Élections municipales de 2026 à Limoges

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Typed’électionÉlections municipales
Postes à élire55 sièges au conseil municipal
37 sièges au conseil communautaire
Population129 937
Inscrits74 982
Élections municipales de 2026 à Limoges
(1er tour)
(2d tour)
Type d’élection Élections municipales
Postes à élire 55 sièges au conseil municipal
37 sièges au conseil communautaire
Corps électoral et résultats
Population 129 937
Inscrits 74 982
Votants au 1er tour 44 075
58,78% en augmentation 21,7
Votes exprimés au 1er tour 42 857
Votes blancs au 1er tour 628
Votes nuls au 1er tour 590
Votants au 2d tour 46 563
62,09% en augmentation 28
Votes exprimés au 2d tour 44 480
Votes blancs au 2d tour 1 162
Votes nuls au 2d tour 921
Guillaume Guérin LR
Voix au 1er tour 11 718
27,34%
en diminution 18,9
Voix au 2e tour 22 797
51,25%
en diminution 7,7
Sièges obtenus 42 en diminution 2
Damien Maudet LFI
Voix au 1er tour 10 656
24,86%
en augmentation 10,3
Voix au 2e tour 18 158
40,82%
en diminution 0,2
Sièges obtenus 11 en stagnation
Thierry Miguel PS
Voix au 1er tour 7 251
16,92%
en diminution 4,7
Sièges obtenus Élus sur la liste de Damien Maudet
Albin Freychet RN
Voix au 1er tour 5 375
12,54%
Voix au 2e tour 3 525
7,92%
Sièges obtenus 2
Émile Roger Lombertie DVD
Voix au 1er tour 4 307
10,05%
Voix au 2e tour Retrait
Sièges obtenus 0
Maire de Limoges
Sortant Élu
Émile Roger Lombertie
DVD
Guillaume Guérin
LR

Les élections municipales de 2026 à Limoges ont lieu les 15 et 22 mars 2026. Elles visent au renouvellement du conseil municipal et du conseil communautaire de la communauté urbaine de Limoges Métropole.

Alors que le maire Émile Roger Lombertie achève son deuxième mandat dans un contexte marqué par sa mise en cause judiciaire, le scrutin est marqué par la division de la majorité sortante (droite, centre et société civile), trois candidats au premier tour en étant issus, dont le maire lui-même, mais aussi les adjoints Guillaume Guérin et Vincent Léonie. À gauche, Thierry Miguel, déjà candidat en 2020, se présente à nouveau, et le député insoumis Damien Maudet prend également part à l'élection, chacun agrégeant des partis de gauche à sa candidature. À la différence de 2020, le Rassemblement national présente une liste. Deux autres listes (LO et sans étiquette) sont en lice.

Le premier tour est marqué par l'élimination d'Émile Roger Lombertie, et l'arrivée de la liste PS-PCF-PP de Thierry Miguel derrière celle de Damien Maudet. Ce dernier prend la tête d'une liste de gauche élargie, intégrant Thierry Miguel et une partie de sa liste.

À l'issue d'un second tour en triangulaire, auquel participe le candidat RN Albin Freychet, Guillaume Guérin l'emporte nettement de plus de dix points, et devient maire de Limoges, à la tête d'une majorité regroupant des candidats LR, divers droite, centristes et divers gauche.

Dates

Les dates du scrutin sont fixées par un décret du 27 août 2025 aux 15 et 22 mars 2026[1],[2],[3].

Mode de scrutin

L'élection des conseillers municipaux et communautaires se déroule selon un scrutin de liste à deux tours avec prime majoritaire : les candidats se présentent en listes complètes avec la possibilité de deux candidats supplémentaires. Lors du vote, on ne peut faire ni adjonction, ni suppression, ni modification de l'ordre de présentation des listes[4]. Chaque bulletin de vote comporte deux listes : une liste de candidats aux seules élections municipales et une liste de ceux également candidats au conseil communautaire[5],[6].

Le nombre de sièges à pourvoir au conseil municipal de Limoges correspond à celui des communes dont la population est comprise entre 100 000 et 150 000 habitants, soit 55 sièges[7]. Les conseillers municipaux sont élus au suffrage universel direct pour une durée de mandat de six ans[8]. L'élection se termine au premier tour en cas de majorité absolue. Le cas échéant, un second tour a lieu. Les listes qui ont obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent se présenter au second. Les candidats des listes qui ont obtenu plus de 5 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent rejoindre une autre liste[9].

