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Bataille des Sables-d'Olonne (24 mars 1793)

bataille de la guerre de Vendée From Wikipedia, the free encyclopedia

La première bataille des Sables-d'Olonne se déroule le lors de la guerre de Vendée. Elle s'achève par la victoire des républicains qui repoussent une attaque des Vendéens sur la ville des Sables-d'Olonne.

Date
Issue Victoire républicaine
Faits en bref Date, Lieu ...
Bataille des Sables-d'Olonne
Description de cette image, également commentée ci-après
Port des Sables d'Olonne, dessin de Thomas Drake et lithographie d'Henri Daniaud, 1860.
Informations générales
Date
Lieu Les Sables-d'Olonne
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Drapeau de la France République française Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
• Jean-Simon Foucault
Joseph-Marie Gaudin
Jean-Baptiste Joly
Forces en présence
1 500 à 2 000 hommes[1]
28 canons[2]
5 000 à 10 000 hommes[1],[3]
Pertes
Inconnues Inconnues

Guerre de Vendée

Batailles

Coordonnées 46° 30′ 41″ nord, 1° 47′ 00″ ouest
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Bataille des Sables-d'Olonne
Géolocalisation sur la carte : Pays de la Loire
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Bataille des Sables-d'Olonne
Géolocalisation sur la carte : Vendée
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Bataille des Sables-d'Olonne
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Prélude

Fin , de nombreuses localités côtières tombent aux mains des insurgés vendéens : Pornic, Bourgneuf-en-Retz, Bouin, Beauvoir-sur-Mer et Saint-Gilles-sur-Vie, dont les gardes nationaux trouvent refuge aux Sables-d'Olonne[4]. La ville de Challans est prise sans combat le 13 mars[5] : une cinquantaine de patriotes et d'administrateurs sont faits prisonniers et 400 autres se réfugient aux Sables[6].

L'important port des Sables-d'Olonne, alors peuplé d'environ 5 500 habitants[7], est le nouvel objectif des insurgés de la Basse-Vendée[8]. Le , les premiers éclaireurs insurgés sont signalés aux avant-postes sablais[9].

Dans la nuit du 14 au 15, les autorités des Sables reçoivent une sommation du comité royaliste de Challans[6]. Celui-ci réclame le retour des prêtres réfractaires, la fin de la levée en masse, la suppression des patentes pour « toute espèce de professions, arts et métiers » et la suppression de l'arrêté du département sur les parents d'émigrés[6]. Le comité conclut : « Finalement nous souhaitons de cœur et d'esprit que la fraternité, la liberté et l'égalité subsistent entre nous, et conséquemment amnistie réciproque »[6].

Le 15, les administrateurs des districts des Sables et de Challans et les commissaires du département de la Vendée se réunissent aux Sables-d'Olonne, où ils condamnent la « lettre insolente » des révoltés qui « qui propose de mettre bas les armes en offrant une amnistie générale à des conditions ignominieuses »[6]. Ils décident alors d'envoyer un commissaire à La Rochelle pour demander des secours au général Verteuil[6]. Le lendemain, les administrateurs des Sables apprennent l'arrivée au sud de Chantonnay du général Louis de Marcé avec 1 500 hommes sortis de La Rochelle[6]. Deux courriers sont alors envoyés afin de prendre contact avec lui[6].

Le 17, le district des Sables ordonne la réquisition immédiate de tous les chevaux et de toutes les voitures[6]. La commune interdit quant à elle la sortie hors des murs, de toute personne et de toute denrée, sans autorisation des chefs militaires[6].

Le 18 mars, les administrateurs sont informés du rassemblement des bandes insurgées à La Mothe-Achard[6]. Le 19, une première alerte a lieu à La Gachère[10]. Le 20, un courrier annonce la déroute du général Marcé à la bataille de Pont-Charrault, ce qui décide la ville des Sables à réclamer de nouveaux secours à La Rochelle et à Rochefort-sur-Mer[6]. Le 21, les patriotes font une sortie sur le passage de la Grève contre un premier groupe de révoltés, qui sont rapidement mis en fuite[8],[11].

Le 22, Foucault et Gaudin font une nouvelle sortie avec 400 hommes et deux canons pour tenter de reprendre le port de Saint-Gilles-sur-Vie[6]. Cependant ils se heurtent à une troupe d'insurgés retranchés derrière une rivière à La Gachère, près de Brem-sur-Mer[6]. Selon Foucault, son artillerie renverse une cinquantaine d'insurgés sans aucune perte dans ses rangs[6]. D'autres sont faits prisonniers, mais les républicains décident de battre en retraite face au nombre de leurs opposants[6].

