Le Mesnil
commune française du département de la Manche
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Le Mesnil est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 189 habitants.
| Le Mesnil | |
L'église Saint-Martin. | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération du Cotentin |
| Maire Mandat |
Jean-Paul Vasselin 2020-2026 |
| Code postal | 50580 |
| Code commune | 50299 |
| Démographie | |
| Gentilé | Mesnillais |
| Population municipale |
189 hab. (2023 |
| Densité | 55 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 22′ 09″ nord, 1° 41′ 41″ ouest |
| Altitude | Min. 20 m Max. 76 m |
| Superficie | 3,45 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
| Élections | |
| Départementales | Canton des Pieux |
| Législatives | Troisième circonscription |
| Localisation | |
| modifier |
|
Géographie
Localisation
Les communes limitrophes sont Fierville-les-Mines, Port-Bail-sur-Mer, Saint-Georges-de-la-Rivière et Saint-Maurice-en-Cotentin.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Gris, le cours d'eau 01 du Pont Peint[1] et le fossé 01 de la commune de Saint-Maurice-en-Cotentin[2],[3],[Carte 1].
Le Gris, d'une longueur de 14 km, prend sa source dans la commune de Saint-Maurice-en-Cotentin et se jette dans le golfe de Saint-Malo à Port-Bail-sur-Mer, après avoir traversé quatre communes[4].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[7] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[8]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 896 mm, avec 13,8 jours de précipitations en janvier et 7,9 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Gouville-sur-Mer à 31 km à vol d'oiseau[11], est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 844,8 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,9 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8,7 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Le Mesnil est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[14].
Elle est située hors unité urbaine[15] et hors attraction des villes[16],[17].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (100 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (100 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (44,3 %), prairies (42 %), zones agricoles hétérogènes (13,8 %)[18].

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Sanctus Martinus de Maisnil vers 1200, Sanctus Martinus de Mesnillo vers 1280, Saint-Martin d'Ouvrouville en 1302[19], du Mesnil au XVe siècle[20].
« Mesnil », toponyme très répandu en France, à partir de Mansionem, le bas latin a créé un nouveau terme dérivé du mot latin mansionile[21], diminutif de mansio, demeure, habitation, maison. Devenu en français médiéval maisnil, mesnil, « maison avec terrain »[22].
Histoire
Jusqu'à la Révolution, le village est connue sous le nom de Saint-Martin-du-Mesnil, parfois Saint-Martin seul. Quelquefois on trouve aussi dans les textes la forme Le Mesnil-Saint-Martin[23].
Moyen Âge
Vers le XIe siècle, la paroisse dépendait de l'honneur de la Haye[24].
Temps modernes
Dans la première moitié du XVIIIe siècle, la paroisse a pour seigneur et patron Pancrace Hellouin (1683-1755), écuyer, sieur d'Ancteville, également seigneur et patron de Portbail et Saint-Martin-du-Mesnil, conseiller du roi, bailli de longue robe et lieutenant général civil et criminel au bailliage de Saint-Sauveur-Lendelin[25].
Avant la Révolution française, la paroisse a pour seigneur François Hyacinthe Lefèvre de la Grimmonière, également seigneur de Digosville, de Garancières (Digosville), de la Bretonnière et la Hanaudière, lieutenant de Dragons en la Compagnie Moncouvenant de Sainte Suzanne[26].
Les fiefs nobles
Plusieurs fiefs noble du secteur : le fief de Lanquetot, la châtellenie du Dicq, le fief du Parc, le fief Hérauville, le fief de La Balle d'Aubigny, le fief des Moitiers et le fief de Grye[27], avait des extensions sur la paroisse.
Fief des Moitiers
Le fief des Moitiers, quart de fief de haubert, relevant de la baronnie de l'Angle de Néhou, avait des extensions à Portbail, Gouey, Saint-Jean-de-la-Rivière et Saint-Georges-de-la-Rivière.
En 1567, les héritiers de Raoul de Glatigny, sieurs des Moustiers, sont taxés pour ce fief de 60 solz dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -[28].
En 1577, Alexis Beaudrap, sieur de Rucqueville (Gouey), « ayant été pourvu par le roy à l'estat et office de greffier de Saint-Martin-du-Mesnil », sera anobli, par finances, en . De ses cinq fils, c'est Nicolas qui lui succèdera ; Jacques poursuivra la branche de Rucqueville à Portbail et Éliot celle de Caillemont à Saint-Georges-de-la-Rivière. Nicolas, sieur des Moitiers au Mesnil (fl. 1644) aura deux fils dont Jacques, père de Thomas de Beaudrap († ), seigneur des Moitiers, capitaine d'infanterie, époux de Louise Foliot de Fierville avec qui il eut deux fils et deux filles, dont Jean-Jacques-Adrien-Thomas Beaudrap (Le Mesnil, - ), mort à l'âge de 28 ans et inhumé dans l'église du Mesnil, qui avait épousé Madeleine Gigault de Bellefonds avec qui il eut quatre enfants, dont Thomas-François (Hainneville, - Saint-Sauveur-le-Vicomte, 1819), et Jean-Léonor (Valognes, -)[29].