La liste ayant obtenu le plus de voix se voit attribuer la moitié des sièges, arrondie à l'entier supérieur si nécessaire. Ainsi, la liste majoritaire obtient automatiquement 28 sièges. Les 27 sièges restants sont attribués à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne aux listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au second tour (ou au premier tour en cas de tour unique)[10].

Contexte

Scrutin précédent

Les élections municipales de 2020 ont été marquées par une abstention massive en raison de la pandémie de Covid-19, la participation lors du 1er tour s'étant effondrée de 60 % en 2014 à 37 % en 2020.

Sur le plan local, la liste conduite par le républicain Émile Roger Lombertie, candidat à sa propre succession, soutenue par l'UDI, le MoDem et Agir renforce sa position en obtenant 4 sièges de plus qu'aux élections précédentes.

L'opposition socialiste, soutenue par le Parti communiste, Place Publique et le Parti radical de gauche, remporte les 11 derniers sièges du conseil municipal, devenant ainsi la seule force d'opposition, bien que perdant 1 siège.

Le Rassemblement national ne parvient pas à conserver ses 3 sièges, le parti n'ayant pas présenté de liste durant ces élections.

C'est également le cas des listes Europe Écologie - Les Verts - Génération.s, Mouvement radical - La République en Marche et France insoumise, toutes éliminées au premier tour.

Contexte politique local

Durant l'été 2025, de violentes émeutes dans le quartier populaire du Val de l'Aurence marquent le début de la campagne.

À partir de 2024, le contexte politique local est marqué par l'émergence de plusieurs dossiers judiciaires qui concernent des élus municipaux. En février, comme le révèle le journal Le Monde, une plainte pour harcèlement moral est déposée à l'encontre d'Émile Roger Lombertie et deux de ses adjoints, Catherine Mauguien-Sicard et Jean-Marie Lagedamont, par une ancienne collaboratrice et un cadre toujours en poste au sein de la collectivité de Limoges[22],[23]. En réaction, plusieurs élus de gauche signent une tribune qui condamne toute forme de harcèlement tout en appelant au respect de la présomption d'innocence, mais plusieurs représentants de l'opposition refusent de s'associer à ce texte[24]. Le dossier est traité par le parquet de Tulle[25]. En mai 2025, il est précisé que le maire est mis en examen pour harcèlement sexuel et harcèlement moral, respectivement sur cinq et une personne, tandis que ses deux adjoints sont mis en examen pour harcèlement moral sur trois victimes présumées[26].

En novembre 2024, un groupe politique, intitulé CIEL, Centriste Indépendant Écologiste pour Limoges, de quatre élus, comprenant l'adjoint et historien Vincent Brousse, se constitue au sein de la majorité, sans sortir de celle-ci[27]. La co-existence au sein de la majorité sortante de ce groupe avec celui de l'adjoint aux finances et président de l'agglomération Guillaume Guérin attise les discussions et supputations en vue du scrutin[28].

En fin d'année 2024, des tensions entre mouvements de gauche semblent se faire jour également ; dans un communiqué, les écologistes reprochent aux socialistes de ne pas pousser en faveur de l'union, la co-secrétaire des Écologistes Delphine Rochet parlant même de « duplicités tactiques » de la part du PS qui aurait déjà désigné officieusement son propre candidat[29],[30].

En juillet 2025, réagissant aux émeutes qui touchent le quartier prioritaire du Val de l'Aurence et interrogé sur CNews, le maire crée une polémique en invoquant l'éthologie pour analyser un comportement « de bêtes » de certains habitants, et en évoquant « l'idéologie musulmane » qui serait mêlée à celle de gauche et d'extrême-gauche, ce qui suscite la réprobation d'habitants, de la gauche ainsi que de plusieurs membres de sa majorité municipale[31],[32],[33] Ainsi le groupe CIEL, de la majorité, dénonce la stigmatisation et l'essentialisation des femmes et en particulier des femmes musulmanes. En réaction, le député LFI de Haute-Vienne Damien Maudet annonce saisir la procureure de la République de Limoges, sur le fondement de l'article 40 du Code de procédure pénale[34].