Forces en présence

La Mothe-Achard, dessin de Thomas Drake et lithographie d'Henri Daniaud, 1860.

L'armée insurgée est commandée par Jean-Baptiste Joly, un ancien sergent de l'armée royale, qui établit son camp à La Mothe-Achard[8]. Ce dernier se proclame « commandant général du camp près les Sables » et établit un comité militaire où figurent son fils, Jean Ruchaud, Espinasseau, le chevalier du Chaffault, à la tête des insurgés d'Avrillé, Beaumeler, menant ceux de Saint-Gervais, Chouppes, Dubois, le chevalier Buor, du Fief, Pineau, le chevalier de la Voyerie, William Bulkeley, Jean Savin, Guerry du Cloudy et Saignard de Saint-Pal[9],[12]. Joly parvient à fédérer les paroisses du marais breton, celles de la région entre Les Sables et La Roche-sur-Yon, les insurgés de Barbâtre, sur l'île de Noirmoutier, et même quelques communes du Pays de Retz, comme Legé et Saint-Étienne-de-Corcoué[9]. Ancien sergent au régiment de Flandre, il s'attache à donner une organisation militaire à ses troupes, qui sont divisées en trois colonnes, elles-mêmes divisées en compagnies dirigées par des capitaines, sergents et caporaux qui doivent tenir une liste exacte des soldats[9]. Il met également en place un service de postillons pour transmettre les ordres avec rapidité[9].

Le nombre des insurgés varie selon les estimations. Un prisonnier interrogé, nommé Gabriel-Victor-Aimé Gouin, évoque 5 500 hommes[13]. Un autre, nommé André Bacaud, donne 6 000[13]. L'armateur sablais André Collinet fait état de 9 000 hommes du côté des insurgés[14]. Du côté des historiens, Émile Gabory évoque 6 000 hommes au moins[8], Roger Dupuy 10 000[3] et Lionel Dumarcet entre 5 500 et 9 000[1].

Le député et ancien maire des Sables Joseph-Marie Gaudin est placé le 13 mars à la tête du commandement général provisoire[1],[6], mais le il cède le commandement militaire au colonel Jean-Simon-David Foucault, chef du bataillon des gardes nationales de l'Île de Ré[1],[6]. Gaudin passe commandant en second, tandis qu'Étienne-Marie Dechézeaux — frère du député Gustave Dechézeaux — prend la place d'adjudant-général[6]. La garde nationale des Sables est sous les ordres du capitaine Levêque[15] et l'artillerie est dirigée par le citoyen Prévost[6]. Tous les canons, même vétustes, sont mis en réquisition sur ordre de Gaudin[15]. Une batterie, située hors de la ville, est démontée et établie sur les principales avenues[8],[15]. Le service des pièces est confié à des canonniers matelots du port[15].

Les Sables sont renforcés le par 200 hommes de troupe venus de Luçon, 200 gardes nationaux de Saint-Michel-en-l'Herm[1],[6], un bataillon de 443[10] à 600[1],[6] hommes de la garde nationale de l'île de Ré, 200 volontaires de La Rochelle et 250 soldats du 110e régiment d'infanterie[1],[6]. Les communes d'Olonne-sur-Mer et de Talmont envoient également des détachements de gardes nationaux en renfort[8],[11].

Déroulement

Vue du château de Pierre-Levée en 2004.

Le , les insurgés assistent à une messe sous les halles de La Mothe-Achard, où des prêtres distribuent des chapelets et des sacrés-cœurs brodés sur draps ou peints sur papiers qui sont portés sur la poitrine[9],[12]. Ils se mettent ensuite en marche sur Les Sables et prennent position à 10 heures du matin près du château de Pierre-Levée, sur la route de Nantes, à quatre kilomètres de la ville[8],[3]. Un détachement de 300 hommes occupe également le bourg d'Olonne-sur-Mer, au nord des Sables[14].

À une heure de l'après-midi, les patriotes sortent des Sables avec 600 gardes nationaux, 120 hommes de troupes de ligne, 200 cavaliers et 21 canons[8],[14]. La rencontre se produit au lieu-dit La Vénérie[14],[16],[8],[11].