Il fut vendu le par Jean-François Des Maires à Nicolas de Beaudrap, écuyer, qui avait son manoir au Mesnil, l'actuel Hôtel de Beaudrap.
Fief de La Balle d'Aubigny
Le , Robert Anquetil, seigneur de Baudreville vend celui de La Balle d'Aubigny, sis à Portbail et Saint-Martin-du-Mesnil, à Pierre du Castel[30].
Politique et administration
Population et société
Les habitants de la commune sont appelés les Mesnillois.
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[37]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[38].
En 2023, la commune comptait 189 habitants[Note 3], en évolution de −13,7 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Église Saint-Martin des Xe, XIIe, XVe – XVIIe siècles[41]. D'origine romane, elle a conservé de cette époque notamment la nef avec ses modillons[42], tous différents, le chœur et les chapiteaux de l'arc triomphal. Robert de La Haye († 1154-1155), baron de la Haye-du-Puits et sa femme Muriel de Lincoln donnèrent le patronage de l'église à l'abbaye de Lessay[36].
- Elle abrite une statue de saint Martin évêque du XVe classée au titre objet aux monuments historiques[43], un autel avec retable en relief du XIXe, les statues de saint Jean Baptiste du XVIe, une Vierge à l'Enfant du XVIIe, une verrière du XXe de Paul Bony[36] et la pierre tombale d'Alexis de Beaudrap à la porte sud avec l'inscription « Alexis Beaudrap, vivant sieur de Ruc(queville)… ».
- En 1665, Jacques Poërier, après le décès de son père, recevra le patronage honoraire de l'église de Saint-Martin-du-Mesnil, ainsi que celui de l'église Notre-Dame de Portbail[44].
- Hôtel Beaudrap et ses communs[45]. Ancien manoir seigneurial de la famille Beaudrap des XVIe – XVIIe siècles. Sur le manteau d'une cheminée, sur une plaque de pierre peinte en marron, et au-dessus d'une porte en accolade, sur un blason peint surmonté des initiales N et B, on peut voir les armes de Nicolas Beaudrap, d'azur au chevron d'argent accompagné de deux étoiles d'or en chef et d'un croissant d'or en pointe[46].
- En 1596, Alexis Beaudrap, greffier de la taille de Saint-Martin du Mesnil, est anobli par finances. Son fils, Nicolas Beaudrap, seigneur des Moitiers, habite, en 1644, au Mesnil. Jacques Beaudrap, fils de Nicolas qui précède, épouse, en 1668, Marie Gardin. En 1726, naît au Mesnil Jean-Jacques Beaudrap, petit-fils de Nicolas. Barbey d'Aurevilly se servira de Thomas-François Beaudrap, officier du régiment de Touraine et émigré, né à Hainneville en 1750 et mort en 1819, pour en faire son personnage du « baron Hylas de Fierdrap » dans le Chevalier des Touches[46]. Depuis le XIXe siècle, il est divisé en deux parties[36].
- Hôtel Saint-Jean de la fin du XVIe , début XVIIe siècle, remanié au XVIIIe siècle, et qui était l'ancien manoir du fief d'Hérauville.
- En 1733, il était la possession de Jean Cuquemelle qui demeurait sur la paroisse de Saint-Maurice, et qui louait le logis et les terres à Pierre Guillaume Roualle, demeurant en la Cour de Saint-Maurice, pour 450 livres par an[47].
- Croix de cimetière du XVIIe siècle.
- Croix de chemin dite Croix des Monts du XVIIe siècle.
- Calvaire du XVIIe ou XVIIIe siècle, et if funéraire.
- Presbytère. La paroisse ayant perdu son ancien presbytère sous la Révolution, celui-ci fut acheté en 1820 à Mme Beaudrap de Carmesnil. Le bâtiment du XVIIIe siècle a été restauré en 1820[29].
- Moulin à vent de Lanctot[48].
Personnalités liées à la commune
Héraldique
| Blason | D'azur au chevron d'argent accompagné en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'un croissant du même[49]. |
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|---|---|---|
| Détails | Armes de la famille de Beaudrap. Présent sur le site Internet de la commune. |
Pour approfondir
Bibliographie
- Georges Bernage, « Le Mesnil », Vikland, la revue du Cotentin, no 1, avril-mai-juin 2012, p. 56-61 (ISSN 0224-7992).
- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 134.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 318.
Articles connexes
Liens externes
- Archives conservées par : archives départementales de la Manche (114 ED, ead_ir_consult2.php?ref=FRAD050_CC_2013&le_id=796)
- Ressources relatives à la géographie :
- Résumé statistique du Mesnil sur le site de l'Insee
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.