Rétrospectivement, l'affaire judiciaire qui le vise puis son comportement suite aux émeutes urbaines sont présentés comme déterminants dans l'engagement en campagne du maire[35],[36].

Encouragé par les divisions de la majorité sortante[37], le Parti socialiste annonce début 2026 faire de Limoges l'un de ses principaux objectifs de victoire, avec Saint-Étienne, Amiens et Toulouse[38].

Candidatures

Premier tour

Majorité sortante

Local de campagne de Vincent Léonie, ici en août 2025.
Local de campagne du maire sortant Émile-Roger Lombertie, ici en janvier 2026.
Local de campagne de Guillaume Guérin, ici en mars 2026.

En avril 2023, le maire Émile Roger Lombertie signale ne pas être à ce stade candidat à un troisième mandat[39], avant de nuancer cette position en juillet[12]. En mars 2024, il affirme pouvoir se représenter si sa santé et celle de son épouse le lui permettent[40], alors qu'il avait promis à sa victoire en 2014 ne s'engager que pour un seul mandat[41].

Son adjoint aux finances Guillaume Guérin, président de Limoges Métropole et chef de file des Républicains, premier adjoint durant le mandat précédent, exprime en janvier 2025 son intérêt pour l'échéance, sans se porter candidat officiellement[42]. En mars, Émile Roger Lombertie réitère son intérêt pour une troisième candidature, tout en remettant sa décision à l'automne, indépendamment des suites de sa mise en cause judiciaire, et signalant au passage avoir proposé à Guillaume Guérin de le remplacer dès à présent[43].

Le , l'adjoint radical à l'urbanisme Vincent Léonie déclare sa candidature et présente son mouvement « Réunir »[44],[45]. Cette annonce, faite sans avertir Émile Roger Lombertie ni Guillaume Guérin, suscite des remous au sein de la majorité, un grand nombre d'élus réclamant le retrait de ses attributions d'adjoint[46]. Il est ensuite annoncé qu'il ne perdra pas son statut d'adjoint[47], mais voit finalement ses délégations fortement réduites, ce qui est analysé par certains comme une volonté d'humiliation[48].

Le , le maire sortant annonce officiellement être candidat pour un troisième mandat[49] sans avoir acté d'alliance avec Guillaume Guérin[50]. Cette décision suscite le scepticisme d'une partie de la majorité sortante, tandis que persiste l'éventualité d'une candidature de Guillaume Guérin[51], qui se dit « assez meurtri » par l'annonce d'Émile Roger Lombertie[52]. Début février, la liste Lombertie est présentée, comprenant 14 élus de la majorité[53], et des membres de l'UDI et du parti Horizons[54] et obtient le soutien de l'ancienne députée Évelyne Guilhem[55]. Parmi les principales mesures du programme du maire figurent l'abandon du projet de BHNS, une grande consultation sur les transports et le commerce, la création d'une mutuelle municipale et d'un centre d'accueil d'urgence, le renforcement de la police municipale, la transformation du Champ de Juillet en « parc familial » et l'instauration d'un contrat d'objectifs et de moyens liant la municipalité aux associations[53],[56],[41]. Émile Roger Lombertie, qui confirme la dégradation de sa relation avec Guillaume Guérin[41], promet en outre de quitter le fauteuil de maire en cours de mandat[57].

Le , réunissant ses soutiens en meeting au Zénith de Limoges, Guillaume Guérin annonce finalement sa candidature, devant près de 1500 personnes, appelant le maire sortant et Vincent Léonie à le rejoindre, et présentant la gauche comme son adversaire[58]. Parmi les mesures défendues, figurent la mise en place d'un guichet téléphonique unique, la création d'un pass jeunesse et d'un pass senior, la création d'un centre de supervision métropolitain coordonnant police et gendarmerie et le transfert de gestion de certains équipements culturels et sportifs à la communauté urbaine ; Guillaume Guérin défend aussi le principe du cumul de la mairie et de la présidence d'agglomération et fixe comme objectif le dépassement des 20 000 étudiants pour l'université de Limoges[59]. Il rappelle en outre que 32 des 34 délibérations concernant le BHNS ont été votées à l'unanimité du conseil municipal[36].