Le combat s'engage, mais après une fusillade et quelques tirs d'artillerie, les républicains, inférieurs en nombre, battent en retraite sur Les Sables, talonnés par les insurgés[14],[16],[8],[11].

À 3 heures de l'après-midi, les insurgés marchent sur la ville en trois colonnes, drapeaux blancs en tête[14],[16]. La première colonne avance sur la porte de la Barre, la deuxième sur le couvent et la troisième, à l'est, prend position sur la route de Talmont[14].

Vers 4 ou 5 heures de l'après-midi, un cavalier nommé Jean Arnaud, âgé de 19 ans et originaire d'Aizenay, est envoyé par les insurgés pour remettre une sommation de rendre la ville[Note 1][17],[10],[8]. Mais les patriotes jettent l'émissaire en prison — il sera condamné à mort le [1],[17] — et n'adressent aucune réponse[10],[8].

Les insurgés tentent alors d'investir la ville du côté du couvent, mais sont rapidement repoussés[9]. Joly donne l'ordre à ses artilleurs de faire feu sur la ville, mais ses quelques pièces ne causent que peu de dégâts, contrairement aux canons républicains, mieux servis et d'un plus gros calibre, qui font reculer les insurgés[8]. Ces derniers, découragés, abandonnent le combat à la tombée de la nuit pour regagner leurs foyers[8],[9],[Note 2].

Pertes

Les pertes ne sont pas connues. Les patriotes perdent deux canons en mauvais état qui éclatent pendant le combat[15]. Quelques insurgés sont également faits prisonniers[9],[12].

Conséquences

Les Sablais s'attendent à subir une nouvelle attaque le lendemain, mais l'armée insurgée bat en retraite au cours de la nuit[12]. Le 27, de nouveaux renforts républicains débarquent de l'île de Ré[12]. La commune des Sables écrit alors aux administrateurs de Ré : « Notre position semble devenir de jour en jour plus consolante, depuis que nos ennemis ont été vigoureusement repoussés devant nos murs, où ils avaient osé s'avancer. Nous ne les voyons plus; ils se sont retirés à trois ou quatre lieues et semblent avoir renoncé au projet d'entrer dans nos murs »[12].

Gaudin et Foucault adressent alors une proclamation aux insurgés qui est placardée dans les rues et aux avant-postes :

« La Liberté ou la Mort! Citoyens, vous vous êtes laissé égarer par vos prêtres et par vos nobles. Comment est-il possible que vous dévastiez les propriétés, assiégiez les villes, pilliez les maisons et meniez ainsi le métier de brigands! Revenez de votre erreur et rougissez de votre conduite! C'est avec douleur que nous sommes obligés de verser votre sang ; mais nous vous exterminerons jusqu'au dernier si vous persistez. Nous avons déjà aux Sables des forces très importantes. De tous les départements, on marche contre vous. Nous jurons de vous faire grâce, pourvu que vous nous livriez vos chefs et rentriez chez vous. Hâtez-vous de répondre à notre invitation; quelques jours encore, il ne sera plus temps[12],[10]. »

