Coteaux-d'ensérune
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Coteaux-d'ensérune | |
Vignoble de l'IGP coteaux-d'ensérune vu de l'oppidum. | |
| Désignation(s) | Coteaux-d'ensérune |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | IGP de zone |
| Reconnue depuis | 1981 et 2009 |
| Pays | |
| Région parente | Vignoble du Languedoc |
| Localisation | Hérault |
| Saison | étés chauds et secs, hivers doux, avec deux périodes pluvieuses en automne et au printemps |
| Climat | tempéré méditerranéen avec influence de la tramontane et du vin marin |
| Sol | schistes, marnes, calcaires et molasses |
| Superficie plantée | 3 650 ha |
| Cépages dominants | Cépages blancs Chardonnay, sauvignon et viognier Cépages noirs Merlot, syrah et cabernet-sauvignon |
| Vins produits | rouges, rosés et blancs |
| Production | 25 000 hl |
| Rendement moyen à l'hectare | 90 hl/ha |
| modifier |
|
Le coteaux-d'ensérune[1] est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) de zone du vignoble du Languedoc-Roussillon, produit sur une partie du département de l'Hérault. Ces vins peuvent être blancs, rosés ou rouges. Situé sur une quinzaine de communes entre les fleuves Orb et Aude au nord ouest de Béziers, le nom de coteaux d’Ensérune vient de l'oppidum qui surplombe l’étang asséché de Montady et le canal du Midi avec le tunnel du Malpas.
Le territoire des coteaux d’Ensérune se trouve au carrefour de quatre grandes périodes de l’histoire. La civilisation celte d’abord avec l’établissement au VIe siècle av. J.-C., sur une colline qui domine un paysage de marécages, d’un oppidum, dit d’Ensérune abritant une population qui commerce avec le monde grec en pleine expansion. Le Moyen Âge ensuite, lorsque sortant d’un demi-millénaire de troubles, l’homme reconquiert friches et terres, et draine l’étang de Montady pour le mettre en culture. Le Grand Siècle avec les visionnaires comme Pierre Paul Riquet qui invente le canal du Midi et, pour franchir la dernière grosse difficulté de parcours, creuse le premier tunnel au monde destiné au passage d’un canal de navigation (lieu-dit Le Malpas). L’époque moderne enfin avec la création de la première cave coopérative à Maraussan inaugurée il y a plus de 100 ans par Jean Jaurès. Toute cette histoire est bien sûr prétexte pour les vignerons des coteaux d’Ensérune à donner rendez-vous au grand public comme lors des bacchanales en juin.
Un village préhistorique s'installa sur la colline d'Ensérune dès la période de l'âge du fer (VIe siècle avant notre ère)[2]. Les fouilles archéologiques entreprises ont montré que ce site fut finalement occupé par un oppidum romain[3]. La culture de la vigne au pied de l'oppidum commença dès l'époque antique. Tout d'abord les Grecs et les Ibères firent ici un important commerce du vin, mais ce fut sous la colonisation romaine que se développèrent de grands domaines viticoles[réf. nécessaire]. Le musée, construit en 1938, présente, au rez-de-chaussée, les vestiges des habitats pré-romains et gallo-romains avec de nombreuses dolia et amphores vinaires, l'étage étant consacré aux trouvailles faites dans la nécropole[4].
L’étang de Montady fut asséché par des moines cisterciens au XIIIe siècle avec l'autorisation de l'archevêque de Narbonne, pour cause d’insalubrité. Ses travaux furent une véritable prouesse technique pour l'époque. Des fossés de drainage convergeant vers le centre, le Redondel, un fossé circulaire qui récupère les eaux et les évacue par un aqueduc, de 1 300 mètres de long, sous la colline du Malpas pour se vider dans l'Aude grâce aux étangs de Poilhes et de Capestang. Ces fossés dessinent des cercles et un paysage en forme d’étoile sur près de 400 hectares plantés en vignes et céréales. Il a été classé site pittoresque depuis 1974[5],[6]
C'est seulement à partir du XVe siècle qu'est connu le type de production viticole de ce secteur. C'est le muscat, dit de Nissan, qui eut grande renommée de 1435 jusqu'à la Révolution de 1789. Après une courte interruption il la retrouva jusqu'au sortir de l'Empire.

Au pied de la colline coule le canal du Midi, ouvrage classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui relie la mer Méditerranée à l’océan Atlantique en traversant l'aire géographique de l'IGP[3]. Dès 1681, le canal permit de développement du commerce des productions agricoles du Languedoc. Le blé, le vin et l'alcool purent être exportés du Lauragais vers Toulouse, Bordeaux et Marseille. Le canal a pour effet d'élargir la zone de vente des producteurs du Languedoc. Dans les années 1730-1740, ce commerce fut prospère et les structures agricoles s'améliorèrent. Par contre le vin devint une production de masse sans grande qualité. Le canal ne fut pourtant jamais la grande voie internationale ambitionnée par les rois de France, car son trafic se limita à des échanges nationaux voire locaux[7].

