont utilisées comme pâturage par les Israéliens, le reste est cultivé[3] ».

Annexes

Notes

Bibliographie

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