Guillaume Guérin se prévaut notamment du soutien de Monique Boulestin, ancienne première adjointe socialiste au maire Alain Rodet , ancienne députée PS et tête de liste macroniste en 2020[60]. Partisans du maire sortant et soutiens de Guérin se contredisent sur le nombre d'élus de la majorité dans leur camp respectif[60]. Plus de 20 élus de la majorité sortante étant présents à ce meeting, dont 11 adjoints sur 15. La liste complète, publiée début février et que Guillaume Guérin présente comme « d'union de la droite, du centre et de personnalités civiles »[61], intègre Monique Boulestin mais aussi Jérémy Eldid, élu PRG et ancien directeur de campagne de Thierry Miguel, ou l'ancien maire socialiste de Chaptelat Stéphane Cambou, tout en écartant les élus mis en examen aux côtés du maire sortant[62]. Trois des quatre élus du groupe CIEL figurent en 6e, 11e et 14e position sur la liste. La présence de Claire Caland, organisatrice du salon du polar Vins Noirs, suscite une polémique, plusieurs auteurs, dont Franck Linol, lui reprochant d'utiliser son poste de présidente de l'association et la notoriété de celle-ci pour servir sa campagne ; en réaction, Claire Caland démissionne de son poste pour se consacrer à la campagne[63].

En mars, Vincent Léonie présente à son tour son programme. Élaboré à partir d'ateliers thématiques, il défend notamment la gratuité des fournitures scolaires, l'augmentation du nombre de policiers municipaux et de caméras de vidéosurveillance, la suspension du projet de BHNS et le soutien au tram-train sur l'étoile ferroviaire de Limoges, et propose le concept de « ville-événement », fondé sur une relance de l'attractivité de la ville par les festivités[64]. Il confirme pouvoir envisager un ralliement à Thierry Miguel comme à Guillaume Guérin, affirme se démarquer par sa proximité et admet des erreurs dans le bilan de la majorité sortante[65].

À gauche

Local de campagne de Damien Maudet, ici en mars 2026.
Local de campagne de Thierry Miguel, ici en mars 2026.

En novembre 2024, la possible candidature du socialiste Thierry Miguel, déjà candidat en 2020, alors que des discussions entre mouvements de gauche ont commencé, suscite des remous au sein de ce camp[66]. Sa désignation officielle comme chef de file des socialistes par les militants est effective le [67]. Fin avril, le Parti communiste désigne son chef de file en la personne de Gilbert Bernard, conseiller sortant, qui plaide pour une union à gauche la plus large possible, incluant le Parti socialiste et la France insoumise[68]. Toutefois, le 22 septembre, une telle union est enterrée suite à une réunion « de la dernière chance », les cinq partis de gauche (PS, PCF, LFI, LE et G·s) n'ayant pas réussi à se mettre d'accord afin de former une liste d'union dès le premier tour[69]. Consultés en octobre, les militants communistes se prononcent à près de 75% en faveur d'une union dès le premier tour avec le PS[70]. Cette liste est également soutenue par Place publique, l'Alternative démocratie socialiste[71] et le Parti occitan[72]. Alors qu'il lui a été proposé de rejoindre la liste, le Parti radical de gauche, par la voix de son responsable départemental Jérémy Eldid, annonce finalement se désister, dénonçant l'incapacité du Parti socialiste à faire des compromis[73]. La liste complète, qui comprend six élus sortants, intègre notamment 16 candidats communistes, et compte parmi ses membres Philippe Cogney, ancien directeur du théâtre du Cloître de Bellac et la sénatrice Isabelle Briquet[72]. Parmi les propositions avancées figurent la création d'une maison des associations, l'élargissement de la gratuité des transports, le recrutement de médiateurs sociaux, la baignade dans la Vienne et la rénovation de la Maison du Peuple[74],[75].

En mai 2025, le député Damien Maudet et la militante associative Jackie Breuil sont désignés pour former un binôme de chefs de file de La France insoumise, chargé d'entamer la réflexion sur un futur programme et des discussions avec les autres partis de gauche[76].

En octobre 2025, un collectif citoyen marqué à gauche, « Rêvons Limoges », désigne l'ancienne journaliste Julie Benzoni pour mener une liste[77]. Accompagné par la SCIC Fréquence Commune, spécialisée dans le suivi des initiatives citoyennes, il se fait remarquer par son invitation faite aux Limougeauds de déposer son « rêve pour Limoges » sur un site internet dédié, et par la déambulation en ville d'un triporteur électrique allant à la rencontre des habitants[78].