Le vin du Bas-Languedoc, et plus particulièrement celui de l'Hérault, s'imposa, au milieu du XIXe siècle, avec le développement du chemin de fer, sur les grandes places de consommation. Des coteaux la vigne descendit en plaine et la région devint presque exclusivement consacrée à la viticulture. En dépit d'une production pléthorique de vin de piètre qualité, cette expansion du vignoble permit des développements économiques et technologiques importants[3], avec notamment le tracteur Georges Vidal[8].
Au cours des années 1980, les producteurs de vin du Midi prirent conscience du besoin de s'orienter vers une politique de qualité. Pour donner une autre image à leurs vins de table, il fut légiféré de constituer une nouvelle catégorie, le vin de pays. Ce fut le cas des coteaux d'Ensérune qui furent créés par le décret du [3]. C'est en 2009, que la CEE accorda à ces vins une Indication géographique protégée (IGP)[9],[10]. La dernière modification du cahier des charges de la production de ces vins a été faite en date du [3].
Il est à souligner que les vignerons réunis au sein du syndicat de producteurs de l’IGP Coteaux d’Ensérune ont pris en considération l'influence indéniable du milieu naturel sur la spécificité de leurs vins. Pour cela, ils ont engagé une démarche volontariste en faveur de la préservation des habitats naturels des espèces d'oiseaux rares nichant sur leur terroir[3].
Situation géographique
Orographie
La zone de production occupe la partie de la plaine languedocienne située entre le sud de Béziers et le département de l’Aude. Elle jouxte au nord les contreforts de la Montagne Noire et s'étend jusqu'à la côte méditerranéenne. Le vignoble, dans sa partie méridionale, a été installé sur des plateaux calcaires et des collines molassiques (les puechs), avec quelques variations dans la profondeur. Là, l’érosion a créé des banquettes et des versants en pente douce favorables à la culture de la vigne grâce à leur exposition et leur alimentation par ruissellement[3],[9].
Géologie
Ce terroir est caractérisé par des sols calcaires et argilo-calcaires recouvrent la quasi-totalité de la zone. Toutefois leur texture et leur profondeur est très variable[3]. Elle peut varier au sud de sols constitués d'une roche très tendre, formée par des sédiments du miocène et des sables marins des littoraux[2], pour passer, plus au nord, à des schistes et des marnes, entremêlés de calcaires et de molasses[10]. Cette diversité pédologique permet une adaptation à une large gamme de cépages[3].
Climat
Les vignes bénéficient d’un climat méditerranéen caractérisé par des étés chauds et secs et des hivers doux, avec deux périodes pluvieuses en automne et au printemps. Les températures sont suffisantes pendant toute la période végétative de la vigne pour garantir une bonne maturation des raisins. La chaleur pendant la saison de croissance est tempérée par les brises de mer, qui refroidissent les raisins, ce qui leur permettent de développer l'acidité et une bonne maturité phénolique. La pluviométrie, principalement au printemps et en automne, atteint en moyenne 500 mm à 600 mm dont moins de 100 mm pour la période de juin à août. C'est toutefois suffisant pour hydrater convenablement la vigne[9],[3].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 5,4 | 5,3 | 7,7 | 11 | 14,1 | 18,2 | 20,3 | 20 | 16,5 | 13,5 | 9,4 | 5,5 | 12,5 |
| Température moyenne (°C) | 8,1 | 8,5 | 11,2 | 14,3 | 17,7 | 22,2 | 24,4 | 23,9 | 20,3 | 16,6 | 12,1 | 8,3 | 15,9 |
| Température maximale moyenne (°C) | 10,8 | 11,6 | 14,6 | 17,6 | 21,3 | 26,1 | 28,5 | 28 | 24 | 19,6 | 14,8 | 11,1 | 19,3 |
| Record de froid (°C) | −4,5 | −7,6 | −3,3 | −1 | 4,5 | 10,6 | 13 | 12,9 | 6,6 | −0,4 | −3,4 | −7 | −7,6 |
| Record de chaleur (°C) | 19,2 | 22,2 | 28,1 | 32,5 | 33,1 | 35,7 | 37 | 35,7 | 32 | 32,5 | 23,5 | 19 | 37 |
| Nombre de jours avec gel | 2,7 | 1,5 | 1 | 0,1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,1 | 0,5 | 3 | 8,9 |
| Précipitations (mm) | 39 | 44,3 | 25,3 | 50,6 | 46,7 | 17,5 | 3,7 | 13,4 | 46,4 | 76,1 | 47,2 | 58,7 | 469,3 |
| Record de pluie en 24 h (mm) | 32 | 31 | 66,2 | 37 | 59 | 27,2 | 20,5 | 20 | 71 | 100 | 68 | 101 | 101 |
| Nombre de jours avec précipitations | 5,4 | 4,3 | 3,4 | 5,6 | 5 | 2,2 | 1,2 | 2,5 | 3,2 | 5,3 | 5,3 | 4,9 | 48,2 |




