Brillevast

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Géologie et relief

La commune est située au nord-ouest de la péninsule du Cotentin. Son bourg est à 5,5 km au sud de Saint-Pierre-Église, à 11 km au nord-ouest de Quettehou, à 16 km au nord de Valognes et à 16 km à l'est de Cherbourg-Octeville[1].

Les communes limitrophes sont Clitourps, Gonneville-Le Theil, Teurthéville-Bocage, Théville et Le Vast.

Située dans la vallée de la Saire, la commune de Brillevast a un relief accidenté et un sous-sol composé de roches dont les dominantes sont des arkoses, phyllades et grauwackes.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Saire, le Courray[2], le cours d'eau 01 de Boutron[3], le cours d'eau 01 de la Lande Mouret[4], le cours d'eau 01 des Braux[5], le cours d'eau 01 du Hameau Dupuis[6], le cours d'eau 05 du Prieuré[7], le cours d'eau 08 de la Butte[8], le ruisseau de la Fontaine du Saule[9] et un autre petit cours d'eau[10],[Carte 1].

La Saire, d'une longueur de 31 km, prend sa source dans la commune du Mesnil-au-Val et se jette dans la baie de Seine à Saint-Vaast-la-Hougue, après avoir traversé douze communes[11].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Brillevast[Note 1].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[12]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[13]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[14] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[15]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[16],[17].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 057 mm, avec 14,9 jours de précipitations en janvier et 7,4 jours en juillet[12]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Gonneville-Le Theil à 4 km à vol d'oiseau[18], est de 11,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 940,4 mm[19],[20]. La température maximale relevée sur cette station est de 33,7 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −12,3 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Brillevast est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[21].

Elle est située hors unité urbaine[22].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cherbourg-en-Cotentin, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[22]. Cette aire, qui regroupe 77 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[23],[24].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (90,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (87,7 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (43 %), zones agricoles hétérogènes (33,4 %), terres arables (14,4 %), forêts (9,3 %)[25].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie

Le toponyme est attesté sous les formes Bresillewast 1100-1150[26],[27], BrillevadumBerolvast suivant une charte de Richard Ier datée de 1196[28], Brisillevast (pouillé) vers 1280[26],[27], Bresillevast en 1337[26],[27], Brisillevast 1425 (A.N. P1913/2, 24581)[26].

Comme beaucoup de communes avoisinantes, Brillevast faisait partie de la forêt de Brix. L'élément -vast (anciennement -wast) désigne une terre gagnée par défrichage de terres incultes, de mauvaises terres. Il procède du gallo-roman WASTU, issu d'un croisement entre le bas latin vastu(m), dont un dérivé a donné en français dévasté, et du germanique wōsti « terre gâtée, déserte », d'où l'ancien français gast. De même trouve-t-on aux alentours : Le Vast, Martinvast, Tollevast, Sottevast, Vasteville, Hardinvast, et les lieux-dits, Pépinvast, Chiffrevast, ainsi que le bois de Barnavast. La version francienne gast est présente dans le sud de la Manche (Saint-Denis-le-Gast) et au sud-ouest du Calvados (Le Gast). Dans le nord du département, vast est une forme qui obéit à un traitement phonétique régional, employé de manière autonome dans Le Vast, mais surtout en composition avec des anthroponymes de type roman (Martinvast), scandinave (Sottevast, Tollevast, Chiffrevast) ou germanique (Pépinvast, Hardinvast). La densité des noms en -vast autour de Valognes est remarquable, ils y jalonnent apparemment la progression d'une conquête du sol. Ce regroupement de ces noms en -vast dans le nord Cotentin est l'exemple d'une mode locale favorisée par l'isolement géographique de la presqu'île du Cotentin, bien qu'il en existe ailleurs en Normandie cf. Véraval (ou Ver-à-Val, anciennement Warelwast, pays de Caux).

L'élément Brille- renvoie à la méthode de défrichement, par le feu et est issu du vieux français bresiller « brûler » encore utilisé en patois normand, avec une contraction de Bresillevast en Brillevast peut-être due à l'attraction du verbe briller[26].