Fin novembre, La France insoumise, Génération.s et les Écologistes officialisent la constitution du collectif « Limoges Front Populaire - social et écologique »[79]. Le 14 décembre, l'union annonce officiellement que Damien Maudet est sa tête de liste[80]. L'initiative est ralliée par plusieurs soutiens de Thierry Miguel en 2020. Le 2 mars, le programme, élaboré par 18 groupes de travail, est présenté ; il comprend notamment des mesures de démocratie participative, comme la création d'un conseil de la jeunesse et l'attribution d'un budget participatif aux conseils de quartier, ainsi que la création d'un centre de soins municipal, d'une foncière et la gratuité des premiers mètres cube d'eau, en promettant l'absence de hausse d'impôts[81].

Au même moment, trois élus de gauche, dont deux s'étaient retirés du groupe d'opposition dès 2021, annoncent constituer un nouveau groupe, « Citoyens indépendants », sans exclure une participation électorale[82]. Deux de ces élues, Nabila Anis et Geneviève Leblanc, figurent finalement sur la liste de Damien Maudet, la première en position éligible, y compris sur la liste de second tour.

Le , Julie Benzoni annonce le retrait de sa liste et son ralliement à Damien Maudet, deux candidats « Rêvons Limoges » prenant place sur la liste Limoges Front Populaire[83].

Autres listes

Le 30 septembre 2025, le délégué départemental du Rassemblement national Albin Freychet se déclare comme tête de liste du parti en appelant à une union des droites[84]. Le dépôt de la liste est confirmé le [85]. Dans le programme de celle-ci figurent notamment le doublement des effectifs de la police municipale, la création de parkings et la fin de la piétonnisation de la rue Jean-Jaurès, la création d'une foncière commerciale, la climatisation des écoles et le recours au référendum local[86].

Lutte ouvrière présente également une liste menée par Élisabeth Faucon[87], déjà candidate en 2020. Opposée aux délégations de service public, la candidate défend le principe de transports financés par le patronat, estimant que sa liste poursuit l'objectif d'organiser les travailleurs pour les rendre « capables d’agir par eux-mêmes »[88].

Début février 2026, Marie de Ferluc, elle aussi candidate au scrutin précédent, annonce à son tour conduire une liste citoyenne, présentée comme la « seule liste non partisane et d'initiative civile », et portant le même nom qu'aux précédentes élections, « Un nouveau printemps pour Limoges »[89]. Cette initiative entend se démarquer par sa défense de la démocratie participative, comprenant des votations sur le BHNS et le réaménagement du site sportif de Beaublanc[90].

Composition des listes

Premier tour
Second tour

Au second tour, les listes de Damien Maudet et Thierry Miguel fusionnent[91]. Notons que le pourcentage des places accordées à la liste Miguel sur la liste fusionnée, ne représente que 29% du total (16/55) alors que la liste a obtenu 40% du total des voix de gauche au premier tour. La liste Maudet s'octroyant 71% des places, et 75 % des 44 premières places éligibles.

Les listes de Guillaume Guérin et Albin Freychet demeurent inchangées.

Campagne

Premier tour

L'enjeu des transports publics, notamment leur gratuité et la modernisation du réseau autour de deux lignes de bus à haut niveau de service, qui divise la majorité sortante, est l'une des thématiques abordées durant la campagne (ici un trolleybus de Limoges en 2015).

En janvier, l'équipe de Damien Maudet mobilise ses soutiens lors d'une réunion publique au pavillon de Buxerolles, à laquelle participent Marine Tondelier et Manuel Bompard, et durant laquelle Maudet renvoie dos à dos Guérin et Lombertie[92]. Fin janvier, Thierry Miguel obtient le soutien de François Hollande, en visite à Limoges[93].

Début février, Damien Maudet suscite une controverse quand il promet de reverser une partie de ses indemnités de maire, s'il est élu, à des associations, comme il le fait déjà en tant que député ; le sujet s'invite au dernier conseil municipal de la mandature, Guillaume Guérin accusant l'insoumis de démagogie, et Thierry Miguel déclarant ne pas partager cette position[94]. Lors de la même séance, les tensions entre pro-Guérin et pro-Lombertie se manifestent à nouveau, notamment quand plusieurs élus favorables à l'adjoint quittent la salle pendant la prise de parole d'une adjointe candidate auprès du maire[95].