Notes

  1. « Vous n'ignorez pas la position actuelle de la France; le fléau de la guerre civile s'y propage et afflige principalement notre malheureux pays. Nous nous combattons depuis quinze jours, vous, pour soutenir des principes qui ont renversé le trône et l'autel, détruit et rompu tous les liens de la société; et nous, pour nous défendre de l'oppression et de la tyrannie qui nous accablait, et pour le rétablissement de l'ordre et de la paix. Vous nous qualifiez de brigands lorsque nous ne faisons que défendre nos vies et nos propriétés. Une loi que vous avez adoptée comme principe fondamental de votre prétendu gouvernement républicain est la souveraineté résidant essentiellement dans le peuple. Eh bien! ce peuple souverain veut des lois, un roi et l'exercice libre de sa religion. Tel a toujours été son vœu, et vous l'avez méprisé. Il s'est levé tout entier, il a opposé la force à la tyrannie. Si dans les premiers moments, il a commis quelque excès, ce n'est que parce qu'il n'a pas assez de principes pour savoir contenir dans des bornes légitimes sa trop juste indignation. Les actes de violence auxquels il s'est porté ne terniront plus ses succès, la religion y a mis le seul frein qui pouvait les arrêter. La loi de la milice a seule fait éclater l'indignation du peuple concentrée depuis si longtemps par tous les maux qu'on lui a faits. L'arrêté tyrannique de votre département, du 25 février dernier, a produit le même effet sur les chefs qui conduisent notre rassemblement. Le même sentiment d'oppression a éclaté de toutes parts, et a réuni presque dans un seul instant cette force que nous vous opposons. Ouvrez les yeux, Messieurs, et vous connaîtrez facilement les causes des maux qui nous affligent tous. La France n'était plus qu'un chaos; le trône renversé, la religion méprisée et proscrite; nos propriétés usurpées; nos vies, celles de nos femmes et de nos enfants menacées: tel sont les trop justes motifs qui nous ont mis les armes à la main. Nous avons tous juré de ne les déposer qu'avec nos vies, ou après une victoire complète. Sachez, Messieurs, que ce que vous appelez notre insurrection existe et se propage dans tous les départements; nous en avons la certitude. Combien de sang va couler et ce sang est celui de nos frères, de nos pères, de nos amis, et même de ce peuple à qui vous devez votre existence ! Car, Messieurs, si vous espérez encore, malgré vos défaites, remporter la victoire, elle ne pourrait vous conduire qu'à un fléau plus cruel et plus destructeur que la guerre civile, la famine; et comment encore vous défendrez-vous de vos ennemis du dehors? Vous pouvez encore éviter ces malheurs; nous vous en conjurons même au nom de la religion qui nous anime, du Dieu qui nous conduit et nous fait prospérer, au nom de vos femmes et de vos enfants détenus, gémissant dans les prisons, qui vous appellent et tendent les bras. Encore une fois, ouvrez les yeux, déplorez vos erreurs; au lieu d'être nos ennemis soyez nos frères et nos amis. Vos vies seront en sûreté parmi nous. Épargnez le sang qui va couler. Vous ne pouvez résister à l'armée qui vous assiège, et si, dans trois heures, nous ne recevons une réponse satisfaisante, si notre parlementaire n'est traité et respecté comme il doit l'être, si les portes de la ville ne s'ouvrent, si vous ne rendez les armes, nous ne répondons plus de votre salut, et vous et la ville qui vous renferme serez traités suivant les rigueurs de la guerre[17],[10]. »

     Jean-Baptiste Joly

  2. « Ce jour, dimanche des Rameaux, une heure de l'après-midi, on a tiré le canon d'alarme, la générale a battu, on a couru aux armes de toutes parts sur la nouvelle que l'ennemi se portait vers la ville et qu'il était déjà au pont Chartant. L'avant-garde a paru à la hauteur de Pierre-Levée, avec le drapeau blanc. 600 hommes de garde nationale, 120 hommes de troupes de ligne, 200 cavaliers et 21 pièces de canon sont partis des Sables. Le gros des ennemis a paru sur la hauteur, pendant que 300 des leurs se dirigeaient sur Olonne, s'en emparaient et y sonnaient le tocsin à la vue des Sablais; ils ont fait halte. L'armée sablaise s'est avancée jusqu'à la Vénerie, où les deux armées en présence se sont tiré plusieurs coups de canon. A trois heures, on voyait l'ennemi se diviser en trois bandes pour l'envelopper. Les Sablais ont fait leur retraite au ruisseau des Filées. Le piquet, qui était sur la route d'Olonne, s'est aussitôt replié. Dans ce moment, l'armée ennemie s'est divisée en trois colonnes au bas de la Vénerie; l'une, de 2,000 hommes, s'est dirigée par les chemins de traverse sur la route de Talmond; une autre, de 3,000 hommes, sur le couvent des religieuses; et le reste sur la porte de la Barre, avec 4,000 hommes. A quatre heures, ils ont sommé le district de se rendre, n'accordant que deux heures; sans quoi la ville serait traitée comme prise d'assaut. On n'a rien répondu à cette sommation. Ils se sont avancés pour forcer la barrière. Le feu a commencé de toutes parts, mais nos canons de 8 et de 12 leur en ont imposé. Leurs boulets sans force venaient tomber aux pieds des murs de la ville. Ils ont tenté d'escalader les murs du couvent, mais une fusillade à propos les a fait battre en retraite, après avoir tiré de part et d'autre dix-sept coups de canon. Le jour s'est fermé et le feu a cessé. Le vent était nord, le temps beau; le soir est arrivée en rade une corvette escortant un navire chargé de poudre et de munitions. On a fait rentrer en ville les farines restant dans les moulins[14]. »

     Récit de l'armateur sablais André Collinet.