Histoire

Antiquité

À la Planque-du-Couret, on a découvert beaucoup de tuiles romaines. À Dalbec, on remarque encore quelques traces d'une route pavée très ancienne, qui devait conduire des moulins de Barnavast à Fermanville[28]. Au Douetty, un four à tuiles gallo-romain[29] découvert récemment, et implanté dans une villa romaine, daterait du Ier siècle. Les ateliers de tuiliers disparurent au cours du IIIe siècle à la suite des crises politiques, conjuguées depuis la fin du IIe siècle à de récurrentes épidémies de peste qui affaiblissent l'armée et les populations, mettant à mal l'économie et l'administration[30].

Les sondages archéologiques effectués en 2004 au hameau Valognes à la confluence de la Saire et du ruisseau de la Fontaine ont révélé un lot de plus de 4 000 céramiques gallo-romaines, dont 145 vases, datées du règne de Néron (54 à 68 apr. J.-C.)[31], dont de la céramique sigillée[32].

Moyen Âge

Bérolvast faisait partie des terres données à Judith de Bretagne par le duc de Normandie Richard le Bon. En épousant la princesse Judith en l'an 1008, il lui assure le lendemain de son mariage la propriété d'un grand nombre de domaines pour le prix de l'embrassement conjugal, legitima conjunctione expleta[33].

Temps modernes

Au XVIe siècle, on trouve parmi les familles notables du lieu celle des Le Gardeur de Croisilles[28],[Note 4].

Politique et administration

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1793 Philippe Thiennette   Laboureur
1793 1795 Jean François Le Grand   Cultivateur
1795 1800 Rémy Houllegatte   Meunier (agent municipal)
1800 1808 Germain Valognes   Cultivateur
1808 1809 Casimir Le Gardeur de Croisilles   Capitaine d'infanterie
1809 1813 Michel Cossin   Laboureur
1813 1820 Hyacinthe Le Gardeur de Croisilles    
1820 1832 Jean Valognes    
1832 1835 ean-Charles Lallemand    
1835 1865 François Levaché   Cultivateur
1865 1879 Jean Baptiste Daboville-Lavallée    
1879 1880 Mangon    
1880 1888 Daboville-Lachesnaie   Cultivateur
1888 1903 Louis Jean Daboville-Lechevallier    
1903 1927 Jean Daboville-Desprès    
1927 1945 Étienne Daboville    
1945 1971 Jean Mangon   Agriculteur
1971 1995 Jean Daboville DVD Agriculteur
1995 mai 2020[34] Marcel Orange   Maraîcher
mai 2020[35] en cours Gérard Vansteelant   Retraité gestionnaire de contrats
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[34].

En 2020, à la suite d'une erreur sur la retranscription des résultats, la préfecture a dû proclamer l'élection des 22 candidats qui appartenaient à deux listes alors que seuls sept sièges devaient être attribués. Une élection partielle devra être organisée après que le tribunal administratif aura pu statuer[35].

Population et société

Les habitants de la commune sont appelés les Brillevastais. À l'instar du nom de la commune, le "s" situé entre le "a" et le "t" ne se prononce pas.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[36]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[37].

En 2023, la commune comptait 318 habitants[Note 5], en évolution de −2,15 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %). En 1722, la commune compte 122 feux. En 1765, elle en compte 111[38] (soit entre 500 et 600 habitants si l'on applique un coefficient de cinq habitants par feu). En 1793, sa population est de 671 habitants. En 1831, elle est de 873 habitants (son maximum) et de 664 habitants en 1851. Dix ans plus tard, en 1861, elle compte 576 personnes. Cette population diminue, en 1872 on compte 563habitants et 521 en 1886.

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
671582759823873775737701664
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
652576551563547502521503470
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
407418415348323323304295259
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
267262257265308299276340326
2021 2023 - - - - - - -
322318-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[39] puis Insee à partir de 2006[40].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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