Début mars, Guillaume Guérin ponctue sa campagne d'une nouvelle réunion publique au pavillon de Buxerolles, en présence du maire de Cannes, président de l'Association des maires de France et natif de Limoges David Lisnard, que Guérin présente comme l'un de ses mentors[36]. Ce meeting lui permet de défendre son bilan économique à la tête de l'agglomération et de présenter le camp de la gauche comme constituant son principal adversaire, Lisnard mettant en garde contre « les forces noires, les forces du chaos »[96].

Quelques jours avant le premier tour, une polémique naît de la présence supposée dans la liste de Guillaume Guérin d'une candidate ayant été reconnue lors d'une réunion de travail du RN départemental début 2025. Cette information, mise en avant par certains candidats de la liste PS, suscite la réaction de Guillaume Guérin, qui dénonce une « chasse aux sorcières », tandis que l'intéressée décide de porter plainte en affirmant n'être membre d'aucun parti[97].

Le , lors d'un meeting de soutien à Thierry Miguel, le leader de Place Publique Raphaël Glucksmann appelle la gauche « républicaine » à « rompre définitivement et sans retour possible avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise », affirmant que les candidats PP se retireront de la liste si une union avec LFI est envisagée[98], quand Olivier Faure, premier secrétaire du PS également présent, préfère réagir en affirmant que « notre vie ne tourne pas autour de LFI »[99]. L'Opinion voit dans cette différence de discours les prémices d'un désaccord[100]. Damien Maudet confirme quant à lui sa volonté de proposer une union à la liste Miguel, s'il arrive en tête au soir du premier tour[98].

Le débat télévisé du premier tour, organisé sur France 3, met en évidence les divisions de la majorité sortante sur le dossier du projet de bus à haut niveau de service, porté par la communauté urbaine mais que le maire sortant critique et qui est refusé par de nombreux pétitionnaires[101],[102]. Les transports sont d'ailleurs présentés comme constituant un enjeu central du scrutin[103].

Plusieurs commentateurs s'accordent à juger l'élection comme particulièrement ouverte et indécise, du fait de la division de la majorité sortante, des rapports conflictuels au sein de la gauche, de l'évolution sociologique de la ville et de la présence d'une liste RN pour la première fois depuis 2014[104],[105],[106].

Second tour

Sur le même modèle que Toulouse, Damien Maudet appelle à la suite du premier tour à l'union de la gauche avec le socialiste Thierry Miguel arrivé troisième[107]. Après plusieurs conflits avec la fédération socialiste, réputée hostile à LFI, Thierry Miguel envisageant même son retrait[108], la fusion est tout de même officialisée, actant la position de Damien Maudet en tête de la liste municipale « Pour Limoges-Front populaire » et faisant de Thierry Miguel, en numéro 3, le candidat pour briguer la tête de la communauté urbaine Limoges Métropole[109],[110]. Cette annonce est vivement critiquée par Guillaume Guérin, qui promet « le déshonneur et la défaite » à l'union de la gauche et assure que son équipe et lui vont « [lui] cogner dessus comme des sourds »[111],[112]. De son côté, Vincent Léonie, qui avait attendu de connaître le positionnement des socialistes, tout en reconnaissant en Damien Maudet un homme « sympathique », appelle à voter pour Guillaume Guérin[113].

Suite à son arrivée en cinquième position avec 10,05 % des suffrages exprimés, le maire sortant Émile Roger Lombertie annonce qu'il se retire de la course, appelant les électeurs à ne pas choisir un « maire LFIste »[114],[115]. L'avant-veille du second tour, il déplore la promesse de Guillaume Guérin à transférer l'opéra-théâtre et la bibliothèque municipale à la communauté urbaine, reconnaît avoir refusé d'apparaître dans une vidéo de soutien à son adjoint, critique l'hésitation de son autre adjoint Vincent Léonie, et refuse de prendre position pour le second tour[116].

