1er-: vague de froid exceptionnelle. Les températures descendent sous les −20°C dans une grande partie de la France. De gros dégâts se produisent dans les cultures[9]. Dans le sud de la France, seul un tiers des oliviers survivent; la plupart des moulins à huile ferment.
: Guy Mollet se rend en Algérie. Il est conspué par des pieds-noirs et reçoit des jets d’objets divers, dont semble-t-il des tomates (épisode des tomates d'Alger). Guy Mollet cède devant la manifestation des Algérois. Il n’y aura pas de gouverneur général, mais un ministre résident en Algérie[11]. Catroux, réputé favorable aux musulmans, est abandonné pour Robert Lacoste le [12]. Ce-dernier est favorable à une politique de fermeté en trois étapes: un cessez-le-feu sera suivi trois mois après par des élections libres au collège électoral unique, puis par la négociation du futur statut de l'Algérie par les élus[13].
: incidents à l'Assemblée nationale lors de l'invalidation de députés poujadistes[14]. Onze députés UFF sont invalidés entre février et [15].
: arrêt de la Cour de cassation par lequel nul ne doit être passible de peine qu’à raison de son fait personnel[16].
:
le Parlement vote la loi sur la troisième semaine de congés payés[17].
exécution d'Émile Buisson, «ennemi public no1». Né le à Paray-le-Monial, on lui reproche 20 meurtres et une centaine de hold-up au cours de sa carrière. Il avait été arrêté par l'inspecteur Roger Borniche[9].
: le parlement vote par 465 voix contre 49 des pouvoirs spéciaux législatif au Gouvernement Mollet pour maintenir l'ordre en Algérie[11]; «Le gouvernement disposera en Algérie des pouvoirs les plus étendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles commandées par les circonstances, en vue du rétablissement de l'ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire» (loi-cadre du , dite de pouvoirs spéciaux)[20].
: par une lettre, le pape Pie XII accorde sa bénédiction apostolique et une contribution financière personnelle pour la construction de la basilique souterraine Saint-Pie-X de Lourdes; le chantier s'ouvre dès le et l’église est consacrée le [21].
: le président du Conseil, Guy Mollet cosigne avec le ministre de la Défense, Bourgès-Maunoury, celui de la Justice, François Mitterrand, et Robert Lacoste — gouverneur général de l'Algérie — un décret relatif à l'application de la justice militaire en Algérie[22]. Ce décret donne les pleins pouvoirs à l'armée[23]. 250 000 hommes supplémentaires sont envoyés en Algérie afin d'assurer le «quadrillage» de la population que Robert Lacoste réclame depuis son arrivée en Algérie[24].
vote du deuxième plan pour la modernisation et l'équipement économique[25]. La comptabilité nationale est utilisée comme base à l'orientation des investissements avec des recommandations applicables à des actions de base: la recherche scientifique, la diffusion des méthodes modernes dans l'agriculture, la spécialisation et l'adaptation des entreprises industrielles, la reconversion de la main-d'œuvre et l'organisation des marchés. Le plan prévoit une poursuite rapide de l'expansion économique[26].
promulgation de la loi sur la troisième semaine de congés payés[9].
Avril
: le gouvernement français décide le rappel de 70 000 réservistes, puis d'un contingent supplémentaire de 50 000 le . L’ensemble des troupes françaises en Algérie passe à 400 000 hommes en juillet[27].
: en raison de la guerre d'Algérie où le contingent est engagé depuis 1955 mais de façon parcimonieuse, trois décrets[28] prolongent la durée initiale du service militaire de six à neuf mois par le biais du maintien sous les drapeaux ou du rappel[29].
: manifestation pacifique contre la guerre à Voiron, près de Grenoble. Les militants bloquent un train qui emmene des réservistes[29].
incident dans le train entre Paris et Quimper où des rappelés prennent à partie des militaires et actionnent le signal d'alarme six ou sept fois pour provoquer l'arrêt du train[29].
Une de l'Echo d'Alger du 20 mai 1956 titrant: «21 jeunes rappelés atrocement massacrés par la population d'un douar passé à la dissidence»
:
dix-sept soldats rappelés du 9e RIC sont tués par l’ALN dans l’embuscade de Palestro, quatre autres sont faits prisonniers, 44 personnes sont tués dans l’opération de ratissage consécutive[31].
des manifestations à Grenoble contre l'envoi des appelés et des rappelés vers l’Algérie tournent à l'émeute et une centaine de personnes sont blessées lors d'affrontements avec les forces de l'ordre qui gardent la gare[32].
