Le Mesnil-Bonant
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Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Mesnillo Borlenc (correction *Bornenc) vers 1280 (Pouillé) ; Mesnilum Bornenc, sans date (Lecanu II, 331)[2].
L'ancien français mesnil, « domaine rural », est à l'origine de nombreux toponymes, notamment en Normandie. Les noms de lieux les plus anciens contiennent -mesnil comme second élément, alors que dans la formule plus récente (le) Mesnil- est en première position. Le type (le) Mesnil- est particulièrement répandu dans la Manche, où il est toujours suivi d'un anthroponyme[2], le propriétaire ou fondateur du domaine rural.
L'élément -Bonant (< Bornenc) s'analyse comme un nom de personne anglo-saxon, voire germanique continental, dont la forme initiale est Bruninc / Burninc / Bruning[2] (aujourd'hui nom de famille anglais Browning[3]) « le Brun » et qui s'est perpétué dans l'ancien français burnenc « brun »[2] dont la forme féminine a donné bringe, bringé(e), mot qui sert particulièrement à décrire la couleur de la robe des vaches normandes.
Ce nom de personne est bien attesté comme élément de toponymes en -ville dans l'Eure avec Bonneville-Aptot (Burnencvilla 1041, qui n'est pas un ancien « bonne ville » comme les autres Bonneville), Bournainville (Burnenvilla 1155) et Bourneville (Burnenvilla XIIe siècle) et en Seine-Maritime avec Bornambusc (Bornenbusc vers 1240), associé à l'élément d'origine norroise buskr « buisson, taillis, bosquet »[4].
Remarque : l'amuïssement de -r- devant -n- en position centrale est souvent attestée en Normandie, par exemple Bernard a donné les noms de famille normands Bénard et Bénart. Quant au suffixe pangermanique -ing, il a régulièrement abouti à la terminaison -an en français (ex : paysan, chambellan, cormoran, etc.), à distinguer du gallo-roman -anu qui a donné régulièrement -ain (les mots français en -an issus de ce suffixe sont des emprunts à l'italien, ex : courtisan, artisan, etc.)
Histoire
Au XIIIe siècle, le seigneur du lieu est Raoul de Grosfarto (Graffard). Avec son épouse, Mathilde, ils donnent, en 1210, l'église à l'abbaye de Hambye[5]. La donation fut confirmée par l'évêque de Coutances, Hugues de Morville.
En 1789, François-Antoine Lefebvre, avocat, et Louis Georges Gosse, laboureur, furent les deux députés du Mesnil-Bonant à l'Assemblée primaire du canton.
La commune fusionne en 1973 avec Gavray gardant le statut de commune associée tout comme Le Mesnil-Hue, mais fusionne complètement en 1988 (arrêté du ).