Le candidat RN, Albin Freychet, invite Guillaume Guérin à discuter pour envisager un rapprochement, mais cette demande demeure sans réponse et il maintient donc sa liste en l'état pour le second tour[113]. Par la suite, il raille la présence d'anciens socialistes sur la liste Guérin, déplore que ce dernier ait participé aux hausses d'impôts, et confirme son souhait de voir le RN revenir au conseil municipal de Limoges[117].

Le 17 mars au soir, Thierry Miguel et Damien Maudet présentent la composition de leur liste fusionnée, estimant que leurs programmes respectifs « se ressemblaient à 90 % »[91] et affirmant être en « confiance réciproque »[118]. Cette liste, qui regroupe plusieurs sortants élus en 2020 avec Thierry Miguel, comme la socialiste Gulsen Yildirim, qui défend le travail de terrain de Maudet[119] et le communiste Gilbert Bernard, obtient le soutien du collectif citoyen Penser Limoges, qui avait émis des propositions tout au long de la campagne[120].

Ce rassemblement est cependant quitté par les candidats Place Publique, et critiqué par le leader de ce parti, Raphaël Glucksmann, qui était venu soutenir Thierry Miguel quelques jours plus tôt[121]. Le conseiller régional socialiste François Vincent et l'ancienne députée PS Catherine Beaubatie dénoncent également vivement cette alliance[122], qui suscite aussi la désapprobation d'anciennes figures politiques locales de gauche comme Marie-Françoise Pérol-Dumont, ancienne présidente du conseil général, et Jean-Paul Denanot, ancien président du conseil régional. Monique Boulestin, ancienne socialiste et colistière de Guillaume Guérin, attaque la liste Maudet, considérant les Insoumis comme étant « ouvertement pour les dealers et les délinquants »[123],[124]. Deux organisations patronales, la Confédération des petites et moyennes entreprises et le MEDEF de la Haute-Vienne, appellent aussi à soutenir Guillaume Guérin, estimant que la gouvernance LFI ne provoquerait « que désordre, division, et ruine économique »[125]. En réaction, plusieurs entrepreneurs publient une tribune qui estime que « faire croire qu’il n’y a qu'une seule voie, ce n’est pas défendre l'économie »[126].

Le débat télévisé du 18 mars se tient sans invective ; les candidats discutent le réaménagement de la place de la République, et évoquent notamment le dynamisme économique de Limoges, le chantier du palais des sports de Beaublanc, les commerces « communautaires » et la politique culturelle[127]. Néanmoins, Guillaume Guérin déplore le surlendemain une campagne « délétère », promettant des poursuites judiciaires relatives à certaines attaques jugées diffamatoires, et décriant le projet de son adversaire, pointant son inexpérience à la tête d'un exécutif local et craignant qu'en cas de victoire de la liste de gauche, Limoges ne devienne « une succursale de Notre-Dame-des-Landes, une forme de ZAD à ciel ouvert »[128]. Guérin pointe aussi de supposées contradictions dans le comportement de son opposant, qu'il juge « radical-socialiste à Limoges, ruffiniste à Vierzon et insoumis à Paris »[119]. L'opposition déplore également les méthodes de la liste Guérin, Damien Maudet la jugeant « calomnieuse »[126],[118].

Plusieurs personnalités nationales accordent entre temps leur soutien à l'un ou l'autre des candidats (l'ancien ministre MoDem Marc Fesneau à Guérin, l'ancien ministre socialiste Benoît Hamon à Maudet)[120].

L'issue du scrutin, indécise, pousse les équipes en lice à assurer une présence sur le terrain jusqu'au dernier jour[129]. Le 19 mars, une réunion publique en plein air de soutien à la liste Maudet se tient place de la Motte, en présence du documentariste Gilles Perret, proche de François Ruffin[126].

Sondages

Source Date de réalisation Échantillon LO LFI - LE - G.s PS - PCF - PP DVC DIV LR - RE - HOR DVD RN
Faucon Maudet Miguel Léonie De Ferluc Guérin Lombertie Freychet
Ifop 2-7 mars 703 1 23 20 3,5 2,5 23[e] 15 12
Cluster17 24-28 février 2026 538 1 20 24 5 2 23 11 14

N.B. :

  • en gras sur fond coloré : le candidat arrivé en tête du sondage ;
  • en gras sur fond blanc les candidats qualifiés au second tour dans le sondage.

Résultats

Notes et références

Voir aussi

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