    « Le 24 mars, les brigands vinrent attaquer les Sables. Nous sortîmes au devant d'eux pour leur en imposer, et prîmes une position telle que nous étions toujours à même d'opérer une retraite sous le canon de la place. Un cavalier des brigands vint à nous; il demanda le commandant; on me l'amena. Il me remit une sommation de rendre la ville aux troupes de Louis XVII. Cette sommation, pleine de promesses et de menaces en cas de résistance, était adressée aux commandants et aux administrateurs des Sables. Je dis à Foucault, en la lui donnant: « Mettez-la en poche, nous la montrerons à nos administrateurs après l'affaire ! » Et, l'ennemi se trouvant à portée, elle s'engagea aussitôt. Nous ne tardâmes pas à effectuer notre retraite, nous étant aperçus que son aile gauche gagnait sur la ville pour l'attaquer, tandis que son corps de bataille nous amusait. Elle se fit avec ordre, et après avoir tenté plusieurs petites attaques sur différents points, les brigands battirent la retraite à l'entrée de la nuit, et partirent, emportant leurs morts, ne laissant que les traces de leur sang et quelques cadavres de chevaux tués par notre canon[16]. »

     Compte-rendu de Joseph-Marie Gaudin adressé au Comité de sûreté générale

    « Citoyens nos amis, Nous profitons du premier moment tranquille, pour vous faire part de notre position, la plus triste, sans doute, que puissent supporter des républicains qui ont juré de vaincre ou de mourir, puisque nous avons presque douté un moment de notre salut. Les brigands, au nombre de trois à quatre mille, se sont approchés hier de nos murs. A la première nouvelle de leur arrivée, nos frères armés sortirent à leur rencontre; un combat s'engagea à un quart de lieue de la ville; nos canons, mieux servis que ceux de l'ennemi, en détruisirent quelquesuns. L'ennemi, étonné de notre audace, fit un mouvement rétrograde, mais bientôt, s'apercevant de sa supériorité en nombre, il se sépara en trois colonnes, ayant à leur tête des drapeaux blancs, et prenant les routes des trois portes de la ville, s'en approcha à portée de fusil. Notre détachement, qui s'était replié en ordre, se joignit au reste de notre petite garnison, et se porta au lieu de l'attaque. L'ennemi s'aperçut un peu tard qu'il s'était trop avancé; notre artillerie, servie avec adresse, fit mordre la poussière à plus d'un brigand. Après plusieurs décharges de son côté, il battit en retraite à l'entrée de la nuit, et se dispersa dans les villages qui nous entourent. Le général a fait faire, pendant la nuit, de nombreuses patrouilles hors de la ville, et nos braves frères d'armes ont eu l'intrépidité d'aborder un de ces villages, où les brigands avaient passé la nuit, et plusieurs paresseux ont été très facilement enveloppés et amenés aux Sables. D'après leurs dépositions et le rapport de nos piquets, l'ennemi ne s'est replié que pour se réunir et se porter sur le bourg de la Chaume. Ce poste ne peut être défendu que par un grand nombre de troupes, tandis que la prudence exige que les postes des trois portes soient maintenus tels qu'ils ont été formés hier, car il serait possible que le bruit, que répand l'ennemi d'attaquer tel quartier, ne fut qu'un leurre pour nous attirer dans le piège. Dans cette perplexité cruelle, nos braves frères sont presque épuisés. Leur courage seul les soutient, mais il n'est pas croyable qu'ils puissent tenir longtemps, toujours sur pied, et couchant au bivouac. Nous venons de nouveau réclamer des secours, que votre généreuse amitié ne nous refusera sûrement pas. Ces secours doivent être de toutes espèces, soit en munitions de guerre, si vous en avez, soit en hommes armés. Faites en sorte, chers concitoyens, de nous expédier surtout ce dernier renfort. Avec vous, nous espérons toutes sortes de succès; sans vous, notre position est désespérante, car nous n'avons encore reçu aucunes forces armées de La Rochelle, et l'insouciance du général Verteuil ne nous laisse aucun espoir de secours de ce côté là. De grâce, frères et amis, des forces, le plus promptement possible. Nous n'avons plus que le côté de la mer qui soit libre[16]. »

     Lettre des autorités réunies des Sables à la Convention, au ministre de la guerre, aux représentants en mission, aux autorités militaires et civiles de La Rochelle, etc, le 25 mars 1793.

Références

Bibliographie

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