26-: des milliers de suspects sont arrêtés dans la Casbah d’Alger par 6 500 soldats et policiers[33].
: mutineries dans le camp militaire de La Fontaine du berger, près de Clermont-Ferrand[32].
: l'assemblée adopte le train de mesures fiscales déposé le par le ministre des finances Paul Ramadier pour financer le fonds national de solidarité, un revenu minimum pour les personnes âgées dont le coût est estimé à 140 milliards de francs. L'impôt sur le revenu est majoré de 10% (taxe proportionnelle pour les bas revenus, majoration de 10% de la surtaxe progressive pour les hauts revenus). Les droits de timbre sont majorés de 20%. La taxe sur les opérations boursières et la taxe sur les alcools augmentent de 50%. Les droits de succession deviennent imposables suivant un barème de 1 à 5%. Une vignette auto est créée (recettes supplémentaires de 32 milliards de francs). Le gouvernement rompt pour la première fois le principe d’universalité du budget en affectant directement les nouvelles recettes fiscales au financement exclusif du Fonds de solidarité[38].
La situation budgétaire du pays devient dramatique devant les engagements sociaux et militaires auxquels doit faire face la IVe République. Prévues à l'origine à 300 milliards de francs, les dépenses militaires du conflit algérien pour 1956 s’élèvent à 459 milliards, et même à plus de 600 milliards, si on y ajoute les dépenses nécessaires au maintien de l’ordre mais non strictement militaires[38].
: le prêtre Joseph Wresinski est envoyé dans le bidonville de Château de France à Noisy-le-Grand pour soutenir les deux cent cinquante deux familles qui y vivent dans la précarité. Il crée en 1957 une association qui devient «Aide à Toute Détresse», puis «ATD Quart monde»[41].
l'alourdissement des dépenses militaires et le dérapage global des dépenses de l'État obligent au recours à de nouveaux prélèvements fiscaux: prélèvement temporaire de 20% sur les suppléments de bénéfices des entreprises, taxe de 2% sur les réserves des sociétés[38].
émission d'un nouvel emprunt de 150 milliards de francs, lancé par le ministre de l'économie Paul Ramadier, indexé sur la production industrielle nationale, avec un taux de base annuel de 5% sur 15 ans, devant être augmenté de 0,5% chaque fois que l'indice de la production industrielle gagne 1%[38]. Lancé en septembre, il rapporte 320 milliards de francs[43].
: en réaction aux attentats commis par le FLN, des «contre-terroristes» de l’ORAF placent une bombe rue de Thèbes, dans la casbah d’Alger, qui fait quinze morts et une quarantaine de blessés[45].
, et 1erseptembre: dans une série d'articles parus dans Paris-Match, le journaliste Raymond Cartier lance le «cartiérisme» avec le slogan «La Corrèze plutôt que le Zambèze», rejet nationaliste du colonialisme[46].
: Les nationalistes algériens multiplient les attentats et, en 1956, près de 500 000 soldats français sont envoyés en Algérie. Les mesures de répression brutales ne font qu'aggraver les tensions et attiser la résistance, ouvrant la voie à la guerre civile[49].
Ahmed Ben Bella interrogé dans les locaux de la DST à Alger, le 22 octobre 1956.
: l’avion qui transportait de Rabat à TunisAhmed Ben Bella et les autres dirigeants du FLN est contraint de se poser à Alger où les cinq hommes sont arrêtés. Le président du Conseil Guy Mollet couvre cette initiative due aux autorités militaires d’Alger[27]. La Tunisie et le Maroc rappellent leurs ambassadeurs à Paris. Alain Savary, alors secrétaire d’État aux Affaires tunisiennes et marocaines, démissionne le [51].
12Pascal Cauchy, «La République sans force (1956-1958)», Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, no36, (présentation en ligne)
123Tramor Quemeneur, «Les manifestations de rappelés contre la guerre d'Algérie. Contestation et obéissance. 1955-1956», Outre-Mers. Revue d'histoire, nos332-333, , p.407-427 (présentation en ligne)
12345Frédéric Tristram, Une fiscalité pour la croissance: La direction générale des impôts et la politique fiscale en France de 1948 à la fin des années 1960, , 604p. (lire en ligne), p. 425-485
↑Sophie Pillods, Solidarités nouvelles face au chômage: Tisser des liens pour trouver un emploi, récit d'une expérience citoyenne, ECLM, , 184p. (ISBN978-2-84377-009-8, présentation en ligne)